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La beu - introduction
La beu c'est vraiment une vocation, là dessus il n'y a pas l'ombre d'un doute. Comme l'armée, comme le sacerdoce, comme le saut à l'élastique et la course à pied, c'est un sacrifice pour une bonne cause. En général, on sent qu'on va aimer ça, ou pas, ça dépend si on va aimer ça ou si on peut se le permettre ou si ça fait peur tout ça. Mais bien au delà de la découverte de la beu, ou l'usage soi-disant récréatif ponctuel non-contractuel, ce dont je parle c'est la beu au quotidien. Tous les jours la beu. La même, avec ses défauts et ses qualités. Et puis soudain elle vous quitte. Vous avez plus de beu. C'est la dèche. Vous pouvez chier des lingots et manger du pâté de foie gras tout ce que vous voulez. Quand il n'ya plus de beu, c'est quand même la dèche, incomparable même avec la dernière goutte d'une bouteille de whiskey. Le goût du whiskey : il est associé à la bouteille, au verre. Le goût de la beu : il est dans l'herbe, dans l'air, dans la fumée, dans la tête. Il n'est pas associé au goût des cendres. Pour comprendre la psychologie du fumeur de beu il faut avoir à l'esprit que la réalité d'un phénomène n'a pas de priorité sur sa possibilité. Ce qui est possible est donc réel, il n'y a pas de différence. La beu vous projette dans l'étoffe qui constitue l'expérience usuelle du monde, mais à un degré en dessous. La beu permet de regarder la réalité se faire pendant qu'elle se fait. Ça se tricotte : et vous pouvez observer confortablement. C'est le luxe de la beu. Simultanément, les possibilités adverses, converses, les conséquences, les conditionnels... À un niveau plus élevé que d'habitude. Si l'état normal de l'être humain stressé par le flux de son quotidien est à 1, la beu permet d'atteindre un semblant de 0 rapidement. Elle implique peu de risques, mais peut être associée à des contextes risqués. C'est comme une voiture, avec le luxe de pouvoir l'emboutir : la réalité déborde sur elle-même avec la beu. On est en excès de réalité, les phénomènes tachent, ils coulent les uns sur les autres, on perd la faculté d'énumérer nettement des éléments. Du moins la beu rajoute un calque à la conscience, qui devient témoin d'elle-même, donc complice, et donc doublement investie émotionnellement. Avec la beu, on a l'impression que sans c'était différent. Alors que précisément c'est le contraire : avec, c'était pareil. Il y a une innocence de la beu, quelque chose comme la découverte perpétuelle de phénomènes divers. Des phénomènes fréquents seront examinés de près. Des phénomènes rares seront examinés de près. Des phénomènes impossibles seront constatés et rationnalisés. Mais reprenons à la base, c'est quoi une chose? Une chose, c'est déjà des relations entre de plus petites choses -par exemple des phénomènes. Avec une définition comme ça on va aller plus loin ensemble. Ça fait que des relations entre des choses c'est aussi des choses. Et même les relations entre les relations. Qu'est-ce que la beu? N'oublions pas de rappeler que la grande majorité des fumeurs de beu ne fument pas pour les vertus psychédéliques de la beu. La beu est une chose magnifique. La beu, c'est ce que le bon dieu beu a inventé de mieux pour rendre heureux. On part du principe que la société est malade de toutes façons, qu'il n'ya pas d'issue d'un système idéologique donné. La société, un bien grand mot pour déguiser toute la sottise que les énarques imputent à leur peuple pourtant docile. Si la société est malade comme un corps est malade, alors d'accord, ça explique pourquoi certaines cellules-individus meurent. Ça explique aussi pourquoi et dans quel type de rythme de nouveaux cellules-individus peuvent apparaître. La société, poursuivons la réduction, comme un muscle surtendu par l'effort intrépide et permanent. L'aventure, ça creuse. Le réductionnisme aussi, ça élimine sec. Les cellules saturées d'acides aminés crépitent alors que le cortex préfrontal