Chapitre second
-      Peut-on savoir ce que deux rats font dans la cabine de ma capitaine ?
 Mako se tourna vers son frÚre avec un regard accusateur pour lui faire comprendre que tout cela était de sa faute. Ce dernier lui répondit par un haussement d'épaule assez désinvolte. AprÚs cette séquence, les deux frÚres eurent une conversation télépathique. Rien qu'en se regardant, ils arrivaient à savoir ce que pensait l'autre. AprÚs une approbation de la part de Mako, Sidka saisit l'une des boules fumigÚnes qu'il portait à sa ceinture. Il la lança au sol pour la faire exploser et ainsi créer un écran de fumé. Mako profita de la désorientation d'Akira pour l'attraper par la taille et il l'expulsa à l'extérieur de la cabine. Ils atterrirent sur le pont, au milieu d'une bande de Snaps étonnés de voir qu'il pleuvait des hommes. Quand Akira se releva, il alla directement faire son rapport à Abby pour lui faire part de la situation. Ayant prit connaissance des événements, Abby ordonna.
 -      Occupez-vous de lui ! Je vais me charger personnellement de l'autre clown.
 L'équipage de Snaps regarda Mako comme si c'était du gibier et qu'ils n'avaient pas mangé depuis quinze jours. Sans réfléchir, ils se jetÚrent tous sur lui. Mako dégaina son sabre et se débarrassa aisément de cette bande d'idiot ivre mort. Il ne restait plus qu'Akira qui se tenait encore debout. Entre temps, il avait attrapé sa lance, arme qu'il maniait comme personne. Il mit en garde son adversaire puis livra la premiÚre offensive. Mako réussit à bien bloquer son attaque. Il voulut attaquer à son tour, mais Akira était rapide et il lui asséna encore une autre attaque.
Au fur et à mesure qu'Akira attaquait, sans lui laisser le temps de répliquer, Mako s'essoufflait. Son adversaire semblait encore en pleine forme malgré la force qu'il mettait dans ses offensives. Mako se risqua à lui dire.
 -      Tu te défens plutÎt bien pour un Snaps. Tu n'agis pas de maniÚre idiote.
-      C'est tout bĂȘtement parce que je ne suis pas un membre de cette communautĂ© d'idiots profonds. J'aurais jurĂ© que tu l'avais remarquĂ©, rĂ©pondit froidement Akira.
-Â Â Â Â Â Â Il faut dire qu'avec le peu d'information que les gens ont sur toi, qu'il est difficile de savoir ce que tu es.
-      Et pourquoi tu ne crois pas que je suis un Samkaï ? Demanda Akira, c'est ce que tout le monde pense non ?
-      Parce que je ne peux pas croire qu'un peuple aussi noble compte des gens comme toi dans leurs rangs. Répondit Mako en regardant le pirate droit dans les yeux.
-      Il serait temps de sortir des idéologies utopistes. Tout peuple possÚde ses héros et ses hontes. Les Samkaïs n'échappent pas à la rÚgle. Acheva-t-il.
 Sans lui laisser le temps de rĂ©pondre, Akira relança une offensive. Cette fois si, il rĂ©ussit Ă blesser Mako sur son flanc gauche. Mako serra les dents pour ne pas crier. Il avait beau essayer de retourner la situation Ă son avantage, il n'arrivait Ă rien. Akira semblait commencer Ă fatiguer. Ses offensives Ă©taient plus espacĂ©es qu'avant. S'il n'avait pas Ă©tĂ© lui mĂȘme aussi fatiguĂ© il aurait pu retourner ce paramĂštre Ă son avantage, mais hĂ©las, il ne put pas.
Ne trouvant aucune faille chez son adversaire, Mako dĂ©cida de tenter une des techniques qu'il avait lui mĂȘme dĂ©veloppĂ©e au fur et Ă mesure de ses entraĂźnements. Il rassembla ses deux pieds l'un Ă cĂŽtĂ© de l'autre pour avoir les jambes bien serrĂ©es. Son pied droit Ă©tait plus ouvert que le gauche, qui lui, Ă©tait parfaitement orientĂ© vers Akira qui se trouvait en face de lui. Il redressa les Ă©paules et orienta sa lame vers le haut. Il ferma les yeux puis inversa l'orientation de sa lame tout en disant.
