En chemin vers... ? ParisClichy 2016

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@territoirehistoires
En chemin vers... ? ParisClichy 2016
M a  V i ( l l ) e  R ê v é e  stage de création artistique / du 25 au 29 avril 2016 / à Clichy la Garenne / Prendre des images de sa ville en chantier puis en faire un récit à travers la création d’une oeuvre visuelle et littéraire / par Sophie Cyrklewski et Hamel Marir / avec Rayan, Soufiane, Sara, Chaima, Zahira et la participation d’Assia, Anis, Ayoub et Bouchra
           Ma vie en vert et en gris  de Soufiane
Ma Moitié en nature ; avec des beaux arbres ; de belles fleurs ; des bonnes odeurs ; qui m’envahissent.
Mon autre moitié sombre en travaux ; avec les nouveaux immeubles en construction ; qui touchent mon immeuble ; et parfois j’ai envie de les pousser pour que ça tombe en domino ; comme la mer repousse le sable.
M a  V i ( l l ) e  R ê v é e  stage de création artistique / du 25 au 29 avril 2016 / à Clichy la Garenne / Prendre des images de sa ville en chantier puis en faire un récit à travers la création d’une oeuvre visuelle et littéraire / par Sophie Cyrklewski et Hamel Marir / avec Rayan, Soufiane, Sara, Chaima, Zahira et la participation d’Assia, Anis, Ayoub et Bouchra
             La Vie de mon arbre #2 de Rayan
Des travaux renouvelleront la ville Des maisons, pour les personnes qui n’en ont pas
De la couleur sur les maisons et des fleurs sur mon arbre.
M a  V i ( l l ) e  R ê v é e  stage de création artistique / du 25 au 29 avril 2016 / à Clichy la Garenne / Prendre des images de sa ville en chantier puis en faire un récit à travers la création d’une oeuvre visuelle et littéraire / par Sophie Cyrklewski et Hamel Marir / avec Rayan, Soufiane, Sara, Chaima, Zahira et la participation d’Assia, Anis, Ayoub et Bouchra
              La Vie de mon arbre #1 de RayanÂ
Il était un jour un arbre tout nu, qui habitait dans un quartier... moche.
Branches Pollution Noir
Épisode 12 - Maman Rita
Un épisode composé d'après les paroles et les idées originales des stagiaires en atelier pratique sociolinguistique Création d'histoires - Regards sur la ville, avec l'association SFM et Céline Paschos.
Maman Rita poussa un cri si fort que la pluie s'arrêta. Le bruit énorme résonnait encore du plafond. Asmaa qui rencontrait chaque jour une nouvelle sonorité depuis l'arrivée des chantiers en bas écrasa la boîte contre elle. Ça ne changea rien. Ces nouvelles constructions pour les autres, prenaient beaucoup de place dans sa vie. Sa mère ne bougeait pas. Très loin dehors la pluie reprit sa chanson. Les bougies dessinaient maintenant un espace plus sombre et derrière la fenêtre la nuit cachait des histoires, les lumières du chantier étaient balayées par le vent. Asmaa se colla contre sa maman. C'était une soirée d'hiver bizarre. Le froid la réveilla. Elle avait suivi sa mère dans le couloir. Maman Rita remonta son col. Mais qu'est-ce qui se passe ici ! grogna la femme intérieurement. Asmaa se colla à sa maman, quand elle entendit face à elle la porte s'ouvrir lentement, celle de Chantal, la voisine, Chantal, qui n'aimait pas les enfants. Maman Rita, qui cherchait en l'air, fit comme si elle ne la voyait pas. Mais la vieille dame passait la porte, en respirant bruyamment, alors Maman Rita, qui avait senti le souffle apeuré de sa voisine, baissa la tête et lui tendit la main. C'était leur première fois. Jamais les deux femmes ne s'étaient croisées, mais d'elle Maman Rita en connaissait des choses, parce que les deux appartements, les murs fins, laissaient passer la vie de l'autre. L'aspirateur, son lointain, le mixeur, un son rare, la machine à laver, elle l'entendait souvent, et sa voix qui râlait contre les jeux d'enfants au jardin, elle l'entendait tout le temps. Asmaa qui ne voulait pas découvrir le visage de la voisine enfonça sa tête dans le dos de sa mère, pendant que dans sa main, Maman Rita sentit la douceur de la main chaude de Chantal. Les deux femmes sur le palier s'interrogeaient, un bruit si énorme ne pouvait venir que du chantier, mais Maman Rita n'avait