Les jeux e-olympiques pourront-ils un jour avoir lieu en Afrique ?
Le Comité international olympique (CIO) a confirmé que sa premiÚre semaine olympique des sports électroniques aura lieu à Singapour du 22 au 25 juin 2023. Cette annonce marque une nouvelle étape importante dans le soutien au développement des sports virtuels au sein du Mouvement olympique et dans l'engagement auprÚs des joueurs compétitifs.
L'industrie du jeu vidéo a pris la place qui lui revient. Avec des revenus qui dépassent ceux de l'industrie musicale et cinématographique, elle peut désormais avoir une compétition mondiale à son échelle pour le plaisir de tous les amoureux de jeux vidéo et d'eSport.
En général, lorsqu'il y a une compétition mondiale, l'Afrique est souvent en bout de train et cherche à se rattraper tant bien que mal pour se faire une place au soleil. Pour preuve, l'Afrique doit encore faire ses preuves : elle n'a jamais organisé de jeux olympiques à ce jour (jeux de la francophonie et jeux Africains exclus). L'Afrique du Sud est bien (comme d'habitude) l'exception à la rÚgle, elle qui a pu organiser avec brio la coupe du monde de 2010.
Dans cet article, nous essaierons de voir dans quelle mesure il serait possible pour l'Afrique d'organiser un tel évÚnement Esport.
L'organisation des premiers Jeux Olympiques Esport
Organisée en partenariat avec le ministÚre de la Culture, de la Communauté et de la Jeunesse de Singapour, Sport Singapore et le Comité national olympique de Singapour, la semaine olympique 2023 de l'esport présentera les derniÚres technologies, des débats d'experts, des sessions de formation et des matchs de sport virtuel.
Le CIO a déclaré que de plus amples détails concernant la semaine olympique des sports électroniques seraient publiés au début de l'année 2023.
Singapour ayant organisĂ© Ă©normĂ©ment de tournois esport Ă succĂšs comme le PvP tournament, The International 11, tournoi mondial DOTA le mois dernier et bien plus encore, c'est le candidat idĂ©al pour la premiĂšre semaine olympique d'Esport mondiale. Les pays du monde entier enverront leurs meilleurs talents pour les reprĂ©senter. On espĂšre que nos champions locaux seront prĂȘts et soutenus pour y donner le meilleur d'eux-mĂȘmes.
Néanmoins, lorsque l'édition singapourienne aura lieu, il faudra en faire d'autres, dans tous les continents du monde, pour bien représenter le caractÚre mondial de l'évÚnement. Il faudra donc qu'un jour, cet évÚnement ait lieu en Afrique.
Dans quelle mesure notre continent serait-il prĂȘt Ă accueillir celui-ci ?
Evidemment, on se doute qu'il est moins budgetivore que les jeux olympiques classiques, les principaux matĂ©riaux nĂ©cessaires Ă©tant des Ă©crans, des unitĂ©s centrales, des consoles/du matĂ©riel de simulation sportive et des installations assez grandes pour accueillir les fans. MĂȘme en CĂŽte d'Ivoire, l'INJS pourrait accueillir l'Ă©vĂšnement.
Mais alors d'oĂč viendrait le doute ?
L'utilisation correcte du budget.
La premiÚre inquiétude vient du fait que nos pays et ses habitants ne sont pas trÚs transparents lorsqu'il s'agit de budget. Les affaires liées n'en finissent pas. Mais étant donné que c'est une pratique qui existe partout dans le monde, quelle serait la solution pour pouvoir avoir un budget conséquent utilisé correctement pour avoir l'évÚnement qui fera rayonner le continent à l'international ?
Un suivi de trĂšs prĂšs de toutes les dĂ©penses ? Les chiffres peuvent ĂȘtre modifiĂ©s, le temps de faire des vĂ©rifications approfondies serait trop coĂ»teux en temps et en argent par rapport Ă ce que l'Ă©vĂšnement rapporterait.
Importer tout le matériel de l'étranger ? Les frais seraient astronomiques.
