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@jegarde
France 5 vient de réaliser une trÚs bonne bande annonce pour son émission.
Winter Sleep
WInter Sleep de Nuri Bilge Ceylan.
Que dire de Winter Sleep, si ce nâest que je nâai rien Ă lui reprocher, hormis quelques longueurs.
Alors que les dialogues de Transformers 4 tiennent sur une page, ceux rythmant les 3h16 de Winter Sleep pourraient faire lâĆuvre dâun roman. Car lĂ se trouve lâintĂ©rĂȘt du film : les dialogues. Tout tourne autour dâun personnage, accusant le poids des annĂ©es, lassĂ© par une vie dans laquelle il nâa pas eu ce Ă quoi il aspirait, rejetant sa frustration sur son entourage. Ce quâil y a de magnifique dans ce film, câest le portrait qui est dressĂ© de chaque personnage Ă travers les dialogues, aucun flashback, uniquement des Ă©changes qui nous permettent de les dĂ©couvrir, nous donnent lâimpression de les connaitre depuis longtemps et de poser sur eux notre jugement.
Les dialogues, vous lâaurez compris, sont trĂšs bien Ă©cris, appuyĂ©s par un jeu dâacteur convainquant.
Le rĂ©alisateur Nuri Bilge Ceylan a su filmer une Turquie Ă lâimage de son personnage principal : froide, dĂ©sertique et retirĂ©e. Câest par la maitrise de sa rĂ©alisation que le spectateur digĂšre ce film malgrĂ© sa durĂ©e.
Winter Sleep est un grand film, bavard mais brillamment écrit.
Note : 9/10
J'ai toujours trouvé ces trous fascinants, mais aussi terriblement effrayants.
Les Gardiens de la galaxie
Les Gardiens de la galaxie de James Gunn.
Envolons-nous dans les Ă©toiles et rejoignions Les gardiens de la galaxie, la nouvelle franchise signĂ©e Marvel. Il est bien normal que ce raton laveur, ce bout de bois vivant et le reste de cette troupe ne vous Ă©voque rien, mĂȘme les lecteurs de comics seraient peu nombreux Ă connaitre Ă leur existence. Si leurs origines attisent quelque peu votre curiositĂ©, il est prĂ©fĂ©rable de lire lâarticle du Journal du Geek (http://bit.ly/1vv35cE). Dans le film, leur passĂ© ne sera Ă©voquĂ© (hormis pour lâhumain) quâen trois lignes de dialogue. Jâimagine que la manĆuvre permettra Ă Marvel de dĂ©velopper la genĂšse des personnages dans des films individuels (autant ronger lâos jusquâĂ la moelle). Fort heureusement, ce dĂ©faut est quasiment effacĂ© par le charisme des personnages et lâefficacitĂ© de lâhumour. Les dialogues sont drĂŽles et rythme Ă eux seuls un film plombĂ© par la simplicitĂ© de son scĂ©nario. Nous voilĂ Ă nouveau en prĂ©sence de lâarchĂ©type du mĂ©chant, voulant devenir le plus fort pour dominer lâunivers et de hĂ©ros prĂȘts Ă se sacrifier pour sauver lâunivers, juste parce que câest beau lâamitiĂ©. La rĂ©alisation respecte Ă la lettre le fameux manuel : âLe blockbuster Marvel pour les nulsâ, nâessayant Ă aucun moment dâapporter ne serait-ce une once de personnalitĂ© ou dâoriginalitĂ©. Il me faut tout de mĂȘme louer cette ambiance annĂ©e 70, magistralement appuyĂ©e par une bande originale aux petits oignons. Si la structure est des plus conventionnelle, cet univers intergalactique et lâomniprĂ©sence de lâhumour apporte un sentiment de fraicheur Ă la filmographie Marvel. Note : 6,5/10
Gaël Monfils assure le spectacle durant l'Open du Canada. Génial !
Under the skin
Under the skin de Jonathan Glazer
Under the Skin raconte tellement peu de chose que poser les bases de lâhistoire me semble dĂ©jĂ dĂ©voiler le film.
