10 000 cyclistes dans les rues de Londres
Ce samedi midi, malgré la pluie, dix mille vélos ont parcouru les rues de Londres pour exiger des rues plus sûres pour les cyclistes.
Les routes londoniennes sont particulièrement dangereuses pour les cyclistes et une grande campagne « London, Go Dutch » a pour but de rendre les rues de Londres aussi sûres et accueillantes que ne le sont les rues des Pays-Bas.
Cette campagne intervient à un moment crucial puisque il s'agit d'imposer la cyclabilité comme thème majeur de la campagne électorale actuelle pour l'élection du maire de Londres qui doit avoir lieu ce jeudi 3 mai.
Lors d'une réunion du Comité des Transports à la Chambre des Communes mardi dernier (24 avril) consacrée à la sécurité des cyclistes, les ministres concernés ont fait preuve d'une légèreté condamnable, allant jusqu'à insinuer que Londres n'a aucune leçon à recevoir des Pays-Bas puisque le nombre de cyclistes blessés par habitant en Grande-Bretagne est bien inférieur à celui des Pays-Bas. Affirmation ridicule puisqu'elle ne tient pas compte du nombre de cyclistes dans la population et des kilomètres parcourus. Comme expliqué sur ce blog, par kilomètres parcourus, le nombre de décès sur les routes britanniques est plus de deux fois supérieur à celui des Pays-Bas.
S'il y a moins de tués à vélo en Grande-Bretagne, ce n'est pas parce que les routes y sont plus sûres, mais au contraire parce qu'il n'y a pas beaucoup de cyclistes pour oser y braver le danger de la circulation. À la limite, si on utilise les statistiques comme Messieurs Penning et Baker (les deux ministres en question), on doit en arriver à conclure que la solution à l'insécurité des cyclistes consiste à... supprimer les déplacements à vélo.
Que peut-on espérer de ces ministres qui sont d'une bêtise abyssale ou d'une mauvaise fois crasse ? (Les deux possibilités n'étant malheureusement pas incompatibles.)
Malheureusement, il y a fort à craindre que cette Big Ride de ce samedi 28 avril, malgré sa mobilisation massive (chapeau aux organisateurs et aux Londoniens), devra être suivie de bien d'autres pour faire prendre consciences aux politiciens que beaucoup de citoyens veulent une autre mobilité... en toute sécurité.
Je crois qu'il y a encore beaucoup à faire. Si les pouvoirs publics encouragent et promeuvent des itinéraires cyclables comme les Ravel, je pense qu'ils restent dans une idée que le cyclisme est un loisir et ne prennent pas assez conscience qu'il doit participer à une autre mobilité. Pourtant il suffit de regarder autour de soi pour constater que des cyclistes quotidiens, il y en a !
Des efforts, certes insuffisants, sont faits dans des villes comme Liège ou Visé qui prouvent que les mentalités évoluent. Malheureusement les déplacements entre communes restent le parent pauvre. Comment se fait-il que des routes récemment rénovées ne comprennent aucun aménagement pour les cyclistes et les piétons ? Les routes hors agglomération restent excessivement dangereuses pour tout déplacement non motorisé.
Il existe pourtant parfois des solutions simples et peu coûteuses. Dans la commune d'Oupeye, de nombreux chemins de remembrement permettent aux cyclistes de passer d'un village à l'autre. En principe ces chemins sont sûrs car officiellement interdits au trafic automobile. Hélas l'incivisme des automobilistes n'est plus à démontrer et ils empruntent à grande vitesse ces chemins (qui constituent parfois des raccourcis ridicules leur faisant gagner à peine quelques secondes sur l'itinéraire autorisé). Qu'attendent les autorités de la commune pour installer des obstacles physiques empêchant le passage de ces voitures ? La commune d'Oupeye est plutôt volontariste (trottoirs, suls, balades cyclistes balisées) mais, hélas, les moyens pour obliger les automobilistes à respecter le code de la route ne suivent pas.
Nous aussi nous devons exiger de nos politiques de mettre en place les conditions permettant une autre mobilité. Une révolution des mentalités...