- Comment mieux protéger vos données personnelles? - Bac : le détecteur de téléphones portables - Internet ... grâce à un ballon
Approfondissez vos connaissances des données personnelles en (ré)écoutant l'émission Sans déconnecter de Julie Pietri, diffusée sur France Inter le lundi 17 juin 2013.
Intervention de Pierre-Jean BENGHOZI (Polytechnique) à la Cantine
Découvrez l'interview du Polytechnicien Pierre-Jean BENGHOZI publiée par Without Model dans le cadre de son évènement Time Machine Expeirence 2025 ! Bonne lecture !
Pour avoir accès au compte-rendu complet de l'évènement, rendez-vous sur le site de Without model qui a organisé cette soirée : http://www.withoutmodel.com/article.php?ID=2809
Deuxième et dernier podcast de TME 2025, préparez-vous à être étonnés, nos quatre invités du futur nous livrent leur vision du monde en 2025 ! Merci à Moustic'Air d'avoir rendu ce moment inoubliable !
Ce premier podcast de Moustic'Air enregistré lors de l'évènement Time Machine Experience 2025 nous permet de découvrir l'intervention de Pierre-Jean Benghozi (Polytechnique) ainsi que la sotytelling de Benjamin, qui vit en 2025, dans un monde sans distributeurs...
Lift 2012 : le numérique met les cerveaux en ébullition à Marseille
Les 27 et 28 septembre derniers, à Marseille, se tenait une manifestation d’ampleur autour du numérique : Lift 2012.
Cette évènement qui a lieu deux fois par an sur des continents divers, a pour objectif d’ « identifier et d’anticiper les usages actuels et futurs des technologies numériques par le biais de la recherche, l’organisation d’évènements, des publications et des services ».
Il rassemble une population hétérogène : chercheurs, start-upers, designers, professeurs, étudiants, investisseurs, managers, artistes, experts du web, de l’innovation,…
Le premier jour de cet évènement dont le thème était « Promesses, prouesses et compromis numériques » était dédié à la conférence internationale ouverte tandis que le deuxième jour était consacré aux ateliers autour des promesses élaborées par la Fing (Fondation Internet Nouvelle Génération).
Retour sur deux jours captivants autour du numérique et des questions qu’il pose au regard du futur.
Une première après-midi qui laisse la parole aux visionnaires de tous horizons
Lors de l’après-midi du jeudi 27, au centre de conférence de Marseille Provence Métropole, plusieurs intervenants visionnaires et innovateurs, acteurs du numérique, ont pris la parole pour exposer leur vision des nouvelles technologies, nous dire où ils situent les ruptures à venir, quel rôle la technologie y joue et comment analyser ces impacts présents et futurs sur la société, l’économie, la santé, la citoyenneté ou encore la biologie.
Afin d’introduire l’après-midi de conférence, Daniel Kaplan, délégué général de la Fing, a commencé par présenter les enjeux et les objectifs de cette 4ème édition de Lift France.
Après avoir rappelé que le numérique nous a fait un certain nombre de promesses telles que celles de contracter l’espace et le temps, nous faire atteindre de nouveaux sommets d’intelligence, rendre les marchés parfaits, … il a annoncé l’objectif de cette édition de Lift : prendre au sérieux un certain nombre de promesses même si elles semblent parfois naïves (promesses liées à l’économie, à l’environnement, au vieillissement, à la santé, …) et leur permettre de nous faire découvrir de nouveaux horizons.
Eugène Caselli, président de Marseille Provence Métropole a ensuite fait part du rôle actif de la ville dans la promotion de l’innovation et des évènements qui gravitent autour avant de laisser la parole aux intervenants de l’après-midi.
C’est Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique qui a ouvert le bal.
Bien que rappelant que le numérique est porteur de promesse pour la société, la culture et l’économie, la ministre a également pris du recul sur cette question et expliqué que « parfois, le numérique est à l’origine de promesses qu’il ne pourra pas tenir ».
