La fable de la grenouille Chappatte dans Le Temps, Genève Sauf qu'on ne peut pas sortir de la casserole (la planète) et que la seule solution c’est d'obtenir du cuisinier (les entreprises, les États, les gouvernements) qu'il éteigne le feu.
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La fable de la grenouille Chappatte dans Le Temps, Genève Sauf qu'on ne peut pas sortir de la casserole (la planète) et que la seule solution c’est d'obtenir du cuisinier (les entreprises, les États, les gouvernements) qu'il éteigne le feu.
Moi, je vais reprendre la boîte de Papa. Moi aussi.
Crise climatique. L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde
Le nouveau rapport annuel sur l’état du climat en Europe, rendu public mardi 28 avril, confirme que 95 % du territoire a connu, en 2025, des températures annuelles supérieures à la moyenne. Même la surface des mers se réchauffe drastiquement. “L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale.” Pour Green & Blue, ce constat de la nouvelle édition du rapport annuel sur l’état du climat en Europe est le plus “frappant”. Et ce, en dépit de la profusion de données alarmantes sur l’année 2025 qu’il contient. “La nouveauté, pour ainsi dire, c’est que personne n’est épargné”, constate, presque ironique,le site d’information italien spécialisé dans l’environnement. Au cours de l’année passée − la troisième plus chaude depuis qu’il existe des relevés −, la quasi-totalité de l’Europe (au moins 95 % du territoire) a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne calculée sur la période 1991-2020. “Une moyenne réévaluée à la hausse tous les dix ans, il convient de le rappeler”, relève Le Temps. “L’évolution connaît une nette disparité géographique, avec l’est, le sud-est et une partie du centre de l’Europe (dont les Alpes), où la température grimpe le plus vite (de 0,5 °C à 1 °C par décennie) depuis trente ans”, ajoute le journal genevois.
“Le Svalbard, l’un des endroits de la planète où le réchauffement est le plus rapide, s’est réchauffé de trois à quatre fois plus vite que la moyenne européenne”, retient de son côté le quotidien britannique The Guardian.
Incendies ravageurs
En outre, d’après ce rapport élaboré par Copernicus, le service climatique de l’Union européenne (C3S), et l’Organisation météorologique mondiale, 2025 a été marquée par la deuxième vague de chaleur la plus intense jamais enregistrée en Europe.
Ces températures particulièrement élevées ont alimenté des incendies dévastateurs qui ont ravagé de vastes régions d’Europe. Plus d’un million d’hectares ont été réduits en cendres, soit 4,7 % de plus que le précédent record, établi en 2017. Au-delà de la température de l’atmosphère, c’est aussi celle des mers qui s’accroît. Le rapport montre, cartes à l’appui, qu’en Europe la température moyenne de la surface de l’eau a atteint un niveau record en 2025. Quelque 86 % de la surface des mers et océans qui bordent le Vieux Continent ont connu des vagues de chaleur marine “fortes” et plus, selon la dénomination utilisée. Les énergies renouvelables en hausse
“Tous les indicateurs sont au rouge”, s’indigne auprès du Guardian John Hyland, de Greenpeace, qui souligne que les objectifs climatiques de l’UE ne sont pas assez ambitieux pour lui permettre d’assumer ses responsabilités. Il martèle :
“Soit les gouvernements prennent rapidement des mesures efficaces pour réduire dès maintenant leurs émissions de gaz à effet de serre, soit ils peuvent continuer, de façon irresponsable, à réviser leurs critères à la baisse et à mettre ainsi en danger la santé, le foyer, l’emploi et la subsistance d’un grand nombre de gens.”
Le Temps essaie malgré tout de traquer ce qu’il y aurait de positif à tirer de ce rapport. En 2025, les cieux européens ont été moins nuageux et la durée d’ensoleillement légèrement supérieure à la moyenne (5 %). “La France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Suisse et une partie de la Pologne ont ainsi vu leur potentiel de production d’électricité solaire grimper de 6 % à 10 %”, fait observer le quotidien. Près de la moitié de l’électricité européenne est désormais produite par l’ensemble des énergies renouvelables.
Pour Green & Blue, il y a même une autre (relative) bonne nouvelle : ce rapport “confirme qu’avec Copernicus l’Europe s’est dotée d’un cadre très solide pour le suivi de la crise climatique. Les décideurs pourraient ainsi, s’ils le souhaitaient, fonder leurs politiques (énergétiques, industrielles, sanitaires, etc.) sur les données scientifiques les plus fiables.”
Carole Lembezat
Le pape vient peut-être de publier le texte le plus radicalement humaniste de l’année.
Avec Magnifica Humanitas, le premier pape américain signe un texte sur le colonialisme numérique, la nouvelle religion de la Silicon Valley et la concentration extrême du pouvoir de la tech. Sur ceux qui possèdent les données, les machines, les cerveaux disponibles. Sur cette nouvelle caste qui ne possède plus seulement les usines (comme au XIXe siècle), mais les flux d’attention, les algorithmes et les marchés de la vérité.
