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@yvesrouyet
Brochette Piaggio, Ch de Waterloo
Holy Cross Church at Ixelles at Night, 1886, Théo van Rysselberghe
Size: 54x67 cm Medium: oil on canvas
Map illustrating Greater Brussels (1950)
La commune où on ne sait pas mesurer un trottoir...
C’est pas vrai ! J’y crois pas ? Ils ont encore raté leur coup. Les trottoirs de l’avenue du Derby sont trop larges. Résultat, quand une voiture est garée, le tram ne peut plus passer....
Le pire, c’est que ce n’est pas la première fois à Ixelles. Récap.
Juillet 2013, chaussée d’Ixelles. La voirie vient d’être fraîchement refaite. Zut, on a mal mesuré la taille des trottoirs. Deux bus n’arrivent pas à se croiser. Il faut raboter et rafistoler. La rustine se voit comme le nez au milieu du visage. C’est super moche mais, bon, l’erreur est humaine... Lire La Capitale.
Avril 2016, avenue Buyl. Rebelote, les places de stationnement sont trop étroites. Attention à votre rétroviseur. C’est reparti pour un tour, on rabote.
Septembre 2017, avenue du Derby. On a encore glissé, Chef ! De nouveau, les espaces de stationnement sont trop exigus. Il y a intérêt à être vachement maigre pour passer entre une voiture et le tram. On rabote. Lire le Soir.
Sauf qu’on oublie de bouger la ligne blanche. Et bardaf, c’est l’embardée. Le 7 septembre, un pas très bon contre-braqueur se gare un peu trop loin de la bordure (mais dans l’espace délimité par la ligne blanche) et bloque le tram pendant des plombes. Olé !
Comment expliquer un tel fiasco ? Le chantier est piloté par la STIB en ce qui concerne le renouvellement des rails et des quais. Les trottoirs, c’est Bruxelles Mobilité. Mais, dans le cas présent, la Commune d’Ixelles est intervenue en faisant modifier certains plans, sans tenir compte du gabarit des trams... Et Bruxelles Mobilité aurait accepté aveuglément les modifications sans alerter leurs copains de la STIB... (no comment).
Photo (c) Yves Rouyet
L’errance urbaine du “Phénix 44″ d’Olivier Strebelle
L’oeuvre n’aurait jamais dû se trouver sur le rond-point Louise... mais à l’entrée du Bois de la Cambre. Sera-t-elle un jour implantée au bon endroit ?
“Phénix 44″ est une sculpture monumentale de 8 m de haut en bronze. Elle fut commandé par la Royal Belgo-British Union pour célébrer les 50 ans de la libération de Bruxelles (le 2 septembre 1944). Comme son nom l’indique, elle représente un oiseaux renaissant de ses cendres qui symbolise la paix retrouvée. Les ailes déployées forment le “V” de la victoire. Si on les observe attentivement, on y décèlera, gravé, le dessin de l’Union Jack.
Place Stéphanie ?
Une sculpture urbaine n’est pas imaginée en atelier comme si elle pouvait s’implanter n’importe où. Au contraire, elle doit être conçue en fonction du lieu de son installation, pour y répondre de manière harmonieuse.
Problème : à Bruxelles, les idées ne sont jamais très claires. C’est ainsi qu’on transbahuta potentiellement le Phénix 44 à la Porte de Hal, à la Porte de Namur et, enfin, place Stéphanie. C’est en ayant cet endroit en tête que le sculpteur entama son projet.
Et puis, patatras, les autorités bruxelloises changent d’avis. Un bout de l’avenue Louise vaut bien un autre : on décide d’implanter l’oeuvre sur le terre-plein situé à l’entrée du Bois de la Cambre. Avant-dernière escale donc.
L’Orée du Bois ?
Olivier Strebelle, adapta son projet, déjà bien avancé, pour qu’il s’intègre à ce nouvel emplacement. Les ailes de l’oiseaux épousent exactement la courbure des avenues de Diane et de Flore qui se rejoignent à l’Orée du Bois (voir photo).