esquisse une métalepse et la traduit en images. Comme la société est tendue, il faut la détendre, c'est normal. Et pour ça la société a tout prévu. Elle contient suffisemment de neuro-récepteurs et de fibre extensibles pour pouvoir se permettre une certaine flexibilité. Alors pour tous les individus qui souhaitent procurer le repos à leurs maîgres portions de fibres musculaires, il y a la beu. La beu est un profond relaxant. La beu - si c'est une fille - est un - classe d'objets masculinisés pour leur éminence - profond - adjectif - relaxant - attribut associé. Ce qui est bien avec la beu c'est que c'est facile. Même quand il pleut, la beu elle te dit la même chose. C'est une plante qui parle pas beaucoup, mais elle parle quand même, on entend quelques murmures sous les chromosomes. Alors oui, la beu a des effets psychotropes. Elle peut être associée à des formes de pensée modale, comme le langage, la musique, le comportement. La beu amplifie beaucoup les choses. Elle filtre aussi, avant et après, la sensibilité. L'écart de perception d'un ensemble de données identiques avec ou sans beu est difficilement comparable. Dans la beu, il y a une forme d'excellence, une vibrance surannée des phénomènes. Mais cette vibrance fait aussi la part belle à la vulgarité de l'existence. Quelque phénomène de pensée aura des conséquences - et des causes - différentes, avec ou san beu, c'est un fait. La beu permet d'explorer des arborescences causales à plusieurs degrés de possibilité, simultanément. En d'autres termes, la beu permet de considérer un phénomène sous plusieurs angles à la fois. On peut dire qu'elle cause une diffraction perceptive, qui évolue avec la sensation, l'effet, la trace consciente de l'usage. Après une prise - nous reviendrons plus tard sur la question des méthodes d'ingestion et de leurs défauts respectifs - l'état change. L'état interne change, comme quand on boit un verre de gel hydroalcoolique. Une fois l'état nouveau est reconnu - si tant est qu'il s'agisse d'une première fois, le cerveau comprend très vite ce qui lui arrive. Une sensation de grésillement, les phénomènes sont plus contrastés qu'à jeun. À jeu, il faut en parler. Parfois, on est à jeun. Parfois, on ne fume pas de beu pendant longtemps et l'état de l'être, nu, sans répit, se dégrade. La transition est toujours le moment le plus intéressant. On peut parler de transitions à plusieurs niveaux : -le niveau des événements sociaux -le niveau des événements physiques -le niveau des événements psychiques (internes ou intersubjectifs) -le niveau des phénomènes tels qu'ils sont perçus -le niveau des phénomènes tels qu'on prend conscience qu'ils ont été vécus après leur réalisation Ce dernier niveau est un point de friction essentiel avec l'expérience ordinaire. Dans le flux de l'expérience consciente usuelle, la conscience ne se donne que peu de temps et d'attention. Dans les faits, une telle énergie est consommée à intégrer les stimuli de toutes provenances. Il faut les router, leur indiquer où aller, c'est parfois pénible, on se sent un peu gendarme ou postier. On doit remettre l'information à la suivante. La suivante? Est-ce qu'on me parle de schizophrénie? Non, la suivante, on ne parle pas de voix ou de psychés autonomes. On parle de plusieurs modalités de la conscience, qui semble - sous beu - être une simple machine à effectuer des transitions entre des choses. Et comme on a déjà dit que les choses sont en fait des relations entre d'autres choses à un autre niveau, il faut conclure. D'une part la beu nous apprend quelque chose sur la nature de l'esprit, à savoir le rapport séquentiel qu'on peut établir entre différentes modalités de la conscience. La beu nous donne une expérience concrète et vive de la manière dont un état succède à un autre. La beu dramatise énormément : elle contraste, on l'a dit, les phénomènes. On les voit donc sous un autre jour. De façon successive. La beu est un système qui fonctionne par emboîtements. La