JAMES ROYAL “Sitting in the Station”
S’il y a un 45 tours sur lequel on tombe aussi souvent sur un vide grenier que sur un community manager en Stan Smith Ă un concert de Fauve, c’est bien le “Call My Name” de James Royal.Â
Si si, sa pochette rouge, dans la série Gemini de CBS:
Et bien, par un beau jour d’octobre 2014, sur le vide grenier de l’avenue de Flandres, Paris 19em, juste derrière le “Call my name”, surgit un autre 45 rouge de la sĂ©rie Gemini, par le mĂŞme James ROYAL, avec pour titre “Sitting in The Station” b/w “Take Me Like I Am”. (CBS 3232).Â
Ah le garçon a donc commis un autre single? Je réalise alors que ne m’étais jamais posé cette essentielle question et que je ne sais pas grand chose sur ce James Royal.
50 centimes plus tard, une fois sur la platine, c’est le choc, l’addiction est immĂ©diate et garantie Ă tout amateur de Blue Eyed Soul Ă la Stevie Ellis / Rod the Mod. TĂ©lĂ©portation immĂ©diate qui mène Ă l’exact point central de la ligne imaginaire qui relie les cailloux dans la gorges de Chris Farlowe et le cool suave du Georgie Fame 65/69.Â
Intro de cordes, bongos, cuivres que l’on sent littéralement s’enfoncer dans la bande, réponses d’une guitare électrique acide au possible, la machine rythmique est rutilante….Il faut dire que les arrangements sont de l’immense Keith Mansfield.
JAMES ROYAL:Â qui es tu ?Â
James Naïrm, de son vrai nom nait le 14 juillet 1941. Il fait ses armes sur les scènes de divers pubs et clubs comme des centaines de jeunes anglais férus de Skiffle, Rock’n’Roll et puis surtout de Rythm’n’Blues. Déjà , au début des 60′s ses potes ont pour nom John Entwistle, Rick Wakeman…entre autres. Semi-pro, on bosse quand même le jour et on joue ou chante tous les soirs. James Royal and The Hawks, en plein Beat Boom commettront quelques enregistrements, rien de génial, ils se feront quand même voler un mini-tube par le Sir Douglas Quintet, ces américains qui voient eux aussi leur “She's About a Mover” paraître la même semaine en UK. La mode des “and the …” passe, Le James Royal Set écume toujours les planches y compris celles du Marquee…
L’avion ne décolle toujours pas sur les Champs-Elysées, mais pourtant, c’est bien à Paris que le bonhomme connaîtra un court succès, avec le magistral “Call My Name”, single qui avait pourtant fait un flop absolu en UK en 1967, mais qui deviendra apparemment un hit en France autour de Mai 68 et en serait presque la bande son…Il est d’ailleurs amusant de voir combien les quelques anglais qui s'intéressent ponctuellement au garçon sur divers blogs ou forums en doutent, se demandent s’il ne s’agit pas d’une légende….Messieurs les anglais venez faire un tour sur nos vides greniers et brocantes, preuve vous en sera faite…parce que franchement si je n’en ai pas vu des milliers de copies….
(NDLR: On trouve bien Call my Name par exemple dans le Hit Europe 1 dans les 10 premières places les semaines du 11 et 18 novembre 67 et encore début décembre 67 ainsi que dans le Hit-parade Salut les Copains du 15 dec 67 au 15 jan 68 )
James NaĂŻrn vit apparemment depuis bien longtemps en Australie et a tournĂ© la page. De ses 16 singles recensĂ©s sur 3 labels diffĂ©rents (flop après flop…), il est difficile de trouver aujourd’hui une compilation CD ou une version digitale, il y a apparemment eu, il y a quelques annĂ©es une rĂ©-Ă©dition CD mais… en vaut-elle vraiment la quĂŞte ?Â
Ah si, quand même, son “House Of Jack” est un autre monument du même acabit, paru en 1969 et également dû à Keith Mansfield ( “House of Jack” est en fait une relecture du “Funky Fanfare” du compositeur anglais ), personnage que l’on retrouve derrière certains des meilleurs titres de Dusty Springfield, Marmalade et la perfect soul-pop mega cuivrée de Love Affair…sans parler de ses kilomètres de musique enregistrés pour la librairie musicale KPM.
(NDLR: La version freak-beat de James Royal de “I can’t Stand it” apparemment intitulée “Send out Love” vaut aussi le détour).
Discographie de JAMES ROYAL sur Discogs:Â
http://www.discogs.com/artist/843193-James-Royal
Ecouter “Call my Name” (qui est aussi un grand morceau ):
Le 1er LP ( il y en aura quelques autres que je ne connais pas au dĂ©but des 70′s ) :Â