Sauf que, en 1994, il fut décidé que le Bois de la Cambre devait faire l’objet d’un nouveau plan de circulation et que le fameux carrefour serait en chantier. Impossible d’installer la sculpture à temps pour la commémoration. Et l’inaugurer pour les 51 ans de la Libération, ça avait tout de suite moins de gueule ! Elle fut donc déplacée dare-dare sur le premier espace libre à proximité : le demi rond-point situé au milieu de l’avenue Louise.
Le rond-point Louise
La sculpture n’est plus dans la perspective de l’avenue mais sur le côté et donc beaucoup moins visible.
“Phénix 44» a grandi énormément en fonction des hêtres du Bois de la Cambre. Une sculpture doit être différente selon les points de vue. Au rond-point Louise, la scène est fermée et mon travail ne peut se voir que selon deux angles” déclarait Olivier Strebelle au journal Le Soir du 24 août 1994.”J'espère néanmoins qu'un jour elle sera déplacée au Bois de la Cambre, environnement en fonction duquel je l'ai créée.”
Olivier Strebelle est décédé le 29 juillet 2017. Son oeuvre n’a jamais retrouvé sa destination initiale... Peut-être pour les 100 ans de la Libération ?
sources : bobobrussels, Irismonument, Le Soir, Olivier Strebelle
photos : bobobrussels et Google
Claude Rich à Bruxelles, en 1968, attend le bus 22 de la STIB, rue Belliard, devant le parc Léopold.
Au fond de l’image, on devine le Parc du Cinquantenaire.
Les maisons du coin, ont été rasées, la parcelle restant un chancre longtemps. On y apposa même sur un pignon dénudé une fresque en hommage à Jacques Delors, ancien Président de la Commission européenne.
Le bus 22 existe toujours mais le tram qui passait là a été supprimé.
extrait de “Je t’aime, je t’aime” d’Alain Resnais
L’Agora Simone Veil à Ixelles
L’espace central de l’Esplanade du Parlement européen de Bruxelles est appelé “Agora Simone Veil”. Une plaque commémorative a été apposée en août 2011 en présence de l’illustre femme politique et de nombreuses personnalités européennes.
Simone Veil (1927 - 2017) fut la toute première Présidente du Parlement européen. Auparavant, elle occupa le portefeuille ministériel de la Santé au sein du gouvernement français. A ce titre, elle fut à la base de l’adoption de la loi sur l’Interruption volontaire de grossesse en France en 1975.
photos (c) Présidence du Parlement européen
Un immeuble d’Ernest Delune massacré !
Situé au n°63 de la chaussée d’Ixelles, l’immeuble réalisé par le célèbre architecte a été presque entièrement détruit pour faire place à un grand magasin Primark. Un vrai scandale.
De style art nouveau tardif (1923), l’ensemble était composé de deux parties.
A l’avant, un immeuble à appartements avec rez de chaussée commercial dont la façade en pierre blanche est, selon les Monuments et Sites, “percés de larges baies” (NDLR très élégantes) “à arc en anse de panier”. Les châssis trapézoïdaux du 3ème étage étaient très originaux.
A l’arrière, se trouvait un immense espace commercial, sur trois niveaux, d’une rare beauté. Nous avions eu l’occasion de le visiter : les poutres en aciers, les ferronneries travaillées, les coursives élégantes, les rampes d’escalier, l’immense verrière n’avaient rien à envier à certaines œuvre de Victor Horta. On a d’ailleurs longtemps attribué, par erreur, le bâtiment à Horta. Mais, Delune, c’est déjà pas si mal :-)
Propriété de GIB-Immo (GB-Inno-BM), puis de Redevco (C&A), l’immeuble a toujours connu une belle vitalité commerciale. A l’origine show room automobile, l’espace commercial sera transformé en Prixunic en 1933. Dans les années 80, c’est le magasin Disport qui occupe les lieux, remplacé jusqu’il y a peu par un Sports World.
Les étages, par contre, étaient vides depuis plusieurs décennies. Cependant, le propriétaire était conscient de la valeur patrimoniale du bien et l’a parfaitement conservé, protégeant notamment la verrière. Depuis 2000, divers urbanistes et architectes ont fantasmé sur des projets de réoccupation des espaces vides : pépinière d’entreprises, grand magasin, espace sportif en lien avec le magasin de sport...La difficulté était l’accès au site, très enclavé dans l’îlot. Mais rien n’était impossible si on imaginait un accès via un parking situé rue du Berger.