fascination du petit enfant pour les boîtes se retrouve flattée par la beu qui propose des ponts entre plus ou moins n'importe quel événement psychologique et un autre. Est-ce que la beu exprime un sentiment d'organisation? Oui, tout à fait, on peut le dire. C'est déplorable, mais c'est ainsi. Ce qui est déplorable, c'est l'inaptitude du fumeur à dissocier la beu du système dans lequel il l'utilise. La beu a pour but de sevrer la conscience à travers une sédation intentionnelle provoquant des arbres causaux simultanés. Si on donnait le volant à la beu, elle irait droit dans le mur ou elle arrêterait la voiture ou autre chose, c'est pas le problème. Si la beu était président.e de la république, il y aurait beaucoup plus d'hésitations dans l'état-major. Si la société est malade comme un corps est malade, alors la beu est bien un agent qui joue un rôle dans l'expérience quotidienne de ses utilisateurs. Un agent endogène, tout comme le divertissement de masse, la nécessité de trouver des méthodes de subsistance financière, et autres broutille. On peut probablement apprendre beaucoup de la différence entre une société vue comme une chose et une société vue comme des relations entre des choses - dont on a dit ce qu'on pensait plus haut. Je veux être l'avocat de la beu. La beu n'est pas responsable de la fonction qu'elle occupe dans l'ordonnancement des obéissances civiques. La beu n'est responsable que de ce qu'elle dit, et en l'occurrence son propos n'a pas vocation à être moral. Le discours tenu par la beu est le suivant : écoute je sais pas ce que t'as pris mais wow. L'idée est que l'expérience usuelle du réel est en soi un état modifié de conscience. Modifier l'état d'une conscience à l'intérieur d'une opération de modification d'état de conscience. Cet effet de miroir déformant en a obsédé plus d'un à n'en plus finir. L'essentiel dans la beu c'est qu'il y a toujours une arborescence de choix possibles, qui s'opposent la la factualité. La relation entre la beu et la factualité est comme la grande scène de négociation d'un consul européen sur le bazar du Caire en 1920. La beu est fondamentalement contrefactuelle. Elle sabote les faits en en grignottant la certitude. Ici on touche au rapport de la beu avec la mémoire, et c'est pas joli joli enfin ça dépend de quel côté on se place, du coup. D'un côté, sous beu, on peut facilement perdre la notion même de quantité, car elle dramatise la transition entre différents phénomènes. On prend soudain conscience qu'un nouvel état mental est né. On reçoit une notification directement dans notre cerveau. Et puis il est question d'une liste d'éléments quelconque, dans l'état de pensée précédant... C'était quoi déjà? Ici l'aspect le plus pathétique du fumeur de joints : "c'était quoi déjà?" Son moment héroïque, c'était ça : "mais à la fois". La mère de toutes les inventions, ce départ pour l'aventure audacieux et au galop. Mais c'était quoi déjà? Il y avait combien de quoi déjà? On pense déjà à autre chose, l'autre état mental semble si loin - ici un concept clé, la distanciation mentale. On peut opérer sous beu ce qu'on appelle la distanciation mentale. Il s'agit de se focaliser tellement sur un phénomène qu'on le distancie de son contexte. Pour peu qu'on passe d'un tel objet à un autre du même type, les choses si proches ont l'air distantes. C'est vraiment ça, au fond, : si proche, si distant. Mais à la fois... Ce qu'il est impossible d'écrire, c'est le sentiment d'arborescence dynamique qui se produit. On pourrait croire à une divagation influencée par l'observation de la plante elle-même, ou son concept même - l'organique, la fibre, ce qui relie rhizomatiquement des éléments - mais non. La passion des fumeurs de joints pour les fractales fait unanimité. Leurs systèmes perceptifs sont simplement plus ouverts à des systèmes de relations fluides. Mais d'un avantage, on a vite fait un inconvénient : la fluidité devient approximation, la transition devient le