Italia
Italy tour, round 3 (by June) !!!
Jour #1 : GOB, Viareggio, Toscane
Hey ! Ça y est, c’est reparti, premier jour de la troisième tournée italienne ! Après la tournée du Nord et celle de la Sicile, on part cette fois à la découverte du centre, des Pouilles, de la Calabre et de la Sicile. Ouais, ça s’annonce mal…
Et grande nouveauté, on part à 3 ! Après désistement de dernière minute de notre premier chauffeur, c’est la délicieuse Morgane, une amie d’ami qu’on a rencontré une heure, qui nous accompagnera pour conduire le Citroën C3-tour-bus.
On a loué la voiture à Nice pour s’éviter trop de route. On débarque donc à Nice le matin, on charge la caisse à rabord (en s’inquiétant déjà d’où on va mettre la mozza pour le retour) et on décolle pour la première date à Viareggio, à 5h de route.
Tout le trajet se déroule sous le brouillard et la pluie battante qui laissent à peine entrevoir la côte méditerranéenne et les premières collines toscanes. Hormis les pins parasols on se croirait expédiées dans la campagne anglaise de Jane Austen. Je verrais bien Mr Darcy débarquer à notre concert et pogoter au premier rang...
On arrive à la salle trop tard pour les balances alors on fera un linecheck juste avant de jouer. On s’installe dans l’endroit où on est censées dormir, juste à côté de la salle. C’est une sorte de mini-loft dans un mini-hangar à bateau, avec un toit en tôle, des lits superposés, une représentation de Jésus et un poster du Ché, déco catho-révolutionnaire, pourquoi pas…
Il pleut toujours des trombes d’eau, un lac s’est formé entre la chambre et la salle, les accès deviennent difficiles. Le premier groupe finit de jouer, on commence à s’installer et paf : coupure de courant. C’est général, dans toute la zone. On nous propose alors de faire un concert en acoustique, à la bougie, mais finalement l’électricité revient. Le concert commence et on retrouve aussitôt la chaleur et la générosité du public italien… we missed you guys !
Nos douces voix n’ayant pas du tout calmé le déluge, l’organisatrice du concert nous propose d’aller dormir chez un ami. On finit donc la soirée chez Lorenzo, qui nous fait des pasta à la tomate maison, « désolé j’ai fait avec ce qui me restait», c’est ça ouais, c’est une tuerie… il nous installe des lits et on finit par regarder tous ensemble une série débile dans son canapé, trop mignon.
Day #2, The Yellow Bar, Roma
Viareggio-Roma, 3h, ça nous laisse le temps de déjeuner à Pise ! On fait des photos en posant comme si on tenait la tour avec nos bras, on ne peut pas s’en empêcher, on a déjà chopé le virus du « touriste de base ». On mange des pâtes (cette phrase reviendra souvent, étonnamment) et on repart.
Roma, 16 degrés, c’est le printemps. La scène du Yellow bar est situé sur une sorte de mezzanine, à 2m du sol, ce qui fait que personne ne nous voit. Et vu le temps, tout le monde est dehors… Malgré la gentillesse de l’ingé son et des barmen, ce sera le concert le plus difficile de la tournée. On oublie, on continue.
Day #3, la Traccia Nascosta, Manfredonia, Les Pouilles
Après un petit déj à l’anglaise (avec du gras, du gras, et un peu de sucre), on part faire une visite express de Rome (Piazza di Spagna, piazza Navona, Campo di fiori) avant de reprendre la route vers les Pouilles.
Je rêve d’aller dans les pouilles depuis des années ! Mais comme il fait nuit à 16h30, on ne voit rien du tout. Alors on achète des parts de pizza et du chocolat sur toutes les aires d’autoroute pour combler notre frustration (la bonne excuse…).
Gigi (l’amoroso) et Maria nous accueillent merveilleusement bien, leur bar est très cool et on joue devant 80 personnes super motivés, un vrai bonheur ! Un homme me demande en mariage à la fin du concert, ses amis me disent qu’il est déjà marié, ça sent l’arnaque…
Gigi et Maria nous prêtent une maison, sorte de réplique de villa californienne, rose et verte, charmante.
