J'aime la Nuit.
Aucun témoin pour ce moment où j'accepte d'être solennelle, symbolique, sentencieuse, romantique.
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J'aime la Nuit.
Aucun témoin pour ce moment où j'accepte d'être solennelle, symbolique, sentencieuse, romantique.
V for Vendetta
Je vois Anouk. D'abord son regard géné puisque notre dernière interaction était cette soirée où elle m'avait laissé en plan. Je lui rappelle qu'une fois que ma frustration est exprimée elle n'existe plus. Elle s'assied par terre à côté de moi, elle me tient le bras. Elle me montre quelques pages de son carnet et me le confie pour que je le lise quand le moment vient. Elle me raconte son viol en prenant le soin de vérifier que je peux l'entendre ; je lui explique qu'entendre un récit qui ne m'atteint nullement, être l'oreille et l'épaule, me touche bien moins que d'entendre que pour elle, un homme qui lui a répondu à son message qui suivait une nuit d'amour "c'était avec plaisir" est largement insuffisant, quand je me suis hautement satisfait de réponses bien moins chaleureuses.
Elle me raconte qu'elle l'a rejoint en taxi à à peine 200m de chez elle. Que son appartement était magnifique, qu'elle en était émerveillée. Elle précise que ça aurait dû attirer sa vigilence, qu'il ne s'émeuve pas plus de son émerveillement. Il l'a plaquée sur le lit pendant qu'elle délaçait ses chaussures et a inséré son sexe dans sa bouche. Il a joui dans sa bouche sans qu'elle ait récusé un "mais?" elle ne se rappelait plus des détails. Elle se rappelait d'elle contemplant son reflet dans la salle de bain et se demandant longuement si elle devait partir ou rester. Elle est restée. Sans pouvoir dire ni pourquoi, ni ce qu'avait été le lendemain de ce walk of shame et ce qui a suivi jusqu'à ce qu'elle arrive à appeler ça un viol. Il ne sait même pas aujourd'hui, que c'en était un. Pas de sa voix en tous cas.
J'ai décidé de parler d'Achille. En ces termes : un homme que je voyais, avec qui j'avais eu des rapports consentis desquels j'avais espéré au départ qu'il naîtrait autre chose. J'avais accepté ensuite d'être la rencontre fortuite et pulsionnelle des fins de soirées. Un soir, nos regards frivoles s'étaient croisés et on avait convenu très vite qu'on se rejoindrait, après avoir acté l'absence de moyen de contraception. J'en avais déduit qu'il s'agirait d'une rencontre romantique sans acte sexuel, la suite m'avait montré que j'étais bien la seule.
Il a ouvert la porte et m'a mise à genoux. La domination ne m'avait jamais dérangée et elle faisait partie de son tempérament dans l'intimité. J'avais très vite réagi, parce que ce n'était pas ce à quoi je m'attendais et que la forme était extrêmement violente. On était entrés dans sa chambre, et lui de me dire : tu t'attendais à quoi ? Agacé et fâché que je mette le holà à ses attentes. C'est vrai, finalement, que pouvais-je attendre ? Comment osais-je espérer être autre chose que d'être le déversoir de ses envies ? J'avais exprimé tant bien que mal, en valsant à travers l'ébriété, que mes envies étaient tout autres - sorti de son contexte ?
J'aurais aimé lui dire : "ah, bah, de un, j'aurais adoré que tu m'aimes et que tu m'appelles avant le point du jour, mais passé cette idée, j'aurais voulu que tu mettes ta main sur ces fesses qui t'ont tant plu, en attendant la prochaine fois où elles satisferaient tes désirs, que tu embrasses mon cou et même qu'on tende, petit à petit, idéalement en musique, vers un jeu où la raison se perd pour profiter de l'instant." Ce n'est pas ce que j'ai dit. Je suis rentrée dans l'ère Zoé Sergent qui lui apprend comment on fait. Sauf que c'est parfaitement celle qu'on n'écoute pas.
Il était quatre heures du matin. J'avais le choix entre rappeler un taxi pour rentrer chez moi (bien heureuse que je suis d'avoir ce choix parce que ma carte était fournie), ou rester là en espérant qu'un miracle efface ce malaise dont je me sentais responsable. Donc je suis restée et j'ai pris le bus un vendredi matin encore avinée dans la tête et dans l'odeur, après m'être satisfaite d'un laïus face à un enfant qui attend la fin de sa punition pour dire "c'est bon ? Je peux aller prendre mon café ? Allez, bisous, tu connais le chemin vers la sortie".