tout. Et c'est encore l'heure de parler des méthodes de consommation et de leurs défauts respectifs. À ce sujet je crois que c'est clair pour tout le monde : le cancer est une maladie qui comme la dépression affecte le corps social dans son intégralité. On peut faire de très beaux diagrames de statistiques. Faisons-en quelques uns comme ça pour voir. On pourrait montrer que manger de la beu provoque un manque de magnésium globalisé, que les reins souffrent quand on la fume, sans parler des poumons - et la mémoire, c'était quoi déjà? Par contre si c'est fumé, ça intervient dans des interstices de temps pré-découpées. Comme on fume beaucoup et que ça implique des paquets de feuilles, on compte rarement et pourtant l'image reste pregnante. On expérimente sous différents aspects le même phénomène : -s'il est réel (synonyme : sensible, niveau 1) -s'il est possible (synonyme : conditionnel, niveau 0) -c'était quoi déjà? (synonyme : choix arbitraire de la conscience en fonction de motifs vagues, niveau -1) Pourquoi niveau -1? Parce que ce qui est au coeur de notre expérience perceptive n'est pas forcément au centre de nos préoccupations conscientes. On devrait peut être partir d'un niveau 0 comme la réalité des phénomènes. La réalité niveau zéro c'est simplement l'existence de corps étendus dans l'espace-temps. La réalité niveau un c'est leur interaction, les boucles d'auto-réplication, une version idéale de l'intersubjectivité, ou tout du moins une référence mentale à laquelle on raccroche l'expérience consciente. La réalité niveau deux, c'est la puissance d'interaction de l'individu déployée sur toutes ses parties : on appelle ça le rêve, mais il s'agit pplus largement de l'activation simultanée de grandes assemblées de neurones. La réalité niveau trois, c'est l'effet de l'interaction des parties, des catégories sub-individuelles. Un rêve parle à un autre rêve. C'est bien parce que ça va nous permettre de nous repérer : on est principalement toujours dans le niveau un. Avec la beu, le niveau deux devient compatible avec l'expérience du niveau un : c'était quoi déjà? La rapidité avec laquelle on produit une nouvelle trame qui recouvre plus ou moins bien les phénomènes perçus n'est ni plus rapide ni plus lente avec la beu. C'est que les transitions entre les phénomènes prennent toute la place, leur mélange n'a plus pour but de former des méta-phénomènes associés à des catégories mentales prédéterminées . Les méta-phénomènes se forment toujours mais de façon plus désordonnée, plus désinvolte. On peut parler de désinvolture et de la beu. Ou bien on peut parler de la mémoire des rêves dans la beu. On va plutôt faire ça. Où sont passés tous ces rêves volés par la beu à ces charmants bambins qui en avaient tant? Reprenons : le sommeil paradoxal a pour fonction l'intégration de l'expérience dans des schémas prédictifs de comportements. Une fois ceci mis de côté prestement, que faisons-nous de nos rêves de manière générale? Eh bien, comme le corps sociale est malade, ses rêves sont gangrénés. Il faudrait inverser la perspective ici. L'espace onirique a été conquis par des publicitaires, des agences gouvernementales et des idéologues. A-t-il jamais été aussi libre qu'aujourd'hui? Oui, tout à fait. Cela fait des siècles que l'espace onirique a été jeté dans l'opprobre par les forces de la raison lumineuse. En clair : la société civile ne fait aucun usage des rêves des individus. Le sommeil paradoxal est un objet d'étude scientifique loin de l'expérience qu'on fait de ses rêves. On peut présumer pourtant que les rêves peuvent faire l'objet d'une étude minutieuse, par le journal de bord par exemple. On aurait tout à fait tort de croire que : -les écrits de rêves sont identiques aux récits mentaux de rêves -les récits mentaux de rêves sont identiques aux souvenirs de rêves -les souvenirs des rêves sont identiques au rêves La croyance populaire est pourtant tenace : on peut se souvenir de ses rêves, certaines personnes