4 heures du matin.... J'y vais ? J'y vais pas ?? Sortir de la chaleur du lit et des innombrables couvertures qui le recouvrent pour s'habiller dans le noir d'une pièce sans charme, puis sortir dehors est une décision difficile pour un cerveau encore endormi. Pourtant, par un élan de courage sorti je ne sais d'où, je finis par me décider à aller explorer ce fameux marché de Hsipaw, dans le nord est de la Birmanie. Une idée bizarre d'ailleurs, ce marché de nuit ! Comment des gens peuvent se dire à 4 heures du matin "Tiens, je vais aller acheter des tomates et du riz". Bref, J'enfourche mon vélo et je file dans cette ville plongée dans l'obscurité la plus totale en essayant de ne pas croiser de meutes de chiens errants (ma grande frayeur à l'étranger à vélo). L'air est glacial dans cette ville d'altitude. Le marché n'est éclairé que par des bougies et, pour quelques stands, des lampes chinoises à pile. L'atmosphère est du coup superbe, d'un autre temps. Une dame me fait signe que je peux mettre mon vélo près de son stand, près d'un arbre. Sympa. Je m’exécute Dans l'obscurité, je n'ai pas vu la rigole des égouts située entre cette charmante dame et la route... Les deux pieds dedans. L'eau est glaciale. Quant à sa couleur, je suis finalement content de ne pas pouvoir la voir... J'avoue que ma spectaculaire attraction non désirée a fait son petit effet auprès des vendeuses du marché. Les chaussures et le bas de pantalon trempés, je décide de continuer la visite. C'est déjà chiant de se lever à 4 heures du mat' en vacances, mais se lever à 4 heures du mat' pour rien (ou presque), c'est pire encore. Les vendeuses portent toutes des bonnets (j'aurais du faire la même chose tiens), des grosses écharpes pour contrer ce froid glacial. Dans le noir et le peu de lumière que dégage les bougies, prendre des photos est un vrai challenge, presque autant que continuer à marcher avec des chaussures glacées. A 6 heures du matin, le jour commence à se lever. Les vendeuses plient bagage. Je rentre, fais un brin de lessive, et me recouche quelques heures...