Si la bande annonce vous a assez intriguĂ© pour vous donner lâenvie de dĂ©couvrir le film, alors franchissez le pas. Que vous aimiez ou pas, ce film ne devrait pas vous laisser indiffĂ©rent. Si par contre, elle vous a laissĂ© de marbre, passez votre chemin.
Scarlett Johansson (qui reste assez mono-expressive durant le film) a un but dans la vie, appĂąter le jeune cĂ©libataire afin que sa race extra-terrestre fasse je ne sais quoi de leurs organes. Si je ne sais pas ce quâils leurs font, câest parce que tout cela nâest pas dit. Le trĂšs peu de choses que nous dĂ©couvrons sur eux ne sert quâĂ combler le dĂ©sir du rĂ©alisateur Ă faire de lâart vidĂ©o contemporain auquel jâaccorde un regard curieux et septique, mais qui une fois de plus nâa su susciter chez moi ni admiration, ni Ă©motion.
A cĂŽtĂ© de cela, ce dresse le portrait psychologie de Scarlett, cet aspect reste le plus intĂ©ressant Ă mes yeux, bien quâassez rĂ©current au cinĂ©ma. Au dĂ©part, Scarlett remplie sa besogne, sans remord et sans se poser de questions. Puis peu Ă peu, elle va dĂ©couvrir la vie, les sentiments et son comportement va changer.
Cette transformation est trĂšs bien menĂ©e par le rĂ©cit et comporte une forte cohĂ©rence. Son rythme est cependant trĂšs long et mâa quelque peu ennuyĂ©. Je ne peux cependant pas vraiment le reprocher, câest un parti pris qui sied Ă ce personnage mutique.
Under the Skin pose les bases dâune histoire qui soulĂšvent beaucoup d'interrogations mais qui nâest malheureusement lĂ que montrer lâhumanisation dâun extra-terrestre.
Note : 6/10
La connaissance est la condition préalable à tout débat.
Alain Gresh
La chambre bleue
La chambre bleue de Mathieu Amalric.
Le dernier film de Mathieu Amalric, sĂ©lectionnĂ© Ă un certain regard Ă Cannes me laisse perplexe. Car qu'en retiens-je ? Je nâai pas lu la nouvelle de Simenon, mais son histoire ne repose que sur un simple fait divers, une histoire dâadultĂšre ayant mal tournĂ©e, le genre de scĂ©nario parfaitement adaptable en tĂ©lĂ©film pour France 3. Si le film a su captiver mon attention, câest par un lourd et pesant mystĂšre mis en place par une habile construction du rĂ©cit alternant les Ă©poques et les points de vue, entre les faits du personnage principal et lâinterrogatoire menĂ©e par le juge. La dualitĂ© de ces approches nous intrigue et donne irrĂ©mĂ©diablement envie de connaitre la vĂ©ritĂ©. Malheureusement, ce questionnement se dĂ©veloppent dans une ambiance monotone, peinant Ă susciter lâĂ©motion et lâempathie envers des personnages pourtant bien jouĂ©.
Un film trÚs mystérieux mais trop froid à mes yeux.