Day #4, il Bebop, Tarento, les Pouilles
On repart en suivant la route de la mer. Très difficile de trouver des restos ouverts à cette période de l’année, on traverse beaucoup de villes fantômes… on finit par en trouver un, et on commande avec Molly des peccheri a la vongole, c’est à dire des pâtes aux palourdes. Les pâtes nous sont servies, mais sans palourdes… intéressant comme concept… on essaie d’avoir les explications du chef, qui ne parle pas un mot d’anglais ni de français : il nous fait comprendre qu’il a oublié de les mettre et qu’il est désolé, et c’est tout. No stress le mec… puisqu’on insiste un peu quand même et qu’on y tient à nos vongole, il finit par nous en ramener un petit bol. Magique ce resto. Si vous cherchez une bonne pasta bolognaise, mais sans viande ni tomate, je vous le recommande !
C’est reparti, on prolonge vers le sud direction Tarento. Belle surprise, on dort dans un très beau B&B en plein cœur de la vieille ville. Je pars découvrir les ruelles sinueuses pendant que les filles font la sieste : le centre est quasiment désaffecté et a une beauté folle, je suis complètement charmée.
On découvre la salle, l’équipe est adorable, les panini sont délicieux, le public est chaud-bouillant, Morgane et son nouveau pote Jaccomo se déhanchent pendant que quelques personnes sur le côté de la scène me jouent du air-batterie, Molly fait des solos debout sur les tables, rock n’roll baby.
Un jeune homme me pose des questions musicales après le concert et profite que je signe son disque pour me faire un bisou dans le cou, avant de filer en courant. Nan mais ça va pas la tête ?! On demande avant on a dit ! #balancetonbisoudanslecou
Day #5, OFF (Officine Sonore), Lamezia Terme, Calabria
Après un petit café et un bon jus d’orange pressé dehors (oui, il fait 17 degrés un 13 décembre…), on longe le dessous de la botte et on traverse vers l’ouest les champs d’oliviers, d’orangers et de cactus. On mange encore des pâtes aux fruits de mer (avec vraiment des fruits de mer dedans cette fois, on nous la fait plus…) dans un autre village désert.
Arrivées à Lamezia Terme, les filles se posent à l’appart et je repars faire la touriste. La ville monte jusqu’au château, très charmant. L’ingé son a 2h de retard, il manque quasiment tout le matos (pas d’ampli, une demi-batterie rincée, pour l’ampli basse on repassera « pourquoi tu veux un ampli basse, tu joues de la guitare »), on attend 2h de plus pour voir arriver le reste. Un autre « ingé son » arrive, on se dit que ça va un peu accélérer, mais non : le son de plateau est une horreur, il y a des larsens partout. On abandonne les balances à 22h pour aller manger. Ce 2ème ingé son était en fait Ricardo, le boss du bar où l'on joue et du resto d’à côté… on comprend mieux… si seulement il faisait du son comme il fait à manger… ses produits sont dingues, on mange le meilleur repas du voyage ! Mais il faut déjà retourner sur scène, lar-scène… ça larsen tellement qu’au bout de 5 morceaux Molly vire le micro de la grosse caisse, le fait malencontreusement tomber (la punk !), ce qui nous vaut une légère embrouille avec une meuf du bar, qui vrille hystérique et nous parle carrément mal. On arrive quand même à discuter en fin de soirée et Morgane notre médiatrice arrive même à obtenir des excuses ! Bravo Momo ! On boit une margarita pour fêter ça.
On rencontre aussi un jeune fan de la France, qui parle un français très distingué. Il l’a appris dans les chansons d’Edith Piaf et de Dalida (qui est Calabraise m’apprend-il) et veut absolument venir vivre en France, qui est « beaucoup plus tolérante que l’Italie » (j’espère que tu ne seras pas trop déçu petit chat…). On quitte Ricardo qui a l’air ravi (et qui tourne à tout autre chose qu’au Ricard à mon avis…).
Day #6, il Perditempo, Barcellona, Sicilia
C’est reparti. Voyage au cœur de la Calabre ensoleillée, prairies vertes peuplées de moutons et de bergers, d’oliviers et d’orangers, la Méditerranée en toile de fond et déjà le volcan de Stromboli, j’ai le cœur fendu en deux de tant de beauté. Les filles profitent de la traversée en bateau pour dormir un moment, tandis que je rejoins le pont et me fais cueillir par le doux spectacle du soleil disparaissant derrière les collines de Messina (perfect timing, encore bravo Momo !). Sicile nous voilà.
L’adorable Pietro nous montre la scène, en extérieur, et la balance est un vrai plaisir comparée à la veille. Des techniciens compétents dans une ambiance détendue, la base ! Un peu de bon vin et quelques bons panini plus tard, on monte sur scène. C’est la fête dans toute la rue, on se fait un peu parasiter niveau sonore, mais on s’en fout, on joue plus fort. Le public est présent et souriant, très agréable.
