The Hunger Game (mugen side)
C'était définitivement trop tentant pour être éviter. Cette aventure méritait d'être exploitée de tout les points de vus. Voici donc ma version du texte de judemkh pour wizarts-of-frogwarts !
Trainant les pieds sans la moindre motivation, mugen errait dans les couloirs depuis plusieurs minutes, l’air penseur. Après avoir été remercié par le professeur d’Histoire de la Magie pour ses vingt-cinq minutes de retard –quelle idée de m’être un cours aussi tôt après tout–, la jeune Ravenclaw avait commencé à chercher comment elle allait occuper la prochaine heure et demi qui la séparait du cours suivant. De façon assez naturel, ses pas avaient finit par la conduire devant l’imposante porte de la bibliothèque. « Ma foi » s’était-elle dit en son fort intérieur, ajoutant pour elle-même que c’était loin d’être l’endroit le plus désagréable du château.
Cette immense salle où régnait une odeur de papier usé et d’encre avait deux qualités indéniables. La première était la source intarissable de connaissances qu’elle refermait. Il arrivait parfois à mugen d’oublier complètement l’heure du repas, perdue au milieu des allées où s’étalaient les couvertures poussiéreuses. Et les personnes qui n’arrivaient pas à trouver fascinant un tel étalage de livres n’étaient sans doute pas tout à fait sensées. La seconde qualité était sans le moindre doute la raison qui faisait que, lorsqu’elle ne trainait pas dans la salle commune des aigles avec sa partenaire de crime, elle se réfugiait sur les bancs de la bibliothèque. Le silence. L’absence totale de brouhaha et le ronronnement des chuchotements discrets étaient le mélange parfait pour une bonne sieste, surtout quand un vieux livre à l’odeur si singulière et agréable pouvait lui servir d’oreiller. Et puis, dans un endroit où être silencieux est une règle, pas besoin de savoir comment tenir une conversation, ce qui était un sérieux avantage quand on était maladivement timide et stressée en termes d’échange verbale avec des inconnus.
C’est pour quoi, sans la moindre hésitation, mugen poussa la porte de la bibliothèque en se disant que soit elle finirait sa nuit tranquillement, soit elle trouverait peut-être un sort qui lui permettrait de ne plus arriver en retard au premier cours de la journée –la première option restait bien plus vraisemblable que la seconde, avouons le–. Alors qu’elle analysait de très près, sa joue sur la joue et les yeux fermées, un sort destiné à rendre un réveil matin plus efficace, le raclement d’une chaise la tira de sa… concentration intense. Avec un air qui semblait dire « Gné ? » de façon très éclairé, son regard se porta sur son nouveau voisin un peu trop bruyant à son gout. Un Slytherin. Même si la stigmatisation n’était pas la tasse de thé de mugen, elle avait tout de même appris à être un tant soit peu méfiante avec les individus de cette maison. On est jamais trop prudent parait-il.
Tranquillement, un semblant de discussion s’installa. Sans doute que voir un Ravenclaw dormir sur un livre plutôt qu’à boire les paroles d’un professeur avait quelques choses de suffisamment étrange pour intriguer n’importe qui. Se redressant en ajustant vaguement ses lunettes sur son nez, mugen expliqua assez brièvement sa situation en trois idées simples : panne de réveil, renvoi de cours, recherche d’un moyen de se réveiller plus efficacement. Certes, il fallait avouer qu’être surprise entrain de baver sur les pages parcheminées du livre de sortilèges n’était pas pour redorer son blason mais ce n’était pas comme si ce genre de chose avait une réelle importance au final. Tripotant du bout des doigts la page sur laquelle elle s’était endormie, la jeune sorcière esquissa un mince sourire amusé en apprenant que Jude n’avait pas plus de chance qu’elle avec les réveils.
Et finalement, arriva le véritable but de cette conversation.
- Et sinon, je me demandais si tu ne pourrais pas me rendre un service par hasard.