Je suis revenue là-dessus. J'ai réécrit plusieurs fois le message concis qui disait que c'était inacceptable. Il s'est racheté une conscience en une longue réponse qui faisait état de mes ressentis, assez pour que je continue à vivre comme si tout ça n'était qu'une petite coupure bien nécessaire en préparant un bon repas. On travaille dans le même milieu. A de multiples reprises s'est présentée l'option de le griller pour ne plus avoir à recroiser son visage. Mais, dans la balance ? Je préférais laisser quelqu'un d'autre le servir et quitter la pièce quand il était là que de devenir, au-delà de tout ce que j'ai construit dans mon travail au prix d'un dur labeur, "celle qui s'est fait abuser par ce mauvais musicien". Celle qui, aussi compétente qu'elle soit, arrive avec ses contraintes, ses Trigger Warning, une officieuse radicalité qui ne dit même rien de ses convictions tant elle la précède. Ma chance ? C'est un mauvais musicien. Il n'en fallait même pas tant pour qu'il ne soit programmé nulle part.
J'ai recroisé ce mec. Tard dans la nuit avec son grand sourire, convaincu que j'étais assez saoule pour en vouloir encore. Je l'ai envoyé sur les roses en quelques secondes, ce fut si court qu'il n'a pas du réalisé l'ampleur du sujet, assez intense pour que j'écrive tout ça. Aux dernières nouvelles, il était en couple avec une musicienne expatriée qui travaille sur mon label. Pour conserver immaculée mon image, je lui ai même écrit à elle en lui disant en quelques mots qu'il s'agissait d'une autre vie et que mes ressentis ne devaient en aucun cas rentrer en compte dans ce qui nous liait professionnellement.
Nouveau sens unique
J'aurais voulu que tu m'aimes moi.
C'est pas possible ou pas maintenant. Je ne veux pas te dérober à quelque chose de bien, pour l'avoir moi. C'est pas aimer, ça.
J'aurais aimé t'aimer maintenant.
C'est pas possible ou c'est pas moi. Je vais tâcher de t'aimer comme je crois qu'on aime. Sans attentes, sans égoïsme, sans confondre amour et possession.
C'est le temps qui me dira - si j'ai donné ton visage à l'amour ou s'il y avait quelque chose. D'ici là je vais essayer de pas me faire mal.
C'est pas maintenant et c'est pas ça.
Yas
22 juillet 2025. Quand j'ai su, j'ai commencé par ranger bien sagement l'information dans un coin de ma tête. Ce coin où j'avais laissé presque tout ce qui nous liait. Toi le témoin de toutes les premières fois, de mes plus grandes joies puis de ma plus grande tristesse. Des années ponctuées de petits mots d'amitié, à graviter autour de toi et laisser traîner mon épaule au cas où. Toi à travers qui j'ai appris le sens intime du pardon, pour peu que j'aie réussi un instant à t'en vouloir vraiment. Quand j'ai su, la douleur qui dormait dans le haut de mon ventre et qui portait ton nom s'est réveillée. Cette nuit, je fixe le plafond où se succèdent les endroits les plus fous où on a fumé des pétards, défié le temps et tutoyé les étoiles. Chaque folie qui avait précédé le chagrin. J'y dépose le son de ton rire et tes yeux malicieux - tout le reste est parti avec toi. Subversive, excentrique, secrète, volcanique, trouble. Sublime. C'est le mot.
Souviens-toi qu'être arrivé jusque là est la plus grande des Victoires
Seyté
Mon corps de grosse - 31 ans
Mon corps de grosse commence à me faire mal. Je n'ai pas voulu le voir venir, ça a commencé il y a bien longtemps avec le frottement entre mes cuisses et les blessures laissées par mes vergetures qui se rouvraient quand je marchais trop longtemps. J'ai toujours adoré mes vergetures, une fois devenues blanches, comme une marque de mon corps qui change et qui vit, comme un symptôme de qui je suis moi, de mes phases successives, un relief sur mon corps, perceptible par n'importe quel homme à l'aveugle. Le problème, c'est quand je souffre en marchant dans la rue parce que l'intérieur de mes cuisses saignent. Le problème, c'est quand je souffre des marques de culottes pourtant à ma taille et que je ne peux pas le dire à mes amis tant je sais que ça les dépasse, puisque jusqu'il y a peu, je faisais une taille qui ne collait pas, ne grattait pas et- surtout - ne puait pas.