Notre chambre ressemble à un couvent. Trois lits blancs dans une grande pièce très haute de plafond, avec un carrelage vintage et aucune déco. On se croirait dans la série « The handmaid’s tale ». Manque plus que des croix au dessus des lits…
Day #7, la Fabbrica 102, Palermo
Sur les conseils de Pietro, on prend le petit déj chez Frenni, une vieille pâtisserie, on enchaîne sur quelques arancini, salades de poulpes et légumes grillés dans le resto d’à côté, avant de reprendre la route vers Palerme.
Notre B&B est super charmant, avec vue sur les toits de Palerme. On fait une mini balade-shopping-glaces avant de rentrer se préparer. Morgane me prête une magnifique chemise en soie noire et blanche qu’elle a confectionné elle-même, ce soir je représente sa marque LEON ROSE MAGMA, je mesure l’honneur qu’elle me fait et le poids de la tâche qui m’incombe…
Petite surprise en arrivant à la Fabricca, la programmatrice n’a pas compris qu’on venait sans backline… Comme tout le monde est très sympa et que la salle est petite, on arrive à se mettre d’accord pour un set semi-acoustique (un seul ampli, une demi-batterie étouffée) et l’ingénieur son va nous chercher ce qui nous manque. Le set est différent, ça nous permet de rompre la routine, c’est le 7è concert d’affilée. Du coup le public est plus proche et il se passe quelques chose d’intime et de spécial. Ce sera notre concert préféré de la tournée.
On boit une petite margarita avec Morgane pour fêter ça (oui, encore, rooh ça va !).
Day #8, Hmorna, Siracusa
Petit déjeuner : 6 oranges pressées ! Ce soir c’est le 8ème et dernier concert avant LE day off, le bout du rouleau est proche et je suis un peu balade.
On quitte Palerme sous un magnifique soleil d’hiver, pour traverser toute la Sicile en diagonale jusqu’à Syracuse. Je dors à l’arrière, la tête calée entre l’appui-tête et la Duesenberg. A chaque fois que j’ouvre les yeux je me dis « waaaah c’est beau » (enfin, quand je regarde à droite, parce qu’à gauche j’ai juste un mur de valises et de guitares), et je me rendors. On a essayé de partir pas trop tard pour avoir le temps de passer à Ortigia, la presqu’île magique de Syracuse. C’est ma 3ème fois mais la première sans touristes, canon.
On mange des glaces et des crêpes dans un p'tit bouiboui, et comme le vendeur entend qu’on est françaises, il change la musique pour nous passer du Zaz... MAIS POURQUOI ?!! C’est vrai que tant de beauté ça devenait indécent, merci de nous faire redescendre.
On file ensuite en balance, grand bar joli et tendance, très bio... on attend l’ingé son un moment, je finis par demander au serveur s’il va arriver, il me dit que l’ingé son c’est nous. Ah d’accord...
On joue tôt, 18h, des gens qui nous connaissent depuis la dernière tournée sicilienne sont là, c’est chouette. On rentre tôt, crevées, on tente un combo film/tisanes, mais le wifi est mauvais et la tisane n’est pas mieux... dodo.
Day #9, day off : Syracuse-Pompeï
Aujourd’hui repos ! On a pas mal de route quand même, 7h11 selon le GPS, sans compter le bateau et les pauses pizza-chocolat... on commence d’ailleurs à avoir un creux juste avant Taormina. Allez, vazy, on s’y arrête une petite heure, ce serait trop dommage de la snober… Morgane nous déniche LA délicieuse pizzéria avec vue panoramique ! On aperçoit même en bas le Capo Taormina, où ont été tournées quelques scènes du Grand Bleu et où l’on s’était infiltrées discrètement avec des copines 8 ans plus tôt...
Bateau, voiture, aire d’autoroute, voiture, aire d’autoroute, changements de conductrice, coucher de soleil de maboule sur la mer, ras-le-bol de la bagnole, arrivée à Pompeï !
On va manger « vite fait » avec Molly une « petite soupe de poisson » et on nous sert un carnaval de crustacés. On fait le remake de la Grande Bouffe de Marco Ferreri...
