“Le visage de la montagne s’éclaire quand le soleil rencontre dès l’aurore un de ses flancs. L’astre apparaît au-dessus de son sommet. Recevant sa clarté, la montagne se colore. Elle sort de la nuit avec magnificence. Lorsque le soleil se trouve à la verticale, son étreinte fait resplendir la neige et la glace. Ainsi la montagne se transforme en mer lumineuse, tout en conservant sa froidure sous la clarté solaire. Selon leur démesure, soleil et montagnes doivent échanger dans le silence un dialogue. Aucun mot. Une présence, un don. Ensuite une réception (...)
Aucun langage n’est capable de rendre compte d’une telle expérience. Le vide ne saurait être explicité. Il ne pourrait s’exprimer que par un bégaiement (...)
A ceux qui considèrent la montagne comme une masse de terre qu’il convient de franchir et de dominer, celle-ci dissimule sa beauté et ses trésors secrets. Le tintement de ses sources, les sons de ses cascades, le doux repos de ses lacs, la nature les réserve à ses amis capables de la contempler avec les yeux du coeur et de l’écouter grâce à l’ouïe du dedans (...)
A quel degré de beauté fantastique peuvent atteindre les apparences, quand la neige, les rocs, le vide et les brumes s’unissent pour combiner leurs effets.”
En photos pour illustrer ces extraits de “La montagne et sa symbolique” de Marie-Madeleine Davy, le travail de Sabatina Leccia qui brode, perce des milliers de trous dans le papier, y trace autant de points et de traits à l’encre pour créer des oeuvres poétiques qui font rêver tout debout. “In a world too much industrialized, mechanized, Sabatina uses embroidery as a main medium to question the notion of time and poetry in our dailylife. She intends to bring back a bit of slowness and softness by creating handmade and embroidered pieces.”