C’est dans bientôt que le petit Singe pliera boutique, et qu’on s’en ira voir là-bas si on s’y trouve.
Photo : Hengki Koentjoro
Noah Kahan
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Not today Justin

bliss lane
Claire Keane
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❣ Chile in a Photography ❣
The Bowery Presents
EXPECTATIONS
Sade Olutola

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Monterey Bay Aquarium
Xuebing Du
cherry valley forever
Color Me Curious
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shark vs the universe
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@danielemomont
C’est dans bientôt que le petit Singe pliera boutique, et qu’on s’en ira voir là-bas si on s’y trouve.
Photo : Hengki Koentjoro
La mère condamnée certes, mais à quelle échéance ? à quand au juste l’expiration ? sa date ? C’est une adversité comme à rallonge, un continuel aguet, on va traquant au jour le jour les signes – et si cette mâchoire qui enfle un peu c’était… et pourquoi cette fatigue, l’âge oui mais si c’était… le dos perclus si c’était… et ces répétitions ce soir au téléphone, un AIT encore ? Un AVC ? Doit-on aspirer plutôt à la longueur de temps dont on devine le terme lourd, marmiteux ; ou bien la brusquerie un jour, le départ sec & courtement ? Quoi qu’il en soit il faut courre. Et c’est la valse à certain nombre de temps des examens, des analyses, l’affût encore, le qui-va-là vain. Ce vendredi c’est répit léger, répit petit. Succinct sursis. Cette bonace éphémère, cette bonace fugace je la salue – “Yes I know that one day I must die / I’m alive” – sobrement, bellement avec la suavité de CAETANO VELOSO, qui vient sur scène de retrouver après vingt ans GIL – que ces illustres tropicalistes accompagnent aussi vos bonaces, vos coups de mer – leur double album est fait pour tous nos temps.
GEORGES PERROS
« La discipline, c’est d’aimer ce qu’on aime. »
Photo : Buster Keaton par Robert Doisneau
Avec Joëlle Olivier
Photo : Martine Franck
★ ★ ★ ANDRÉ FRÉDÉRIQUE ★ ★ ★
« Veux-tu jouer à la pirouelle à la redouble au rat musqué veux-tu jouer à la sauguette au goligode au ziponblé veux-tu jouer au jeu de l’ange à l’œil-au-dos au mort parlant veux-tu jouer à cache-mésange à mouton-bêle à baille-au-vent veux-tu jouer à croque-au-sel au déserteur à la logorrhée veux-tu jouer à l’espincelle à tête d’or aux estropiés veux-tu jouer au jeu de l’hombre sur le mur blanc les mains croisées veux-tu jouer à compter le nombre des poissons-chats dans l’océan veux-tu jouer à la marelle au cervelas au pince-joue au tirela au caviar à poisse-Dudule au mirliton dans la pendule à la lutte jaune au ramagot à pousser grand-mère dans les lavabos à pince-mie et pince-moi en bateau à la paix royale au souci de sincérité à la chaude-meurotte au jeu des abbés à déformer le nom des ministres du culte veux-tu jouer à la bataille des tomates au pasteur protestant à la loupe à Tatate à Zaine Phozieux au riz-pain-sel au canard portugais à la marche en dentelle à la lanterne froide au pharmacien comique au domino sur glace à la pouille au chien de pique au hoquet chinois à l’over armstroke au loup garou au loup couché au loup vendu au vilbrequin à l’aromé au cadavre exquis au prote au touche-zizi à la veule au cornac à la pinacothèque à la petite marchande de canons au frotteur de parquets champion de bridge plafond au troume au solitaire à conazor à la soutane à la peau de cochon au dieu Frouda à la turidité au hussard de Bretagne à un jeu polonais trouvé par Sienkiewicz au pouce-cul au solfège aux deux soeurs de Barbaud à mirer les alouettes à la morve au farcin au mariage blanc au mariage vert à la guimauve au jeu des gâteaux à madame Room à l’officier prussien à l’eukonaze au bugle à l’enfant naturel au knout au saladier
— Non, j’aime mieux étudier. »
(« L'enfant boudeur »)
Photo : William Vanderson
L’Homo Bulla du mercredi
★ ★ ★ MARINA TSVÉTAÏÉVA ★ ★ ★
« D'un long mouvement, vous avez mis Votre main dans ma main, et, Tendrement, cette partie glacée S'est attardée entre mes doigts.
