A Day in Santa Fe, Lynn Riggs & James Hughes, 1931.
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PUT YOUR BEARD IN MY MOUTH

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@ellebannapacha
A Day in Santa Fe, Lynn Riggs & James Hughes, 1931.
L’insomnie est faite de la conscience que cela ne finira jamais, c’est-à-dire qu’il n’a aucun moyen de se retirer de la vigilance à laquelle on est tenu. Vigilance sans aucun but. Au moment où on y est rivé, on a perdu toute notion de son point de départ ou de son point d’arrivée. Le présent, soudé au passé, est tout entier héritage de ce passé ; il ne renouvelle rien. C’est toujours le même présent ou le même passé qui dure. Un souvenir — ce serait déjà une libération à l’égard de ce passé. Ici le temps ne part de nulle part, rien ne s’éloigne ni ne s’estompe. Seuls les bruits extérieurs qui peuvent marquer l’insomnie, introduisent des commencements dans cette situation sans commencement ni fin, dans cette immortalité à laquelle on ne peut pas échapper, toute semblable à l’il y a, à l’existence impersonnelle. Vigilance, sans refuge d’inconscience, sans possibilité de se retirer dans le sommeil comme dans un domaine privé. Cet exister n’est pas un en-soi, lequel est déjà la paix ; il est précisément absence de tout soi, un sans-soi.
Ma solitude irrévocable était si prochaine qu’elle me semblait déjà commencée et totale. Car je me sentais seul. Les choses m’étaient devenues étrangères, je n’avais plus assez de calme pour sortir de mon cœur palpitant et introduire en elles quelque stabilité. La ville que j’avais devant moi avait cessé d’être Venise. Sa personnalité, son nom, me semblaient comme des fictions menteuses que je n’avais plus le courage d’inculquer aux pierres. Les palais m’apparaissaient réduits à leurs simples parties et quantités de marbre pareil à tout autre, et l’eau comme une combinaison d’hydrogène et d’azote, éternelle, aveugle, antérieure et extérieure à Venise, ignorante des doges et de Turner. Et cependant ce lieu quelconque était étrange comme un lieu où on vient d’arriver, qui ne vous connaît pas encore, comme un lieu où l’on est parti et qui vous a déjà oublié. Je ne pouvais plus rien lui dire de moi, je ne pouvais rien laisser de moi, il me laissait contracté, je n’étais plus qu’un cœur qui battait et qu’une attention suivant anxieusement le développement de Sole mio.
Marcel Proust, Albertine disparue
(La Souterraine)
Par une autre réaction, si (bien que ce fût la distraction — le désir de Mlle dʼÉporcheville — qui mʼeût rendu tout dʼun coup lʼoubli effectif et sensible) il reste que cʼest le temps qui amène progressivement lʼoubli, lʼoubli nʼest pas sans altérer progressivement la notion du temps. Il y a des erreurs dʼoptique dans le temps comme dans lʼespace. La persistance en moi dʼune velléité ancienne de travailler, de réparer le temps perdu, de changer de vie, ou plutôt de commencer à vivre, me donnait lʼillusion que jʼétais toujours aussi jeune ; pourtant le souvenir de tous les événements qui sʼétaient succédé dans ma vie — et aussi ceux qui sʼétaient succédé dans mon cœur, car, quand on a beaucoup changé, on est induit à supposer quʼon a plus longtemps vécu — au cours de ces derniers mois de lʼexistence dʼAlbertine, me les avait fait paraître beaucoup plus longs quʼune année, et maintenant cet oubli de tant de choses, me séparant par des espaces vides, dʼévénements tout récents quʼils me faisaient paraître anciens puisque jʼavais eu ce quʼon appelle « le temps » de les oublier, cʼétait son interpolation, fragmentée, irrégulière, au milieu de ma mémoire — comme une brume épaisse sur lʼocéan, et qui supprime les points de repère des choses — qui détraquait, disloquait mon sentiment des distances dans le temps, là rétrécies, ici distendues, et me faisait me croire tantôt beaucoup plus loin, tantôt beaucoup plus près des choses que je ne lʼétais en réalité. Et comme dans les nouveaux espaces, encore non parcourus, qui sʼétendaient devant moi, il nʼy aurait pas plus de traces de mon amour pour Albertine quʼil nʼy en avait eu dans les temps perdus que je venais de traverser, de mon amour pour ma grand-mère, offrant une succession de périodes sous lesquelles, après un certain intervalle, rien de ce qui soutenait la précédente ne subsistait plus dans celle qui la suivait, ma vie mʼapparut comme quelque chose dʼaussi dépourvu du support dʼun moi individuel identique et permanent, quelque chose dʼaussi inutile dans lʼavenir que long dans le passé, quelque chose que la mort pourrait aussi bien terminer ici ou là, sans nullement le conclure, que ces cours dʼhistoire de France quʼen rhétorique on arrête indifféremment, selon la fantaisie des programmes ou des professeurs à la Révolution de 1830, à celle de 1848, ou à la fin du Second Empire. Peut-être alors la fatigue et la tristesse que je ressentis vinrent-elles moins dʼavoir aimé inutilement ce que déjà jʼoubliais, que de commencer à me plaire avec de nouveaux vivants, de purs gens du monde, de simples amis des Guermantes, si peu intéressants par eux-mêmes. Je me consolais peut-être plus aisément de constater que celle que jʼavais aimée nʼétait plus au bout dʼun certain temps quʼun pâle souvenir que de retrouver en moi cette vaine activité qui nous fait perdre le temps à tapisser notre vie dʼune végétation vivace mais parasite, qui deviendra le néant aussi quand elle sera morte, qui déjà est étrangère à tout ce que nous avons connu et à laquelle pourtant cherche à plaire notre sénilité bavarde, mélancolique et coquette.
Albertine disparue
Long, long before Victorians popularized the Xmas tree—the ancient Greeks considered pine trees as sacred to Attis the god of flora and Cybele the Earth goddess. The Greeks were said to decorate their trees with small silver trinkets as a symbol of rebirth and renewal—which was similar to how the ancient Egyptians viewed their palm trees, using palm leaves to decorate their homes as as “sign of resurrection.”
Then there were the Romans who associated evergreens with the return of the sun during their festivities for Saturnalia during December—a period of gift giving, feasting and human sacrifice. The Romans decorated their “trees with bits of metal and replicas of their god, Bacchus [a fertility god]. They also placed 12 candles on the tree in honor of their sun god.”
The evergreen fir tree was seen as a highly potent phallic symbol for continuing fertility during the winter solstice—symbolizing the soon approaching Spring and the birth of new life.
(http://dangerousminds.net/comments/vintage_photographs_of_women_posing_with_their_pagan_fertility_symbol)
Murs, ville, Et port, Asile De mort, Mer grise Où brise La brise, Tout dort. Dans la plaine Naît un bruit. C'est l'haleine De la nuit. Elle brame Comme une âme Qu'une flamme Toujours suit ! La voix plus haute Semble un grelot. D'un nain qui saute C'est le galop. Il fuit, s'élance, Puis en cadence Sur un pied danse Au bout d'un flot. La rumeur approche. L'écho la redit. C'est comme la cloche D'un couvent maudit ; Comme un bruit de foule, Qui tonne et qui roule, Et tantôt s'écroule, Et tantôt grandit, Dieu ! la voix sépulcrale Des Djinns !... Quel bruit ils font ! Fuyons sous la spirale De l'escalier profond. Déjà s'éteint ma lampe, Et l'ombre de la rampe, Qui le long du mur rampe, Monte jusqu'au plafond.