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GNOZO music is out now - but what is it,
GNOZO in french suburbian subcultural settings
Gnozo turns conformist
Dear fellow people from planet Earth dimension B127, I officially announce that this blog will from now on be ran in english for very practical reasons.
First of all, french speaking people are rare. Most of them do not use internet and they do not wash their bodies properly. That’s why their kings developped the industry of perfume. It’s like the Ottomans with fatty sweets. Whatever.
As of now, the content posted here will therefore be written in english.
Les Étoiles de la Guerre
Alors je venais, en vélo, au cinéma.
Je prends des notes vocales pour écrire ce texte, je le planifie, un peu. Tout d’abord il convient de dire qu’aller voir Star Wars 7 semble être une expérience de genre, voire une expérience du genre en soi, de ce qu’est le genre, ce qui veut s’imposer comme genre, et toutes ces belles choses.
Aller voir Star Wars 7 un premier janvier c’était comme mettre en péril la sécurité du chez soi. Vouloir y aller en vélo c’était s’exposer à la vue d’une ville morte au lendemain d’un rituel d’abus collectifs à la plus grande échelle, avec le vent qui vient grincer entre les mailles de mon pull. C’était surtout faire une expérience genrée, une expérience de genre. J’y allais sans aucun membre du sexe féminin, rejoindre des garçons. Dans quelques heures, je n’aurais plus le même imaginaire de la navigation. Après avoir vu ce type de film, notre appréhension des véhicules qui nous permettent de faire des déplacements spatio-temporels est généralement affectée. En venant ma navigation se concentrait sur le froid qui traversait les mailles de ma laine.
Comment l’expérience de la navigation sera-t-elle différente après l’ingurgitation des stimuli caractéristiques la fiction d’un truc qui nous est vendu comme un mythe? Quel est l’impératif catégorique, si ce n’est de cerner ce qui dans l’imaginaire populaire opère l’attribution d’autorité à Star Wars concernant l’évolution de notre expérience de la navigation?
Et la une voiture en bloque une autre à côté de moi, et le conducteur hurle à travers sa fenêtre, “pourquoi tu dis que tu sors alors que tu sors pas?”, scandé vivement et de manière répétée. Inconsolable, il sort de sa voiture, du haut de ses 35 ans et se précipite hurlant sur l autre voiture parce qu il avait dit qu il sortait et il sortait pas. Le mec fait un peu racaille reconverti, avec sa copine pas tout à fait voilée mais un peu couverte avec un foulard, et comme il hurle et qu’il frappe à la fenêtre de la fenêtre de l’autre voiture, la femme décide de raisonner l’homme.
Dans la voiture derrière, qui est plus petite et plus brillante, il y a un grand à lunettes, qui pourrait travailler dans la publicité ou sur internet ou dans un bureau d’architectes, il a des lunettes rondes et il semble ne pas vraiment vouloir communiquer avec son assaillant, ni vraiment vouloir l’éviter. A ses côtés, une jeune femme, avec laquelle il dialogue plus intensément.
L’homme debout, l’homme sur ses pieds qui est venu crier et frapper la vitre de l’homme assis, continue de hurler et fait le tour de la voiture. Sa compagne l’implore d’arrêter, et soudain c’est contre elle que sa rage se cristallise: “toi tu fermes ta gueule et tu vas t’assoir, je te nique ta mère”, ça doit être une proche, me dis-je. Depuis le début de la scène j’ai eu le temps de faire vingt pas à peine, je me retourne pour apercevoir que l’homme debout en hurlant a explosé le rétro-viseur de l’homme assis, celui qui est à côté de la femme assise, pas la femme a qui on a dit de s’asseoir mais celle qui est restée assise, qui doit être doublement terrorisée.
Alors comme l’homme debout exige de l’homme assis qu’il fasse marche arrière, ce dernier s’exécute, recule de quatre mètres.