Il fallut un gros effort à mugen pour ne pas retourner écraser sa joue contre la page de son livre. Allons bon… C’est vrai qu’elle n’avait rien de mieux à faire dans l’absolu mais cette requête ressemblait à s’y méprendre au début d’une très, très mauvaise idée. Affichant une vague moue, elle finit par demander quel genre de service elle pourrait bien rendre à un Slytherin. Peut-être un nouveau sort. C’est vrai qu’elle était assez douée pour ce genre de chose et elle avait d’ailleurs pris un peu d’avance depuis son arrivée et avait testé bon nombre de sortilège qui avait tous réussi avec brio. Comme le disait souvent Spence, son lapin en peluche, « les hiboux du ministère ne seraient jamais au chômage si on ne te confisquait pas ta baguette en dehors de l’école », mais Spence avait toujours cette mauvaise manie de râler pour rien alors bon…
La réponse ne tarda pas et le sorcier s’empressa de lui expliquer en quelques phrases bien trop détournée qu’il avait besoin d’une personne pour surveiller les couloirs pendant qu’il se livrerait à une quelconque activité que le règlement réprouvait. Appuyant sa joue dans le creux de la main, mugen résuma l’idée en quelques mots simples.
- Tu veux que je fasse le guet, en gros.
Pourquoi les gens faisaient de telles digressions quand ils parlaient ? « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement - Et les mots pour le dire arrivent aisément. ». C’était une de ces citations favorites, ce qui était paradoxale quand on savait que de prime abord, elle n’était pas la personne la plus bavarde qui soit. Mais alors qu’elle était entrain de peser le pour et le contre de sa participation à quelques choses qui risquait de lui valoir des heures de retenues et quelques points de moins pour sa maison –même si ce genre de chose n’était pas au sommet de ses préoccupations– , le sorcier ajouta quelques chose qui ne fit clairement pas pencher la balance en sa faveur. Une remarque sur sa corpulence.
S’il y avait bien une chose qui arrivait à agacer muge, c’était ce sujet là –et le constant rappel de sa manie à mâchouiller les bouchons de stylo, les crayons ou ses ongles–. Elle ne comptait plus les remarques à propos du fait qu’elle soit tellement fine qu’elle risquerait de s’envoler au moindre coup de vent. D’ailleurs, les premiers cours de vols avaient été presque une invitation aux mauvaises langues qui ne s’étaient pas vraiment gêner. Il était donc inutile de dire qu’à cet instant précis, non seulement elle fixait le sorcier en face d’elle d’un air patibulaire mais elle n’avait plus la moindre envie de lui « rendre service ».
Et pourtant, d’un simple geste, avec un simple et unique argument, le Slytherin eu gain de cause. Comme s’il sortait son plan de secours, il posa un sachet de bonbon sur la table, sans ajouter un mot de plus, comprenant qu’il en avait déjà un peu trop dit. Il ne fallut pas plus de cinq secondes pour que le sachet ne disparaisse dans le sac de mugen alors qu’elle acceptait. Une affaire rondement menée.
Quelques minutes plus tard, les deux délinquants du dimanche étaient dans un couloir que mugen reconnaissait entre mille : c’était ici que se trouvait l’accès aux cuisines. Même si elle n’avait jamais réellement ressentis le besoin de s’y rendre, il n’y avait pas un couloir que la sorcière ne connaissait pas. En revanche, elle n’arrivait jamais à se souvenir quel fruit il fallait chatouiller pour ouvrir l’accès… il faudrait qu’elle demande à senri qui le saurait surement. Me postant à l’intersection des deux couloirs, endroit stratégiquement parfait pour prévenir toute mauvaise surprise tel qu’un concierge, ou pire un professeur, qui décide de passer par ici.
- Pour le signal, il te suffira de siffler la macarena si jamais quelqu’un approche.
Haussant un sourcil plus que perplexe quant au choix du signal, mugen hocha malgré tout la tête vaguement tout en espérant qu’elle arriverait à siffler suffisamment fort pour se faire entendre. Alors que Jude disparaissait après avoir gratouillé la poire –évidement que c’était la poire, comment avait-elle pu l’oublier–, mugen s’adossa contre le mur, testant ses talents de siffleuse en prévision d’un quelconque problème. Mais voilà, le problème c’est qu’elle était de toute évidence parfaitement incapable de produire le moindre son alors un air complexe ? Impossible. Ce ne fut pas faute d’essayer, encore et encore. Expirer, inspirer, avec la langue sur le palais ou juste derrière les lèvres –cette dernière option permettait contre toute attente de postillonner à une distance impressionnante d’ailleurs–… rien n’y faisait. Pas la moindre note, de la macarena ou de quoique se soit d’autre.
