" Quand je regarde l'Afrique oh, avec tous ses problèmes eh, Je me demande Africa, mais quel avenir ? " - [Longuè Longuè]
En 2001, le chanteur camerounais Longuè Longuè sort son tout premier album intitulé "Ayo Africa". Le titre éponyme rencontre un incroyable succès non seulement au Cameroun mais aussi au-delà des frontières du pays et du continent, propulsant celui que l'on surnommera vite "le libérateur", au rang de super artiste engagé. Dans ce morceau, le chanteur pleure sur son Afrique (et son Cameroun) qui va de mal en pire, entre guerres civiles, corruptions, fausses démocraties et courses au pouvoir.
Il compare l'Europe et les Etats-Unis où "partout là-bas c'est la joie, partout là-bas c'est la paix"*, à une Afrique en souffrance, gouvernée par des dictateurs.
Il cite les grandes figures du continent tels que, Kunta Kinté, Nelson Mandela, Douala Manga Bell, Chaka Zulu et Thomas Sankara, pour ne citer qu'eux, qui ont œuvré pour une Afrique meilleure. La plus part se seraient indignés et retourner dans leur tombe en sachant que toutes les richesses de l'Afrique "c'est pour les blancs oh oh"*
En 2001, ne nous voilons pas la face, la vérité est effectivement celle chantée par Longuè Longuè et c'est d'ailleurs pour cela que la chanson est ci appréciée. Il dit tout haut ceux que les populations d'Afrique et de la diaspora pensent tout bas. Il se met en danger pour pointer du doigt les inégalités.
Mais qu'en est-il aujourd'hui, en 2014 ? Devons-nous toujours pleurer une Afrique qui va mal ? L'Afrique est-elle toujours aussi mal en point ?
Encore aujourd'hui beaucoup dans la communauté afro sont amers et pensent, comme le dit l'artiste, que "Africa di work, Europa di tchop oh" ("L'Afrique travaille, l'Europe mange" - traduction du pidgin)
Pourtant, il semble que depuis quelques temps l'Afrique :
soit sortie d'un long sommeil (Le Point spécial Afrique de Mars 2014 titrait en couverture "Le grand réveil")
soit devenue le nouvel eldorado pour les jeunes (et moins jeunes) entrepreneurs européens ou issus de la diaspora.
soit à la mode, on voit de plus en plus d'imprimés et de cheveux afro sur les podiums des défilés de créateurs et dans les rues des grandes villes occidentales.
rappelle à elle ses cerveaux exilés, qui rentrent dans leur pays d'origine et s'activent pour rendre le continent meilleur (ceux qui restent gardent néanmoins les yeux rivés vers la terre mère).
Est ce qu'entreprendre en Afrique est le seul remède qui guerrira tous ses maux ?
Une réponse pourrait être "Non, l'entrepreneuriat à lui seul, ne comblera pas tous les manques de l'Afrique. Il faut créer de l'emploi et faire tourner l'économie certes, mais il faut aussi et surtout arriver à changer les mentalités".
Et toi, quelle est ton sentiment ? Qu'est-ce-que tu répondrais à Longuè Longuè aujourd'hui ? "Sèche tes larmes vieux père, la relève est là/arrive" ?
#AffaireASuivre
* paroles de la chanson Ayo Africa par Longuè Longuè
