 -      TroisiĂšme technique, le chant de la colombe.Â
 C'Ă©tait comme si le temps s'Ă©tait arrĂȘtĂ©. Akira put voir la lame de Mako basculĂ©e Ă©tape par Ă©tape comme sur un ralentis. AprĂšs ça, Mako rouvrit les yeux et commença Ă avancer vers son adversaire, qui restait bouche bĂ©e. Il avançait d'un pas si lĂ©ger qu'il semblait voler. Une fois derriĂšre Akira, Mako rentra son sabre dans son fourreau. A la seconde oĂč il referma le fourreau, une effusion de sang jaillit de l'abdomen d'Akira. Mako avait rĂ©ussit Ă frapper son adversaire sans mĂȘme qu'il ne s'en rende compte. Comme s'il avait considĂ©rablement rĂ©duit la vitesse d'Akira.
Akira tomba sur le sol, sans pouvoir se relever. Exténué par le combat, Mako alla s'adosser à un mur et se laissa tomber au sol. Il se demanda si son frÚre s'en sortait face à Abby. AprÚs réflexion, il se dit qu'il devait avoir inventé tout un tas de stratagÚme pour s'en sortir. Il ne connaissait personne de plus malin et astucieux que lui. Alors il ne s'en fit pas pour lui.
  Au mĂȘme moment dans la cabine d'Abby, Sidka s'essayait toujours Ă lancer des piques Ă Abby pour la faire sortir de ses gongs et la pousser Ă laisser une ouverture dans sa garde. Mais Abby restait d'un calme olympien. Elle semblait plus blasĂ©e par l'attitude du jeune homme qu'Ă©nervĂ©e comme il l'aurait voulu.Â
Voyant que cette technique ne semblait pas porter ses fruits, Sidka abandonna et sorti son pistolet puis tira rapidement sur Abby. Cette derniÚre arriva à esquiver les balles. Pour répliquer, elle saisit la dague qu'elle tenait dans un étui attaché à sa cuisse. Elle le lança sur Sidka qui ne fut pas assez rapide pour l'éviter. La dague vint se loger dans l'épaule gauche du jeune homme. Il la retira assez vite et la relança à sa propriétaire avec une infime précision. La dague frÎla sa propriétaire, s'accrocha à sa manche de chemise et la cloua au mur. Nullement impressionnée, Abby se défit trÚs vite de cette attache.
 Peu aprĂšs, c'est un combat au corps Ă corps qui commença. Sidka n'Ă©tait pas trĂšs fort pour cette discipline et Abby prit donc rapidement l'avantage. D'un coup de pied dans le ventre, Abby envoya valdinguer Sidka contre une armoire. Sous le poids de ce dernier, la petite armoire en bois se brisa en deux. Sidka se redressa en se tenant la tĂȘte. Abby n'en avait pas l'air, mais ce petit bout de femme avait une force de gorille.
Alors qu'il voulait se relever, Sidka repĂ©ra un cadre photo dans les dĂ©bris de l'armoire. Curieux, il prit le cadre entre ses mains et observa la photo qu'il contenait. La photo reprĂ©sentait une mĂšre et ses deux enfants. Une fille et un garçon un peu plus petit. La petite fille aux cheveux noir Ă©bĂšne devait avoir 6ans Ă tout casser. Quand au petit garçon au sourire malicieux, il devait en avoir trois ou quatre. Leur mĂšre semblait ĂȘtre une femme d'une trĂšs grande gentillesse Ă en juger par son sourire doux et bienveillant. Cette photo reflĂ©tait un souvenir heureux, une Ă©poque oĂč tout semblait paisible.
Sidka s'était mit à regarder à tour de rÎle la petite fille de la photo et Abby. Cette derniÚre s'interrogeait sur ce que faisait son adversaire. Elle lui demanda alors.
