Revue d'art de référence spécialisée dans la peinture, la sculpture, la photographie, les arts numériques et graphiques. Boum! Bang! propose des articles quotidiens traitant des productions de la jeune garde artistique. Nous nous intéressons à la peinture, la sculpture et la photographie mais également aux arts numériques et graphiques. La ligne éditoriale des articles va à l’essentiel: donner un accès simple et riche à des travaux peu documentés. De courtes vidéos soutiennent par ailleurs cette ambition de refléter l’univers dans lequel les artistes créent. Les articles publiés sur Boum! Bang! sont de véritables lectures des oeuvres montrées, des analyses en profondeur et en détail. En somme, un magazine lisible par le plus grand nombre sans céder toutefois à la médiocrité des contenus ou des sujets. https://www.boumbang.com/
Les mises en scène de Marion Charlet sont trop belles pour être vraies. Sous un filtre chloré, elles se déploient dans l’encadrement géométrique de verrières pailletées qui ouvrent sur des paysages luxuriants. Ces sortes de loggias à ciel ouvert ne comportent aucun recoin d’intimité où se dérober aux yeux du monde. D’influence cinématographique, elles sont souvent vues en contre-plongée...
Le texte qui suit n’est pas un entretien. Fruit d’un dialogue au long cours entre Christine Herzer et Clare Mary Puyfoulhoux, il essaie de rendre compte d’une pratique de la critique en tant que coconstruction de la...
Le travail pour Irina Kirchuk commence dans la rue par la récupération d’objets divers et variés. Il s’agit de collecter le matériau, les éléments disparates en bois d’un meuble en kit, les formes en plastique d’un appareil ménager, ou encore les rebuts d’un chantier. Partie intégrante du processus, ces marches permettent de s’imprégner d’une ville. À Buenos Aires ou Paris, on n’accommode pas les restes de la même façon. La question du déchet est révélatrice d’une société, sur le plan social, économique et culturel.
Sergey Melnitchenko a reçu cette année le prix Leica Newcomer pour sa série photographique « Behind The Scenes » (En coulisse) où il montre en une suite de monochromes les danseuses d’un club douteux de Chengdu. L’artiste – après un long processus d’immersion fait éprouver tensions ou relaxations qui animent celles qui vont monter sur scène. Se sent parfois l’indifférence, parfois l’agacement de ses modèles face à son intrusion.
Nazanin Pouyandeh
Jeux de territoires et communautés inavouables.
Nazanin Pouyandeh ose les corps et ses aimantations sans se soucier des genres qui se conjuguent sur un plan réaliste ou allégorique. Dans cette peinture les corps ne connaissent pas la peur de l’envahissement. Ils s’offrent tels des gouffres mécaniques et lascifs dont le creux déborde de partout et de nulle part et jusqu’en leurs fibres obscures.
Les effluves d’un temps lointain s’entremêlent à la nostalgie des souvenirs, le tout s’évaporant doucement des œuvres de l’artiste espagnol Miquel Wert. Réel questionnement avec la mémoire, on découvre un travail aux traits doux, aux personnages évanescents mais présents. La mémoire, toujours la mémoire. Que reste-t-il de nos souvenirs lointains? Quelle image renverra-t-on après notre disparition? Déformation, oubli, perfectionnement: les lignes du souvenir s’étirent, se percent et s’adaptent à nos réminiscences fantasques. Miquel Wert nous conte ces histoires imaginées.
Fabio Romano | Une recherche de connexion entre l'homme et son environnement.
Fabio Romano a d’abord cherché, au contact de la nature, la sensation d’une relation intense entre son corps et la campagne. Ses premières peintures expriment l’émotion qui naît de notre observation des paysages. Celles-ci nous invitent à plonger notre regard, à cheminer dans la nature. Elles rappellent le plaisir de la promenade dans des paysages de campagne, là où notre esprit se sent libre de penser, d’imaginer, de rêver…
Aujourd’hui les images sont partout. On ne peut passer une journée sans qu’elles nous assaillent presque inconsciemment. Que ce soit dans un journal, sur internet, à la télévision; ces visages inconnus, mais devenus familiers à force de les rencontrer inopinément, tournoient autour de nous dans un brouhaha identitaire.