Avant, je ne voulais pas ramener d'hommes dans mon lit parce que je n'avais pas changé mes draps depuis un bail et que je n'avais pas passé l'aspirateur.
Maintenant, je ne veux pas ramener d'hommes - je parle de ceux qui viendront avec l'envie de lécher mon sexe charnu et flasque - parce que mes intersections ne sentent vraiment pas bon.
Je m'étais faite à l'idée de transpirer beaucoup : ça ne me dérangeait pas puisque je ne sentais pas mauvais et que je tentais tant que faire se peut d'en faire un trait peu marquant. Maintenant, je suis marquée entre mes cuisses, par mes culottes flatteuses ou non, et je ne sais pas quoi faire des mecs qui les trouvent anecdotiques. Parlons-en...
Je veux me convaincre que je suis une femme désirable, au même titre que les autres, mais j'accepte tout parce qu'une partie au fond de moi me crie que je devrais me sentir chanceuse d'être désirée. D'ailleurs, j'ai envie de faire l'Amour mais me sentir sur un homme me rend pleine de complexes, et je me sens prête à faire tout ce qu'il me demanderait qui n'attendrait pas trop d'efforts de ma part. Je ne veux plus entendre mon ventre claquer, je ne veux plus le sentir suer face au pubis d'un homme mince, je ne veux plus être grosse, mais ma volonté s'arrête à ce postulat.
Ca fait dix ans que je ne veux pas me voir parce que réaliser mon corps me demanderait des efforts que je n'arrive pas à fournir. C'est injuste, c'est sûr, mais c'est comme ça, j'ai créé un intérieur incroyable mais j'ai nié la santé physique qui n'ira pas en s'arrangeant. Arriver à l'aspect medical m'est insupportable et pourtant inévitable. Cacher ce visage et ce corps incroyable derrière de la graisse devient insupportable.
Everytime we say goodbye
I die a Little
Everytime we say goodbye
I wonder why a Little
Why the Gods above Me
Who must be in the knox
Think so Little of Me
They allow you to Go
And when you're near
There's such an air
Of Spring about it
I can hear a Lark somewhere
Begin to Sing about it
There's no Love some Finer
But how strange the change
From Major to Minor
Everytime we say Goodbye
L'autre jour, je me surprenais à sourire toute seule en pensant à toi. Je pensais à tes éternuements et toi qui me demandais de ne pas y faire attention quand je les trouvais adorables. Je me suis tout de suite dit que ça ne présageait rien de bon, ce sourire béat et niais pour pas grand chose. J'ai envie de t'attirer dans mes filets, de regarder le match et de te sucer pendant la mi-temps, je trouve ça romantique. Je dois être une vraie beauf. J'ai envie que tu me proposes de me rejoindre, que je range ma chambre en 2-2 et que je trouve le temps de prendre une douche pour enfiler mon T-shirt du Mexique et puis qu'on se fasse des câlins en attendant le prochain match. J'ai envie que tu me dises de me calmer quand je m'emporte, que tu m'amènes une bouteille de Spa quand je suis triste, bref, j'ai envie de mettre sur ta tête le masque de l'homme dont je ressens l'ombre à chaque instant, celui qui ferait de mes beaux moments des souvenirs.
28/06
C'est ce qui s'est passé. Tu m'as rejoint pour les derniers matchs, on a regardé Tunisie-Pays-Bas d'un mini coin de l'oeil et on s'est surtout embrassé comme des bêtes tout du long. Un moment d'interraction avec mon coloc qui passait et quelques verres de vin blanc plus tard, te voilà dans mon lit. On a fait l'amour deux fois de suite, pleins de sueur sous une canicule inédite, j'ai adoré ma bouche sur ton corps et ton sexe en moi, tout semblait si simple, si court mais si intense, je n'ai pas envie de performer quand je suis avec toi tant je sens que nos corps ont encore mille choses à se dire. Je n'aime pas mon corps. Je ne couche qu'avec des hommes qui me donnent cette conviction d'être assez subjugués par tout l'univers de mon phrasé, mon empathie et mon vécu, tels que les endroits disgracieux de mon enveloppe semblent disparaître face à l'envie de fusionner dans tous les sens du terme. Peut-être qu'on ne se rappellera jamais. On a passé des mois sans s'appeler et avant ça, des soirées entières sans s'envisager. Les autres me parlent de projection, de mettre mes envies et mes besoins au milieu des décisions : il leur manque un David Lynch et un Jacques Demy pour concevoir les instants d'amour comme moi ; dénués totalement de lucidité et uniquement basés sur la musique, le son de ta voix, le rythme de chacun de tes doigts qui caressent ma hanche et ta voix quand tu me demandes si je suis toujours sûre de moi.