Elle a également rappelé que sa mission était de se saisir de la transition numérique de la France qui se construit depuis plus de 40 ans et qui est liée à de multiples enjeux : éducation, transport, ville, santé, … L’objectif est alors d’ « accompagner tous ces pans de l’économie et de la société qui pourrait progresser grâce au numérique pour maximiser leur potentiel ».
Fleur Pellerin a également mis en exergue le rôle de Marseille et de ses acteurs dans cette transformation numérique en appuyant sur le dynamisme de son tissu économique. Elle a notamment cité le pôle média Belle de Mai et son incubateur qui joue un grand rôle dans le développement des usages numériques.
Les pouvoirs publics doivent, comme elle l’a expliqué, « prendre part à l’articulation entre numérique et territoire » afin de participer à la construction d’une « France numérique pour le XXIème siècle qui protégera l’indépendance et la souveraineté du pays ». Fleur Pellerin a également appuyé sur les modalités de cette transition numérique.
D’une part, l’ensemble de la société doit être incluse dans cette transition dont l’objectif est de rendre le citoyen producteur du numérique. A ce titre, la ministre a annoncé que l’Etat devrait prendre une série de mesures afin notamment de couvrir le territoire en très haut débit. L’Etat doit, selon elle, « prendre un vrai rôle de chef d’orchestre des déploiements ».
D’autre part, elle a également évoqué son ambition de faire de la France un pays fortement innovant et de libérer l’innovation économique par le numérique.
Dans ce cas, le rôle de l’Etat est décisif : « préserver la liberté d’innovation sur internet » et favoriser la « libre circulation et la mise à disposition des données sur internet ».
Mais le développement du secteur numérique, comme l’a rappelé la ministre, se fera avec respect en insistant sur la défense des libertés individuelles et la protection des données personnelles. Elle a ainsi fait référence au récent cas Facebook et aux fuites de données qui y seraient associées. Rappelant que les outils sociaux constituent de véritables réseaux actifs, Fleur Pellerin a expliqué que « la société numérique du XXIème siècle devra s’accompagner d’une réflexion sur le droit des internautes ». Elle a ainsi pris l’exemple du projet Mes Infos, porté par la Fing qui propose aux organisations de restituer les données personnelles qu’elles détiennent sur leurs clients / usagers à ces derniers afin qu’ils en fassent ce qu’ils veulent, ce qui lui a permis de se poser une des questions qui découlent du projet : « les internautes ne devraient-ils pas avoir le droit de gérer eux même leur données personnelles ? »
Après l’intervention de la ministre, Sylvie Reinhard, chef de la direction de Lift, est brièvement revenue sur le rôle de la conférence internationale. Elle a ainsi expliqué qu’elle avait lieu à Marseille depuis 2009 en partenariat avec la Fing et que, plus qu’une conférence, son objectif est d’inciter à la participation et à l’interaction. Accélérer l’innovation, co-créer le futur et encourager l’entreprenariat sont quelques-uns de ses objectifs.
C’est ensuite Nigel Thrift de l’université de Warwick, l’un des plus importants sociologues et géographes de notre époque, qui a pris la parole pour nous parler des « Sentient Cities » qu’on pourrait littéralement traduire par « villes conscientes » ou « villes douées de sensations ».
Appuyant entre autre sur l’obsolescence des technologies, la prévalence des données, le fait que les cartes soient centrales à la ville, l’interaction de machine à machine, la multiplicité des sens, l’importance croissante des technologies de tracking, le sociologue a exposé sa vision des « Sentient Cities » qui ne font pas seulement référence à l’intelligence humaine mais également à la perception. Il a également expliqué que de nombreux artistes travaillaient avec la technologie pour reproduire différentes formes de sensibilité.
