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@the-corsican-2a
L’hôpital à la montagne.
Le rocher sacré
La connexion
Lorsque deux enfants se disputent à l’école et que l’un blesse l’autre, la maîtresse va demander au premier de regarder l’autre, qui souvent pleure. Immédiatement ou presque celui-ci va avoir une réaction naturelle et profondément humaine : il va pleurer. Notre capacité d’empathie semble se perdre lorsque nous grandissons. Les principes restent pourtant les mêmes : toutes les personnes du monde veulent protéger les êtres chers. Au début en tout cas...
Avec le temps et les choses de la vie, nous changeons en mal. Nous nous perdons. Et au fond, si nous cherchons bien, nous voyons tous cet enfant qui pleure, qui a mal et qui nous supplie d’arrĂŞter.Â
Au commencement, lorsque nous sommes enfant, nous sommes parfaitement reliés à nous mêmes. Bien sûr que l’éducation est nécessaire, il faut qu’un adulte, ou quelqu’un d’autre, soit présent pour apprendre canaliser tant d’énergie. Mais il faut toujours que cette énergie soit dirigée vers le monde extérieur. Les meilleurs systèmes scolaires du monde sont d’ailleurs ceux qui vont diriger le mental en début de journée sur des thématiques “intellectuelles” et libérer l’énergie physique après manger.
Pour l’anecdote, l’autre jour ma mère m’a raconté une histoire : quand j’étais tout petit, je grimpais dans le frigo la nuit pour gober les oeufs ! À l’aide d’un cure-dent, je trouais la partie haute de l’oeuf puis la basse pour vider son contenu. Pour maquiller mon méfait, je reposais la coquille quasi intacte sur son socle avant de me recoucher.
MĂŞme s’ils furent surpris de dĂ©couvrir le coupable de l’histoire, ils ne m’en ont jamais voulu ni reprocher d’une quelconque manière. Parce qu’ils avaient compris quelque chose : les enfants savent ce dont ils ont besoin. Nous sommes les seuls animaux du monde Ă forcer nos enfants Ă manger, mĂŞme lorsqu’ils indiquent qu’ils sont rassasiĂ©s.Â
Alors certes la limite est très vite dessinĂ©e lorsque les petits, et les grands, se jètent sur des bonbons. Mais ici la nĂ©cessitĂ© n’est pas rĂ©elle et nous le savons. Lorsque nous voulons consommer des sucreries ou n’importe quel autre addiction, la dĂ©marche n’est pas naturelle. Elle est extrĂŞmement impulsive.Â
Si nous écoutions véritablement ce que veut notre corps, nous pourrions avoir des surprises sur nos envies alimentaires...
Peut-ĂŞtre l’idĂ©al serait de redevenir des enfants, dans le sens oĂą nous pourrions Ă nouveau, ressentir ce qui se passe au fond de nous mĂŞmes. Sans entraves. En Ă©tant parfaitement connectĂ©s.Â
L’aube de l’humanité
À la différence des autres animaux, l’humain laisse une trace de son passage. L’homo sapiens-sapiens, qui est conscient de lui-même, n’existe que depuis l’invention de l’écriture soit environ 3500 ans. En revanche, l’homo sapiens aurait vu le jour il y a quelques 300 000 ans. Un battement d’aile dans l’histoire du monde. Aussi comprenons bien une chose. Nous ne savons rien. Et ce simple principe est terriblement important. La nécessité de se rappeler notre petitesse n’a jamais été aussi importante.
J’ai toujours trouvé fascinant la nécessité de vouloir mettre des mots sur nos observations. Et lorsque nous ne savons pas expliqués quelque chose rationnellement, nous utilisons des explications mystiques. Nous avons besoin de mettre des mots sur les choses que nous ressentons. Que ce soit par la vue ou n’importe quel sens d’ailleurs.