Note : 6,5/10
Godzilla
Godzilla de Gareth Edwards III
Godzilla, câĂ©tait avant tout une bande annonce impressionnante. Ce saut en parachute Ă lâesthĂ©tisme travaillĂ©, cette musique initiatrice de terreur et ce Godzilla Ă peine montrĂ©, elle savait parfaitement donner lâenvie de voir le film. Malheureusement les premiĂšres critiques arrivĂšrent et ce ne fut pas glorieux, mĂȘme plutĂŽt mauvais. LâhĂ©sitation naissait en moi, cette bande annonce ne pouvait pas avoir totalement tort. La curiositĂ© se faisait chaque jour plus grande et je dĂ©cidais dâaller le voir. Lâhistoire est trĂšs classique : un monstre apparait et des chercheurs tentent de trouver son origine afin dâaider les militaires Ă lui pĂ©ter la gueule. Plus classique, tu meurs. Un scĂ©nario aussi lĂ©ger est pardonnable pour peu que le rĂ©alisateur sache insuffler un rythme Ă son rĂ©cit et proposer de personnages intĂ©ressants. Ce nâest malheureusement pas le cas, les personnages sont dâune inutilitĂ© impressionnante dans le dĂ©roulement de lâhistoire, leurs rĂŽles sont intĂ©ressants et se limitent aux clichĂ©s du genre : - Soldat : je dois le faire pour mon pays et ma famille. - Chercheur : je vous avais prĂ©venu, mais personne ne mâa Ă©coutĂ©/nous ne somme rien face Ă la nature. - GĂ©nĂ©ral : ta gueule le chercheur, je prĂ©fĂšre lâutilisation de la force. Le plus ahurissant est que Gareth Edwards est adoptĂ© comme point de vue celui de ses personnages, donnant quelques fois des scĂšnes totalement absurdes. Exemple : des soldats ouvrent des portes dans un bunker Ă la rechercher dâun monstre, ils ouvrent la bonne et dĂ©couvrent un cratĂšre gros comme un stade visible de la lune. Quel besoin dâouvrir des portes quand des hĂ©licos font des rondes juste au-dessus. Uniquement pour garder un point de vue humain. Nây a-t-il donc que des dĂ©fauts dans ce film ? Heureusement non. Lors de certains passages, la photographie et les dĂ©cors sont trĂšs rĂ©ussis mais complĂštement sous exploitĂ©s, comme la ville japonaise complĂštement abandonnĂ©e. Mais la grande force du film rĂ©side dans la mise en scĂšne autour de Godzilla. Le rĂ©alisateur attise la curiositĂ© du spectateur, fait monter la pression et divulgue petit Ă petit son bĂ©bĂ© jusquâau plan complet du bestiau, jouissif et impressionnant, dĂ©gageant un sentiment de puissance et de respect. Dâautre part, mĂȘme sans connaitre le matĂ©riel original, jâai fortement ressenti lâhommage qui lui Ă©tait fait, le respect de lâadaptation. Il ne me reste plus quâĂ trouver le courage de visionner le premier du nom. Note : 5/10Â
States of Grace
Nous sommes face Ă un film taillĂ© pour le festival de Sundance, c'est Ă dire un film amĂ©ricain, avec un personnage un peu paumĂ© et une musique indie folk Ă tomber.  Je l'avoue, j'en suis assez friand. J'aime le cĂŽtĂ© humain et authentique de ces films, prĂ©fĂ©rant dĂ©velopper un personnage qu'une histoire rocambolesque. LâidĂ©al Ă©tant de rĂ©ussir Ă mĂ©langer les deux, ce qui nous donne de petites merveilles comme Little Miss Sunshine. Dans States of Grace, nous suivons le quotidien de Grace, une jeune femme travaillant dans un foyer dans lequel elle encadre des enfants Ă qui la vie nâa pas fait de cadeaux (maltraitance, viol, abandon, etc.). En ce lieu et avec son Ă©quipe, elle rĂ©conforte ces enfants, elle leur offre un cadre de vie serein et protecteur. Cependant lâapparente tranquillitĂ© qui se dĂ©gage dâelle, cache pour elle aussi un traumatisme auquel elle nâa pas encore su faire totalement face.
Lâhistoire est trĂšs bien menĂ©e et suit comme il faut lâĂ©volution du personnage principal, mais la beautĂ© de ce film ne rĂ©side pas dans le scĂ©nario, elle se dĂ©voile dans ces instants de confidences, oĂč les enfants partagent leur souffrance, Ă©vacuent leurs dĂ©mons et se dĂ©cident Ă refaire confiance aux autres. Ces moments de grĂące sont dâune sincĂ©ritĂ© et dâune justesse Ă couper le souffle, nous laissant dĂ©celer leurs plaies les plus profondes, nous en oublions quâil sâagit dâacteur et nous laissons porter par lâĂ©motion.
States of Grace mâa Ă©mu comme je ne lâai rarement Ă©tĂ© et le message dâespoir quâil vĂ©hicule le rend tout simplement beau. Un nouveau coup de cĆur.
Note : 9/10
Je découvre La minute nécessaire de Desproges. Simple et efficace.
Nebraska
Nebraska de Alexander Payne.
