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Slava Polunin, grand clown russe contemporain et créateur du Slava's Snowshow.
Il y a et il y aura toujours des tentatives qui iront à la rencontre des hasards inattendus qui provoquent des attitudes nouvelles. Nous avons mené une tentative qui se poursuit: c'est la vie de radeau. Et nous persistons dans l'ignorance où nous sommes de ce qui nous attend et c'est une autre aventure que d'atteindre le pôle Nord avec un traîneau à chiens; nous cherchons ce qu'il peut en être de l'humain.
Fernand Déligny, pédagogue français, à propos de son travail d’«éducateur».
Fernand Deligny occupe une place singulière dans l'histoire de la pédagogie: son itinéraire, fait de tentatives originales et de ruptures successives, l'a conduit à se situer de plus en plus en marge des institutions officielles dont il conteste radicalement le pouvoir.
Tristes Tropiques, Claude Lévi-Strauss, éd. Pocket, 2001, p. 283 Cité dans l’article La liminarité des SDF. Rites de ségrégation et procédure sacrificielle de Daniel Terrolle. Le nouveau Mascaret, CREAHI - Centre Régional d’Aquitaine d’Etudes et d’Actions sur les Handicaps et les Inadaptations, 1995, 36 (L’exclusion, un monde en marche), pp.9-14. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00068562/document
- Parasites - Poème Musical et Circassien Un projet initié par Moïse Bernier De et avec : Moïse Bernier, Thomas Garnier, Nicolas Lopez Musique : Thomas Garnier et Nicolas Lopez Collaboration dramaturgique et mise en jeu : Sébastien Bournac Regards Extérieurs : Christian Lucas qui Gilles Defacques Création sonore et régie son : Vincent Travaglini Création lumière, régie générale et régie lumière : Anthony Lopez Costumes et scénographie : Nadège Renard Conseils en constructions : Yohan Nicol Chargée de production/diffusion : Marine Freslon Administration : Yvain Lemattre
"On le sait, l'indifférence aux inégalités, l'injustice, au chômage sont des questions dont la réponse appartient à la société toute entière et il n'est pas question de se servir de la pratique du théâtre comme "un pansement social". Il s'agit modestement de se fréquenter, de passer les barrières de la méfiance, de ne pas arriver en prêcheurs de notre sacro sainte culture, mais de partager un temps d'expérience et d'approcher des formes qui tentent d'exprimer le mal-être, de le transposer pour le mettre à distance... et aussi d'envisager des perspectives et des rêves possibles "du possible sinon j'étouffe". "
Extrait du livret pour le spectacle Programmes du Groupe Merci. Texte de Éric ARLIX . Création septembre 2017.
Je crois fortement à la fonction sociale de l’homme de théâtre, inventeur de fictions singulières pour le compte du spectateur collectif, au principe de l’assemblée théâtrale. Je tiens la poésie en général, et la poésie dramatique en particulier, pour nécessaire antidote à la réification générale des rapports sociaux, à l'oppression mass-médiatique, et au consensus infantilisant, qui constituent les bases arrière de la globalisation marchande. Le processus d'écriture et de mise en théâtre du monde m'intéresse infiniment plus que l'ego prématurément fossilisé de l'écrivain ou du metteur en scène. Et je me suis toujours considéré comme un des artisans de ce processus - comprenne qui voudra.
Enzo Cormann dans son essai À quoi sert le théâtre ?
Pendant 2 ans, Yann a photographié le quotidien des marginaux de Sète
Merci Barbara pour cet article.
Dessin au stylo de Jolan Zaparty. Illustration pour le projet Sur les toits la neige, Écriture Dramatique, 2016
Relativité de la pensée & Convictions en action.
Préface de Points de suspension: 44 ans d'exploration théâtrale, 1946-1990 Peter Brook, Éditions du Seuil
Jindřich Štreit - Photographe de la générosité Spécialiste de la photographie sociale et documentaire en noir et blanc, de la vie à la campagne et des habitants des villages tchèques.