vous les racontent même pendant des heures si vous les écoutez. La faculté à improviser pour donner le change permet d'occulter les incertitudes. Le souvenir de rêve est lui-même un ensemble de phénomènes associés. L'origine du souvenir de rêve est bien entendu la mémoire. La mémoire se souvient d'avoir vécu un événement. Mais la mémoire ne se souvient pas de toutes les chaînes causales qui entourent le même événement. La première chose à dire sur le rapport de la beu avec le rêve, c'est que c'est une bonne façon d'imaginer l'effet de la beu : un rêve. C'est exactement ça, la beu, c'est comme un rêve. Comme il peut y en avoir de toutes sortes, ça permet de tout dire. L'intérêt est évidemment celui de la transition entre les phénomènes : le souvenir de rêve semble comme une introduction à la beu. En fait, avec la beu, on pressent beaucoup de choses, tout ce qui n'est pas quantifiable prend soudain plus d'importance. Ce qui n'est pas stable, ce qui fait le caractère vivant d'un phénomène, apparaît dans toute sa splendide variabilité. La deuxième chose à dire sur le rapport de la beu avec le rêve : où sont passés les rêves de tous ces fumeurs? La réputation de la beu est la suivante : quand on fume de la beu, on ne se souvient plus de ses rêves. C'est tout à fait exact, c'est un fait rapporté par bien des explorateurs. Sitôt qu'on arrête quelques jours, les rêves reviennent, à travers leurs souvenirs, beaucoup plus intenses. Au fond ce que disent les fumeurs ce n'est pas qu'ils ne rêvent pas, mais qu'ils n'ont plus de souvenirs sémantiques permettant de rendre compte de leurs expériences oniriques. Qu'est-ce que ça signifie? Ils rêvent bien, ils peuvent le vérifier. Mais ils n'ont plus de souvenirs de leurs rêves. Plusieurs portes d'analyse s'offrent à l'inquisiteur de bon aloi: -la beu perturbe-t-elle es cycles de sommeil? la réponse est non, les cycles ne sont pas interrompus, mais ils peuvent varier -la beu réinitialise-t-elle la mémoire de travail à chaque réveil? C'était quoi déjà? L'effet tant décrié de la beu - c'était quoi déjà? - ce cri de la personne qui a fumé son dernier pétard de la journée et qui ne sait plus ou est son cendrier. C'était quoi déjà? Donc oui, au réveil, on ne sait plus trop ce que c'était, déjà assez compliqué de se concentrer sur l'interprétation de ces phénomènes qui s'interpénètrent avec force contraste dramatique en ce moment même. Le réveil, quand on a fumé, c'est toujours la beu. On ne se remet pas d'une soirée d'excès de THC comme d'une cuite. Quand on se réveille, la première chose, c'est la vérification que la réalité est réelle, et cette expérience est fort dramatisée par les fumeurs de beu. Il ne faut pas les perturber quand ils vérifient, c'est normal, ça leur fait du bien et ce n'est pas trop long en général. Avant qu'elle parte on a toujours un sentiment de nostalgie. On espère retrouver cette amie qui nous avait tant manqué. Et l'addiction n'est qu'une façon d'aborder le sujet. On peut sortir de la beu et retrouver l'état de tension abêtie qu'attend de nous le système parlementaire pute à clic de base. Mais on sait qu'il y a tout ces arbres de possibles derrière chacune des choses qu'on rencontre, alors venez pas nous la faire. Genre tel truc est tel truc. C'était quoi déjà? La beu rentre en conflagration quasi-mortelle avec le capital dans le domaine du divertissement. Elle constitue à elle seule un ennemi, une alternative, un ersatz de divertissement. Non qu'elle ne soit lucrative, mais pas de la même manière que le divertissement. On ne peut pas contrôler une population avec de la beu. On peut la contrôler avec de la culture. Une culture plus une beu ça fait toujours de la culture, même si c'est un bouillon. La beu se dissout en quelque sorte dans la culture. Alors on a une culture donnée actuellement : notre expérience du réel est stochastique. On peut réaliser des estimations en temps réel sur notre temps futur. Par exemple mettre un rappel pour jeudi