Quelles solutions proposez-vous ? J'attends vos avis en commentaires.
2. La couverture en électricité.
Pour ce cas, mĂȘme l'Afrique du Sud n'est pas en reste : notre continent est le moins couvert en Ă©lectricitĂ© et les crises rĂ©centes de l'Ă©nergie n'arrangent pas la situation. L'Ă©volution de cette couverture devrait d'ailleurs ralentir, ce qui « menace d'effacer la quasi-totalitĂ© des progrĂšs qui y ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s depuis 2013. » (source)
La seule partie de l'Afrique qui est accessible et couverte quasi totalement en électricité est l'Afrique du Nord à 99%.
Avec des coupures de courant intempestives pour certains, planifiées pour d'autres, imaginez-vous faire un tournoi de jeux-vidéos sans risques ni interruptions qui pourraient gùcher toute la compétition ?
La mise en place d'un rĂšglement pour situations d'urgences de ce genre ? Mais comment le rendre juste pour tous ?
Les gĂ©nĂ©rateurs d'Ă©nergie ? A moins de les utiliser du dĂ©but Ă la fin de l'Ă©vĂšnement (ce qui coĂ»terait extrĂȘmement cher), il y a toujours le risque que la coupure ait lieu pendant une partie, importante ou pas. Qu'est-ce qu'il se passe pendant le moment de flottement ? Et aprĂšs ? On recommence, au risque de dĂ©courager et dĂ©motiver les joueurs ?
N'hésitez pas à éclairer ma lanterne en bas de ce post !
3. La couverture internet.
Le taux de pénétration d'internet n'est pas suffisant en Afrique. Nous sommes les derniers du classement des populations utilisant internet avec 33% contre 87 en Europe et 61 en Asie. (source)
Les compétitions en ligne sont quasiment impossibles ici. Pour avoir une connexion correcte il faut dépenser au moins 100$ par mois en CÎte d'Ivoire par exemple, un salaire minimum entier localement.
On salue les efforts dâOrange avec la fibre et la vitesse internet proposĂ©e, mais pour avoir quelque chose de correct et bien travailler, câest encore beaucoup trop cher pour la majoritĂ©. On a tous bavĂ© en voyant les offres Free au SĂ©nĂ©gal. Pourquoi serait-ce si compliquĂ© de faire la mĂȘme chose partout ?
Si vous avez des idĂ©es du pourquoi, jâai vraiment envie de vous lire en commentaire. Les professionnels de la tĂ©lĂ©communication, on vous attend ici !
4. Lâappui du gouvernement.
âOh ! Le gouvernement ne fait rien pour les gamers ! Woh ! Pauvre de nous !â
Les gouvernements africains ne font pas de l'industrie esportive une prioritĂ© pour le moment. Ils sont plutĂŽt en âobservationâ. Les initiatives commencent Ă voir le jour, mais Ă tĂątillons; On n'a pas assez d'hĂŽpitaux, alors pourquoi mettre des milliards dans une industrie dont on ne on ne connaĂźt pas les avantages ? Avant que les gouvernements ne s'engagent, les acteurs de l'industrie doivent dĂ©montrer qu'elle est viable et qu'elle a des avantages. Pour le moment, ce sont les initiatives privĂ©es qui sont les plus courantes en Afrique, mĂȘme si certaines autoritĂ©s africaines comprennent Ă quel point soutenir cette industrie locale est bĂ©nĂ©fique.
Comme je le dis souvent, il faut que tous les acteurs locaux s'unissent et fassent leur possible pour montrer aux gouvernements que cette industrie est viable. Comme SENGAMES l'a fait au Sénégal en professionnalisant ce milieu et en aidant ses champions à se classer à l'échelle internationale.
Ce nâest pas bien compliquĂ©, mais lâappĂąt du gain aussi potentiel quâil soit aveugle les acteurs locaux. Ca ne devrait pas ĂȘtre la prioritĂ©, mĂȘme si on a tous faim ! Dâaccord, pas dâaccord ? Jâattends vos avis en commentaire.
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