“Quelles que soient les différences géographiques ou culturelles, il semble qu’il ne voit que les similitudes. C’est que son intérêt se porte essentiellement sur les Hommes qu’il considère en ami. Dans les cadrages incisifs, les personnes sont photographiées en situation et dans une relation significative avec leur contexte. Comme le dit Patrick Bernier, la réussite de Štreit est de montrer ce qui se passe entre. Entre les individus, entre eux-mêmes, entre eux et les lieux de leurs habitudes. Ce qui se passe ou qui ne se passe pas. Ainsi émerge de son oeuvre la question du rapport à l’Autre. Moments de complicité ou de mésentente, scènes de joie, geste d’infinie tendresse ou d’agacement, nourissent ses photographies où même la solitude est compensée par la confiance accordée au photographe. (...) la beauté des photographies de Jindřich Štreit, c’est la découverte de la qualité de l’être... et dans ces images se met à l’épreuve une esthétique de la générosité.” Jean-Marc Lacabe, Galerie municipale du Château d'eau
Cet hiver, il a fait 20° Celsius au pôle nord, et les abeilles n’en finissent plus de mourir…
Anonyme
JE HAIS LES INDIFFÉRENTS, PAR ANTONIO GRAMSCI. Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel que « vivre signifie être partisans ». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents. L’indifférence est le poids mort de l’histoire. C’est le boulet de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes les plus resplendissants, c’est l’étang qui entoure la vieille ville et la défend mieux que les murs les plus solides, mieux que les poitrines de ses guerriers, parce qu’elle engloutit dans ses remous limoneux les assaillants, les décime et les décourage et quelquefois les fait renoncer à l’entreprise héroïque. L’indifférence œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre. Elle est la fatalité; elle est ce sur quoi on ne peut pas compter; elle est ce qui bouleverse les programmes, ce qui renverse les plans les mieux établis; elle est la matière brute, rebelle à l’intelligence qu’elle étouffe. Ce qui se produit, le mal qui s’abat sur tous, le possible bien qu’un acte héroïque (de valeur universelle) peut faire naître, n’est pas tant dû à l’initiative de quelques uns qui œuvrent, qu’à l’indifférence, l’absentéisme de beaucoup. Ce qui se produit, ne se produit pas tant parce que quelques uns veulent que cela se produise, mais parce que la masse des hommes abdique devant sa volonté, laisse faire, laisse s’accumuler les nœuds que seule l’épée pourra trancher, laisse promulguer des lois que seule la révolte fera abroger, laisse accéder au pouvoir des hommes que seule une mutinerie pourra renverser. La fatalité qui semble dominer l’histoire n’est pas autre chose justement que l’apparence illusoire de cette indifférence, de cet absentéisme. Des faits mûrissent dans l’ombre, quelques mains, qu’aucun contrôle ne surveille, tissent la toile de la vie collective, et la masse ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas. Les destins d’une époque sont manipulés selon des visions étriquées, des buts immédiats, des ambitions et des passions personnelles de petits groupes actifs, et la masse des hommes ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas. Mais les faits qui ont mûri débouchent sur quelque chose; mais la toile tissée dans l’ombre arrive à son accomplissement: et alors il semble que ce soit la fatalité qui emporte tous et tout sur son passage, il semble que l’histoire ne soit rien d’autre qu’un énorme phénomène naturel, une éruption, un tremblement de terre dont nous tous serions les victimes, celui qui l’a voulu et celui qui ne l’a pas voulu, celui qui savait et celui qui ne le savait pas, qui avait agi et celui qui était indifférent. Et ce dernier se met en colère, il voudrait se soustraire aux conséquences, il voudrait qu’il apparaisse clairement qu’il n’a pas voulu lui, qu’il n’est pas responsable. Certains pleurnichent pitoyablement, d’autres jurent avec obscénité, mais personne ou presque ne se demande: et si j’avais fait moi aussi mon devoir, si j’avais essayé de faire valoir ma volonté, mon conseil, serait-il arrivé ce qui est arrivé? Mais personne ou presque ne se sent coupable de son indifférence, de son scepticisme, de ne pas avoir donné ses bras et son activité à ces groupes de citoyens qui, précisément pour éviter un tel mal, combattaient, et se proposaient de procurer un tel bien. La plupart d’entre eux, au contraire, devant les faits accomplis, préfèrent parler d’idéaux qui s’effondrent, de programmes qui s’écroulent définitivement et autres plaisanteries du même genre. Ils recommencent ainsi à s’absenter de toute responsabilité. Non bien sûr qu’ils ne voient pas clairement les choses, et qu’ils ne soient pas quelquefois capables de présenter de très belles solutions aux problèmes les plus urgents, y compris ceux qui requièrent une vaste préparation et du temps. Mais pour être très belles, ces solutions demeurent tout aussi infécondes, et cette contribution à la vie collective n’est animée d’aucune lueur morale; il est le produit d’une curiosité intellectuelle, non d’un sens aigu d’une responsabilité historique qui veut l’activité de tous dans la vie, qui n’admet aucune forme d’agnosticisme et aucune forme d’indifférence. Je hais les indifférents aussi parce que leurs pleurnicheries d’éternels innocents me fatiguent. Je demande à chacun d’eux de rendre compte de la façon dont il a rempli le devoir que la vie lui a donné et lui donne chaque jour, de ce qu’il a fait et spécialement de ce qu’il n’a pas fait. Et je sens que je peux être inexorable, que je n’ai pas à gaspiller ma pitié, que je n’ai pas à partager mes larmes. Je suis partisan, je vis, je sens dans les consciences viriles de mon bord battre déjà l’activité de la cité future que mon bord est en train de construire. Et en elle la chaîne sociale ne pèse pas sur quelques uns, en elle chaque chose qui se produit n’est pas due au hasard, à la fatalité, mais elle est l’œuvre intelligente des citoyens. Il n’y a en elle personne pour rester à la fenêtre à regarder alors que quelques uns se sacrifient, disparaissent dans le sacrifice; et celui qui reste à la fenêtre, à guetter, veut profiter du peu de bien que procure l’activité de peu de gens et passe sa déception en s’en prenant à celui qui s’est sacrifié, à celui qui a disparu parce qu’il n’a pas réussi ce qu’il s’était donné pour but. Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents.
11 février 1917
Tratto da « La Città futura », in Il Grido del Popolo, n. 655, 11 febbraio 1917, e Avanti!, anno XXI , n.43, 12 febbraio 1917. Traduit de l’italien par Olivier Favier