...je veux connaitre le suite !
J'ai découvert le travail de Camille Broutin en me plongeant dans la saga des Filles uniques qui était excellente autant en terme de contenu (le scénario était de Béka) que des illustrations (de Camille Broutin, donc). (série à mettre entre les mains de toustes les ados)
Et puis en me tournant vers ses réseaux sociaux, j'ai vu qu'elle était sur un projet de manga en 4 tomes : YON. Je vous parle de ça aujourd'hui !
Dans YON, on se trouve dans une sorte d'école/pensionnat pour filles, situé sur une plaine aride sans rien autour, et protégé par des barbelés. On suit une élève en particulier, Margot, qui s'isole beaucoup des autres et le vit bien comme ça.
Sauf que... le Phénomène est une menace qui pèse sur ce lieu et qui est présent dans les esprits de tout le monde. En tant que lectrice, on ne sait rien de ce qu'il recouvre, simplement que c'est quelque chose de mortel et dont il faut à tout prix fuir.
Une aprem où Margot se balade dans des locaux normalement interdits aux élèves, l'alarme avertissant le Phénomène retenti. Elle a 3 minutes pour rejoindre la sortie, mais elle est trop loin et n'arrive pas à temps pour quitter les lieux.
Margot se croit seule, mais en réalité, nombreuses sont les élèves qui n'ont pas pu partir à temps. Le Phénomène commence. Accompagnée par la fille du directeur qui semble posséder un don pour repousser le Phénomène, Margot arpente le pensionnat pour rassembler les élèves et essayer de tenir pendant 1 mois.
J'ai lu les 2 premiers tomes mais je vais essayer de ne pas vous spoiler plus que ce résumé.
Je vais plutôt me tourner vers les thèmes abordés par ce manga.
Les classes sociales : Il y a une hierarchie installée depuis longtemps entre les niveaux et au sein même des niveaux. Cette hierarchie dépend de la richesse des familles dont sont originaires les adolescentes. à leur entrée au pensionnat, les élèves doivent donner tous leurs effets personnels... sauf si elles viennent d'une famille bien placée. Ce qui crée bien sûr des tensions parmi les adolescentes qui se sentent lésées.
Un cast entièrement féminin : étant dans un pensionnat pour filles, à part quelques adultes que nous apercevons brièvement au début de l'intrigue, il n'y a aucun homme présent dans cette histoire. Et c'est vraiment rafraichissant. ça donne tout de suite une agentivité reélle aux personnages : elles vont devoir gérer seules la situation, s'organiser, régler entre elles les conflits éventuels. Mais aussi, il n'y a pas de regard masculin sur ces personnages, un regard qui amoindrirait leurs compétences, les questionnerait, ou même sexualiserait leurs corps. Non, ça n'a pas lieu. Et même en tant que lectrice, le regard qu'on nous propose n'est pas un regard masculin sur un groupe d'adolescentes en détresse. Et l'absence de ce regard donne de l'espace pour tout le reste <3
Des personnages qui ne sont pas parfaits : mais complexes car humaines. Ce n'est pas parce qu'on correspond à l'image de l'adolescente bien sous tous rapports qu'on représente la bienveillance, le care et le sacrifice de soi, et c'est cette friction entre attente et réalité qui créé un intérêt pour les personnages de YON. Leurs actions sont parfois incompréhensibles pour nous mais lorsqu'on est confronté à un flashback, on les comprend mieux. Les personnages sont fortes, vicieuses, capricieuses, effrayées, calculatrices, mutiques, dans leurs bulle... elles ont des qualités et des faiblesses.
Mystère et surnaturel : le Phénomène est un événement très étrange, présenté comme effrayant et pourtant, à première vue, il semble complètement inoffensif. C'est très progressivement qu'on réalise la dangerosité qu'il représente pour les personnages, jusqu'à un moment critique dans le tome 2. Ce Phénomène est inexpliqué et surnaturel, et pourtant, une solution semble être trouvée pour s'en protéger. Elle vient d'un personnage qui ne s'exprime jamais avec des mots : un symbole de sagesse ? d'innocence ?
Aussi, le traitement scénaristique du Phénomène est assez intéressant. En tant que lectrices, nous sommes les seules à découvrir pour la première fois le Phénomène. Les élèves du pensionnat le connaissent et en ont déjà peur. Quand Margot n'arrive pas à temps, on a du mal à comprendre la gravité de cette situation. Mais toutes les personnages, elle incluse, sont terrifiées à l'idée de devoir rester pour lutter contre le Phénomène. Nous sommes extérieures à ce vécu. La seule chose qu'on découvre avec les personnages c'est l'éventuelle solution pour s'en protéger.
J'ai hâte de découvrir les prochain tomes.
Si vous avez lu Yon, vous en avez pensé quoi ?