Les Archives de fiction vous souhaitent un très joyeux Noël, et une bonne année 2017 !
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Les Archives de fiction vous souhaitent un très joyeux Noël, et une bonne année 2017 !
24 décembre.
Voiià, notre calendrier touche à sa fin. Aujourd’hui pas de référence, je vous donne carrément l’opportunité de voir un court-métrage dans des archives, avec des archivistes ! C’est La Frontière, mais attention aux âmes sensibles !
23 décembre
Aujourd’hui, c’est encore de la littérature : voici la Passe-miroir, de Christelle Dabos, tome 1, Les Fiancés de l’hiver. Et voici un extrait du premier chapitre :
"Le bâtiment des Archives familiales (...) était continuellement de mauvaise humeur. Il passait ses journées à craqueler, à grincer, à fuir et à souffler pour exprimer son mécontentement. (...) Mais par-dessus tout, le bâtiment des Archives n'aimaient pas les visiteurs qui ne respectait pas ses horaires d'ouverture".
22 décembre.
Aujourd’hui un nouvel ouvrage à découvrir : The Order of Archivists.
Je vous partage la quatrième de couverture (qui donne envie !) :
“In a great valley, there lies a huge fortress, nestled between mountains. That fortress houses the greatest archive of the Order of the Archivists, an ancient organization tasked with the mission to keep the records produced and amassed by the realms of that world. There, a young man begins a search for one member of the Order, his mysteriously disappeared uncle. In his journey through the valley, the Archivist's nephew begins to uncover the link between his family and an ancient legend, the wonders of one of the most respected crafts in the continent and the reality behind some of the fantastic tales told to children throughout the ages.”
Pour les non anglophones, je vais m’essayer à une traduction :
Dans une grande vallée se dresse une immense forteresse blottie au creux des montagnes. Cette forteresse abrite les grandes Archives de l’Ordre des Archivistes, une organisation antique dont la mission consiste à conserver les documents produits et amassés par les royaumes de ce monde. C’est là qu’un jeune homme part à la recherche d’un membre de l’Ordre, son oncle, qui a mystérieusement disparu. Au cours de son voyage à travers la vallée, le neveu de l’archiviste commence à découvrir un lien entre sa famille et une vieille légende, les merveilles des artisans les plus respectés du continent et la vérité qui se cache derrière les contes fantastiques que l’on raconte aux enfants à travers les siècles.
21 décembre.
Aujourd’hui restons au Japon, et retournons dans les archives hospitalières : voici Conan Edogawa, pseudonyme du détective lycéen Shinichi Kudo redevenu enfant, en train de chercher des indices dans les dossiers patients d’un médecin craignant pour sa vie.
PS : j’adooooore Detective Conan ! Je regardais déjà quand j’avais huit ans. C’est une très longue histoire d’amour !
20 décembre.
Voici une double nouveauté : je vous livre ici une référence aux archives issue de la culture pop japonaise, qui est cependant une fausse référence.
En effet, la traduction anglophone est trompeuse : le titre original de ce manga est ダンタリアンの書架 (que je ne m’aventurerai pas à traduire moi-même, j’en ai laissé le soin à des gens qui savent), autrement dit la bibliothèque de Dantarian.
Archives en japonais, si j’en crois mon dictionnaire, se dit 公文書 (< kôbunsho, document officiel) et non pas 書架 (< shoka, bibliothèque).
Le fait est que le manga parle d’une grande bibliothèque, et non pas d’archives. Ah, ces traductions !
PS. Ne me croyez pas sur parole, je ne parle pas japonais, je vous invite à vérifier auprès de vrais linguistes !
19 décembre.
Un autre jeu, vidéo cette fois : Tomb Raider. Dans un complexe soviétique : votre mission si vous l’acceptez, retrouver 7 cartes de l’archiviste.
18 décembre.
Aujourd’hui, pour varier, ce ne seront pas des archives judiciaires, mais hospitalières !
17 décembre.
Aujourd’hui intéressons-nous aux méandres de l’administration romaine, qui produit bien sur tout un tas de documents d’archives, notamment le ô combien célèbre laisser-passer A 38 !!