Aujourd’hui, ce bel ensemble, chef d’œuvre de l’architecture commerciale, il ne reste plus que la façade avant. Tout le reste a été détruit : les châssis, les cheminées en marbre, la verrière, les ferronneries...
Que sont-elles devenues ces ferronneries magnifiques ? Vendues au poids à la mitraille ou revendues à la pièce à des antiquaires par un entrepreneur éclairé ?
sources photos : Google (photo aérienne), Irismonument (détail), Yves Rouyet (chantier)
Architecture : les sièges du Parlement européen et de l’OTAN conçus par des stagiaires ?
Le journal français Le Monde, nous apprend que le nouveau siège de l’OTAN à Bruxelles, inauguré en grande pompe ce jeudi 25 mai 2017, aurait été imaginé par un étudiant en architecture en stage auprès des bureaux concepteurs (Assar + SOM). Son idée ? “Huit ailes censées figurer des doigts entremêlés et symboliser la solidarité entre les membres”.
Cela nous rappelle une autre histoire : celle du siège bruxellois du Parlement européen, réalisé en 1997. Là déjà, il s’agirait de l’œuvre d’un stagiaire du bureau Atelier de Genval. La légende urbaine raconte que le patron du bureau, le célèbre architecte André Jacqmain, circulant entre les tables à dessin aurait vu le croquis de son étudiant et se serait exclamé : “bonne idée, on fait ça”. Son idée ? Reproduire la forme du clocher de la petite gare du Luxembourg placée en avant plan de la perspective. L’idée était un petit peu rebelle puisqu’à l’époque, il était question de raser l’édifice ferroviaire historique.
Alors que partout ailleurs, on organise de grand concours internationaux d’architecture, à Bruxelles on ne s’encombre pas de ces procédures prestigieuses, certes, mais fastidieuse. On préfère faire plancher des étudiants une après-midi, on choppe une vague bonne idée et le tour est joué. L’histoire ne retiendra bien entendu pas le nom des stagiaires en question... Belgian spirit !
Sources : Atelier d’architecture de Genval, Assar, Le Monde et souvenirs personnels.
photo (c) Bruzz
C’était au temps où la signalisation routière était financée par les banques !
Précisons que la Caisse Générale d’Épargne et de Retraite était une banque publique.
Hubert et Françoise Nyssen.
Hubert, écrivain et éditeur, fondateur de la maison d’édition Actes Sud, est né à Ixelles, en 1925.
Il ne se contenta pas d’y naître d’ailleurs. Il y vécu, étudia et travailla.
De sa vie ixelloise on retiendra ses études à l’école d’architecture La Cambre et à la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université Libre de Bruxelles.
Dans les années 50, après de nombreux petits boulots et emplois dans des agences d’architecture, il fonda sa propre agence “Plan”, avenue Molière. En parallèle, il assure des chroniques littéraires à la radio belge, située place Flagey. C’est à cette époque que naquit sa fille Françoise en 1951.
Il quitte la Belgique en 1969 pour s’installer en Provence. Féru de géographie humaine, il fonde avec le géographe Jean-Philippe Gautier “l’Atelier de Cartographie Thématique et Statistique” (A.C.T.E.S.). Qui deviendra la maison d’édition à succès que l’on sait.
Françoise étudia également à l’ULB (la bio-chimie), Et, comme son père, après un détour par l’urbanisme et l’architecture, elle se lance dans une carrière littéraire. Elle rejoint son paternel à Arles pour l’aider dans la gestion d’Actes Sud pour finalement en reprendre totalement les rennes en 1998. Le 17 mai 2017, elle est nommée Ministre de la Culture du Gouvernement Français. Pas banal pour une petite Ixelloise !
source : Au fonds, Pascal Durant et Tanguy Habrand, Université de Liège dont la photo (c) Louis Monier, 1992
Emmanuel Macron pose devant une affiche du Musée d’Ixelles !