Inpossible de savoir d’où partait l’histoire; et impossible de vouloir intéferer car j’etais en retard, et qu’il n’est absolument pas question que je rate le début de Star Wars.
Noel m attendait plus loin, trente pas plus tard, devant le cinéma et on était en retard, la séance commence à 17h et il est déjà 17h04. Alors j’avance sans regarder derrière moi et j’aperçois Noel, l’entrée du cinéma, les gardiens qui nous demandent d’ouvrir non pas nos sacs mais nos manteaux pour des raisons de sécurité. On trouve le bon escalator et je résume la situation, enfin je raconte la scène. Noel est abasourdi.
La il est 17:14 et c est les pubs.
Comme je me suis promis de m’immerger dans cet univers pour l’analyser je n’ai pas pris de notes. Ce qui est clair, c’est que les producteurs se sont dit qu’ils avaient une lourde tâche. D’un côté il faut hériter de toute la psychanalyse laissée derrière par George Lucas et Steven Spielberg, et de l’autre il fallait réinjecter de l’intérêt à la mythologie Star Wars qui se révèle être ethnocentriste et sur-genrée du point de vue des producteurs de 2015.
Qu’importe l’élan de bondieuserie qui semble être à la naissance de ce film “grand public”. Les vieux héros devaient être montrés vieux puisque c’était possible, et il fallait de nouveaux héros. Alors on sent la direction des ressources humaines, la thésarde en études de genre qui a été achetée pour valider une version de ce film qui ne serait pas diminuante ou offensante pour les êtres de sexe féminin. Solutions: les vieux héros se sont reproduits, ils ont réussi à empêcher l’inceste pour l’instant, et il y a deux petits jeunes, une fille et un black. Jamais dans l’histoire de Star Wars un soldat de l’Empire n’a ôté son masque face caméra, enfin probablement dans des produits dérivés de Star Wars c’est arrivé, dans un roman ou une bande dessinée ou un dessin animé confidentiel.
Le Premier Ordre est l’organisation intergalactique qui a succédé à l’Empire après la mort de Darth Vader et de l’empereur dans les années 1980. On ne sait pas pourquoi. Les images bougent vite, les lumières sont intenses, le fils de la princesse et de Han Solo arrive a arrêter des tirs de pistolasers et à les stabiliser, mais il y a aussi du néo-réalisme mytho-compatible. A grands coups de gros plans, on nous montre comment une poudre dans de l’eau donne un brownie tout vert et comestible instantanément. Par des astuces de focale et de panoramique, on nous donne ce sentiment d’espace infini, de vitesse de la lumière, vraiment il n’y a pas de quoi dire que les codes sont remis en question.
Mais là où ca devient gênant, ce sont ces gros plans sur les yeux des vieux héros, à la FULL HD avec trente trois sources de lumière autour, pour finir par tout retoucher sur After Effects, et rajouter toute l’inquiétante étrangeté qu’il faut y mettre.
Parce que les vieux Star Wars, ok c’est très psychanalytique, c’est une arme de propagande très raffinée produite probablement sans financements de l’état américain, qui s’y trouve mythologisé sous les traits d’une armée de résistance intersidérale, ou une galaxie républicaine qui protège cette résistance de l’action mortifère de l’Empire froid et utilitariste du Mal.
Et oui il y a de l’Oedipe de partout, dans les premiers Star Wars. Mais c’est pas une bonne raison pour décliner le modèle de manière inconsidérée. Déjà, de croire que montrer les restes pseudo-archéologiques du casque mortuaire de Darth Vader, contemplé par son petit fils, c’est capitaliser symboliquement, c’est pas très malin.