Âme sensible s’abstenir : Les 12 Travaux m’a toujours terrifiée lorsque j’étais enfant, et encore aujourd’hui, j’avoue être mal à l’aise en le regardant.
16 décembre
Aujourd’hui je partage avec vous une double passion : celle des archives, bien entendu, et celle des jeux de société !
Voici le jeu très intrigant Panique aux Archives.
La description du jeu est comme suit : “Inspection générale au Centre International des Brevets… C’est la panique chez les archivistes qui doivent classer, en urgence, des dossiers aux cotes hétéroclites et aux repères chronologiques parfois incohérents. Vivacité d’esprit, sang-froid et rapidité seront fortement sollicités !”
(Et voilà comment étendre de manière très grossière ma liste de Noël !)
15 décembre.
Nous voici avec l’inspecteur Amsterdam, de la brève mais sympathique série New Amsterdam. Notre héros, incapable de mourir, retrouve la trace d’une artiste peintre dont il a croisé la route dans les années 30. Pour retrouver sa scène de crime, une liste de ses fresques l’aiderait bien, mais voilà, la nonagénaire n’a gardé aucune trace de ses œuvres.
Ceci étant dit, je proteste véhémentement : on peut être artiste ET archiviste !
14 décembre
Encore une fois, nous voici dans l’univers magique d’Harry Potter, cette fois-ci avec Le Quidditch à travers les âges. Sur fond d’étude historique des origines du sport des sorciers, J. K. Rowling sème le texte de sources fictives :
“Divers documents établissent que les sorcières et les sorciers d’Europe utilisaient déjà des balais volants en l’an 962 de notre ère. Une enluminure d’un manuscrit allemand de l’époque représente trois sorciers descendant de leurs balais avec une expression qui trahit un intense inconfort. Guthrie Lochrin, un sorcier écossais, parle dans un écrit datant de 1107 de “fesses hérissées d’échardes ainsi que de cuisantes douleurs au fondement”, à la suite d’un bref voyage sur un balai volant entre Montrose et Arbroath.”
[...]
“Nous devons notre connaissance de l’origine des règles du Quidditch aux écrits de Gertie Keddle, une sorcière qui vivait au XIe siècle, en bordure des marais de Queerditch. Fort heureusement pour nous, Gertie Keddle tenait un journal aujourd’hui conservé au musée du Quidditch de Londres. Les extraits que nous reproduisons ci-dessous ont été transcrits en langue moderne à partir du texte original rédigé dans un saxon à l’orthographe défaillante.”
[...]
“On ne trouve plus aucune allusion au sport pratiqué dans les marais de Queerditch jusqu’au siècle suivant, où un sorcier du nom de Goodwin Kneen prend la plume pour écrire à un cousin norvégien prénommé Olaf. Kneen habitait le comté du Yorkshire, ce qui montre à quel point ce sport s’était répandu à travers tout le royaume au cours des cent années qui suivirent le premier témoignage de Gertie Keddle. La lettre de Kneen est conservée dans les archives du ministère norvégien de la Magie.”
13 décembre
Pour ce 13e jour de décembre, voici un peu de Stephen King, Doctor Sleep, où des rayonnages s’alignent dans le cerveau humain.
“ Danny arracha le papier argenté et découvrit un coffret métallique de couleur verte. Avec en façade, sous le loquet, un petit pavé numérique pour le verrouiller.
« Ouah, génial !
— Ouais ? Il te plaît ? Impec. Je l’ai trouvé chez Western Auto. Pur acier américain. Celui que m’avait offert Grand-Ma Blanche Rose avait un cadenas, avec une petite clé que je portais autour du cou, mais il y a un bail de ça. Aujourd’hui, c’est les années quatre-vingt, mon pote, l’ère moderne. Tu vois ce pavé numérique ? Il te suffit de taper cinq chiffres que tu es sûr de ne pas oublier et d’appuyer sur ce bouton marqué SET. Ensuite, chaque fois que tu voudras ouvrir ton coffre, tu taperas ton code. »
Danny était ravi.
