C'est amusant. Je viens de relire ma dernière entrée. Je me souviens assez bien du jour où je l'ai rédigée.
Il ne faisait pas particulièrement beau, mais la fraîcheur était agréable et la luminosité suffisante pour que l'ambiance ne soit pas déprimante.
J'avais, l'après midi, rendez vous avec un garçon. Cela faisait des mois, années, que ça n'était pas arrivé. En faute mon manque de mobilité, mon manque d'intérêt pour la gente masculine réelle, et probablement une assez grande dose d'anxiété. Et la flemme... Évidemment.
Il est difficile de s'imaginer créer une relation de toutes pièces après autant de temps passée seule. Et puis, recréer ? Pourquoi faire ? Pourquoi investir du temps et de l'énergie dans des moments avec un inconnu pour finalement se rendre compte que ça ne collera probablement pas.
Et c'est pas si faux. Le courant ne passe que rarement avec ces messieurs, notamment sur les applications de rencontres. Il y a toujours cette désagréable sensation de devoir faire semblant, de prétendre. Je ne parle pas de quelque chose que je m'impose, mais de quelque chose qui se fait tout seul. Le masque s'affiche automatiquement, et je détecte qu'en face, c'est le cas aussi. Paraître. Je ne vois pas en quoi on passe un bon moment quand on paraît et espère que ça passe..
Bref. Le jour du rêve avec G, j'avais un rendez vous. Et j'étais assez anxieuse. Impossible de savoir à l'avance comment les choses allaient se dérouler. Allais je lui plaire ? Allait il me plaire ? Allais je me retrouver coincée dans une entrevue désagréable et interminable ? Allais je devoir imaginer mille stratagèmes pour m'extirper de cette situation ?
Je n'aimais pas cette idée. Mais me suis efforcée de prévoir quand même ce rendez vous. Après tout, il n'habitait pas tres loin, je pouvais donc me rendre à pieds sur le lieu choisi, et rester maître de l'heure de mon départ, ne dépendant que de moi pour rentrer chez moi. Il était geek, grand, et avec des cheveux. Il méritait une petite chance. Et de toutes façons, j'étais assez seule pour me dire que la compagnie me divertirait.
Et il a fallu que je rêve de G ce matin-là. Cela m'est apparu comme ué catastrophe. Mon coeur était encore imprégné de la marque onirique qu'il avait laissé. Sa douceur irréelle me manquait au réveil, et je n'avais donc que lui en tête. Cet autre garçon n'avait plus vraiment d'importance, et je me suis demandée comment allait bien pouvoir se passer une rencontre alors que j'ai quelqu'un d'autre à l'esprit !
Et en même temps cela ne me stressait que peu en fait. G avait toute mon attention, et le garçon reél l'avait perdu. Cela a peut être joué en sa faveur finalement. Comment être plus détendue que quand on ne pense pas avoir grand chose à perdre ?
Je m'en fichais de lui plaire, la manière dont j'avais organisé les choses m'assuraient que tout cela ne durerait qu'une heure ou deux. Je n'aurais pas été coincée longtemps. Il était largement possible de feindre durant tout l'échange si besoin.
Ça ne s'est pas passé comme ça.
Le ressenti que je garde en tête, c'est le même que celui que j'ai eu lorsque j'ai rencontré le compagne d'un bon ami. J'avais cette crainte qu'on ne s'apprécie pas de la même manière, qu'elle puisse se retrouver jalouse de ma proximité avec son chéri, ce qui aurait été légitime.
Mais lorsque nos regards se sont croisés pour la première fois, et qu'on s'est souri, j'ai su que ça irait.
Ce monsieur m'a fait la même sensation. Il est sorti de sa voiture, il était vraiment grand, il n'avait pas menti. Les salutations ont été naturelles, bien que je n'aime plus faire la bise. Et puis en fait, tout était facile.
Je n'ai pas pensé une seule fois à G de l'après midi. Et mieux, j'avais envie de le revoir vite. Ce qui n'est jamais arrivé avant.
J'avais passé un bon moment ? J'avais envie que ça continue ? Éberluée. Incompréhensible pour moi. J'ai eu du mal à penser que c'était possible.
Je l'ai toujours en fait. C'est un peu trop facile ?
Enfin non pas trop, puisque ce n'est pas dans l'excès finalement.

















