Scénario original pour notre vidéo : Dans le divan avec Dali.
1)Dalí : Hé bien, j'ai discuté, un jour de mes rêves avec Buñuel . Presque aussitôt, nous évoquions l'idée de réaliser un film surréaliste. Les séquences et les formes que prendrait les scènes seraient le fruit de notre inconscient.
2)Freud : Mais justement, dans votre film, nous avons du mal à discerner le déroulement de l'histoire... Pouvez-vous nous expliquer quel sens donner à cette déstructuration du temps et de l'espace ?
3)Dalí : Vous savez, je ne pense pas qu'il failles résonner ainsi. Il faut voir notre oeuvre comme une déstructuration inhabituelle des codes cinématographiques classiques. Quand j'ai discuté du scénario avec Buñuel, nous avons réalisé chaque scène par des images qui nous venait spontanément. Par exemple, je lui ai dit que j'avais rêvé des fourmis qui pullulaient dans ma main. A cela il m'a répondu que lui avait rêve qu'on lui tranchait l'oeil.
4)Freud : Est-ce lié à ce qu'appelle André Breton l'écriture automatique ?
5)Dalí : Disons qu'André Breton à définit notre processus créatif comme ceci : L'écriture automatique et les récits de rêves présentent l'avantage de proposer une clé capable d'ouvrir indéfiniment cette boite a multiple fond qui s'appelle l'homme. C'est très beau ce qu'il dit, moi j'aime !
6)Freud : Je vois, une forme de mise en abîme finalement. Et pour ce qui et de la temporalité ? Pouvez-vous nous expliquer pourquoi elle semble aussi difficile à cerner ?
7)Dalí : Il suffit de ne pas chercher d'explication rationnelle à Un chien Andalou. Le court-métrage est une forme d'expression de nos émotions. Interpréter ces messages serait une erreur. Il faut juste accepter les images pour leur beauté symbolique, pour contempler leur mise en scène. Ainsi le spectateur se crée sa propre vision de ce qu'il découvre et laisse agir librement son inconscient. C'est fabuleux je trouve !
8)Freud : Oui tout à fait... Donc le spectateur fait fonctionner son inconscient pendant le visionage. Mais lors de la mise en scène de ces images, vous avez certainement été influencé par l'inconscient. Il y a notamment des symboliques qui font écho à vos oeuvres. J'ai noté par exemple, le piano avec les ânes morts, le rapport au temps avec les montre, les insectes, c'est-à-dire, les fourmis que l'on voit à deux reprises. Ainsi que le papillon vers la fin, avec un crane sur son dos. Pouvez-vous nous en parler ?
9)Dalí : C'est en quelque sorte, l'ensemble des images qui, pour nous, ont une vraie puissance dans ce qu'elles transmettent. Tout comme certains ont peur du vide, moi j'ai horreur des fourmis, car elle me rappelle la mort... Un mauvais souvenir de jeunesse vous comprenez ?
10)Freud : En parlant de mauvais souvenir, vous avez aussi beaucoup de personnages de l'église et de la bourgeoisie mise à mal... Le film donne l'impression que vous aimez les martyriser. Vous avez quelque chose contre eux ?
11)Dalí : Disons plutôt que c'est un moyen de dénoncer leur comportement scandaleux durant la 1re guerre mondiale. C'est de la traîtrise, ils ont pactisé avec l'ennemi, c'est de la traîtrise et de l'hypocrisie !
12)Freud : Je vois... Vous n'acceptez peut-être pas la mort, en général... Peut-être que ceci est lié à cette pulsion que l'on perçoit durant toute l'oeuvre... Cette pulsion de mort et de vie, analogue au Thanatos et Eros Freudchanalytique. Expliquez-moi les liens que vous avez voulu créer dans un chien andalou.
13)Dalí : C'est d'un intérêt capital ! C'est la perception même que nous avons de notre vie, savoir ressentir, évoluer, tout cela sans chercher à comprendre ! Le Surréalisme s'est d'ailleurs orienté vers ces thématiques, c'est pourquoi l'on peut considérer que notre oeuvre est une création Freudchanalytique surréaliste moderne ! Tous ces sujets vous les retrouver avec de nombreux artistes surréalistes comme Marx Ernst ou bien encore Magritte, deux grands représentants de notre mouvement.
14)Freud : Finalement, on peut dire que les artistes du surréalisme utilisaient beaucoup leur inconscient comme d'un outil de travail et de création.
15)Dalí : Oui, c'est exact. Cette méthode est appelée méthode paranoïaque-critique par André Breton, qui le définit dans ses manifestes du surréalisme.
16)Freud : Dit-il que cette méthode est commune aux artistes du Surréalisme ?
17)Dalí : André Breton dit surtout que le rêve et la réalité sont liés. Les surréalistes lient les deux dans leurs productions, en mettant en forme, en rendant tangible ce qu'ils ressentent.
18)Freud : Diriez-vous qu'Un Chien Andalou fait partie des premiers films Surréalistes ?
19)Dalí : C'est le meilleur, bien évidemment ! C'est grâce à lui que nous avons intégré véritablement le groupe des Surréalistes.
20)Freud : Très bien, je vous remercie pour cette rencontre. Je vous dis à la semaine prochaine pour un autre rendez-vous, accompagné d'un artiste qui a repris le flambeau surréaliste : David Lynch.
21)Dalí : Si je le veux ! Au revoir !