« Merci, Dick ! Je rangerai mes trucs précieux dedans ! »
Parmi lesquels il comptait ses meilleures cartes de base-ball, l’insigne de son club de scouts, sa pierre porte-bonheur verte et une photo de lui avec son père, prise sur la pelouse de l’immeuble qu’ils avaient habité à Boulder, dans le Colorado, avant l’Overlook. Avant que les choses tournent au vilain.
« Parfait, Danny. Mais je veux que tu fasses autre chose aussi.
— Quoi ?
— Je veux que tu apprennes à connaître ce coffre sous toutes ses coutures, intérieur et extérieur. Ne te contente pas de le regarder, touche-le. Tâte-le de partout. Ensuite, fourre ton nez à l’intérieur et vois si tu 34 sens une odeur. Il faut que ce coffre devienne ton ami le plus intime, au moins pour un temps.
— Pourquoi ?
— Parce que tu vas en ranger un autre, exactement pareil, dans ta tête. Un qui sera encore plus spécial. Et la prochaine fois que cette sale garce reviendra, tu seras prêt. Je vais t’apprendre comment, tout comme ma Grand-Ma Blanche me l’a appris. »
Danny parla peu sur le chemin du retour. Il avait largement de quoi réfléchir. Il tenait son cadeau – un solide coffre-fort de métal – sur ses genoux.
[...]
De l’intérieur de sa tête, très loin à l’intérieur de sa tête, là où le frère jumeau de son coffre-fort spécial était rangé tout en haut d’une étagère spéciale, lui parvenaient des cris étouffés. Il s’en fichait. Ça ne durerait pas, pensait-il, et il avait raison.
[...]
Lorsque l’ancien propriétaire de l’Overlook reparut peu après le Nouvel An – dans le placard de la chambre de Danny, cette fois –, Danny était prêt. Il entra dans le placard et referma la porte derrière lui. Bientôt, un deuxième coffre-fort mental rejoignit sur sa haute étagère mentale celui dans lequel Mrs. Massey était enfermée. Des coups sourds retentirent, et quelques invectives remarquables que Danny retint pour son utilisation personnelle ultérieurement. Peu de temps après, tout s’arrêta. Le silence régna dans le coffre-fort Derwent comme il régnait dans le coffrefort Massey. Qu’ils soient ou non vivants (à leur façon de morts-vivants) n’avait plus d’importance. Ce qui comptait, c’était qu’ils n’en sortent jamais.”
12 décembre
Je poursuis notre aventure dans Harry Potter pour vous proposer cette fois-ci un extrait du tome 5. Qui dit monde magique dit archives magiques, et quoi de plus magiquement archivistique que la salle des prophéties ! (p. 872)
“Enfin, ils y étaient, ils avaient trouvé l’endroit : aussi vaste qu’une église et rempli d’immenses étagères sur lesquelles s’alignaient de petits globes de verre poussiéreux. On les voyait luire faiblement à la lueur des chandeliers fixés à intervalles réguliers le long des rayons. Tout comme ceux de la pièce circulaire, ils brûlaient d’une flamme bleue. Un froid intense régnait dans la salle.
Harry s’avança prudemment et scruta l’obscurité de l’une des allées, entre deux rangées d’étagères. Il n’entendit rien, ne perçut pas le moindre signe de mouvement.
- Tu as dit que c’était la rangée quatre-vingt-dix-sept, murmura Hermione.
- Oui, répondit Harry dans un souffle.
Il examina la rangée la plus porche. Entre deux chandeliers, il lut “cinquante-trois” en chiffres argentés qui brillaient dans un halo de flammes bleues.
- Je crois qu’il faut aller à droite, chuchota Hermione en plissant les yeux pour lire le chiffre suivant. Oui... voilà le cinquante-quatre...
- Tenez vos baguettes prêtes, dit Harry à voix basse.
Ils progressèrent lentement, lançant des coups d’œil derrière eux tandis qu’ils passaient devant les rangées numérotées dont les profondeurs étaient plongées dans une obscurité quasi totale. De minuscules étiquettes jaunissantes avaient été collées sous chaque globe de verre. Certains d’entre eux diffusaient une lueur étrange, liquide, d’autres étaient aussi sombres et ternes que des ampoules usagées.”