Le 14 mars 2017, le candidat à l’élection présidentielle était en déplacement à Lille. En arrière plan, une affiche pour une expo Pierre et Gilles au Musée d’Ixelles.
photo : Stéphane Lagoutte. Myop pour Libération
affiche : Musée d’Ixelles
Le Général de Gaulle à Ixelles !
Le 10 octobre 1945 : le Bourgmestre d’Ixelles Eugène Flagey inaugure l’avenue Charles de Gaulle, en présence du Général et du Régent Charles de Belgique.
L’avenue qui longe les étangs d’Ixelles fut en réalité réalisée en 1876 à l’emplacement d’un petit chemin. Elle s’appelait alors avenue de la Cascade.
Le saviez-vous ? Le Delhaize “Molière” est une ancienne patinoire à roulettes de 1907 !
On faisait donc du patin à roulettes au début du siècle à Ixelles. On l’ignore mais ce sport est assez ancien : il a été expérimenté au 18ème siècle et les patins à roulettes sont brevetés depuis 1865.
Le skating fut construit en 1907, au 567 chaussée de Waterloo, dans le quartier de la Bascule. Dans les années 1930, le bâtiment a été reconverti en garage automobile et, en 1983, en supermarché Delhaize.
Aujourd’hui, un projet immobilier envisage malheureusement de raser le bâtiment et ses façades d’origine, d’inspiration classique.
photos (c) Irismonument et Maps.live
Bientôt de nouvelles tours à Ixelles ?
A ce jour, il n’y a pas beaucoup d’immeubles tours à Ixelles : le Chicago (première tour de logement de Belgique en 1938) et la Tour du Bastion (immeuble de bureaux de 1965 à la Porte de Namur).
Mais cela pourrait changer. Le projet de Plan Régional de Développement envisage en effet la construction de nouveaux immeubles tours.
A Ixelles, 2 quartiers et un axe sont concernés.
Le Campus de la Plaine et le quartier Léopold sont identifiés comme des périmètres “pour l’implantation de tours iconiques groupées”. Autrement dit, plusieurs nouvelles tours les unes à côté des autres. Ce que les urbanistes-poètes appellent “un bouquet de tours”.
Le boulevard Général Jacques est identifié comme axe de “tours iconiques isolées”. C’est à dire qu’on pourra y construire de nouveaux immeubles de grande hauteur mais en respectant une certaine distance entre-eux.
Une tour iconique, c’est quoi ?
D’après le Plan régional, on entend par “tour iconique” “celles qui déterminent le skyline métropolitain (tour du Midi, tour Madou,...) et marquent une rupture avec les gabarits moyens à l’échelle urbaine”. Une illustration exemplative représente un immeuble de 18 étages.
Attention spéculation !
L’objectif politique affiché est de répondre à la croissance démographique bruxelloise et des gardes-fous sont mis en avant (qualité architecturale des nouveaux édifices, performances énergétiques, socles animés...).
Cependant, cette mesure peut aussi inquiéter les amoureux du patrimoine. Outre un impact réel sur le paysage urbain et des incidences environnementales (vent, ombre, mobilité), il faudra rester vigilant à la protection du patrimoine existant. En effet, le quartier Léopold (néoclassique) et le boulevard Général Jacques (art nouveau) sont des lieux de grande valeur patrimoniale. Attention donc à la spéculation immobilière car il pourrait être tentant pour des propriétaires de laisser pourrir leurs biens pour ensuite les raser et réaliser une tour.
source : projet de PRDD, Région de Bruxelles-Capitale, 2017
L’Empire contre la Crise à l’UGC Art Box
Dans l’étroite rue de Stassart, située Porte de Namur à l‘arrière de la prestigieuse avenue de la Toison d’Or, le cinéma UGC dispose d’une minuscule vitrine inoccupée et inutilisable pour un commerce.
Il eut la bonne idée d’en faire un petit espace d’exposition : l’UGC Art Box. En réalité, on est loin de la galerie d’art, il n’y a de la place que pour une œuvre unique. Le plus souvent une photographie. La plupart du temps en lien avec le 7ème art, logique.
Jusqu’au 31 décembre 2016, on peut découvrir le travail du photographe Michaël Massart. Le pitch : l’Empire est en crise, Dark Vador accumule les petits boulots (maître nageur, Monsieur pipi...).