Même si le terme rappelle les « Smart Cities », Nigel Thrit, a mis en exergue la différence entre ces deux termes. Alors que les « Smart Cities” correspondraient plus à des systèmes, les « Sentient Cities”, à l’inverse, peuvent être constituées de parties indépendantes et peut avoir des ramifications auxquelles personne ne s’attend. Elles impliquent d’énormes possibilités technologiques et créent de nouveaux challenges.
Nicolas Nova, chercheur de l’équipe Lift a ensuite présenté les intervenants du Carrefour dans lequel « 6 intervenants internationaux incarnant le métissage des connaissances, des statuts, des métiers et des compétences » ont pu apporter leur vision des nouvelles technologies et de leur futur probable au regard de leurs expériences respectives.
Le premier intervenant de ce Carrefour était Thomas Landrain, co-fondateur de « La Paillasse », le premier laboratoire communautaire de biotechnologies en France.
Promoteur du Do It Yourself, Thomas Landrain a présenté un nouveau concept : celui de Biologie 2.0 en tant que révolution sociale et technologique.
Alors qu’avant la biologie était réservé aux professionnels : chercheurs, médecins, biologistes, … elle est à présent, grâce aux nouvelles technologies et aux avancées comme la génomique personnelle, accessibles à tous.
A titre d’exemple, une compétition de biologie synthétique proposait à des étudiants de designer un projet et réaliser un système vivant en laboratoire.
Les citoyens peuvent également participer en ligne à un effort de recherche en biologie.
Mais ceci n’est pas sans poser des questions éthiques : La Paillasse organise d’ailleurs des réunions pour analyser les enjeux liés à cette nouvelle « biologie accessible à tous ».
Le mouvement dont Thomas Landrain nous a exposé les principes est donc le Do It Yourself appliqué à la biologie ou Do It Yourself Biology.
« La Paillasse » permet ainsi aux personnes qui le souhaitent de venir découvrir la biologie, débattre et faire des expériences par eux-mêmes.
Toujours dans les thématiques de la recherche et des nouvelles technologies, l’intervenante suivante, Tiana Delhome, responsable innovation & relation avec les PME au CEA (Commissariat à l’Energie Atomiques et aux Energies Alternatives) nous a expliqué comment s’établissait une logique d’innovation à partir de la recherche en micro et nano technologie.
Partant des promesses élaborées par la Fing (vérifier lien), Tiana Delhome a montré que celles-ci nécessitaient des compromis et étaient à l’origine de détournements et de dépassements.
En effet, la mise au point de processus innovants doit sans cesse se confronter à la matérialité, au contexte, à un environnement particulier et pas forcément propice au bon fonctionnement de l’innovation.
Elle a également appuyé sur le fait que « la richesse des technologies est dans leur détournement ».
Les promesses liées au numériques sont donc nombreuses, ce sont des promesses séculaires qui peuvent être mises en parallèle de la promesse de la conquête du monde : ce sont des terres inconnues à explorer avec l’espoir qu’elles génèreront de la félicité, qu’elles permettront le pacte social, … Mais ce sont aussi les échecs qui permettent d’avancer et c’est cette boucle d’essai / erreur qui est prometteuse comme l’a rappelé Tiana Delhome.
Mais les nouvelles technologies ont également un impact sur les sphères de l’art et du design.
Douglas Eric Stanley, artiste, enseignant à l’école d’art d’Aix en Provence et chercheur a créé l’atelier « hypermédia » à Aix et nous a exposé sa vision des choses quant au futur et aux rôles des nouvelles technologies dans les secteurs dans lesquels il évolue. Il nous a présenté différents travaux, témoins de différentes interactions entre l’art, la robotique, le design et les nouvelles technologies. Physicalisation, cinéma algorithmique, interactif, nouvelles possibilités d’évolution de l’ « outil Kinect », … sont autant de possibilités nouvelles d’associer ces différents secteurs pour innover, s’amuser, créer, performer, …
Préférant le terme « possibilité » à celui de « promesses », Douglas Eric Stanley a mis en exergue le fait qu’il existe des limites à ces machines et ces technologies, fragiles. Il a également évoqué le Carnaval comme métaphore de l’innovation et posé la question suivante : « What technology is and what we can do with it ? »
Sur les thèmes de data, géopolitique et valeur, Stéphane Grumbach, directeur de recherche à l’INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique) nous a quant à lui parlé de Big Data et de déséquilibre global.