À demi couchée dans un fauteuil, Je tournais une bague sur mon doigt. Je regardais de côté et goûtais Par avance une altercation.
Vous avez pris une cigarette, Moi, j'ai frotté une allumette, Sans savoir ce que je ferais Si vous me regardiez en face.
Je me souviens – au-dessus du vase bleu – Du tintement de nos verres... “Oh, soyez mon Oreste !”, et Je vous donnais une fleur.
Cet éclair de vos yeux gris, et Vous avez sorti du sac de daim Noir, d'un geste long, un mouchoir, Et vous l'avez laissé tomber? »
(L'amie)
Illustration : Pierre Bonnard, Nu à contre-jour
Et donc, le lundi huit du deux de l’an seize.
(via GIPHY)
❇ ❇ ❇ JACQUES JOUET ❇ ❇ ❇ – poème de métro : "Faire coïncider un moment banal et un acte passionnel, écrire et écrire tous les jours, dans le compartiment, plutôt que du haut de la tour."
Illustration : Édouard Vuillard, Le wagon de métro, c. 1908-1909
La posture postère du vendredi
Photo : Marius Vieth
Francis Bacon - Two Figures at a Window (1953)
★ ★ ★ JULIO CORTÁZAR ★ ★ ★ "Et toi qui me lis tu croiras que j'invente ; ça ne fait rien, il y a longtemps qu'on met sur le compte de mon imagination ce que j'ai vécu et vice-versa." (Octaèdre)
★ ★ ★ JACQUES ROUBAUD ★ ★ ★
« Au début le soir interdisait bâillon jaune D'ampoules bues sur tous objets flore ou lingots Froids, fret des livres, vêtus, l'air, l'aigu, l'écho De la ruche nuit éclaboussant tes épaules
Au début tu ne fus que noire entrée arôme De cheveux sur le cuir orange griffé chaud Qu'yeux caressés, paisiblement arrêtés, rauque Voix et que bras, bruns mais ouverts blancs à la paume
Parfums tu fus et recueillais mes yeux sur toi Considérais ma bouche lente sur ton ventre Bougeant un peu, la nuit de pavot sous tes doigts
Tu rassemblais les crins d'or de notre rencontre Dans ton empire fait de beautés et d'alarmes Du désir qui l'assure et du plaisir qui l'arme »
(« Nue au fauteuil », in C et autre poésie, Éditions Nous, 2015)
Photo : Alix Cléo Roubaud
EMMANUEL DARLEY (1963-2016) « Comment dire ce que l’on écrit ? Pourquoi le dire puisqu’on l’a écrit ? Si on avait les mots pour le dire, on ne l’aurait pas écrit. Souvent c’est l’autre qui vient mettre le doigt sur ce que l’on écrit, qui vient expliquer ou du moins émettre des hypothèses là où simplement, instinctivement on a écrit. Écrire, le geste d’écrire, ce temps de mouvement après l’immobilité du doute, c’est comme colère ou rage, et le papier labouré sait de quoi il retourne. » (entretien avec Dominique Marin)
RAINER MARIA RILKE « Demandez-vous à l’heure la plus silencieuse de votre nuit : suis-je contraint d’écrire ? Creusez en vous-même jusqu’à trouver une réponse profonde. Et si elle devait être positive, s’il vous est permis de faire face à cette question sérieuse par un simple et fort “J’y suis contraint”, alors construisez votre vie en fonction de cette nécessité. » (Lettres à un jeune poète, lettre du 17 février 1903)
Illustration : Gerhard Richter, Matelots, 1966
ERNEST HEMINGWAY « Regardez le monde. Ne perdez pas votre temps. Écoutez la musique et regardez la peinture. Lisez sans cesse. Ne cherchez pas à vous expliquer. Écoutez votre bon plaisir. Taisez-vous. »
Photo : Belleville, vers 1952 © Keystone-France / Gamma-Keystone