Belle (la vraie nature de Belle)
Elle dit non.
Elle serre les dents.
Elle garde la nuque haute.
Elle défie leurs voix.
Elle refuse leurs mains.
Elle refuse la chute.
Ils avancent.
Lents.
Froids.
Sûrs d’eux.
Leurs mots pèsent.
Leurs regards prennent.
Le silence devient une règle.
Belle tremble.
Pas de peur.
De fièvre.
De guerre intérieure.
Elle lutte encore.
Par orgueil.
Par rage.
Par habitude.
Puis la nuit insiste.
Le souffle se fait plus proche.
La frontière se brouille.
La résistance se fissure.
Un frisson la trahit.
Un autre la révèle.
Elle comprend.
Le trouble n’était pas faiblesse.
Le trouble était appel.
Le combat était masque.
Sous la colère, il y avait l’attente.
Sous l’attente, le désir.
Alors elle baisse les armes.
Pas vaincue.
Choisie.
Consentante.
Entière.
Elle ne se brise pas.
Elle s’ouvre.
Elle ne se perd pas.
Elle se livre.
Et dans cette offrande,
elle trouve sa vérité.
Leurs voix deviennent caresse.
Leur autorité devient vertige.
Leur présence devient foyer.
Belle penche la tĂŞte.
Belle ferme les yeux.
Belle respire enfin.
Ce qu’elle fuyait la cherchait.
Ce qu’elle niait la nommait.
Ce qu’elle combattait lui ressemblait.
Et, dans l’ombre,
elle cesse de lutter.
Non par faiblesse.
Par nature.
Par faim.
Par choix.
Parce qu’au fond d’elle,
la soumission n’était pas une prison.
C’était sa flamme.
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