Alors que la question de la protection des données personnelles revient souvent à propos des données et que des polémiques émergent à propos des data center, Stéphane Grumbach s’est proposé de revenir à la géographie des données et de se demander où sont les données et quels sont les problèmes que cela pose.
Selon lui, Le Big Data s’applique à de nombreux domaines : administrations, entreprises, … et entrainent des économies massives et des changements de fonctionnements importants.
Deux défis s’imposent au niveau du concept de Big Data.
Le premier réside dans la collecte des données : plus de deux tiers sont des données utilisateurs. Ce sont les données mises en ligne (mails, photos, …) ainsi que toutes les données indirectes qui représentent les traces dont l’utilisateur ne sait pas qu’elles sont collectées.
C’est le modèle du gratuit qui prévaut : l’industrie échange un service gratuit contre le droit d’exploiter les données. L’utilisateur, quant à lui, accepte les conditions du service mais cette situation pose des questions.
Le deuxième défi consiste à faire quelque chose de ces données.
Cela peut consister dans la mise en place d’un business comme c’est le cas pour les services en ligne.
Il est également possible de les utiliser pour la science, c’est l’exemple de l’Automatic discovery.
A ce titre, Stéphane Grumbach a cité Google Flu Trends, service qui permet notamment le suivi des épidémies de grippe. Pour ce faire, Google analyse les requêtes réalisées via son moteur de recherche et sort une cartographie de la grippe ce qui lui permet d’obtenir des résultats avec deux semaines d’avance sur les instituts de veille sanitaire.
Mais cela pose des questions car si Google peut connaitre la santé des individus, il peut également savoir ce que les gens font, pensent, …
Ces Big Data peuvent également servir à assurer une forme de sécurité. La NSA par exemple les utilise.
Les données sont ainsi « la matière première du XXIème siècle ». C’est à ce titre qu’elles sont comparées au pétrole. Mais alors que ce dernier suit un processus qui part de l’extraction pour aller vers le transport, la distribution puis la consommation, il en va à l’inverse pour les données. En effet, elles sont produites par des utilisateurs, transportées sur internet, … puis traitées pour la science, le business et les services secrets.
L’autre différence entre les données et le pétrole est qu’alors que celui-ci a été concentré « naturellement », c’est à l’inverse, la volonté humaine qui fait que les données le sont.
Et elles sont presque toutes aux Etats-Unis.
Alors qu’un tiers des données mondiales seraient stockées dans le cloud d’ici 2020, Stéphane Grumbach est également revenu sur la géopolitique des Big Data.
Il explique que nous nous trouvons dans une situation dans laquelle on défend une diversité mais que nous n’avons pas de diversité. Par exemple, en France, c’est Google, moteur de recherche américain, qui a le quasi-monopole des recherches en ligne. Google en sait d’ailleurs beaucoup plus que l’INSEE sur la France.
Cette asymétrie d’information a été mise en exergue par le prix Nobel Joseph Stiglitz.
Stéphane Grumbach a également expliqué que le pouvoir de régulation était assez limité puisque le problème posé dépassait les frontières.
Il a également appuyé sur le fait que, du point de vue de la sécurité, la France était totalement dépendante d’une puissance étrangère et expliqué qu’il serait intéressant de dresser une carte du monde représentant l’asymétrie d’information entre les différents pays.
