Enquête publique PLU de Gap
Le lundi 19 juin s’ouvrira l’enquête publique sur le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la ville de Gap.
Le maire de la ville a très peu communiqué sur le travail qu’il a effectué le rendant opaque.
Les Gapençaises et les Gapençais vont donc être amenés à se positionner sur des questions majeures qu’ils n’auront pas eu le temps d’étudier.
Sur l’ensemble du processus, Roger Didier a pêché sur la méthode en considérant que la constitution d’un PLU était une contrainte alors qu’elle est en réalité une véritable opportunité de repenser la ville, de la rendre plus dynamique, plus agréable à vivre pour tous.
Se plaçant dans la continuité du POS de 1995 qui visait à faire diminuer le prix de l’immobilier en augmentant les zones constructibles, il fait une erreur historique et va favoriser l’éclatement urbain alors que toutes les villes visent à éviter d’étendre leurs communes afin de favoriser l’environnement, la qualité de vie et le développement économique.
Sans stratégie de mobilité et de transports, circuler à Gap deviendra impossible.
Le maire prévoit l’arrivée d’ici 2032 de plus de 10 000 nouveaux habitants à Gap à travers la construction de 6200 logements supplémentaires. Des chiffres impressionnants s’il se révèlent vrais. Cela représente entre 7 000 et 10 000 nouveaux véhicules individuels potentiels dans la ville.
Pourtant, aucune stratégie de mobilité, de transports en commun ou de nouveaux accès n’est développée dans le document proposé par Roger Didier.
Chaque habitant connait comme moi les difficultés que nous rencontrons aujourd’hui pour circuler et se garer dans la ville. Elles pourraient augmenter de plus de 25% ces prochaines années sans que rien ne soit prévu par le Maire.
Un centre-ville en danger.
La superficie de Gap est égale à celle de la ville de Paris avec une population bien inférieure. L’éclatement de l’habitat aura donc pour conséquence d’éloigner toujours plus les Gapençaises et les Gapençais du commerce de centre-ville. A titre d’exemple, Roger Didier a prévu la possibilité de construire plus de 500 logements supplémentaires à Romette. Croyez-vous que ces nouveaux habitants viendront faire leurs achats au centre-ville ?
Tous les Plans Locaux d’Urbanisme imaginés dans les autres villes de France prévoient de densifier le coeur de ville et sa proche périphérie. Ici, le choix est totalement inverse. Le Maire a par exemple prévu un nouveau centre commercial aux Eyssagnières. Cela ne va pas dans le sens de la redynamisation du centre-ville.
En rendant ou en conservant de nombreux terrains constructibles dans des zones isolées et en ne menant pas une politique active de rénovation du centre-ville et des logements qui s’y trouvent, le maire risque d’inciter les locataires mais aussi ceux qui veulent accéder à la propriété à le quitter. Nous risquons donc de voir le centre se paupériser de manière importante avec pour conséquence la baisse de l’attractivité des logements. Roger Didier aurait dû depuis 2014 lancer un Plan Local de l’Habitat pour remédier à ces questions. Il n’en a rien été et c’est donc le centre-ville qui en souffrira.
La Mission Régionale d’Autorité environnementale (MRAe) indique dans son rapport en date du 27 avril 2017 que « le PLU ne tient pas compte de la vacance des logements. (…) Cette vacance, évaluée à 9% a augmenté ces dernières années et concerne environ 1950 logements, principalement des appartements ».
Il y aurait donc urgence à réduire la part des logements vacants en évitant la paupérisation d’une part importante du parc immobilier.
L’urbanisation au détriment de nos agriculteurs.
Le nombre d’exploitations agricoles diminue d’année en année. Alors qu’on en comptait 207 en 1988, il n’en reste que 85 aujourd’hui.
13 exploitations vont être directement impactées par le PLU. 313 hectares de terres agricoles sont menacés par l’étalement urbain voulu par le maire de Gap.
Les propositions de Roger Didier ne protègent pas nos agriculteurs déjà très en difficulté dans notre département.
Nous devons tout faire pour aider ceux qui représentent la 2ème source d’économie de notre territoire et les protéger contre l’urbanisation intensive.
La Commission Départementale de la Prévention des Espaces Naturels Agricoles et Forestiers a à ce titre demandé une réduction de 50 hectares des zones urbanisables situées sur des terres agricoles. Elle préconise également d’augmenter la densité sur les secteurs proches du centre-ville afin de limiter la consommation des terres.
L’étude environnementale adossée au PLU indiquait déjà que « le nouveau zonage ne permet pas l’économie réelle et concrète en terme de ressource espace.
Roger Didier en conscience fait donc le choix du sacrifice de terres agricoles pourtant indispensables.
Une urbanisation anarchique, sans stratégie, au détriment de l’environnement.
La MRAe parle d’ « un étalement urbain peu maitrisé » concernant la ville de Gap.