11 décembre
En ce 11e jour de décembre, voici pour vous un extrait de la saga mondiale Harry Potter. Eh oui, même dans l’univers magique et enchanteur de Poudlard, les archives trouvent leur place ! Tome 6, pp. 584-585 :
“- Ah, Potter, dit Rogue lorsque Harry eut frappé à la porte et fut entré dans le sinistre bureau qu’il connaissait bien et que Rogue n’avait pas quitté, même s’il enseignait désormais plusieurs étages au-dessus.
Il était aussi mal éclairé qu’à l’ordinaire et les mêmes créatures visqueuses et mortes flottaient dans des bocaux remplis de liquides colorés, alignés le long des murs. Des boîtes couvertes de toiles d’araignée étaient empilées, menaçantes, sur une table à laquelle, de toute évidence, Harry était censé s’asseoir. L’aura qui en émanait promettait un travail fastidieux, difficile, inutile.
- Mr Rusard cherchait quelqu’un pour classer ces anciens dossiers, reprit Rogue de sa voix douce. Ce sont les archives des méfaits commis par d’autres élèves de Poudlard avec les punitions correspondantes.là où l’encre est délavée, ou lorsque les fiches ont été abîmées par les souris, vous voudrez bien recopier les infractions et les châtiments infligés pour chacune d’elles, puis les classer par ordre alphabétique et les remettre dans les boîtes. Bien entendu, vous n’aurez pas recours à la magie.
- Bien, professeur, dit Harry en s’efforçant de prononcer les trois dernières syllabes avec tout le mépris dont il était capable.
- J’ai pensé que vous pourriez commencer, poursuivit Rogue avec un sourire malveillant, par les boîtes portant les numéros 1012 à 1056. Vous trouverez là des noms qui vous sont familiers, ce qui devrait ajouter de l’intérêt à votre tâche. Tenez, regardez...
D’un geste majestueux, il sortit une fiche d’une des boîtes posées au sommet de la pile et lut :
- “James Potter et Sirius Black. Surpris à faire usage d’un maléfice illégal sur la personne de Bertram Aubrey. La tête d’Aubrey a doublé de volume. Double retenue.”
Rogue ricana.
- Il doit être singulièrement réconfortant de penser que, bien qu’ils ne soient plus là, une trace de leurs exploits les plus remarquables aura été conservée.
Harry ressentit l’habituel bouillonnement au creux de son estomac. Se mordant la langue pour s’empêcher de répliquer, il s’assit devant les boîtes et en tira une vers lui.
Ainsi qu’il s’y était attendu, c’était un travail ennuyeux, inutile, ponctué régulièrement (comme Rogue l’avait prévu) d’un serrement de cœur lorsqu’il lisait les noms de son père ou de Sirius, généralement associés dans divers petits méfaits, accompagnés à l’occasion de ceux de Remus Lupin et de Peter Pettigrow.
10 décembre.
Promis, après celui-ci, je varierai davantage, mais voici un autre bel exemple d’archives policières, sorti de la brillante série Ripper Street. Il s’agit même, selon le scénario, du premier classement effectué de manière systématique par l’inspecteur Reid pour répertorier les crimes (nombreux) commis à Whitechapel.
Puisqu’on est ici à la toute fin du 19e siècle, on ne chipotera pas sur le conditionnement des dossiers !
9e jour de décembre.
Aujourd’hui, nous explorons les méandres étouffants du bayou archivistique de True Detective.
Les deux humains sont relégués dans le coin, avec deux malheureux ordinateurs, et les piles de cartons mangent facilement la moitié du champ. entre celles-ci et les archives de Gotham, on paraît découvrir un thème récurrent dans la gestion documentaire des archives de la police américaine : une masse de papier non traitée, et une timide informatisation.
Petit exercice de perspective : le point de fuite est centré sur l’épaule policier assis. Épaule qui est dégagée vers l’arrière : un point de fuite sur une épaule fuyante, en quelque sorte !
Osons le dire : même un archiviste confirmé aurait, face à cette empilement terrifiant de cartons, un mouvement de recul (mais bien vite remplacé par le frisson du challenge !).