‘Sensual Vintage’- A propos!
“Tal vez enamorado de esta soledad y ahogado en la nostalgia de recuerdo...”
-“Luz En Mi”, Pilly Herrera.
Tombé sur un texte (”Le dressage, ça s’apprend”) écrit par le psychanalyste Laurent Dupont à propos du Shibari (Art Japonnais), j’ai eu l’illumination. Celle de voir combien se transpose de la sorte mon art ‘Sensual Vintage’ jusque là resté inexpliqué, sinon exposé par mes clichés.
J’ai donc repris la structure de son article et l’ai adapté au Sensual Vintage. Je ne souhaite pas m’attribuer la belle structure du texte ni le choix des mots si judicieux et précis de l’auteur original, sinon que laisser entrevoir au lecteur/spectateur l’interconnexion ou inter similarité entre les arts.
Pardonnez mon manque de talent pour l’écriture, je m’exprime plus facilement en photographie.
“Dans la photographie ‘Sensual Vintage’, il conviendrait sans doute de distinguer la jouissance et la perversion au sens pur et dur.
Si le pervers vise la division de l’autre pour en faire surgir l’objet dans l’angoisse de la confrontation directe à la jouissance, la pratique ‘Sensual Vintage’ fait appel à des mécanismes que nous ne pourrions développer qu’autour de la solitude et de la présence.
Rappelons qu’un adepte de la solitude ne recherche pas une présence intrusive, mais à sinon à amener l’autre à jouir de sa solitude et, inversement, la présence de l’autre devra amener le solitaire à jouir de sa présence.
En psychanalyse, le sadique éduque l’autre à la souffrance, idem pour le masochiste qui éduquera l’autre à lui infliger la « bonne » souffrance, c’est-à-dire l’éduquer à jouir de la demande du masochiste de le faire souffrir.
Il n’y a pas de rapport sexuel, car un masochiste ne peut éduquer un sadique ni un sadique un masochiste, ils le sont déjà par leur rapport singulier à leur jouissance.
Il n’y a pas de rapport ou lien sexuel, car le solitaire ne peut éduquer l’autre présent, ni l’autre présent éduquer le solitaire, ils le sont déjà par leur rapport singulier à leur jouissance...
Celui qui photographie l’autre jouit, non pas de l’autre, mais de son art. Il peut le faire dans des expositions, dans des musées, des galeries…
Il faut tout un apprentissage du lien, des angles du corps, des textures des matières ou de la peau du modèle lui-même, et du lien au « modèle ».
Il n’y a pas, pour le photographe, une recherche d’orgasme, mais bien d’une esthétique qui prend en compte la jouissance de l’autre.
« Le ‘boudoir’ Sensual Vintage a été conçu comme un lieu où les pratiques sont d’un érotisme très fort, où les plaisirs sont exacerbés, mais sans sexualité ». Sorte de sublimation du non rapport sexuel, de l’impossible rencontre des corps.
Il peut y avoir danger, dans le rapport provocation/vulgarité, et il faut donc des connaissances précises en photographie corporelle, afin d’être en mesure de reconnaître les angles doux des angles durs, les lumières douces des dures, et ainsi pouvoir avancer selon la ligne fine qui sépare éventuellement l’érotisme du vulgaire.
En fait le mot ‘vulgaire’ est souvent utilisé par abus de langage au profit du sens ‘cru’. Ce n’est pas cette jouissance vulgaire qui est recherchée. C’est bien la sensation de la contrainte par pression sur les angles du corps avec le rapport du rendu souhaité. Le modèle ‘Sensual Vintage’ adore s’abandonner au photographe.
Une fois liée, c’est une jouissance au-delà de ce lien à l’autre qu’il recherche, dans le temps qui s’écoule, dans la posture et les sensations éprouvées. L’esthétique est centrale. Les mises en scènes convoquent le regard, mais aussi l’œil, car chaque expérience est photographiée. Mais le modèle témoigne qu’il y a quelque chose au-delà. Dans cet au-delà, il est radicalement seul. Ne reste plus que des sensations. Il oublie les angles, les ombres : ne reste qu’un corps parcouru.
Pour le photographe, ce qui compte c’est la tension érotique qui convoque le regard. Et ceci, ça s’éduque. « Une limite entre les deux (regard et sexualité) où la tension érotique est à son maximum. Où seul le plaisir des yeux compte. J’espère que les photos permettent de partager et de ressentir la force de ces émotions. ». Le plaisir des yeux de celui qui fait, de celui qui regarde la photo et ce qui le regarde, c’est le modèle.
Le modèle, lui, se sait regardé, mais il y a un au-delà de solitude. Le modèle sait la présence du photographe dans la pièce et cela le rassure, mais il veut éprouver cette solitude, cette solitude de la jouissance qui ne s’éduque pas, mais s’éprouve.”
Note: Écrit par transposition de l’article de Laurent Dupont, “Le dressage ça s’apprend”, http://www.desiroudressage.com/2017/06/20/le-dressage-ca-sapprend-par-laurent-dupont/








