Bilan du trimestre dâhiver 2018 - MĂ©dias numĂ©riques : ProblĂšmes et enjeux
Au terme du cours universitaire MĂ©dias numĂ©riques : problĂšmes et enjeux, il est maintenant temps de dresser un bilan des thĂ©matiques abordĂ©s au cours de la session. Pour se rafraĂźchir la mĂ©moire, nous avons vu au total 7 thĂ©matiques se rattachant aux grandes sphĂšres du numĂ©rique. Chacune dâentre elle nous aura permis, entre autres, de caractĂ©riser et comparer les diffĂ©rentes pratiques numĂ©riques en fonction des diffĂ©rents rĂ©gimes de visibilitĂ©Ì des plateformes numĂ©riques en plus de comprendre et dâanalyser les multiples enjeux sociaux de la communication aÌ lâĂšre du numeÌrique. Le tableau qui suit prĂ©sente et hiĂ©rarchise les diffĂ©rentes thĂ©matiques vues en classe selon le degrĂ© dâimportance que je leur accorde personnellement : 1 Panorama des mĂ©dias numĂ©riques 2 MĂ©dias numĂ©riques et dĂ©mocratie 2 Promesses et vertus du numeÌrique 4 Sâinformer aÌ lâĂšre de Google et des mĂ©dias sociaux 4 Vie privĂ©e, sociabilitĂ© et vie « en ligne » au temps de Facebook 4 Angoisses et vertiges du numeÌrique 7 VisibilitĂ© et plateformisation de soi
Je positionne le panorama des mĂ©dias numĂ©riques tout au haut de la liste car il faut impĂ©rativement connaĂźtre les grandes lignes et les grandes « familles » des mĂ©dias numĂ©riques pour ainsi pouvoir les utiliser proprement et judicieusement. En dressant un portrait dâentrĂ©e de jeu, on se familiarise avec lâĂšre du numĂ©rique, sa typologie et les Ă©tendues quâelle propose aux consommateurs. Les mĂ©dias numĂ©riques ont changĂ© nos repĂšres en matiĂšre de communication, comme lâexplique Proulx en parlant ici des mĂ©dias sociaux numĂ©riques, et il est important voire primordial pour la collectivitĂ© de sâacclimater, et surtout, de comprendre ce changement : « La trĂšs grande popularitĂ© des mĂ©dias sociaux - et en particulier, des sites de rĂ©seausocionumĂ©riques(RSN) tel Facebook- a fait brutalement irruption dans le paysage mĂ©diatique, au point de transformer nos repĂšres en matiĂšre d'expression de la parole publique. » (Proulx, 2012, p.10). Au deuxiĂšme rang viennent exĂŠquo les thĂ©matiques suivantes ; mĂ©dias numĂ©riques et dĂ©mocratie ainsi que promesses et vertus du numĂ©rique. Comme mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, il est impĂ©ratif que la sociĂ©tĂ© emboĂźte le pas avec lâĂšre du numĂ©rique, elle qui sâest dĂ©jĂ implantĂ©e dans le quotidien de la sociĂ©tĂ©. En touchant Ă©galement le thĂšme des promesses et des vertus du numĂ©rique, Cardon explique que les rĂŽles dĂ©mocratiques des mĂ©dias numĂ©riques sont nombreux, et que lâindividu est au cĆur de ceux-ci : « Internet joue en effet un rĂŽle majeur dans lâĂ©mancipation, dans lâauto-organisation de la sociĂ©tĂ© civile (âŠ). La clef est donc cette capacitĂ© de chacun Ă se prendre en main, qui se traduit en anglais par la notion dâempowerment. TrĂšs prĂ©sente dans les dĂ©bats dâInternet depuis une vingtaine dâannĂ©es, elle consiste Ă offrir Ă tous des technologies ainsi que des systĂšmes dâĂ©change et de production en commun qui leur permettent de rĂ©aliser ce qui, en eux, serait le propre de leur citoyennetĂ©, Ă savoir la sociabilitĂ©, et dâorchestrer en consĂ©quence la mise en dialogue de la sociĂ©tĂ© dans son ensemble. » (Cardon, 2012, p.2-3). La dĂ©mocratie est vitale pour la sociĂ©tĂ© monarchique dans laquelle on vit et elle lâest tout autant Ă travers les mĂ©dias numĂ©riques. Ses bienfaits et ses vertus sont considĂ©rables, et il faut les connaĂźtre. Mais lorsque lâon parle de bienfaits, il y a gĂ©nĂ©ralement deux cĂŽtĂ©s Ă la mĂ©daille. Par exemple, la gratuitĂ© du numĂ©rique. QuâĂ cela ne tienne, que lâon se range dâun cĂŽtĂ© ou de lâautre, la gratuitĂ© est omniprĂ©sente dans lâĂšre du numĂ©rique et reconnaĂźtre ses apports Ă la communautĂ© (vertus) est nĂ©cessaire, sans toutefois nĂ©gliger la morale et les rapports sociaux Ă©galitaires, comme le prĂ©cise Goldenberg : « En ce qui concerne lâusage de lâinformatique, la culture de la gratuitĂ© apparaĂźtrait sous deux angles diffĂ©rents : dâun cĂŽtĂ©, la recherche consumĂ©riste de biens et de services au meilleur prix, voire Ă un prix nul ; de lâautre, la revendication, militante, conscientisĂ©e, de rapports sociaux libres et Ă©galitaires et, en consĂ©quence, la reconnaissance dâune possibilitĂ© de contribution citoyenne Ă©largie Ă la valeur de ce qui est produit et Ă©changĂ© sur Internet. » (Goldenberg, 2010, p.509). Cela dit, la familiarisation avec les promesses et les vertus du numĂ©rique est selon moi trĂšs importante.Â
Pour ce qui est des 4 derniĂšres thĂ©matiques classĂ©es, non pas quelles sont moins importantes, bien au contraire. Mais, selon moi, la hiĂ©rarchisation de lâensemble des thĂ©matiques devait nĂ©cessairement et prioritairement se composer du panorama des mĂ©dias numĂ©rique, des mĂ©dias numĂ©riques et de la dĂ©mocratie en plus des promesses et vertus du numeÌrique, qui revĂȘtissent tous des caractĂšres et des Ă©tendues notoires, toujours dans un contexte dâactualitĂ© numĂ©rique.
