Le regard de la proie
J’ai ce regard de proie qui souille mes yeux,
Quand l’empreinte de ton poids me refuse ses adieux.
Une étrange certitude me nargue : tu ne te souviens pas de moi,
Alors que je tremble encore quand un homme s’assoit.
Ma mémoire a tant essayé de réécrire l’histoire
Pour ne plus voir de coupable en mon miroir.
Depuis, je cherche le livre où tout serait écrit :
Le pourquoi de mon silence, l’aveu de tes gestes interdits —
Ou mieux encore, un livre où l’encre n’aurait pas à couler,
Car aucune femme n’aurait de crime à dénoncer.
L’urgence naît des mots qui s’acharnent à nous cogner.
J’ai choisi de les écrire pour ne plus m’y noyer.







