L’étreinte de Gabriel était là bienvenue. Pearl était dans un de ces moments où elle se sentait couler, et avoir une aide solide pour la maintenir à flot était une chance qu’elle mesurait. Et se laissa pleurer, ne cherchant pas à retenir ses larmes. Avec le passé qu’ils avaient à présent, le jeune homme ne faisait plus parti de ces personnes devant lesquelles il fallait s’efforcer de faire bonne figure.
Pearl finit par se calmer. Tout en essuyant ses larmes, Gabriel lui expliqua doucement que tant qu’elle refoulerait ses souffrances, tant qu’elle ne parlerait pas de son traumatisme, elle continuerait de passer des nuits affreuses et de faire des crises de paniques violentes.
Il essaya de lui faire prendre conscience de la prouesse qu’elle avait accomplis pendant la fusillade, de tenir le coup jusqu’au bout. De s’imposer cet effort de retrouver une vie normale après ce qu’elle avait vécu. Elle n’était pas folle. Elle était “abîmée”. Le mot était bien choisi. Et il témoignait d’avantage du fait que Gabriel savait parfaitement de quoi il parlait. Il lui parla de solutions diverses. Et même si l’idée d’aller voir un psychologue ne lui plaisait pas vraiment, l’étudiant avait raison. Elle devrait sans doute faire cette démarche. Ça ne coûtait rien d’essayer. En parler la libérait. Cet échange avec Gabriel lui faisait prendre conscience de ce fait. Elle inspira et expira profondément, le regard plongé dans celui du jeune homme.
- T’es vraiment un chouette gars, Gab. Je… Je vais sûrement aller y faire un tour à cette cellule psychologique. Elle laissa un petit silence s’installer durant lequel elle médita ses dernières paroles. Je vais y aller. C’est promis.
Elle renifla et s’essuya brièvement le nez avec le mouchoir qu’elle avait dans la main.
- Et je veux bien un câlin oui. Le docteur Olivera fait des merveilles.
Il lui adressa un sourie plein de chaleur en chassant de la pommette de la brune une dernière larmes. Puis il s’avança pour la serrer fort contre lui. Elle ferma les yeux un long moment pour profiter du calme et de l’agréable étreinte de son ami. Puis elle finit par les ouvrir. Une question lui vint brusquement à l’esprit.
Elle prit la parole sans pour autant briser le contact.
- Au fait, c’est quoi ces comprimés que tu m’as donné ?
Elle les avait avalé sans rechigner mais ne s’était pas demandée une seule seconde quels étaient leurs effets.
Pearl sembla réfléchir un long moment, et Gabriel se doutait que la gravité du sujet nécessitait que la jeune fille prenne le temps d’assimiler ses paroles. Il resta à quelques dizaines de centimètres d'elle, prêt à réagir au moindre de ses gestes. Et quand la jeune fille finit par sa ranger à son avis, il lui adressa un petit sourire empli de satisfaction.
Alors, quand Pearl lui réclama le câlin proposé, le jeune homme ne se fit pas prier pour la prendre dans ses bras. lls restèrent enlacés un long moment, avant que la jeune fille ne l'interroge, sans rompre leur étreinte.
- Un anti-douleur. Vaut mieux le prendre avant d'avoir trop mal. Tu t'es bien amochée.
Il déposa un rapide baiser sur les cheveux sombres de son amie, avant de se reculer pour croiser ses yeux encore trop brillants.
- Bon, vu la dose, et ton état actuel, tu risques d'être un peu assommée... Mais j'ai comme l'impression qu'un peu de sommeil ne te fera pas grand mal.
Il la sentie se raidir, contre lui, et ses aveux précédents lui revinrent à l'esprit. Les cauchemars. Il raffermit sa prise.
- Je me disais justement que j'avais besoin d'un peu de repos... Alors, voilà le deal. Je te ramène jusque ton lit, si tu acceptes de partager ton oreiller.
Il savait qu'elle comprendrait immédiatement le dessous de la proposition. Bien-sûr, il le faisait pour elle. Mais elle en avait besoin, et au fond de lui, peut-être que Gabriel en avait besoin aussi.
















