Le cœur d’Achille n’est pas seulement cassé.
Il est brisé.
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@black-obsidienne
Le cœur d’Achille n’est pas seulement cassé.
Il est brisé.
Lune, accorde moi ton pardon.
Terre, soumets toi Ă mon don.
L’une est synonyme d’ardeur,
L’autre est semblable à la terreur.
Et dans le ciel,
Et dans le sable,
On chante leurs louanges
En oubliant ces anges,
Ceux qui sèment la vie,
Ceux qui volent le Monde.
Coup de projecteur sur les mots couchés sur le clavier par cette chère autrice.
N’hésitez pas à passer sur son Tumblr pour découvrir la beauté de ces rimes et la finesse de ses vers.
Tonnerre.
Éclair,
Brises la couronne du père.
Éclair,
Fends les cieux et frappe les titans.
Éclair,
Sois le marteau de mon jugement.
Éclair,
Déchires le firmament.
Éclair,
Fais chuter de son trĂ´ne Cronos.
Éclair,
Embrasses ma gloire car ici commence mon règne.
Tragédie.
Parce qu'Ă mes rĂŞves,
J'ai rénoncé. Céder aux avances du mal,
Et sombrer.
“ — Une couronne sur la tête ne vous rend pas heureuse. Elle donne juste l’illusion au peuple que vous l’êtes. ”
Le dernier rempart.
“ — Tant que Hector vivra, les murs de Troie ne tomberont pas. ”
Destin qui dicte sa loi et dans l'ombre,
La première tisse,
La seconde déroule le fil,
Et la dernière le coupe sans le moindre remord.
Fraternité.
Trois frères,
Couronnés d'or,
Puissants et forts.
Le premier déverse les flots,
Vents et marées à sa guise,
Ă€ la vitesse d'un cheval au galop.
Le second commande le monde d'en bas,
Royaume souterrain des âmes errantes,
Ici sonne le glas.
Et le dernier ordonne aux cieux,
De frapper de sa foudre ceux qui osent,
Et qui refusent de ployer le genou devant sa superbe.
Mille navires.
Elle est le visage qui a lancé mille navires. Elle est le coeur battant de Pâris. Elle est le coeur brisé de Ménélas. Elle est la rage d'Achille. Elle est le bouclier fendu d'Hector. Elle est la ruse d'Ulysse. Elle est le fruit de la Discorde.
Elle était Hélène de Sparte,
Elle est devenue Hélène de Troie.
Écho.
Il ne murmure plus.
Il ne chante plus. Il ne respire plus.
Achille, plus jamais,
Ne sentira la chaleur de Patrocle lui réchauffer le coeur.
La caresse d'Apollon.
Brûle.
J’ai toujours voulu m’envoler.
Caresser ta chaleur et me fondre en elle.
Tu es si puissant, si brûlant.
Brûle.
Mes ailes me hissent plus haut que les oiseaux.
Je suis l’orgueil des mortels, défiant les dieux eux-mêmes.
Brûle.
Et dans mes veines se déferlent ton amour.
La cire fond quand ta chaleur m’embrasse.
Tu me fais mal, astre solaire.
Brûle.
Je ne suis ni dieu ni oiseau.
La chute m’emporte, tu t’éloignes et me brise les os. Mais je t’aime encore, toujours, même si désormais, je le sais.
Je ne volerai plus jamais.
Le Grenadier.
Solitude, je murmure ton nom.
Ce soir, ou est-ce l’aube ? Qu’importe. En cet instant, je me sens seul. Torturé et hanté, je n’entends rien, que le silence assourdissant de mon royaume.
Peux-tu seulement l’entendre ? L’écho des battements d’un cœur asséché.
J’erre dans la Lande.
Mais dans ma tourmente, je pousse la porte du jardin des morts. Ici se dresse un frêle grenadier. Ses fruits m’attirent, reflet d’un désir qui m’était jusque là , inconnu. Je veux y goûter, brulant appétit.
Dans la lande la plus froide, les graines de la Grenade me réchauffent le cœur et me ramènent à la vie.
Chasser la Biche.
Le chasseur, bête d’orgueil, bande son arc, fin artilleur.
Il arpente la forêt, en quête de gloire et de gibier. Actéon est son nom, souvenez vous de ce malheureux ! Car la mort le traque autant qu’il pourchasse sa noble proie.
La biche, cruelle obsession, nuit et jour, le chasseur sans relâche la poursuit. Elle se cache près d’un bassin, mais dans la brume du petit matin, dévoile son vrai visage.
Nue et désarmée.
Artemis alors, dévoile son atroce cruauté :
— Qui es-tu, pauvre mortel qui oses sur moi, poser tes yeux ? Voyons si cela te plaît, à ton tour d’être chassé.
Métamorphose et malédiction.
Le chasseur change de peau. Le voici devenu cerf, damnation ! Ses chiens alors, le reniflent, la désirent. Babines retroussées, crocs aiguisés. Actéon peut bien supplier, les chiens déjà , se jettent sur sa proie pour la dévorer.
Artemis, dévêtue, ricane sans aucun remord.
“ — M’as-tu aimé, ne serait-ce qu’un instant, Aphrodite ? ”
“ — Quelle question ! Je suis l’amour ! Bien sûr que je sais aimer. ”
“ — Tu ne réponds pas à ma question … ”
Et le forgeron frappa l’enclume de toute sa fureur, de toute sa rage et de toute sa colère. Le cœur meurtri, larmes de sang.
Le luxe du printemps.
Elle aime les belles choses.
Elle aime le luxe.
Mais ce qu’elle aime par dessus tout,
C’est embrasser la Mort elle-même.
Briser.
“ — Je ne vais pas te tuer, fils de Troie. Non, cela serait trop simple, trop rapide. Je vais te briser. ”
Et le corps du vaillant Hector fut brisé sous les yeux des siens, de la main du vengeur Achille, devenu le temps d'un instant, l'ombre d'Hadès en personne.
Entends la foudre.
Tu es le courroux des cieux.
Tu es le tonnerre qui gronde au loin et la foudre qui s'abat sans prévenir. L'éclair frappe, transperce et déchire la chair. Il est imprévisible et sauvage, tout comme toi. Dieu couronné, dernier-né de la divine portée.
Tu es le courroux des cieux. Tu es le tonnerre qui hurle sa colère et soumet quiconque. Les titans ont succombé, tous ont ployé le genou devant leur roi. Dieu tout puissant, dernier-né et pourtant au sommet.
Tu es le courroux des cieux. Tu es le tonnerre lointain qui s'éloigne du coeur de sa reine. L'éclair ô combien aimé, ô combien désiré. Dieu infidèle, dernier-né au coeur capricieux qui ne saurait aimé qu'une reine. Tu es le courroux des cieux. Tu es Zeus, Dieu des dieux.
Les murmures d'Hélène.
“ — Je préfère n’avoir qu’une journée à vivre avec toi,
Plutôt qu’une éternité à dépérir sans toi. ”