Tout ce mythe gravite autour des “persona“, des masques archétypaux qui ont été étiquetés dans les années 1970 par les humanistes déçus, les âmes perdues ayant hérité malgré eux du New Age. Et alors, oui, il y a des temples Jedi, et oui, c’est une religion, et oui, tout cela n’est pas que pure magie mais bien une réalité qui se décline en combats idéologiques, économiques, politiques, militaires. Et on peut connoter toutes ces dimensions avec un simple zoom dans les yeux de nos protagonistes, un coup notre Storm Trooper individué, un coup une vieille dame à lunettes faite en trois dimensions et dont les narines oranges gigotent étrangement.
Etrange, aussi, ce Storm Trooper qui s’individue, qui sort de son formattage en touchant le sang de son prochain, qu’il semble reconnaître sous son uniforme indistinct, indistinguables l’un de l’autre qu’ils sont, bien pire que leur modèle d’inspiration hypothétique, les Nazis. A l’époque les protagonistes avaient bien volé les costumes des Storm Troopers, mais aucun Storm Trooper n’était passé du côté lumineux.
Ce coming out, c’est un exploit que nous saluons tous, et qui rappelle à tous ceux qui aiment à se représenter dans le costume des Storm Troopers, agissant de manière absolument maléfique, qu’aucun raccourci de ce type ne pourra être pris. Le côté obscur et le côté lumineux ne sont pas imperméables, c’est bien pourquoi il y a Darth Buddha.
Pour nous rappeler la sagesse qu’il y a dans l’Ermite Vader, mettons qu’i essaye d’empêcher la progression du système néo-libéral et qu’il soit assimilable au bloc de l’ex URSS dans l’absolu du fantasme ethnocentrique américain.
Darth Buddha est alors le vrai rebelle, ainsi que ceux qui acceptent de mettre leur visage sous couvert. Cela ne tient que si le mode de vie américain est remis en question. Etrange, non? Tous ces gens qui se sentent plus libres lorsque dépourvus du devoir de porter leur propre visage.
Donc bien sûr que c’est éhant pour Anonymous de dire ça. Mais si on garde l’idée de dualité ,de contrariété inconciliable entre deux blocs, l’obscur et le lumineux. Si on enrichit l’équation à l’aide d’un couple de points de vue nous avons non plus deux mais quatre polarités irréconciliables.
Chaque point de vue s’identifie aux Jedi, et chaque point de vue est identifié par l’autre au mal absolu. Il existe donc deux représentations simultanées des Storm Troopers sans visage: d’un côté les militants refusant de donner leur visage à l’empire capitaliste blanc des américains afin de préserver la liberté d’action sur internet, les anonymes, et de l’autre, les militants d’un État Islamique déclaré ad hoc par un leader sanguinaire, dont les soldats se battent le visage caché dans une cagoule noire. Les motifs pour lesquels les combattants masquent leur visage sont-ils les mêmes?
D’un autre côté, si on se met simplement dans l’esprit d’un français moyen de début 2016, il y a des chances pour que l’Empire du Premier Ordre ou je ne sais quoi, du fait du fascisme qui caractérise son mode de communication et de son drapeau noir (sans oublier le manque d’humanité dont font preuve ses soldats) soit assimilé à ISIS, l’état islamique. Aucun raccourci ne pourra être toléré, il s’agit d’une simple évidence que je n’ai pas vraiment à coeur de traiter.
Ci-dessous, c’est le quatrième en partant de la droite, celui de Star Wars 7, celui qui a du sang sur son masque et qui se rend compte qu’il n’est pas un numéro, et qui sabote tout au long du film les intentions et les intérêts de l’Empire (deux le retour, Le Premier Ordre, oui)
Pour finir il faut dire qu’ils ont bien fait leurs efforts pour dé-genrer le tout, parce que le plus méchant et le plus fort soldat du mal, entraîné par le plus fort et le plus gentil soldat du bien quand il était petit, se fait battre par une fille qui vient de se découvrir une affinité pour l’escrime. Et nous ne doutons absolument pas que la postérité marketing de ce film nous donne de belles surprises sur sa généalogie.
Oui, c’est ça la force, quand tu l’as tu peux faire faire n’importe quoi à n’importe qui.