Il a ensuite parlé de l’Europe et de son rapport aux données. Les européens semblent, selon lui, avoir peur des données. L’environnement industriel et d’innovation ne permet d’ailleurs pas l’émergence de grandes sociétés comme aux Etats-Unis ou comme celles qui émergent en Chine, en Russie, …
Il existe des alternatives comme l’alternative décentralisée représentant un monde dans lequel les utilisateurs garderaient leurs données (cf le réseau social Diaspora). Mais la montée en puissance de ce genre d’outils risque d’être compliquée car il n’y a pas de modèle économique et pas vraiment de moyens de gérer de la connaissance.
Il a rappelé que l’Europe est caractérisée par la diversité culturelle et par une société qui voit dans l’Etat un rôle important (plus qu’il ne l’est au Etats-Unis). La société de l’information est naissante et va chambouler l’ensemble des activités humaines, de nouveaux équilibres seront donc à inventer. L’Europe pourrait s’impliquer dans la société de l’information et la prendre à bras le corps mais, pour ce faire, il faudra regarder vers le futur au lieu de rester tourné vers le passé.
Dans un autre registre qui est celui de du rôle des nouvelles technologies dans la démocratie, Gudrun Pétursdóttir, Présidente du Conseil Constitutionnel d’Islande a présenté le projet de la constitution islandaise pour le peuple, par le peuple.
Le premier ministre Islandais ayant décidé de faire une assemblée nationale du public et d’élire un conseil constitutionnel dans le but de réviser la constitution, 1000 membres du grand public ont été réunis pendant 8 heures. La représentation a été égalitaire en termes de sexe, d’âge et d’origine.
Ce jour-là, l’informatique a permis de collecter et d’analyser les informations. Et grâce à cela, au lieu de prendre des mois pour avoir les résultats, ces derniers ont pu être présentés le lendemain à 16h.
Un rapport a ensuite été présenté au conseil constitutionnel. Le processus de modification de la constitution était ouvert au public et les projets de modification mis sur le web. Le projet de constitution a été remis au rapporteur du parlement. Il n’est pas encore approuvé car formellement et d’après la constitution actuelle, il faut que les changements se fassent d’une certaine manière.
Cette « prise de pouvoir des citoyens » n’a été possible que grâce à la technologie qui a non seulement permis aux islandais de se rassembler, d’émettre leurs idées, de les classer par ordre d’importance et de faire cela rapidement afin de proposer ce projet de constitution dans les meilleurs délais.
Pour clore cette après-midi, Honor Harger, artiste et curatrice nouveaux médias, directrice de la Lighthouse à Brighton nous a présenté un monde au croisement de l’art, des technologies et de la fiction.
Elle travaille sur la perception des changements de la société qui se produisent à travers les technologies de productions, du film, de l’art.
Passionnée par la confluence entre l’art et la technologie, Honor Harger,nous a expliqué que l’« art du multimédia » peut être une source de signaux faible de la manière dont notre monde se forme et de notre positionnement dans l’espace technologique.
Elle a cité l’exemple de l’imprimante 3D qui permet à des designers ou des fabricants à petite échelle d’envoyer des instructions et de faire faire des objets grâce à cette technologie.
Selon elle, l’art a un pouvoir de prévision un peu comme la science-fiction.
Il faut se poser la question suivante : que nous dit le domaine de l’art médiatique (entendu comme art du multimédia) ?
Plus notre monde est codé, plus il est difficile de le déchiffrer. Elle cite l’exemple d’un pourcentage important d’américains qui pensaient que le mauvais temps impactait le « cloud » informatique.
Honor Harger a également expliqué que les artistes insistent sur le fait que nous devons pouvoir décrire notre environnement pour pouvoir l’appréhender et agir dessus. Elle a aussi posé cette question : est-ce que le cerveau humain contrôle ce qu’il a créé ?
L’ « art médiatique » ou du multimédia est ainsi en adéquation avec une citation d’Alan Kay, célèbre informaticien américain : « Le meilleure moyen de prédire le futur est de l'inventer ».