Léon XIV ne s’appelle pas Léon par hasard… En 1891, Léon XIII publiait « Rerum Novarum », la fameuse doctrine sociale de l’Eglise. Face à la révolution industrielle, il osait dire que le travailleur n’était pas une pièce de machine, que le capital ne pouvait pas avaler la dignité humaine. En 2026, Léon XIV reprend le fil. Face à la révolution numérique, il dit en substance : l’être humain n’est pas une donnée, pas une ressource, pas une variable d’optimisation.
Ce qui me frappe d'abord, c’est la puissance politique du texte. Léon XIV parle de l’esclavage. Il reconnaît le retard avec lequel l’Église et la société ont condamné ce fléau. Il parle d’une « blessure dans la mémoire chrétienne ». Et il demande « pardon » au nom de l’Église. C’est rare. C’est immense. Parce que cette phrase oblige tout le monde, croyants ou non, à regarder une vérité en face : les grandes institutions se trompent parfois pendant des siècles quand elles se rangent trop tard du côté des humiliés.
Puis, comme juriste, je suis marqué de lire autant de références aux grandes architectures du droit international : l’ONU, la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention sur les réfugiés, et même les textes environnementaux. Et Léon XIV ajoute cette phrase lourde de sens : « Les conquêtes morales prennent presque toujours la forme d’un chemin long et laborieux, marqué également par des revers : pensons aux processus de paix interrompus ou aux engagements environnementaux mis en œuvre avec lenteur ». On pense forcément à Gaza. Au climato-scepticisme. À tout ce que notre époque détricote méthodiquement, pendant que les cyniques expliquent que le droit international est une naïveté et que la force est redevenue la seule langue du monde.
Et le plus impressionnant, c’est que Léon XIV cite le mouvement des droits civiques aux États-Unis, Martin Luther King, Nelson Mandela et la lutte contre l’apartheid. Il convoque même Hannah Arendt, pour la première fois dans une encyclique, afin de rappeler cette vérité glaçante : le totalitarisme ne triomphe pas seulement quand les gens croient au mensonge. Il triomphe quand ils ne savent plus distinguer le vrai du faux. Quand les faits deviennent une opinion. Quand la presse est remplacée par le bruit. Quand les fake news deviennent une industrie. Quand chacun est enfermé dans sa propre bulle, nourri par un algorithme qui ne cherche pas la vérité, mais la captation de l’attention.
C’est exactement notre époque. Nous croyons être libres parce que nous scrollons. Mais nous sommes suivis, mesurés, prédits, orientés. Nous croyons choisir, alors que nos préférences sont calculées. Nous croyons parler, alors que des architectures invisibles décident ce qui sera vu, amplifié, récompensé ou enterré. Le capitalisme de l’attention ne veut pas seulement notre argent. Il veut notre temps, notre colère, notre solitude, notre disponibilité intérieure.
Et Léon XIV va encore plus loin. Il ne se contente pas de critiquer les excès du marché. Il attaque la racine. Le PIB ne mesure pas la dignité. La croissance ne garantit pas la justice. Les inégalités ne sont pas seulement un problème de redistribution après coup, quand les richesses sont déjà captées. Elles commencent avant, dans l’allocation des ressources, des technologies, des savoir-faire, des infrastructures. Autrement dit : si quelques géants contrôlent les outils de production du monde numérique, alors ils contrôlent aussi une partie de notre avenir commun.
Voilà pourquoi le pape veut « désarmer » l’IA. Il appelle à une régulation publique forte, à une déconcentration des géants de la tech, et à une gouvernance plus ouverte, plus démocratique, plus humaine. Dit simplement : l’IA ne peut pas être abandonnée à quelques entreprises privées qui décident seules de ce que nous voyons, de ce que nous savons, de ce que nous désirons, et demain peut-être de ce que nous sommes autorisés à devenir.
C’est peut-être cela, la leçon la plus actuelle de Magnifica Humanitas : la nouvelle question sociale ne se joue plus seulement dans les mines et les usines. Elle se joue dans les data centres, les RS, les modèles d’IA, les marchés de l’attention, les systèmes de surveillance, les bulles de confirmation et les guerres informationnelles.
En 1891, l’Église demandait qui protégeait l’ouvrier face au capital industriel. En 2026, Léon XIV demande qui protégera l’humain face au capital algorithmique.
Cette question concerne tous ceux qui refusent que le monde devienne une immense machine à classer les êtres humains, à capter leurs désirs, à prévoir leurs comportements et à vendre leur liberté par morceaux.
La dignité humaine n’est pas une donnée exploitable.
via Samuel Cogolati
Bandar Abbas, entre guerre et enfance.
Jeux d’enfants sur le littoral iranien, face aux navires bloqués du détroit d’Ormuz
La chaleur tue — et ça va s’aggraver.
En Belgique, la canicule a causé 269 décès en 2024 et plus de 5 500 morts en 25 ans. C’est l’aléa climatique le plus meurtrier, selon le Belgian Climate Risk Assessment.