Alors peut-ĂŞtre que l’humilitĂ© vient au moment oĂą l’on assume ĂŞtre ignorant et impuissant. Et c’est quelque chose dont j’ai rĂ©ellement besoin. De savoir que je ne sais rien.Â
Mais dans les moments de doute et de peur, il faut toujours se rappeler deux règles :
-Tout ira bien
-Vous n’êtes pas seul
Aujourd’hui je peux rajouter une règle qui, j’espère, rassurera ceux qui ne l’ont pas Ă©tĂ© avec les deux premières : nous sommes Ă l’aube de l’humanitĂ©. Nous ne savons rien. Et c’est normal.Â
-Agissons à notre échelle et laissons-nous du temps.
Tout l’or du monde
Après la société des interdits et la société de la libération du 20e siècle, c’est la société de la fatigue. (Byung-Chul Han).
Après s’être contraint à suivre des règles strictes pendant des années, nous avons redécouvert la liberté. Et après des années de libérations et de confrontations aux règles de la société, il y a une perte de sens. La rigueur passée va être aujourd’hui réclamée par les jeunes, hommes pour la plupart. Une société qui s’efforce à chercher un sens à tout. Cet effort constant et dissipé les épuisent tous.
Il y a un ensemble de facteurs, technologiques pour la plupart, qui va fluidifier ce rythme néfaste. En voilà deux.
Commençons par les réseaux sociaux. Le fait de pouvoir se comparer avec ce qui n’est pas comparable. La grande majorité des jeunes (15-30 ans) va vouloir s’identifier à l’autre dans une quête de sens et de personnalité. Et ce qu’ils voient est un produit, une vitrine, mais c’est un autre débat. Les consommateurs de réseaux sociaux se désolent de passer des heures à “scroller”. Le fait est que nous perdons quelque chose. Quelque chose manque. Le succès mondial du psychiatre américain Jordan B. Peterson a écrit puis vendu l’essence même de ce qui semble manquer : une série de règles strictes et rigoureuses pour avancer. C’est la seule et unique solution qui semble apparaître lorsque nous voulons nous débarrasser d’une addiction.
Autre problème majeur et terriblement tabou : les sites pornographiques. La capacité de se projeter dans une fausse réalité. Le plus souvent de manière très perverse. Ici aussi, les jeunes, hommes pour la plupart, se lamenteront très vite, longtemps et profondément pour quelques secondes d’extase. La pire sensation sera celle de se sentir totalement dépendant de ce monde virtuel. Mais ce n’est qu’une sensation. Sans fondement et fausse. Le véritable malheur, la plus terrible des conséquences sera celle de voir le monde d’une autre façon après toutes ces années de masturbations mentales et physiques. Les femmes sont des victimes directes de cette perversion. C’est tout un conditionnement qui est opéré puis infligé à celle qui savent probablement pas d’où peut surgir une telle injustice. Mais les hommes également subiront de plein fouet les effets terriblement néfastes. Ils verront par exemple une jeune femme magnifique dans la rue et imagineront les pires horreurs sur l’innocente. Les mêmes qu’ils ont vu sur internet juste avant. Mais ces pensées tordues seront toujours motivées de manière inconsciente.
Comme si quelqu’un forçait ces esclaves du monde virtuels à imaginer, à avoir des pensées qui ne correspondent pas à ce que l’on souhaite. Et il n’y a rien de pire que de se savoir manipulé, se sentir totalement impuissant pour ensuite pousser notre être à fermer les yeux et puis recommencer.
Et c’est littéralement infernale. Par ailleurs, quand nous observons dans les différentes cultures du monde, il y a clairement un point commun ; la conception de l’enfer. Une répétition forcée  des choses qui nous font du mal. (C’est également la définition clinique de la folie. Répéter quelque chose que l’on sait néfaste pour nous, en être conscient, mais répéter quand même.)
Nous n’aurons vu ici que deux de ces outils qui poussent au mal et qui ronge notre société : la “virtualisation”. Vivre dans le numérique.
Aussi nous devons comprendre une chose essentielle par tous les moyens nécessaire : la valeur de notre temps est inestimable, ne le gaspillons pas.