rien vu, et Asmaa avait dit " c'est dimanche ". C'est là que Chantal, avait pensé au nouveau voisin, celui arrivé l'été dernier. Un nouveau voisin venu de nulle part, précisa Chantal qui sortait peu, mais qui passait du temps derrière sa porte à écouter, à regarder les habitants de l'immeuble. C'est un homme jeune, dit Chantal à Maman Rita. Et comme dans les livres, une voix s'éleva, bonsoir, je suis Ka, c'est moi... ! Ka lui aussi voyait les femmes pour la première fois, mais pas la petite fille, qui jouait souvent au jardin. Ka salua Asmaa, puis raconta son histoire. Depuis son retour, ici, il ne reconnaissait plus rien, les chemins bougeaient, les bus étaient déviés, les routes coupées, et cet immense chantier qui s'étendait sous leurs fenêtres, mais c'était quoi ? Oui, mais aussi, bien sûr, oui, le bruit énorme, c'était lui ! Une commode à déménager tombée sur le sol. Les femmes regardaient le nouveau voisin. Asmaa, un peu réchauffée, fit un pas de côté pour mieux voir la scène. Sa mère parlait parlait, Maman Rita, faisait de grands gestes et Chantal avait souri. Ka posa beaucoup de question, interrogea les femmes sur les mutations en cours, les futures commodités du quartier, et la ville maintenant, et les transports... Ligne du métro 14, arbres fleuris, immeubles en couleur, architecture, calme, beauté, de la lumière, des nouveaux logements, un cinéma, un grand marché, une forêt ! Un grand théâtre ! Piscine ! Un nouveau lycée ! Une salle de sport, des arbres, les oiseaux qui chantent, pas de pollution, vivre près de la nature et la mer... Dans un chateau, ni petit ni grand ? Dans un building en verre. Vivre au bord d'une forêt. Un balcon et ses plantes, revivre dans une maison en terre.
© Territoire Histoires - 2016
Par Aïcha, Bonco, Fatoumata, Habiba, Haja Mariam, Hakima, Hayet, Iman, Inosha, Madiha, Moufida, Nadhira, Samira, Samira E, Sophie, Walaa, et Yu Ping.
#grandparis #clichybatignolles #territoirehistoires #artists on tumblr
© Territoire Histoires
paul kaloustian | architect | house in the forest | photography | posted from somewhereiwouldliketolive.com
Ou bien maison qui rentre ? pensa Ka simultanémentÂ
Source @couleursdemma  et  somewhereiwouldliketolive.com
Rentrer à la maison maintenant ? dit Ka très fort, à partir de ses souvenirs
‘First the building then the site’ by Nils-Ole Lund, 1982.
Une rencontre urbaine et littéraire fructueuse, mercredi 17 février au Théâtre Rutebeuf, à l’image de cette illustration de @polychroniadis by Nils-Ole Lund... ÉPISODE en fonction à venir
ÉPISODE 11 - LA VIE EN HIVER ET AU PRINTEMPS
Un épisode composé d'après les paroles et les idées originales des stagiaires en atelier pratique sociolinguistique Création d'histoires - Regards sur la ville, avec l'association SFM et Céline Paschos. C'est dimanche soir. C'est l'hiver. Il pleut fort.Â
Maman Rita et Asmaa sont à la maison. La petite est tendue, car la semaine va reprendre. Sa mère a disposé des bougies dans le petit salon de l'appartement pour détendre l'atmosphère. Sur le grand tapis épais, Asmaa joue à TipTapCanard. L'ambiance est douce, agréable, au chaud. L'une des fenêtres de l'appartement donne sur le chantier, l'autre donne sur le jardin. Dehors, la pluie laissera des traces sur les vitres propres. Dehors, les lumières du chantier éclairent l'appartement et Maman Rita derrière la fenêtre.
Elle a 30 ans. Elle a poursuivi des études. A 23 ans, elle donne naissance à sa fille, seule. Maman Rita regarde par la fenêtre, elle regarde le chantier et la pluie. Elle est là mais elle est ailleurs, là où elle vivait enfant, où il faisait toujours beau, là où il y avait le printemps, le calme au réveil avec un ciel bleu clair, où parfois il neigeait. Maman Rita vivait au nord, près d'un bord de mer, dans une ferme, entourée de ses parents. Sans responsabilité, libre, jeune et heureuse. Amoureuse. Ici maintenant c'est différent, ici maintenant tout est changé. C'était bien, c'était bien avant, ici tout est changé. Elle élève sa fille seule, sans Papa. En bas il y a un immense chantier qui lui bat dans le coeur.