Nebraska a Ă©tĂ© ovationnĂ© par la presse. Son acteur principal : Bruce Dern, a reçu le prix d'interprĂ©tation Ă Cannes. Pourtant, je ne partage pas leur enthousiasme. Certains trouvent que l'utilisation du noir et blanc sied Ă ce film. Ce n'est pas mon cas, certes le visage de Bruce Dern, papi Ă la limite de la sĂ©nilitĂ©, rend magnifiquement bien en noir et blanc, mais personnellement la couleur m'a manquĂ©. Pour me comprendre, il faut en venir Ă l'histoire. Woody Grant est donc le papi interprĂ©tĂ© par Bruce Dern. Un jour, il reçoit une publicitĂ© lui disant qu'il a gagnĂ© 1 million de dollars, il ne lui en faut pas plus pour partir parcourir 2000 km Ă pied afin d'aller rĂ©cupĂ©rer son magot. Rapidement rattrapĂ© par la police et ramenĂ© chez lui, il ne dĂ©mord pas et la rĂ©cupĂ©ration de son bien tourne Ă l'obsession. Son fils dĂ©cide donc de l'y amener. Ainsi dĂ©bute ce road-movie Ă travers des Etats-Unis frappĂ©s par la crise et durant lequel ils feront halte dans le village natal de ce Woody. A mon goĂ»t, le film tourne autour du fils, il s'agit de sa vision, de la dĂ©couverte du passĂ© de son pĂšre et de sa relation avec lui. Ce regard nouveau, dĂ©nuĂ© de nostalgie, nĂ©cessite de la couleur, afin de percevoir l'effet du temps sur la vie. D'autant plus que certains plans me donnaient l'envie d'apercevoir l'Ă©clairage chaleureux du soleil, celui sordide des nĂ©ons de bars ou bien le bleu profond d'un ciel de panorama. Bref, mĂȘme si je trouve que l'histoire se rĂ©sume un peu trop Ă une succession de scĂ©nettes, il n'en reste pas moins qu'elles savent ĂȘtre drĂŽles ou Ă©mouvantes et que les relations entre les personnages sont brillamment construites, surtout quand l'argent vient rĂ©vĂ©ler la vraie nature des gens. Un film drĂŽle et sympathique mais bien loin d'un chef-d'Ćuvre. Note : 6,5/10
Only lovers left alive
Magnifique, je n'imagine pas introduire mon post par un autre mot que celui-ci. La bande-annonce le laissait prĂ©sager, le film l'a confirmĂ©. Only lovers left alive est beau. Cependant, je souhaite dĂ©buter par le thĂšme abordĂ© : les vampires. C'est un sujet qui a plutĂŽt le vent en poupe ses derniers temps, mais dont le traitement n'est jamais trĂšs original, on tombe soit dans la romance pour adolescente, soit dans le clash entre clans, soit dans la biographie de plusieurs siĂšcles. Avec Only lovers left alive, Jim Jarmusch a choisi de faire place au quotidien, dans sa forme la plus banale. Ce choix est Ă double tranchant, car la banalitĂ© peut ennuyer, surtout quand l'intrigue se rĂ©sume au fil conducteur suivant : l'amour entre deux vampires. Cependant, c'est faire preuve d'audace que d'entreprendre de filmer l'errance de ces personnages. Ici point de flashbacks, les courts dialogues suffisent Ă distiller d'amusants souvenirs, de petites pensĂ©es du passĂ©, empreintes de nostalgie et de sagesse, chargĂ© de critiques sur l'Ă©tat actuel du monde.Â
Ce parti pris ne serait rien sans la virtuositĂ© de l'ambiance que dĂ©gage ce film. La dĂ©licatesse de la rĂ©alisation, la beautĂ© de la photographie, l'Ă©lĂ©gance des personnages et lâenvoĂ»tement de la musique m'ont transportĂ© comme dans un songe Ă travers les rues abandonnĂ©es de DĂ©troit ou dans la chaleur des quartiers de Tanger et font de ce film un de mes premiers coups de cĆur de l'annĂ©e. Note : 9,5/10
De super belles photos.
Une bonne partie de son spectacle. Je ne sais pas s'il s'agit du dernier, dans tous les cas, je me suis bien marré.