prochain. Notre expérience du monde est découpée en petits fragments de temps isolés. Notre temps a en effet été privatisé. Il est accessible depuis l'extérieur, nos boîtes mails sont de réels ancrages dans une réalité du quantifiable. Impossible d'être hors-temps, puique le moment suivant fera l'objet d'une notification de présence d'un autre phénomène. La transition entre différents états de conscience, sans la beu, est imperceptible. Elle peut être immédiate, automatique, prédéterminée, ou répéter des schèmes antérieurs. C'est l'état dit normal de perception : on ferme son emploi du temps et on va couper le radis pour le faire mariner pendant 5 semaines pour le manger en salaison un soir de printemps. S'il existe une utilisation emblématique de la beu c'est sa propre confrontation à une situation sérieuse : elle devient vite dérisoire. Dérisoire ou inquiétante, là est tout le dillemme. Si le dérisoire et l'inquiétant sont les deux dimensions de base où s'expriment la sensibilité de la beu, où sont les repères normaux? Le ridicule et le nuisible pourraient être les équivalents dits "normaux", toutes proportions gardées, avec la perspective qu'offre la beu. Malheureusment la beu est instrumentalisée dans le commerce de divertissement et la délocalisation du travail du rêve en laquelle consiste l'expérience du navigateur web contemporain. Déjà du temps de la télévision ce n'était pas fameux. Ils fumaient leurs joints et mataient le football. À quoi bon? Mais ça sent bon. Même à l'époque de la radio ça devait être rigolo. La représentation de la beu dans l'industrie du divertissement est une source de clichés riche et variée. Elle donne à voir le contrôle de l'industrie du divertissement sur les comportements des utilisateurs de divertissement, avec ou sans beu. Un autre miroir déformant intriguant, dérisoire et inquiétant. Le picaresque passe facilement pour de l'héroïsme avec la beu, et les gouffres émotionnels succcessifs qui peuvent survenir brutalement laissent parfois étonné. On perçoit des pensées striées, modulées par un signal de base qu'est la beu. L'action de la beu sur la conscience se déroule en deux étapes : 1-avant la beu 2-après la beu Le chemin peut être parcouru de manière répétée. Les prises peuvent être regroupées ou espacées. Il y a plus d'états intermédiaires que de de possibilités, c'est dire à quel point le champ est vaste. Impossible de ne pas parler de risque. Comme la beu ouvre le champ des possibles, elle ouvre proportionnellement le champ des risques et leurs combinatoires. Dans un monde où aucun phénomène ne ressemble à aucun autre très exactement, tout finit par être étranger. La possibilité même de la précision fait défaut par moments. les relations se modifient au fur et à mesure que la page blanche, l'état de découverte, est convoqué. Cet état a déjà été décrit : c'est l'état d'étonnement, d'émerveillement, au réveil, c'était quoi déjà? Une chose est de laisser la beu intervenir dans tout : c'en est une autre de la proscrire entièrement. Dès que des points de rencontre sont engagés, ils ouvrent la possibilité à toute polytoxicomanie putative. Boire un verre de vin en mangeant : ok. Fumer un joint en mangeant : euh. Fumer une cigarette pendant qu'on boît de l'alcool : ok. Fumer un joint pendant qu'on boit de l'alcool : ah. Boire un whiskey après avoir fumé n'a rien de commun avec le fait de fumer une fois le whiskey ingéré. Comme fumer une clope à la pause ne provoque pas la même sensation qu'après manger. Ou boire une menthe à l'eau pas la même saveur à la plage que dans un igloo. C'est dire le type de variation d'humeur que peut impliquer la transition entre différents états de conscience potentiellement distants l'un de l'autre. Consommer : c'est déjà exister, accepter une représentation de soi-même dans un certain contexte idéologique. OK, je suis une cible et vous me connaissez mieux que moi on dirait. Cool. Au diable l'avarice! Pourvu qu'on ait l'ivresse.