C'est si important d'être soi, je me le répète en repensant au moment où ta façon de me demander de ne plus t'écouter eternuer 10 fois de suite m'a attendrie et fait sourire si bêtement 2 semaines plus tard.
J'ai déplacé mon excès de romantisme sur toi. C'est aussi beau que ça ne durera pas. Si ces instants-là ne regardent jamais que moi, ils m'ont fait voir en toi la galaxie du vide que laissent les absents, la profondeur de chacune des valeurs que tu as construites tout seul, l'Être qui se terre derrière le personnage jovial et ancré qui paraît à chacune de nos rencontres, ou du moins celui que j'imagine, les vérités que je capte derrière chacune de nos interractions vouées à me rassurer, te protégern te disculper, comme les 1000 pensées d'avance que nous partagons et qui sont si rares.
02/07
J'ai envie de te dire je t'aime aussi simplement que tu l'as fait en transpirant sur mon corps
17/07
On s'est revus. J'avais pas rangé ma chambre pour pas te faire l'Amour, mais on a fait l'amour. 2 fois à nouveau. C'est facile avec toi. Je n'ai pas peur de mon corps, je me sens libre, j'aime t'embrasser. T'es sûrement un pansement entre 2 histoires, mais t'es un super pansement. Je t'ai parlé de l'autre jour, je t'ai dit qu'on s'était dit n'importe quoi, et tu m'as demandé de quoi je parlais. Je ne saurais jamais si tu as fait semblant de ne pas savoir, si j'ai rêvé ce moment, mais je sais que celui de ce soir était vrai et c'est si bon de donner du plaisir à quelqu'un dont la véritable envie est de m'en donner. Je pense que Ludo va encore m'en vouloir parce qu'il m'a demandé de baisser la musique 2 fois et que je ne l'ai vu que trop tard, mais tant pis.
Il n'y a rien d'aussi heureux qu'un premier regard
Je sais que l'admiration que je voue aux hommes n'est qu'une projection. Qu'elle n'est que l'ouverture que je vois vers la libération, l'Eldorado, la sécurité, la confiance enfin en un futur radieux. C'est comme me tendre une carotte que je sais inatteignable. Je le sais, je le sais si bien, pourtant j'ai chaque fois encore l'envie d'y croire un instant.
En fait il n'y a rien d'aussi heureux qu'un premier regard.
ABC
Antoine - Arnaud - Bastien - Brice - Dimo - Dimitri - Dustin - Farès - Fabrice - Gregory - Gino - Igor - Jonathan - Jeremie - Kevin - Ludo - Max - Mikhael - Nigel - Robin - Romain - Thomas - Yannick - Yves -
Je m'apprivoise, je m'éduque. Je pourrais te bloquer pour ne plus te voir en ligne toutes les 45 minutes répondre à ses messages entre chaque partie. J'ai choisi de m'éduquer chaque fois à ce que ça me fasse moins mal.
Pourvu qu'on survive.
Pourvu qu'on survive ?
Pourvu qu'on survienne au bon moment pour contrer l'autre dans ses pulsions gratuites, qu'on attrape son bras quand le joug tombe sur une âme faible par pure décharge ?
Pourvu qu'on surgisse dans un instant de solitude où le seul besoin de l'autre est un regard qui dit "je sais, mais je te jure, l'être humain est fou et il oublie, il pardonne, il accepte, il avance" ?
Pourvu qu'on survole un jour les coups de canifs, les déceptions, les voltefaces comme autant d'aléas qui nous mènent à ce qui fait sens ?
Pourvu qu'on soit surs ? Surs de nous et de nos opinions, qu'on les travaille, qu'on les repense, qu'on ose dire non face à l'écrasante majorité, fiers de nos convictions, qu'on aille à rebrousse-poil rappeler que tout changement ne s'est fait que par la force d'une première personne ?
Pourvu qu'on soit sûrs. Pourvu qu'on place notre image derrière notre combat. Pourvu qu'on ose dire, faire, imposer, S'imposer.