Réfléchissant à toute vitesse, la sorcière cherchait un moyen de palier à son absence de talent pour siffler quand soudain, à l’autre bout du couloir, des bruits de pas résonnaient. Instant de panique complet. Étrangement, c’était toujours dans ce genre de situation que les meilleurs –et aussi les pires– idées viennent. Agitant rapidement sa baguette, mugen murmura un « Avis » faisant apparaître quelques oiseaux et assez rapidement, elle agita à nouveau sa baguette en tentant un sortilège pour leur faire siffler cet air kitch en chœur. Contre toute attente, y compris celle de la Ravenclaw, les oiseaux se mirent à siffler l’air bien connu en voletant dans le couloir. Laissant aux volatiles le soin de se charger de diffuser le signal « alerte macarena », elle glissa un œil à l’angle du couloir avant de perdre dix centimètres en constatant que la personne qui arrivait n’était autre que le tyran du cours de potion. Et si ses résultats assez moyens en potion n’étaient pas une raison suffisante pour qu’il s’empresse de retirer des points au Ravenclaw, il ne faisait pas le moindre doute que se trouver dans le couloir pendant les cours l’était.
A peine le tableau ouvert que la jeune fille fit disparaître les oiseaux du couloir et commença à faire de grand signe mimant avec un certain talent –incompris de toute évidence au vu de l’air intrigué de Jude– que le professeur Rogue se dirigeait vers eux. Expliquant la situation une fois le sorcier à sa hauteur, elle fut assez perplexe de constater que le résultat de cette grande expédition tenait dans un sachet grossièrement fermé. Mais l’heure n’était pas à se soucier de ce genre de chose et il semblait clair que ni l’un ni l’autre ne voulait être trouvé dans ce couloir.
- Vous là-bas ! Que faites vous dans les couloirs pendant les heures de cours !, lança le professeur d’un ton qui mêlait d’une façon étrangement parfaite l’indignation et la joie de pouvoir punir une paire de rebelle.
Si une chose était évidente pour tout le monde, c’était clairement que sport et lecture n’étaient que très rarement des choses compatibles. Aussi une fuite rapide avec leur jambes de préadolescents face aux grandes enjambées courroucées d’un professeur qui ne se lassait jamais de retirer des points, semblait impossible d’entrée de jeu. S’efforçant malgré tout de ne pas se faire attraper, mugen finit par plaquer sa manche contre son nez en désignant d’un regard écœuré le paquet que tenait Jude.
- Mais y a quoi dans ce sac qui sent comme ça ?
A l’instant où le regard du Slytherin se posa sur le sac, mugen su qu’une idée, une mauvaise idée venait de germer dans cette tête brune. Alors qu’ils arrivaient à leur point de départ, soit la bibliothèque, il poussa la porte avant de sortir sa baguette, clamant un sort que mugen n’avait pas en mémoire, tenant le sachet odorant à bout de bras. Presque intensément, une odeur insupportable envahis le sanctuaire presque sacré de la Ravenclaw comme un raz de marée ayant la même répercutions que ce genre de catastrophe pour les personnes se trouvant sur son passage : une fuite chaotique et bruyante. Ce flot de sorcier clôtura un partenariat bref mais fort en émotion alors que, pour éviter de se faire emporter par les courants, la jeune fille avait filé à l’anglaise en se plaquant contre un mur pour rejoindre un endroit où l’air serait respirable.
Après avoir jeté un bref regard vers la masse d’élève encore sous le choc de cette attaque bactériologique à base de gastronomie française, mugen haussa brièvement les épaules en se disant que Jude avait sans doute mis les voiles par un autre chemin avant de prendre la route de la salle de son prochain cours qui ne tarderait plus à commencer maintenant. Fourrant sa main dans son sac, elle en tira le paiement de ce service qui avait failli lui couter bien plus cher qu’un simple paquet de bonbon. Et à l’instant où elle prit un bonbon en bouche…
- MAIS C’EST QUOI CES HORREURS !, pesta-t-elle, seule au milieu du couloir après avoir littéralement craché cette ignoble friandise.
Sa précieuse bibliothèque impraticable pour au moins plusieurs jours, un paiement en toc. Plus jamais elle ne rendrait service à qui que se soit de louche dorénavant. Plus jamais. Et Jude avait intérêt à se méfier de ce qui arriverait dans son assiette pendant les prochaines semaines. Il n’y avait rien de bon à s’attirer la rancune d’un Ravenclaw, surtout quand celui-ci avait un talent certains pour les sortilèges et bien trop de temps libre entre les mains à présent.