Un deuxième jour exclusivement consacré à la « projection »
Le deuxième jour a eu lieu au Pôle Média Belle de Mai de Marseille et consistait en un atelier de coproduction autour du projet « Questions numériques 2013/2014 » de la Fing.
La question autour de laquelle tournait cette journée était la suivante : sachant ce que nous savons, quelles sont les promesses que nous voudrions que le numérique nous apporte ?
Pour ce faire, les participants ont eu à choisir 7 ou 8 promesses parmi les 21 proposées par la Fing (vérifier lien). Celles-ci étaient diverses : « Un meilleur commerce, plus transparent, plus confiant, plus fluide », « Une expérience plus humaine des technologies », « La fabrication numérique personnelle », « Des jeux pour nous transformer et transformer le monde », …
Alors que la matinée était dédiée aux choix des promesses, à la constitution des groupes et à un premier point sur ce que la promesse évoquait, en quoi elle avait été tenue ou non et quel était le bilan que l’on pouvait dresser à partir de ces constats (passé et présent de la promesse), l’après-midi était quant à elle dédiée à la reformulation de la promesse, l’identification des acteurs clés qui seraient impactés par celle-ci ainsi qu’aux actions qui pourraient lui permettre de se concrétiser (futur de la promesse).
Les apports de la veille ont été précieux pour réfléchir aux différentes questions et enjeux soulevés par les diverses promesses.
Parmi celles retenues, on peut citer « Une identité numérique sûre, unifiée et protectrice » (vérifier lien : http://www.reseaufing.org/pg/pages/view/116784/)
Au cours de l’atelier qui consistait à travailler les enjeux de cette promesse, à la reformuler et à identifier les actions clés qui pourraient lui permettre de se réaliser, les participants ont mis en exergue le rôle des « importants détenteurs de données » actuels tels Facebook et Google.
Ces derniers, en proposant aux individus des réseaux sociaux, moteur de recherche, ou autre services « gourmands en données » jouent en effet un rôle important dans la construction de l’identité numérique de l’individu.
On en revient à ce que disait Stéphane Grumbach de l’INRIA quant au rôle des Big Data dans la construction de certains business models.
En ce qui concerne l’unification des différents profils, le rôle de l’outil Facebook Connect a également été évoqué, les participants appuyant à la fois sur la commodité qu’il entrainait dans la gestion de l’identité numérique et sur les dérives qui pouvaient découler de son utilisation, notamment en termes de protection des données personnelles et de confidentialité.
Un des enseignements tirés de cet atelier a été la prise de conscience qu’au final, c’était les acteurs qui proposaient, en plus d’un service d’unification de l’identité numérique, d’autres services à valeur ajoutée autour comme Facebook Connect qui réussissaient à occuper une place importante sur ce marché tandis que ceux qui se cantonnaient à une seule fonction comme OpenID n’avait pas réussi à prendre une telle ampleur.
L’asymétrie informationnelle entre les organisations détentrices de données et les individus a également été évoquée.
Grâce aux apports des visionnaires du numérique et des participants aux différents ateliers autour des promesses faites par le numérique, l’évènement Lift a permis de dégager un certain nombre d’enjeux autour de l’impact des nouvelles technologies sur tous les pans de la société. Parmi ceux-ci, l’économie est l’un de ceux qui sera le plus impacté : comment alors insérer ces problématiques dans la réflexion autour des business models ? Quels seront ceux qui pourront émerger à partir des transformations numériques ? Comment intégrer ces nouveaux enjeux aux stratégies des organisations ?
C’est à partir des travaux que la Fing réalisera à partir de ce qui est ressorti des ateliers, enrichis des futurs apports de l’évènement Question Numérique (à Paris cette fois-ci) que les réponses à ces questions se dessineront.
Carole Leclerc
01/10/2012.
EcoNum @carole-leclerc-numerique - Tumblr Blog | Tumgag