Puisque rien n'efface ni le chagrin, ni la colère, ni les regrets, pourvu qu'ils laissent une marque de nous comme un fer de lance de Tout ce dont on refuse d'être complice.
Ca fait 3 jours que je me sens mal, maintenant que je sais que t'as quelqu'un d'autre. Je ne sais pas qui - Sherlock Zouzou n'est donc pas infaillible - je ne sais pas non plus si elle est près de toi ou loin, si tu l'as baisée et/ou si tu lui as fait l'amour, si elle te fait te sentir bien. J'ai l'envie de croire qu'elle te rappellera juste ce dont tu n'as pas pris soin avec moi et ce que tu n'as pas chéri, j'ai la fatalité de penser qu'elle te donne juste l'impression des débuts dans laquelle tu te sens fort et capable de changer pour revenir au même point. Ce qui me taraude là-dedans, c'est le fait de me demander ce qu'elle te trouve et de me renvoyer alors la question à moi-même ; pourquoi être restée si ce n'est parce que je pensais être la seule à pouvoir te donner cette présence et te comprendre, que je pensais qu'alors tu resterais, et que ça me rend la tâche difficile que d'accepter que malgré ça je ne fus pas assez.
Tout à l'heure je fermais les yeux et je revoyais ton regard dans nos moments intimes. Dans la balance, les - prenaient plus de place que les +, mais dans les plus, il y avait :
Ta voix dans tes messages, ce désir incroyable au fond de tes yeux, tes compliments, cette façon d'être toi-même vaille que vaille qui faisaient écho à mon mantra favori : "plutôt me faire tej pour ce que je suis que me faire aimer pour ce que je ne suis pas". Bon, tu m'as tej quand-même.
Je veux bien croire ce qu'on me dit : tu m'as tej aussi parce que je ne te renvoyais pas l'image que tu voulais à force de pointer les failles et de ne pas accepter ce que tu avais à m'offrir.
On en revient toujours à cette même réalité, on ne rejette pas l'évidence aussi complexe puisse-t-elle sembler. J'ai encore du travail puisque je refuse d'accepter que je n'étais pas ton évidence, quand même je sais que tu n'étais pas la mienne.
Ce mécanisme de défense systématique de vouloir paraître insensible est-il un bon choix ou me joue-t-il des tours ?
Adam & Eve
Adam & Eve sillonnent la Vie pour que l'on s'aime
Ne pleure pas Eve y a pas de Mal à penser à sa Pomme
Adam & Eve, l'Idéal, le Modèle autour duquel tournent toutes les histoires d'Amour, un Arbre au Centre, depuis la Nuit des Temps.
Au commencement était l'Amour il habite au 5 de la Rue Jean Mermoz, elle habite avec ses frères et soeurs cité des Aviateurs.
Soirée Lambda
J'étais chez Candice aujourd'hui. Nulle besoin de m'éterniser sur mon absence de patience avec les enfants et mon imovible propension à attendre d'elles un comportement que même certains adultes n'ont pas, mais :
je me revoyais alors avachie aussi souvent que je le voulais devant la télévision. Je me rappelle que celle du salon d'en bas me paraîssait difficile à allumer, qu'à partir d'un temps, maman y dormait plutôt que dans le lit conjugal. Je me rappelle de matinées entières passées avec Candice pendues à cet écran en attendant que le monde ne s'anime devant nous. Même devant des dessins animés qu'on n'aimait pas, juste en attendant que le monde s'éveille et nous divertisse.
Hier soir, je jouais avec ma soeur jumelle. On a trente ans. Je la regardais gérer pour deux, moi, qui m'énervais pour tout et rien et surtout pas à cause d'elle, et qui y prenait malgré tout un certain plaisir. Je me rends bien compte qu'elle prend mes langages de l'Amour et qu'elle me pardonne tout le reste que je ne mérite pas. Elle a eu cette chance assez unique de rencontrer un homme qui l'a aimée pour ce qu'elle était, qui lui a laissé l'espace de se cultiver dans la confiance, d'émettre ses doutes, ses colères, ses questions, qui l'a aimée pareil au milieu de toutes ces questions. Qui lui ont permis de prendre par dessus le coude tous mes stress à moi pourtant un peu insupportables.
Quand j'étais gamine, les vieux disaient que le plus important c'était la santé et la paix, et maintenant, je comprends tellement ce qu'ils voulaient dire.