D’après elle, « aucune analyse de scénarios alternatifs ne permet de garantir que les choix retenus sont de moindre impact pour l’environnement. »
Elle s’inquiète « des impacts lourds sur la biodiversité et le paysage ».
Aucun inventaire floristique et faunistique, ni analyse des habitats naturels des secteurs susceptibles d’être affectés par la mise en oeuvre du PLU ne sont proposés par la commune. La MRAe estime que « l’extension conséquente de hameaux isolés en secteurs sensibles n’est pas suffisamment justifiée au regard de ses impacts potentiels sur l’environnement ».
Au-delà des effets néfastes induits par l’augmentation du nombre de véhicules et l’absence de plan de transports et de mobilité, ce PLU est à contresens de l’esprit de la lutte contre le réchauffement climatique et de la préservation de l’environnement.
La même étude environnementale indiquait : « vis-à-vis du zonage, le passage du POS au PLU n’apporte qu’une faible plus-value environnementale en termes de consommation d’espaces. » Le Maire avait donc conscience que son PLU ne répondait en rien aux problématiques environnementales.
Un atout majeur de Gap est sans doute ses paysages. Pourtant, en poursuivant cette logique d’éclatement, il met à mal la beauté de nos espaces naturels.
Deux exemples importants sur lesquels le maire devra revenir sont les zones urbanisables avec Orientations d’Aménagement et de Programmation (OAP) de Charance et de St Mens.
Au pré de la Danse, sur le domaine de Charance, dans une zone bien connue des Gapençais pour leurs promenades et loisirs, le maire prévoit la construction de 23 nouveaux logements ! La parcelle est située pour moitié en zone Natura 2000.
A St Mens, l’OAP prévoit 34 nouveaux logements dans une zone isolée, en plein milieu de la colline.
Ces deux cas montrent à quel point le maire ne porte que très peu d’intérêts à la préservation de nos espaces naturels et de nos paysages.
41 OAP sont inscrites dans le PLU posant plus ou moins de problèmes. La commission Départementale de la Nature, des Paysages et des Sites a déjà rendu un avis défavorable pour 4 d’entre-elles et de nombreux amendements sur les autres.
Espérons que le Maire en tienne compte.
La loi montagne lui impose de toute façon une continuité de l’urbanisation à l’inverse de ce qui est proposé dans ce PLU.
La MRAe cible 8 OAP pour lesquelles « la densité (…) en continuité de l’existant ou le long des axes stratégiques devrait être revue à la hausse ». 13 OAP présentent de forts enjeux en termes de biodiversité. Aucun élément sur ces impacts n’est fourni par la mairie.
Nous pourrons également nous étonner du classement en zone agricole ou en zone naturelle d’une grande partie de la future rocade (environ 95 hectares). Le bitume semble être pour le maire une zone particulièrement prisée de la faune et la flore de nos montagnes ! De là à y voir une façon habile de diminuer artificiellement la proportion de zones contructibles il n’y a qu’un pas.
Le déclassement de terrains publics à la faveur de propriétaires privés.
Faire payer tous les contribuables pour préserver le patrimoine de quelques uns, voici sans doute le prochain slogan de Roger Didier.
En effet, ce dernier a assumé publiquement lors du conseil municipal de présentation du PLU de déclasser en terrains agricoles des propriétés publiques de la mairie ou du Conseil départemental.
En agissant ainsi il diminue la somme des terrains constructibles sur l’ensemble de la ville, sans toucher au portefeuille de quelques heureux propriétaires.
Des terrains valant parfois plusieurs centaines de milliers d’euros vont donc considérablement perdre de la valeur et l’ensemble des contribuables se retrouveront ainsi lésés par le Maire de la ville.
Nous le constatons, le projet du Maire est une somme de mauvais choix ou de non-choix qui entament sérieusement l’avenir de notre ville.
Heureusement, dès 2020, la construction d’un Plan Local d’Urbanisme à l’échelle de l’intercommunalité deviendra obligatoire.
Une bonne manière pour le futur maire de Gap de revoir la copie de l’actuel.
En attendant, j’invite tous les Gapençais à venir s’exprimer lors de l’enquête publique sur la base des informations qu’ils pourront recueillir.
A travers les éléments apportés ici, je souhaitais pouvoir leur apporter quelques données factuelles dont ils pourront se saisir.
Je crois véritablement que nous aurions pu faire différemment si la constitution du PLU n’avait pas été considérée par Roger Didier comme une somme de contraintes supplémentaires.
Cette réflexion positive sur la ville et sur son avenir, je crois que les Gapençaises et les Gapençais veulent la mener car ils croient au potentiel de Gap. Nous sommes nombreux à présent à vouloir lui faire prendre le virage vers l’avenir et pour son développement.
C’est pour cela que je vais militer et travailler.