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Last Tango in November by KENNETH BARKER Via Flickr: PRESS ON
Andrei Tarkovsky, still from Nostalghia, 1983
Rite de danse.
Rite d'extase.
Rite d'oubli.
Rite miroir.
​Dans tes bras trop minces, j'abandonne mes armes.
​Et me baisse, à hauteur de tes baisers humides.​
Près du coffre ancien,
oĂą, sous un drap de velours,
j'entrevois une toison secrète.
​Les immenses rivages des océans nocturnes, chargés de nuages, tendres et ivres de lune.
​Les étoiles sont des oiseaux de mer, des trésors de diamants.​
Caressées par le vent.
Dans l'obscurité d'une boîte.
Caché.​
Au château d'un géant.
Amène-moi au creux de ta paume. Sinon,
ne fais rien.
Amène-moi au sommet des montagnes. Sinon,
ne marche pas.
Va en avant depuis l'abysse.
Trace une ligne droite,
vers le soleil aveuglant.
Et
comme le serpent, rampe,
avance.
Mange la poussière,
le désespoir de ton songe.
Frotte-toi à l'écume de la terre. Soulève sable et scories sur ton passage.
Rampe vers le ciel.
Ouvre ton cœur à ta misère éternelle.
Chéris-la.
Et n'oublie pas.
Sinon, rien.
Kali Malone
From Australian industrial band SPK (Sozialistisches Patienten Kollektiv). Their 1982 album Leichenschrei was a high-water mark for industrial music. This track, Genetic Transmission, combines atmospheric industrial textures with a calm, detached spoken-word performance.
Élyséum
Ô puissance de l’aurore éternelle !
Je m’enivre d’ombres et d’oubli.
Étrange ombilic du vide,
Ulysse loin du monde,
J’entends ton chant éventré,
qui suffoque, immobile.
Rayon de pierre au centre du monde,
tu psalmodies, souffle aux lèvres d’écailles endormies,
aussi intense que mes soupirs.
Sans espoir de rejoindre les miens, le visage mince,
les insectes nocturnes courent Ă moi, stridulant.
Chants dans l’éther, avides,
sous la surface du monde.
Parfait.
Encore vierge, ta lumière aveuglante,
grouillant telle l’obscure liqueur de l’extase.
Ici gît le corps et l’âme ensevelis
de celui qui regarde ailleurs.
Par-delĂ les soleils,
au-delĂ de la vie,
oiseaux écarlates, cigognes d’or,
murmure chatoyant dans un gouffre brillant,
au solstice de l’âme.
le vide
Je suis arrivé au bord du monde. Marcheur de l'au-delà . Infini lecteur. Sur ma main naissent des fleurs, comme autant d'étoiles qui s'envolent, calmes comme le sourire des anges. Discret voyageur, mon frère. Toi qui connais le secret de la sombre terre. Emmène-moi avec toi, sur tes ailes. Fragile fragment d'éternité. Sans un regard sur l'abîme. Traversons sur un souffle tant de lieux que nous ne pourrons jamais visiter. Sous un millier de regards, errants depuis le ciel nocturne. Roulants, humides et blancs.
​Nous renaîtrons ensemble.
​Au coin de mes lèvres
Le silence de la vie, comme le tonnerre qui gronde.
Un serpent dans le ciel immense.
Rampant fatalement sur la nuit douce et suave.
cavalcade
Les images du songe se superposent au présent.
Incertaine lumière de l'aube.
Elles avancent et parlent d'une voix pâle et sans âge.​
Mille ans ont passé depuis la dernière nuit où je t'ai vu.
​Sur le sillage de l'océan, face aux vagues, nulle lumière n'efface sur l'eau, le miroir dansant de l'écume.​
Froide et bleue, la mer et le ciel s'oublient l'un l'autre un peu plus chaque jour.​
Désunis et pourtant calmes et tranquilles.​Ignorants et silencieux.
Descendre au fond des choses, comme dans un puits. Y trouver l’eau et les ténèbres, les pierres humides, et la fraîcheur calme, tranquille, de la solitude. Uni au monde, il n’est point d’absence — seulement le présent.
Un millier de mondes en collisions. Sur le rebord d'une fenĂŞtre, aux portes d'un champ infini. Ils me regardent et je les regarde.