Critique#23 - Fallout: Equestria (partie 4), par Kkat, traduit par WaddleMoogle et Vuld Edone
Dans la critique précédente…
Les aventures à Shattered Hoof ont donné lieu à une bonne intrigue, au détriment des personnages qui se révèlent bien lisse, même si le périple jusqu’aux abords des ruines de Manehattan permet aux personnages faire une nouvelle rencontre et d’étoffer leurs relations avec plus de subtilité.
La fiction reste toujours limitée par son adaptation stricte du gameplay de Fallout, mais on peut louer des efforts pour essayer de proposer une bonne écriture. Cela va-t-il se poursuivre pour les chapitres 16 à 20 ? Nous allons le savoir tout de suite…
Une folle escapade
Si le chapitre 15 s’arrêtait sur une sorte de cliffhanger à l’entrée de l’étable des partisans zèbres, il s’avère pourtant que c’est expédié en quelques paragraphes ; autant dire que cela aurait pu couper juste après cette petite scène au chapitre précédent, mais ouvrir un chapitre sur une scène aussi marquante pour LittlePip n’était pas non plus dénué de sens.
Cette aventure dans Manehattan peut se découper en deux parties. La première commence avec l’exploration prudente des ruines en direction de la Tenpony Tower, une tour encore en bon état après l’explosion du mégasort, désormais communauté fermée au cœur de la désolation. On y retrouve Monterey Jack, un poney ayant tenté de voler Pip dès l’un des tout premiers chapitres ; on en reparlera plus tard.
Mais surtout, LittlePip rencontre DJ Pon3, en quête de réponse, mais n’en découvre pas ; la jument qui officie à la radio des Terres Brûlées est aussi démunie que Pip par rapport aux événements qui se préparent. Elle envoie le groupe toutefois l’aider à obtenir des musiques rares en échange de la pièce qui leur permettra de refaire marcher un véhicule, ce qui les emmène à devoir explorer l’usine fondée par Scootaloo, Red Racer, et pour y accéder, passer par un bâtiment du Ministère du Morale, de Pinkie Pie.
Après cela, on a pleins de petites intrigues entrelacées, autour et au sein de la Tenpony Tower, à propos pêle-mêle de Monterey Jack, d’un groupe de griffon perdus, du love interest de LittlePip et de l’addiction au Menth-out de fête développée par Pip justement. Le tout, jusqu’à ce que tout se démêle et que nos héros reprennent leur aventure avec un chariot volant, en route pour Fillydelphia, avec toutefois un arrêt chez l’énigmatique Watcher…
Fluide glacial
Il n’y a pas grand-chose que je puisse dire dans la forme sans me répéter. Le style est toujours plutôt bon, et c’est un bon point de la fic que j’évoque peu, faute de temps et de place face aux autres choses à dire.
L’écriture est fluide, les descriptions sont un peu pauvres mais permettent de ne pas trop s’attarder sur tout. La narration met en avant surtout les choses sur lesquelles Pip porte son attention et les dialogues sont souvent entrecoupés de petits descriptions des réactions, aussi bien des autres que celles de LittlePip et ses impressions.
Le tout donne un résultat agréable à lire et on ne sent pas passer la longueur -raisonnable- des chapitres. L’usage d’italique et de gras n’est pas une gêne et donne un supplément de ton au texte.
En bref, rien d’extraordinaire mais il fallait bien mentionner que malgré ses défauts par l’adaptation stricte, l’écriture est très engageante et même si je passe mon temps à relever des défauts aussi bien dans l’univers que les réaction des personnages, on peut lui reconnaître au moins que la fluidité -ainsi que le découpage des chapitres- est assez habile et rend compréhensible la passion que certains ont pour le texte malgré sa construction bancale en temps que texte.
Crime et châtiment
La partie dans le ministère du morale et dans l’usine Red Racer n’est pas non plus sujette à beaucoup de critique que je n’ai déjà faite. C’est très similaire à l’exploration de l’Etable 29, en cela l’auteur arrive à trouver son rythme, faire du développement de personnage durant l’exploration d’instance, et camoufler de mieux en mieux le fait qu’il s’agisse d’instance. Pas mal d’interactions, de background, qui font écho à ce que traversent les personnages, en quelque sorte.
Pour ce qui est des péripéties dans la Tenpony Tower, on peut noter la petite intrigue autour de Monterey Jack, le poney qui au début de l’histoire a tenté de voler LittlePip alors qu’elle l’avait sauvé. Pour résumer, en découvrant qu’il était commerçant et vivait tranquille là-bas, elle a voulu prévenir un garde qu’il avait essayé de la voler, mais étant non-citoyenne, elle n’a pas été écoutée ; toutefois, il a avoué devant le garde l’avoir fait pour pouvoir aider ses enfants, et cet aveu conduit le garde à l’arrêter, à cause d’une loi réprouvant -pour de bonnes raisons- les actes de pillages.
Pip voulait le voir mort, mais le fait d’apprendre qu’il avait une raison de le faire l’a poussée à ne plus le vouloir, sauf qu'avoir avoué le mène à la potence. Cela aurait pu être intéressant… s’il n’y avait aucune raison que Monterey Jack n’avoue son crime ou n’ait besoin de se justifier ; ou de le faire devant un garde. Il savait ce qu’il encourrait, et pour quelqu’un qui prétend devoir être prêt à faire des sacrifices pour survivre… il aurait juste pu tenir sa langue et vivre avec le fait d’avoir laissé Pip croire qu’il était juste un connard, au lieu de littéralement se mettre à mort lui-même.
Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas dans cette intrigue. Le fait que Monterey Jack ait besoin de faire le fier en se justifiant d’avoir faire sa pour sa famille et de l’abandonner le faisant. Le fait que la balance morale de Pip soit assez inconsistante pour passer de “il a voulu me tuer, l’enfoiré” à “il avait des raisons de vouloir me tuer, je dois le sauver maintenant”. Le fait qu’elle veuille encore le sauver malgré que ça risque de couper son groupe de l’une des communautés les plus importantes des Terres Brûlées juste parce qu’un gars qui a pas honte de piller l’avait fait pour sa famille, qu’il a sciemment abandonné en révélant n’avoir pas honte de piller. Le fait que Pip soit encore convaincue de devoir le faire, même si elle venait juste de se trouver un love interest.
Le cœur à ses raisons
Car après que Velvet, la jument dont elle était amoureuse, a essayé de lui faire du charme pour rendre Calamity jaloux -développement bien trouvée par ailleurs- LittlePip fini par partir en quête d’une compagne… et il suffisait de demander.
J’aimerais croire à l’alchimie entre Pip et Homage, celle qui officie à la radio des Terres Brûlées, mais il n’y en a aucune, cela se résume à “tu pourrais trouver une jument qui aime les juments ? Ah, tu aimes les juments ? On sort ensemble ? Cool.” Il y a bien des moments assez touchants entre les deux, mais plus autour du fait qu’elles se complètent, Homage à la radio pour aider les poneys à l’extérieur et Pip à l’extérieur pour directement intervenir, et des échanges intéressants lors de leur rencontre, de la façon dont elles sont complémentaires… mais pas amoureusement.
Cela revient à ce dont j’avais parlé précédemment, le fait que l’auteur traite assez bien le développement de relation amour-haine entre Calamity et Velvet, en y mettant pas mal de subtilité, mais l’amour entre juments semble être juste un gimmick, un trait de personnalité comme être colérique ou jovial. Comme si être lesbienne faisait avoir une obsession pour la gente féminine, et que deux lesbiennes finissent tout de suite ensembles, alors même que la narration dit qu’il s’agit plus d’une tentative de faire marcher quelque chose d’incertain.
Et si c’était rester dans ces termes, avec des situations un peu étranges et les deux ne sachant pas quoi faire vu que l’amour devrait avoir une considération particulière dans les Terres Brûlées, je n’aurais rien dit. Parce que ça aurait pu être un développement par rapport à l’horreur ambiante, les relations pouvant faire office d’échappatoire, et de développer une sorte de relation de nécessité plus que d’amour.
Mais ça en est, elles sortent, s’aiment parce qu’elles l’ont décidés, couchent ensemble et font les mignonnes alors qu’il n’y a rien eu pour l’appuyer. Sauf le fait que Pip a eu une cure de désintoxication pour son addiction, et qu’elle a dû passer par cette relation pour s’en remettre ; et c’est dommage car ça aurait pu être une relation dans laquelle Pip se serait jetée pour oublier la drogue, mais non, elle y pense tout le temps et se dit qu’heureusement elle en est sortie pour pouvoir être heureuse au lieu de tout gâcher en continuant à se droguer.
D’ailleurs, je dois saluer le fait que le texte ait donné une raison à ce pourquoi le Menth-out de Fête est une drogue nocive, même si le côté “nocif” est très relatif. Il s’agit du fait que plus on en prend, plus on se sent mal et pas soi-même lorsqu’on est plus sous son emprise, et qu’on finit par être incapable de se passer de MOF pour être “soi-même”.
Cependant, cela est expliqué très tard, une fois la cure faite, et même au moment où on parle de la cure de désintox, le pourquoi c’est si essentiel n’est pas clair, si on considère que ce produit permet, tant qu’on est sous son influence, d’avoir des sens et une perception extrêmement plus aiguisés, ce qui semble essentiel dans les Terres Brûlées, quand on combat des monstres et sauvent des vies à tout bout de champs, sans pour autant, quoique la fiction en dise, nous faire nous éloigner de nos amis.
Car ses amis voulaient s’éloigner d’elle à cause de l’addiction qu’ils trouvaient mal parce que… parce que quoi en fait ?
Watcher is watching you
La fiction, même si elle atteint une certaine qualité dans sa gestion des instances et des personnages avec une écriture toujours plus fluide et prenante, ne se départit pas de ses problèmes pour autant et enfonce même un peu plus ceux à propos de la morale, qui semble de plus en plus absurde à mesure que l’histoire continue.
J’ai volontairement passé sous silence pas mal de choses, principalement pour ne pas tout spoiler et permettre aux lecteurs du blog se suivre la critique et l’histoire en ayant encore de quoi s’émerveiller.
On peut noter la présence d’alicornes dans la deuxième partie, lorsqu’au sortir de la Tenpony Tower pour prendre l’air avant l’exécution de Monterey, un signal de détresse les pousse à aller sauver des griffons, aux prises avec de nouvelles alicornes, plus nombreuses et avec une allure toujours aussi dangereuses, même si le groupe commence à être plus prêt à les affronter, une gradation assez bienvenue.
Les choses semblent prendre forme, les alicornes et le mystérieux chef des esclavagistes offrent définitivement une sorte d’objectif, de mystère à résoudre et nous allons bien voir où les prochains chapitres vont nous mener !