  " Lorsque je me suis endormi hier soir une image était là , glissée sous mes paupières, et c'était celle de ton visage. Tout au long de la nuit, cette image ne m'a pas quitté et m'a inspiré les rêves les plus délicieux. Au petit matin, j'ai gardé les yeux fermés le plus longtemps possible. Pour mieux la retenir et m'en imprégner. Puis durant la journée je me suis accordé des petits bonheurs uniques et précieux il me suffisait pour cela de fermer les yeux et de laisser revenir ton visage. Je l'ai tant et tant regardé, que désormais tu ne me quitteras plus.
   A toi Rita, Je ne vis pas sans toi Car tu es tout pour moi Ma vie sans toi ? Je n'y pense même pas Je ne sais pas comment elle sera Mais pas grand chose en tout cas Promets le moi ! Car sans toi je ne vivrais pas Je ne vis que pour toi Pour toi seule Je t'offre ma vie Alors prends là Car elle est à ...
   Mon Amour J'espère que tu vas bien. Ici le soleil est beau, la mer est très calme, la forêt est belle, il ne manque que toi, je suis tout seul ici tu me manques, j'ai besoin de toi à côté de moi je t'aime beaucoup je veux être avec toi toute la vie, j'aimerais bien avoir des enfants une petite fille d'abord et après un petit garçon. Ah ah ma belle, le jour où je verrais une petite fille jouer et m'appeler, papa, papa. Je t'aime mon coeur et je reviendrais, à bientôt, au revoir. "
Asmaa a 7 ans. C'est ce jour qu'elle trouva la boîte, et la présenta à sa mère. A l'intérieur, il y a les lettres d'amour de ses parents, de son père parti sans la reconnaître. Toujours la petite demande après son père, mais jamais sa mère ne lui répond, il n'y a que des larmes qui coulent des yeux jusqu'au cou, et Asmaa qui se serre contre Maman Rita en attendant le lendemain. Alors ce jour-là , quand Asmaa ouvra la boîte, elle comprit tout de suite ce qu'elle pouvait contenir, préférant d'abord vérifier seule, la petite plonge dans la boîte aux secrets, et dévore les lettres et le petit carnet, il y a des mots partout.
tu as su me combler avec tes beaux yeux, ton odeur, ta façon de parler, de rigoler, de sourire. Quand je pensais à tes regards, j'avais peur de t'aimer, et dès que je t'ai aimé j'ai eu peur de te perdre, et maintenant que je t'ai perdu, tu es loin de moi, je ne sais pas quoi faire je suis très faible sans toi
rester pour des heures dans tes bras au paradis de la douceur
Mon amour, j'ai un Noël pour toi. Je suis enceinte.
j'ai pris ma décision toute seule et je n'ai rien dit
nos photos
les bons souvenirs de jeunesse
j'ai vu la lettre que tu m'as envoyé
je dois vivre avec toi mais je ne vis pas avec toi
chaque jour que tu es loin de moi, mon coeur est en manque j'ai besoin de toi dans ma vie comme les plantes ont besoin d'eau Malgré la distance, je pense tous les jours un peu plus à toi.
ça fait déjà deux ans tu es mon rêve
Asmaa regarde sa mère. Maman Rita attend. Il y a 7 ans, elle a choisi sa fille, mais elle ne sait pas comment lui dire. Son coeur s'est renfermé sur Ilane, le jour où elle a décidé de ne pas parler de leur petite fille à naître,  un acte qui a signé le début de la fin de l'histoire, les amoureux changeant d'école, changeant de ville, à l'écoute de leur famille, s'accrochant à leurs études, changèrent aussi de vie, et les lettres d'amour se perdirent, et au fil du temps il n'y eut plus de pages dans son journal intime à fleurs, alors elle renferma ses mots tout au fond d'elle même pour ne plus les regarder, incapable dès lors de rien transmettre à sa petite fille, Asmaa, qui ce jour là , trouva enfin des réponses, vu les lignes de son papa, quand tout à coup comme venu du ciel, comme un coup de tonnerre, un bruit énorme raisonna du plafond.
