Les MaisonneuvienNEs jouent les trouble-fêtes
À la FASSÉ, c’est bien connu, nous n’en sommes pas à unE militantE-arrogantE-qui-croit-avoir-vu-la-lumière-et-que-tout-le-reste-du-monde-est-un-traître près. Cette semaine, c’est collectivement la SOGÉÉCOM (l’association du Cégep de Maisonneuve, à Montréal) qui joue le rôle du trouble-fête, avec un texte envoyé mardi sur la liste de diffusion [F]ASSE-support. Dans ce texte, les membres de la FASSÉ sont notamment accuséEs d’être pas très travaillantEs…
À la FASSÉ, nous croyons évidemment que les militantEs de Maisonneuve n’ont rien compris et se comportent en trotskystes, les traditionnelLEs ennemiEs du peuple™. Nous prenons donc sur nous de leur expliquer.
Beaucoup d’instances, pas de militantEs
Selon la SOGÉÉCOM, la FASSÉ s’est doté de plusieurs instances de contrôle où personne ne se pointent, et plusieurs documents de reddition de compte, que personne ne lit. Comme indicateurs de cette désaffection, on note dans leur texte que le fait que le Conseil régional de [la F]ASSÉ à Montréal a « de la difficulté à se tenir », la faible participation à la « mascarade » du 7 octobre (tsé, la manifestation nationale de 40 personnes, là ? Vous vous en rappelez ? Ouais, nous non plus), et le fait que les gens commencent à lire les documents seulement en instance.
À la FASSÉ, nous croyons que les critiques de Maisonneuve sont déplacées, et de mauvaise foi. Si les militantEs ne se plient pas à la structure bureaucratique de l’ASSÉ, s'ilEs ne lisent pas les documents, ne participent pas aux manifestations, c’est avant tout parce qu’ilEs sont bien trop occupéEs par toute la Révolution™, l’action directe™ et, globalement, l’éducation du peuple™ qui a cours en ce moment. Tout cela n’a aucun lien avec le fait que c’est difficile de se lever le matin, ou que boire de la bière et faire chier la planète, c’est plus le fun.
Le gros mensonge de l’automne chaud
Un exécutif a été passé au pilori l’an dernier pour avoir osé recommander un repli stratégique™. C’était de l’ingérence™, que les membres de la FASSÉ disaient. Il fallait les laisser se mobiliser en paix. Une fois tout le drame – et la grève du printemps – passé, la FASSÉ promettait un « automne chaud ».
Il semblerait que les gens qui constatent une diminution continue du mercure ces temps-ci ne rêvent pas. Voici comment les gens de Maisonneuve paraphrasent les débats sur le plan d’action à la FASSÉ :
« […] réfléchir à un plan d’action, ce n’est pas seulement prendre le pouls des membres de son association ou de la mobilisation sur son campus et se dire : « voilà, à première vue, chez nous, il ne se passe pas grand-chose et nous attendrons donc de voir ce que font les autres associations ou les syndicats pour suivre. »
La FASSÉ tient à dénoncer les propos de Maisonneuve, de même que le long et trop plate pour être cité passage suivant qui suppose que les éluEs devraient jouer un rôle proactif. Afin de respecter nos principes d’action bottom-up, il est primordial que les éluEs ne fassent strictement rien. Si ces gens-là voulaient avoir la possibilité de faire quelque chose pour vrai, ils iraient dans les comités de mob… D’ailleurs, dans cet ordre d’idée :
« […] des associations qui ont voté en faveur du plan d’action, sans le mettre en branle au local, perçoivent comme de l’ingérence de l’équipe nationale les suivis effectués ou l’aide proposée […] »
Les exécutantEs du national sont, c’est bien connu, des empêcheurEs de ne rien faire tourner en rond, et ne sont pas les bienvenuEs sur les campus…
Néanmoins, c’est dans ce passage que la SOGÉÉCOM semble indiquer que toutes les communications et tous les discours grandiloquents de la FASSÉ sont, en fait, un grossier mensonge :
« […] la proposition de plan d’action qui invitait notamment à poursuivre la campagne de GGI a été adoptée à 43 pour, aucun contre et 20 abstentions. […] Or, sur les associations qui ont voté en faveur, plusieurs assumaient le jour même qu’elles ne suivraient pas vraiment ce plan d’action sur leur campus. Aussi, force est de constater que moins de cinq associations parlent explicitement de GGI à date […] »
Nous dénonçons également les propos de la SOGE concernant les syndicats :
« […] en faisant planer la menace de moyens de pression qui ne correspondent pas à la réalité […] C’est risquer aussi de reproduire cette sorte de mise en spectacle de la contestation que nous dénonçons souvent chez les grandes centrales syndicales, où les moyens de pression annoncés sont une sorte d’image, de balloune, qui se dégonfle si on s’approche un tant soit peu de la réalité de la mobilisation sur le terrain. »
L’ensemble de la stratégie contre l’austérité™ de la FASSÉ repose sur le fait de resquiller les moyens de pression du secteur public. Les insulter risque de compliquer les choses qui sont, comme nous le constatons, déjà plutôt compliquées.
La SOGÉÉCOM : une démocratie directe™ adéquatement contrôlée
Si les constats de la SOGÉÉCOM sont plutôt subversifs, leurs solutions, elles, sont réellement innovante :
« Rompre avec une conception de la démocratie directe qui nous paralyse »
Pour Maisonneuve, le rôle des éluEs est non seulement d’être responsables devant les assemblées générales « ou le Congrès, pour l’équipe nationale », mais également « de s’assurer que leur association respecte les buts et les principes sur lesquels elle se fonde. »
Pour la SOGÉÉCOM, c’est donc le rôle des éluEs d’agir comme commissaire du peuple et s’assurer que le peuple ne se met pas à être en désaccord avec l’avant-garde éclairée™. À la FASSÉ, c’est une idée qui nous plaît. Nous avons toujours voulu avoir notre propre goulag où envoyer des gens.
« Face à [plein de choses scandaleuses], nous n’avons pas besoin de mandats pour lancer des campagnes de mobilisation et d’information larges et continues sur ces attaques et sur les possibilités de lutte qui s’offrent aux étudiant-e-s : c’est notre devoir de le faire! »
Idée intéressante, camarades™, mais nous ne sommes pas convaincus : si nous perdons le mandat-shaming des autres associations étudiantes, nous perdons les trois quarts de notre discours. Qu’allons-nous dire et faire avec tout ce temps libre ??
En conclusion : la SOGE n’a rien compris
En général, la FASSÉ est d’avis que, même si le texte de la SOGÉÉCOM apporte l’idée intéressante de constituer les exécutifs en police politique, le texte démontre surtout une chose, illustrée par ce passage :
« [la F]ASSÉ n’est pas une bureaucratie que l’on fait vivre pour le plaisir des structures! »
Les gens de Maisonneuve n’ont vraiment rien compris…
Merci à unE collaborateurE pour l’envoie du texte-source de cet article. Pour faire comme luiE, vous pouvez écrire à [email protected].