 -      On peut savoir ce que tu fais ?
-      Je mets mes talents d'observateur et de dĂ©duction Ă lâĆuvre. RĂ©pondit-il.
-      Mais oui trĂšs bien. Tu seras gentil, arrĂȘte de toucher Ă mes affaires ! RĂ©pliqua Abby, visiblement agacĂ©e, pigé ?!
-Â Â Â Â Â Â Juste une question.
-      Vas-y si tu y tiens, répondit la mousse sur un ton blasé.
-      Comment ce fait-il qu'une pirate comme toi est une photo de la famille royale des Samkaï dans sa cabine ?
 Abby fut trÚs surprise par la question. Cette photo datait de plus de 10ans et la reine avait beaucoup changée depuis. Elle ne s'attendait donc pas à cette question. Voyant que cette question la troublait, Sidka décida de continuer ses questions.
 -      Mais le plus surprenant, c'est que sa fille, je suppose que câest sa fille, te ressemble quand mĂȘme beaucoup. Mise Ă part les cheveux, vous avez les mĂȘmes yeux noirs et les mĂȘmes traits du visage. C'est troublant non ?
 Abby ne répondit toujours pas. Elle semblait trÚs désemparée par les questions de Sidka et elle ne savait pas quoi lui répondre. Elle aurait voulu lui dire de se taire, mais elle ne put prononcer aucun mot. Sidka reprit sur un ton de plus en plus provocateur.
 -      Mais ça ne peut pas ĂȘtre toi. AprĂšs tout, pourquoi aurais-tu quittĂ© les robes, les serviteurs et la vie au chĂąteau pour une vie pareille, remplie de combat, risquant ta vie Ă chacun d'eux. C'est stupide, la plus part des filles veulent une vie de princesse.
-       Ferme-la !! Lui cria-t-elle.
 Abby se jeta littĂ©ralement sur Sidka. Les larmes aux yeux, elle lui mit son poignard sous la gorge. Sa colĂšre sembla sâĂ©vaporer lorsqu'elle aperçut la pierre Ă la couleur de l'Ă©cume que portait Sidka en pendentif. Reconnaissant la pierre, Abby Ă©carquilla les yeux. Elle la prit dans sa main libre et demanda Ă Sidka.
 -      OĂč est-ce que tu as eu cette pierre ?
-      Ăa ? C'est qu'une babiole sans valeur, purement sentimental, rĂ©pondit Sidka, perturbĂ© par ce brusque changement dâattitude.
-      Une simple babiole ? T'es idiot ou quoi ? Sâexclama-t-elle exaspĂ©rĂ©e, tu te promĂšne avec le Croissant de Jade autour du coup triple buse !
-      Quoi ?
-      Comment tu l'as eu ? Insista Abby.
-      C'est ma mÚre qui me la donné.
-      Je ne sais pas comment elle a pu le trouver, mais peu importe, j'en ai besoin alors il est Ă moi maintenant. DĂ©clara Abby en portant la main jusquâĂ la pierre.
-      N'y compte mĂȘme pas ! RĂ©pliqua Sidka en renversent Abby.
 Sidka se trouvait maintenant sur Abby et avait retourné son arme contre elle. Ce collier était le seul souvenir que sa mÚre lui avait laissé avant qu'elle ne l'abandonne, il avait donc une trÚs grande valeur sentimentale pour lui. Il était hors de question de laisser quiconque lui prendre.
Amusé par la situation, Abby le traita de « brave fils à sa maman ». Elle trouvait ça plutÎt mignon que Sidka tienne tant à ce collier. Mais il le lui fallait absolument. Valeur sentimentale ou pas, elle était déterminée à le lui prendre.
Ayant repérer le point faible de la jeune fille, Sidka décida de changer le sujet de conversation pour la refaire craquer, comme elle avait craquée quelques minutes plus tÎt. Il lui dit d'un ton assez cru.
 -       Une fille qui a abandonné son propre peuple n'a aucun droit sur le trésor des autres !
To be continued