Yoann Lelong: Mon parcours a commencé sur les bancs de Jussieu et de Normale Supérieure où j’étudiais la physique. Je crois que ces années sont la base de mes réflexions actuelles. Le fait d’étudier les sciences m’a amené à me questionner sur notre réalité et sur la manière dont nous la quantifions. Seulement, je n’avais aucune envie de démontrer ma perception du monde...
Harold Guerin | Captation, représentation des mouvements et mesure du paysage.
Harold Guérin s’intéresse à nos façons de représenter le territoire, de le saisir et de se l’approprier. Il interroge les relations des individus au paysage, en vue d’un voyage et d’y projeter son imagination. Par le biais du dessin, de la sculpture, de la vidéo et de l’installation, il s’attache à jouer sur des troubles de la perception. Dans ses œuvres, cartes, niveaux à bulle, appareils photo, instruments de mesure et de représentation, sont alors détournés de leur fonction première.
Les œuvres d’Anne-Sophie Viallon proposent le plaisir des songes. À coups de lambeaux de matières, surgissent l’immense et l’intime, le ferme et le fluctuant, le furtif et l’évident. Se crée un maillage non sans élégance incarnée dans une fugacité cyprine: dessus, dessous, sur les côtés, tout est soufflé d’une mouvance contagieuse. Les « dépôts » nous emportent dans le tourbillon de rêves où chaque pensée reste brûlure. Et soudain au milieu de tels songes, le monde se perd en dérive chorégraphique. L’émotion reste intacte et ironique dans la délicatesse d’un tel travail.
Adam Yuul | Les Craputes: Une iconographie de l'insulte.
Un entretien Boum! Bang!
Quel meilleur vecteur que l’art pour dénoncer les impostures qui font l’assaut de notre quotidien dès lors qu’on allume la télé ou parcourt la presse? En cette période pré-électorale particulièrement fantoche et nauséabonde, l’artiste Adam Yuul a choisi de mettre en lumière la médiocrité des acteurs de la scène médiatico-politique qui n’ont de cesse de se moquer de nous sur fond d’espèces sonnantes et trébuchantes. Ainsi, à la manière de l’Internationale Situationniste emmenée par Guy Debord dès les années 60, mais dénué de la prétention d’un « dépassement de toutes les formes artistiques », l’artiste illustre ici un engagement politique œuvrant à l’éveil des consciences.
L’artiste a presque un nom de strip-teaseuse. Et le corps chez elle clame souvent la nudité. Mais le rapprochement s’arrête là. Quoi que… Car l’artiste sait jouer de la monstration obscène. Exit les dessous chics. Les culottes sont trop hautes, les soutiens gorges trop lâches mais cela permet une parade qui n’a rien de nuptiale.
Rita Lino clame son « je suis ». Et la blême nudité de femme se décline sexe à cœur, jambes sous leurs bas noirs ou affranchies. Bref l’artiste est libre de porter tout son corps comme elle l’entend: en transe comme au retrait.
Jacqueline Salmon | D'une exploration d'un lieu à la photographie.
De sa formation d’historienne, Jacqueline Salmon a développé une démarche de photographe. Elle s’intéresse au paysage, à la nature, à l’architecture; des sujets qui l’invitent à évoquer l’histoire personnelle et collective et à transmettre aussi bien la mémoire des lieux que l’évolution de la société. Si sa pratique photographique semble avoir une caractéristique documentaire, ses images offrent aux spectateurs un champ large de réflexions. C’est notamment en résidence que cette photographe a un terrain d’expérimentation, de quêtes, de rencontres et de dialogues avec un territoire et ses habitants.