NEW ALBUM OUT! New Lyrics, new attitudes, new items. #AIP #gnozo #automaticinformationprocessing
The Tundra is now a carbon source and brings with it Reality 3. John Mc Carthy explains why computers don't understand people. It's fascinating. https://gnozo.bandcamp.com/track/tundra
Listen/purchase: Fossil Songs by Gnozo
hey yo! Episode 2 on the go
The Gnozo Show Episode 2 : le Baroque et le Numérique
GNOZO ZOZO OUT NOW!!
Club Culture and the Ape
I came to conclude that contemporary audiences are unconfortable dancing on man-made music. Consider club culture. It started because it was impossible to bring the beatles to ashdod, basically. Then it became obvious that it was a better deal since it was cheaper to have only 1 person in charge of the music. Then, gradually, people got used to having to praise only very few people for a lot of music. Then, as a countereffect, people started to forget how to let go (go tribal/letting the inner ape out) when the music was not pre-recorded. The anxiety generated by the eventuality of a human mistake became too overwhelming that men developed all types of error-canceling tech devices. As a result, dancing (in the tribal sense of dancing all night) has become a leisure activity. When people went to the village festival where live (tribal/folkloric) music was played for dancing (transe) purposes, they didnt check their iphones while sipping at a martini. There was drinking involved, but not the benefit of maybe having something a teeny weeny better to do. Although it s not proven that not dancing males one smarter or life better, what is clear is that the feeling of involvement shared by mdma users and village-festival-folk-dancers is not replicable home alone. About the effects of recorded music to the aesthetic life of man, some studies must exist but the problem is the angle: we need a source which is neither in favor or against the evolution of aesthetic-oriented technology, who is able to accept the advantages and quantize them, and at the same time able to see the long-term change in light of its drawbacks, how humanity doesnt benefit at all from the de-humanization of music.
NEW GNOZO VIDEO OUT
The Last Neanderthal might also stand for the first Guanche.Enjoy and stuff, don’t get drunk on this!
Guanche Diary #5
About philosophy of tourism, i suppose we are all tourists in this world, in a way, as today’s lifestyle resembles living in an airport, just multitasking while standing, waiting to be faster than trains.
Guanche Diary #4
But that’s precisely when it gets better: many of the first European settlers of the Canary Islands couldn’t content themselves with this crucial place, both exotic and too small, too poor to afford the conqueror’s dreams. So they went to the Americas, where they could do more of the evil they had invented here: enslavement, violence, christianisation, and the introduction of the principle of ownership with a taste of doom. Many of the aboriginals transfered to mainland Spain later came back to the Islands, both concealing their belonging to the Guanche community and secretly harvesting a desire for their own culture to perpetuate. Such are the whistlers of La Gomera.
Guanche Diary #3
And yet it seems such simplicity and minimalism can only be encountered on an insular plane. Had I never gone to any island, I would still sort of be able to visualize what the world must have been like when the first conquerors explained to Guanche leaders that if everyone didn’t become christian and obedient, they would enslave and murder them as animals.
Guanche Diary #2
There is more gossip than speculation relatively to the Guanche, and more fantasy than reality. However, whatever we actually know is pretty exciting, from survival habits to cultural practices cristalized in catchy oddities. Roasted flour with dry fruits, seriously?
Guanche Diary #1
What are Guanche people in the end? Islander Berbers? Do they share more than genes with Basque, Etruscan and Cretan Greeks?
Having studied Spanish for only one year, I had to cope with the sources and carry them away with me.
GNOZIENNES 1.1;1.2;2;3.1;3.2;
GNOZO
Narwhal is everything but a serious project. It is a free access sound and music archive documenting the experiments related to MIRACLE Collective (France/Hungary/Benin/Japan based artists collective
New album by Gnozo
GNOZIENNES
Performed at RedHouse Tel Aviv / hosted by Keren Katz 9.1.2017
Xenoxenism is the otherness of alterity, the perfect circle of the self, the self-destruction of the patriarcate, and finally the soothing otherness, the one without which inbreeding is the only option, the unheard of “heimlichkeit” (freud nostalgics welcome to osiris themselves)