Les projections sont alarmantes pour la Wallonie : +2°C → 3× plus de vagues de chaleur +3°C → 87% de la population touchée par les îlots de chaleur urbain +4°C → un été quasi continu de canicules
Des solutions existent : végétalisation, arbres en ville, matériaux réfléchissants, plans canicule… Mais agir sur les îlots de chaleur, c’est aussi une question de justice sociale. Des experts internationaux convoqués par l'OMS lui demandent de déclarer la crise climatique urgence de santé publique mondiale, sous peine d'une forte augmentation de la mortalité mondiale. Article paru le 16 mai dans The Guardian
L'OMS rassure. Chappatte dans le Canard enchaîné
Hantavirus à bord Chapatte
Réussite incroyable Cartoon de Gros dans l'Humanité
Cartoon de Peter Kuper (USA) Inspiration Magritte
Tentative d'assassinat de Trump
"Dansons" : le nouveau single de Céline Dion en top des écoutes dans le détroit d'Ormuz. Le dessin du jour, par Coco (Libération)
Trump se prend pour le Christ, le Sauveur. Il a publié une image de lui-même, manifestement générée par une IA, dans laquelle il apparaît sous les traits d'une figure ressemblant à Jésus, semblant « guérir » un homme.
Source: The Guardian du 13-04-2026 Voir le dessin réalisé par Frédéric du Bus.
La Terre en feu au-dessus de la Lune
Et si on arrêtait d’être positif alors que la planète se réchauffe ?
Plutôt que de s’adapter à la norme du 'toujours rester positif', les climatologues ne devraient-ils pas oser dire ce qu’ils savent du réchauffement de notre climat ? À l’aide de la pensée grecque mais aussi de quelques philosophes contemporains, Matthieu Peltier, professeur d’éthique et de philosophie à l’EPHEC, invitait dans Week-end Première à cesser d’être positif en toutes circonstances et à nous confronter au réel pour nous mettre en action.
"La Nef des Fous" de Jérôme Bosch (Louvre) revisitée par Sean Delonas.
Y a-t-il un adulte dans le Bureau ovale ?
Il a mobilisé la force militaire la plus grande de l’histoire mondiale, perdu en une semaine une guerre face à une puissance moyenne, imploré le monde de le sauver, et demandé aux médias de mentir sur tout cela et tout le reste. J’essaye, mais à une échelle simplement humaine, je ne vois pas comment quelqu’un peut égaler la faiblesse surnaturelle de cet homme dans l’exercice de la force. Sa faiblesse est quelque chose de tellement négatif et si profondément gravitationnel qu’elle peut attirer un pays entier. Mais cela se produira seulement si nous échouons à voir tout cela. Seulement si nous le laissons faire.
Ces mots ont été postés ce mercredi par l’historien américain Timothy Snyder. Mais son bilan de l’action du président américain pourrait se résumer en une phrase : « Y a-t-il un adulte dans le Bureau ovale ? » Car Donald Trump stupéfie, mais désormais surtout effraye et fracasse le monde, qu’il entraîne dans son bourbier, et sa folie.
Voilà donc un homme qui, rompant toutes ses promesses, enlise l’Amérique dans une guerre mondialisée, qu’il aurait décidée sous influence israélienne, et de son propre aveu, sans connaître les ripostes potentielles d’un ennemi qui les a pourtant affichées, et avec des objectifs qui changent selon ses frustrations et ses revers – de plus en plus nombreux.
Voilà donc un homme qui menace ses alliés historiques – et pas qu’eux – d’une guerre commerciale, puis d’une guerre culturelle, quand ce n’est pas d’une invasion – le Groenland, pour rappel. Et les somme ensuite de venir à sa rescousse dans une guerre qui n’est pas la leur, qu’il a lancée sans les consulter et qui torpille leurs économies.
Voilà un homme qui se délecte en tirant des missiles sur le gaz et le pétrole iraniens, casse dans la foulée le modèle économique de ces pays du Golfe qui l’ont personnellement tant enrichi.
Un homme sans idéologie, sans principe, sans ligne directrice, qui « gouverne » le monde, un joystick dans une main, un index sur son smartphone et Netanyahu dans l’oreillette.
Auditionnée par la Commission des renseignements du Sénat américain sur les motifs de la démission de son plus proche conseiller qui a affirmé qu’aucune menace imminente iranienne ne menaçait les États-Unis, Tulsi Gabbard, la directrice du renseignement, a eu cette réponse, citée par le New York Times : « M. Trump parle souvent et sans détour, et pas toujours clairement et précisément, dès lors les évaluations du Renseignement vont presque inévitablement être en désaccord avec ce qu’il a dit. »
Voilà donc l’homme qui gère la première puissance mondiale et prend chaque minute des décisions qui boutent le feu au monde, sans aucune idée de comment en sortir.
Pendant ce temps, la Russie de Poutine s’enrichit, et la Chine dessine et conquiert le futur. Ces derniers temps, les Européens continuent, très heureusement, à opposer un non ferme et définitif aux dérives de la Maison-Blanche. Il n’y a pas d’alternative. Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef dans Le Soir
La guerre nonchalante dans La Tribune Dimanche, Paris