Transmuer – mode d’emploi
Retour sur la journée du 17 avril 2026
Nouvelle lune. Le sang, la chair, le corps comme prison, le corps comme libération.
La mère – Marie – la femme.
Marie qui est tu ? Domestique quelque part rue Saint-Sever. Veuve. Enceinte de jumeaux, père inconnu dit l’état civil. Immaculée conception ou le corps du maître de maison sur celui de la bonne ? Marie tu as abandonné tes garçons à l’Hôtel-Dieu de Rouen. Tu meurs à 38 ans. Un de tes fils mourra âgé de quelques semaines, l’autre survivra, sera placé comme garçon de ferme, sera taiseux, préférera la compagnie de son chien, de son cheval, à celle de ses congénères humains, sera mon arrière grand-père. Marie tu me hantes, tes enfants me hantent, depuis longtemps. Vous êtes mes gakis – hungry souls – je vous porte sur mon dos. Comment puis-je vous libérer ? Vous libérer pour me libérer. Liberté pour tous.
Marie, comme toi j’abandonne mes enfants. Écrire ici est une tentative (énième) de cesser ce carnage. Sortir du labyrinthe (bye-bye Jack Torrance), laisser Danny se sauver.
17 Avril 2026 tu me souffles ces quelques pensées jumelles, pour plus tard:
* Adolescence (absence – des autres, de soi)
* Je veux être toi (suicide – disparaître en toi)
* Errance (labyrinthe – encore)
* Ruine (fin de la guerre ?)
* Reconstruire (comment, qui a pris le mode d’emploi ?)