Pour ce qui est du bilan de mes pratiques numĂ©riques selon les diffĂ©rents enjeux et problĂšmes des rĂ©gimes numĂ©riques, je dois dire que jâai somme toute de bonnes pratiques numĂ©riques. En tant quâĂ©tudiant en communication et connaissant les grandes sphĂšres des rĂ©gimes numĂ©riques, il mâest plus facile de favoriser de bonnes pratiques, connaissant dâune part les Ă©tendues, mais Ă©galement les limites et les freins des rĂ©gimes numĂ©riques. Cela dit, suivre le cours MĂ©dias numĂ©riques : problĂšmes et enjeux mâaura ouvert les yeux sur lâune de mes pratiques, qui je crois, devrait changer, ou Ă tout de moins, me faire prendre conscience dâune rĂ©alitĂ© Ă lâĂšre du numĂ©rique. Dans mon travail final de fin de session, nous avons effectuĂ©, mes coĂ©quipiers et moi, une Ă©tude de cas sur la gratuitĂ© musicale quâoffre Spotify et des enjeux que cette mĂȘme gratuitĂ© reprĂ©sente pour les artistes. Pour rĂ©sumĂ© lâessence du travail, nous avons confirmĂ© nos hypothĂšses alors que lâapplication numĂ©rique Spotify reprĂ©sente bel et bien un enjeu de taille pour les artistes, notamment les artistes canadiens, alors que les redevances et les compensations sont relativement insuffisantes, pour ne pas dire infimes, nuisant ainsi aux artistes, Ă la production musicale locale et Ă la culture sociĂ©tale. Sachant cela, je suis moi-mĂȘme un utilisateur de lâapplication Spotify. Je connaissais relativement les façons de faire du service musical suĂ©dois, mais me pencher concrĂštement sur les rĂ©alitĂ©s et sur les enjeux derriĂšre ce gĂ©ant de lâindustrie mâaura certainement fait prendre conscience. Mon sens moral aura vraiment Ă©tĂ© interpellĂ© au fil de cette Ă©tude. Comme le prĂ©cise Anderson citĂ© par Goldenberg : « les coĂ»ts sur Internet vont tous dans la mĂȘme direction : vers zĂ©ro [âŠ]. Il est dĂ©sormais clair que tout ce que le numĂ©rique touche Ă©volue vers la gratuitĂ© » (Goldenberg, 2010, p.511). En lisant cette citation, je mâinquiĂšte sensiblement pour les artistes dâici. La popularitĂ© de Spotify est faĂźte et ne dĂ©rougira certainement pas. Les artistes se doivent de suivre les tendances et de sây retrouver, question de visibilitĂ©, au dĂ©triment dâavantages financiers. Assisterons-nous au dĂ©clin des artistes Ă©mergents, toujours selon les dires de Anderson ? Je ne veux en aucun cas que mes pratiques numĂ©riques favorisent cette possible rĂ©alitĂ©. Se faisant, pour mes rĂ©solutions futures, je compte encourager mes artistes locaux favoris en les supportant via lâachat digital de leur production. Je ne suis que quelques artistes prĂ©cis et connaissant maintenant concrĂštement les enjeux auxquels ils font faces, je crois nĂ©cessaire dâĂȘtre lâun de ceux qui contribuent au maintien des redevances Ă©galitaires, justes, et morales. Philipe Aigrain, dâordre plus gĂ©nĂ©ral, propose lui aussi des solutions en matiĂšre de rĂ©munĂ©ration de la contribution : « Philippe Aigrain,ïâŠï propose diffĂ©rentes mesures pour permettre des solutions crĂ©atives de rĂ©munĂ©ration de la contribution. Parmi celles-ci : une dĂ©limitation claire des Ă©changes autorisĂ©s, un revenu garanti par la contribution financiĂšre des abonnĂ©s en haut dĂ©bit, un soutien Ă la crĂ©ation selon des modes de gouvernance non bureaucratiques, prenant en compte la protection des donnĂ©es personnelles. »
Pour conclure, lâĂšre du numĂ©rique coexiste maintenant avec notre quotidien et il faut savoir construire, pour ceux qui sây initient, et modeler, pour les plus aguerris, nos pratiques numĂ©riques en fonction de celle-ci.