© Territoire Histoires - 2016 Par Aïcha, Bonco, Fatoumata, Habiba, Haja Mariam, Hakima, Hayet, Iman, Inosha, Madiha, Moufida, Nadhira, Samira, Samira E, Sophie, Walaa, et Yu Ping.
on s’y retrouve ? On s’y reparle ? On s’y entend ? On s’ i m a g i n e ?
alexandre contesse
janvier, j’y viens ! on arrive, par l’escalier, on y va, ouvrir les yeux, regarder sans les mains et découvrir TRAVAUX EN COURS ou le post du récit de la construction de la série Territoire Histoires dans les ateliers de Création d’histoires menés depuis septembre 2015… ici
(merci à alexandre contesse pour ses traits inspirants)
Fiction en construction
Boussole
Se repérer dans la série littéraire Territoire Histoires
A Clichy, au creux de l’été, puis en hiver
Ka  Personnage principal, 30-40 ans Bienvenue  Sa femme d’avant Romaric  L’ami d’enfance du couple Maman Rita   30 ans, la voisine de Ka Asmaa  La petite fille de Maman Rita, 7 ans Ilane  Son père Chantal   La voisine  Â
Sous le pont du périphérique  Entre Clichy et Paris Galaxika  La ville où Ka a vécu ces dernières années Petit appartement  Celui de Romaric Appartement frais   L’appartement de Ka Immeuble banal  Celui où vivent Ka, Maman Rita et Chantal
Parce qu’il faut parfois sortir du cadre ! :)
KA, À LA POURSUITE DE SA VIE ?
épisode 10 – Du vide et de l’air
 Ka se réveilla les yeux pleins de nuages, et d’eau, de mer.
Au creux du matelas à même le sol il s’abandonne dans la contemplation du plafond de l’appartement, sa maison, le jour, à l’engourdissement du matin où l’on ne sait pas vraiment quelle heure, où, pourquoi, comment, de quelle manière et que ça ne revêt d’ailleurs aucune importance. Un instant avant, il a perçu le temps où la tête est vide, l’instant d’après où l’on réalise : Oh ma tête est vide. Etait. Là ses pensées s’habillent, il est au chaud contre la couette de plumes adoptée la veille, un kit pour lit choisi en trois secondes sans se poser de question. Là il est bien au chaud, enrubané, il transpire un peu. Le lit est posé là où d’après ses souvenirs le soleil donne au matin. Le soleil et lui en face à face au fond des yeux, et la lumière de l’été en fond qui donne aussi, ma foi un réveil, un petit matin, dé-li-ci-eux pour la naissance de son troisième jour à Clicli. Couvert de poils et de plumes, pieds au chaud, yeux au ciel, et ce contraste dingue entre la veille au soir et maintenant, inimaginable, la gueule en plein soleil, si jaune que le plafond blanc derrière a disparu. Ka entrevoit bien ici les nouvelles délimitations de l’espace dans l’expression de ce mélange pictural entre l’espace au dehors, l’espace au dedans, au sein de l’apppartement. Car présentement il n’y a pas de frontières latérales, tout se joue en haut, comme le sang monte à la tête, comme la chaleur monte au plafond, comme précisément la fumée s’élève et fusionne avec les particules du ciel. Un peu plus et Ka plane… Sourire… De l’eau à l’air, le voyage est décidément multiple dans ces premières dimensions du chemin proclamées. Maintenant qu’il est seul _ Bienvenue, dame au loin je ne sais où et Romaric, rentré dans son chez lui _ Ka commence à percevoir à quel point le vide, le rien du tout, l’espace où que l’on soit, contiennent de portes et de portes, des rangées de portes dans tous les coins, chaque interstice y va de sa clé dans la serrure, si bien qu’aujourd’hui dans la contemplation de ce faux ciel blanc, son plafond transparent, Ka est en mesure de saisir naturellement, pour la première fois depuis son arrivée que oui, et pourquoi pas l’ailleurs, puisqu’au fond de son oeil s’entrelacent parfaitement la lumière du soleil jaune et la peinture blanchâtre du plafond au dessus, et d’ailleurs, lové à l’intérieur, c’est bien dans le ciel (bleu) qu’il traverse le temps qui passe, il est homme dans la nature, les quatre éléments à l’avant scène, rien ne lui paraît plus juste que cet accord de l’intérieur avec l’extérieur, que cette entente de l’appartement désert et de l’espace occupé par le paysage, rien de plus banal aujourd’hui que le mariage de son intimité avec ce territoire.
Du vide, et de la note bleue.
  © 2015 Sophie Cyrklewski