Art & Fleurs : “Demain il fera beau”, le monde fleuri d’après-guerre d’Henry Darger
Rendez-vous artistique incontournable actuellement au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, « Henry Darger, 1892-1973 » est une exploration au cœur du cerveau malade d’un solitaire de génie, là où petites filles et dragons s'entrecroisent et où des adultes massacrent des enfants. Le résultat est un portrait coloré et atypique de l'Amérique du XXe siècle.
Henry Darger est un Américain de Chicago, un enfant orphelin de mère à 4 ans, vite abandonné par son père à un foyer où les faibles d'esprit côtoient les voyous. La violence qu’il a connu dans ce foyer, notamment sexuelle, est en filigrane de ces tableaux vivants où les fillettes nues ont des sexes de garçonnets, où les adultes malfaisants sont toujours des hommes, militaires et barbus, virils et en uniformes à double rangée de boutons comme l'armée sudiste de la guerre de Sécession (une de ses obsessions et source réitérée d'inspiration graphique).
Henry Darger (1892-1973), homme marginal et solitaire, devenu une figure de l'art brut, a réalisé dans le plus grand secret, une œuvre singulière, extrêmement imaginative, entre histoire et culture populaire, découverte au moment de sa mort par Nthan Lerner. Toute sa vie, Henry Darger produit en secret une oeuvre littéraire et picturale d’une ampleur exceptionnelle : un roman de plus de 15 143 pages appelé The Story of the Vivian Girls, in What is known as the Realms of the Unreal, of the Glandeco-Angelinnian War Storm, Caused by the Child Slave Rebellion.
Cette épopée relate l’histoire d’une guerre sans fin ayant pour origine la rébellion des enfants opprimés par le peuple des Glandéliniens. Une révolte soutenue par les Angéliniens, dont les aventures des héroïnes les Vivian Girls, sept petites filles, sont au coeur du roman.
Dans les années 1940, les scènes deviennent insoutenables : les enfants innocents sont massacrés, crucifiés, étranglés et ce sont des amas de corps nus éviscérés au sol, quand ils ne sont pas suspendus, sanguinolents, la langue pendante...
mais avec www.flowerness.fr nous avons décidé de ne pas montrer cet épisode pour mettre le focus sur la période d’apres-guerre de la grande saga d’Henry Darger...
Les dernières années, l’oeuvre de Darger se fait moins narratives, le texte disparaît et l'ensemble s'apaise soudain. La guerre n'est plus qu'un souvenir, qui nous est rappelé par des statues commémoratives. Les fillettes, revenues à une vie d'enfant, évoluent dans des paysages peuplés papillons et de mille fleurs que Henry Darger a décalquées dans des catalogues de vente de plantes.
ici tout est trés bien dit par Philippe Cohen-Solal : http://www.telerama.fr/scenes/visite-guidee-henry-darger-monstre-de-l-art-brut-au-musee-d-art-moderne-de-paris,127861.php
cet univers bucolique nous inspire dans nos compositions à retrouver sur www.flowerness.fr
Jusqu’au 11 octobre 2015 au MAM -http://www.mam.paris.fr/fr/expositions/exposition-henry-darger