Comme il y a du wifi au B&B (youhou, y’a même un jacuzzi, du faux Champagne et des Mon Chéri offert par la maison, on se met bien chez les Chignons...), nous décidons de regarder le film « Pompeï », histoire de bien préparer notre visite du lendemain. « Un vrai navet » comme aurait dit autrefois mon papy ! A part quelques infos capitales sur la morphologie très intelligente de John Snow, on apprend absolument rien sur Pompeï… scandaleux…
Day #10, Na Cossetta, Roma
Il fait un temps magnifique sur Pompeï, on erre dans les ruines toute la matinée en imaginant plein d’histoires dans nos têtes incultes, Morgane (qui a pris l’audio-guide) nous conte le passé, le temps se suspend… pas trop longtemps quand même, Rome nous attend. Comme toutes les routes y mènent, on y arrive 2h plus tard, easy. Retour au Na Cosetta, où l’on avait joué 2 ans plus tôt lors de la première tournée italienne, où ils sont super gentils, où l’ambiance est bonne, le décor chaleureux et les mets et le vin délicieux. Et bien rien n’a changé, c’est même encore mieux : l’ingé son, pendant qu’on est parties poser nos affaires au B&B, nous installe tout notre matos, tel un super roadie. Il connaît son sujet, la balance dure 15 min, bonheur. Je rêve secrètement de le maquer avec Morgane et de l’embarquer avec nous…
C’est un public assis, attablé. A la table à ma gauche, un homme se colle à mon charleston pour nous filmer tous les deux, en mode selfie, pendant que je joue, normal… nan mais sérieux… ?! Y’a vraiment des coups de baguettes qui se perdent…
Juste devant 2 autres mecs ont l’air de tout analyser en détails… ils me disent après le concert qu’ils sont journalistes musicaux, qu’ils ont beaucoup aimé et qu’ils préparent un article sur nous. Ils ne font pas de selfie, je reprends foi en l’humanité.
Il y a aussi une table de filles qui nous avaient découvertes il y a 2 ans, elles nous suivent depuis et connaissent les chansons, le monde est beau ! On rencontre des musiciens en fin de soirée, le boss du bar nous dit après coup que l’un deux a eu un succès super craignos début 2000, qui a un peu ruiné sa carrière et que maintenant il accompagne de vieux artistes de varièt. On s’empresse évidemment d’aller écouter cette pépite… (non, n’insistez pas, vous n’aurez pas son nom)
Day #11, Ex-Cinema Aurora, Livorno
Morgane s’est levée plus tôt pour nous préparer un petit déjeuner surprise : oeufs brouillés, brioche, clémentines, trop mignon…
On enchaîne sur une petite séance de yoga : un esprit saint dans un corps… gras…
C’est la dernière date… on retrouve ce lieu magique qu’on a visité lui aussi il y a 2 ans, l’Ex-Cinema Aurora. Comme son nom l’indique, c’est un ancien cinéma, où l’on peut voir des concerts, manger, danser. L’accueil de Michele le programmateur et de Valerio l’ingé son est plus que chaleureux, on se sent à la casa de la mama. Comme 2 ans auparavant, le dîner restera gravé dans nos mémoires à tout jamais… Marco Ferreri is back !
Pour digérer tout ça, petite spécialité maison : le « ponce » (prononcé « ponché »), un petit café-cognac-rhum. Morgane en prend un deuxième pour être sûre qu’elle a bien adoré le premier…
Le concert est chouette hormis ma pédale de grosse caisse qui veut absolument se faire la malle.
Une bande de potes nous fait un véritable interrogatoire à la fin du concert, de jeunes gens curieux et passionnés, de belles rencontres.
Morgane, qui est montée sur scène pour chanter merveilleusement « My Love » avec nous, rencontre un Barcelonais qui vit actuellement dans l’appart dans lequel elle habitait quelques années plus tôt à Barcelone… l’hallu… les incroyables hasards de la vie…
La tournée s’achève sur une coupette de Prosecco. Demain ce sera la France et ses bulles de Champagne de Noël…
Distribution de BIG UP :
MOMO : meilleure driveuse, dessinatrice, poète, camérawoman et partenaire de tournée !
Meilleur accueil humain : Gigi et Maria de la Traccia Nascosta à Manfredonia, Pietro du Perditempo à Barcellona, toute l’équipe du Na Cosetta à Rome, Michelle et Valerio de l'ex cinema Aurora à Livorno. Paix et amour, vous êtes merveilleux.
Meilleur accueil technique : Le Perditempo à Barcellona, et le Na Cosetta à Rome
Meilleure bouffe : Ricardo de l'OFF à Lamezia Terme (j’hésite quand même avec les pasta alle vongole sans vongole…), le repas de famille de l'ex cinema Aurora à Livorno, et la pasta improvisée de Lorenzo à Viareggio.
Meilleur hébergement : petit coup de cœur pour la chambre de nonnes de Barcellona… mais on a quand même préféré le l’appart de Tarante et le B&B de Palerme.

















