Amélie - Lonesome French Cowboy / La Péniche
Pour une fois on va la faire à l'envers et écrire des romans sur la première partie, Amélie. Un coup de foudre immédiat. Une petite blonde boulotte hippie-sixtisante, accompagnée d'un batteur mutique qui sourit paisiblement, voire bêtement, tout droit sortit d'un groupe amateur grunge des années 90 (vous savez bien, t-shirt imprimé, chemise canadienne à carreaux et ce drôle d'effet look j'ai-les-cheveux-mal-placés-comme-si-j'avais-une-perruque).
Un coup de foudre sans doute techniquement injustifié, tellement le groupe à déjà tout gagné sur la voix de la chanteuse. Frôlant les écueils mielleux et dégoulinants du chant féminin pop-folk sans jamais y tomber, la voix d'Amélie séduit d'emblée par la conjugaison de la chaleur soul, de la fraicheur pop et de l'expressivité folk.
Ainsi le reste de ce qu'on entend a la fâcheuse tendance à passer au second plan. Pourtant la puissance mélodique de chaque morceau est un renfort évident et concourt indubitablement à la magie de l'opération. L'attitude aussi, la chanteuse levant spasmodiquement les jambes pour écrasé vigoureusement le sol du pied pendant qu'elle gratte sa guitare et vocalise à tout va, un tic curieux qui rajoute à la sincérité de la prestation. Mais dans le même temps, on ne peut pas s'empêcher de se dire que même avec un djembé, autour d'un feu, ça marcherait quand même.
Et pourtant, vous n'imaginez pas à quel point je prends sur moi pour exprimer mon émoi honnêtement. Je dois passer outre un coté girly et presque pas du tout rock'n'roll qui aurait pu me rebuter en bien des endroits. Pensez-donc: il y a même eu une reprise d'Abba au milieu. Et il suffit d'aller voir le site ou juste de jeter un œil à la pochette de l'album pour se dire que cette production n'est manifestement pas destinée à un public masculin hétérosexuel de base. Les versions albums pâtissent d'ailleurs de rajout de chœurs féminins type woo-oo-oo ou padap-padap-padap qui gâchent presque tout.
Peut-être était-ce simplement le bon moment au bon endroit. Un concert du mardi soir à l'ambiance familiale non exclusive; une performance humble, spontanée et chaleureuse, en bref, du câlin pour tous, mais sans les chichis. Une petite soirée de derrière les fagots concoctées par les copains d'Ah Bon ! Productions, et je vous jure mes grands dieux que ce n'est pas pour ça que j'érige une statue aujourd'hui à la première partie.
Je ne me suis d'ailleurs toujours pas remis de cette géniale idée de proposer des dégustations de vins coordonnés aux groupes pendant le concert. Si seulement vous aviez pu goûter ce petit Languedoc fruité et pourtant plein de personnalité, si justement associé au concert sus-décrit... charmant.
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#13 ● Amélie ● Run Run Run ● ParsEnLive.fr ♫ par parsenlive
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Puis vint Lonesome French Cowboy, qui décevra d'emblée l'allergique à la publicité mensongère, puisqu'ils sont deux. C'est pourtant bien la version solo du groupe French Cowboy qu'on verra ce soir, accompagnée donc d'un batteur debout, et ça suffit pour un mauvais départ entre nous. Car le Juke Blox ne supporte pas les batteurs debout. Je ne sais pas pourquoi, c'est comme ça.
Ça commence mal aussi parce que, vous comprenez, ces gens-là présentent mal. Bonnet péruvien, chapka russe, gilet tricoté motif flocon de neige, ce groupe n'envoie pas forcément des signaux rassurants. Et puis, comment vous dire, ça commence très pouet-pouet. Genre chanson-gag. Donc ça ne va pas du tout.
Il s'avérera heureusement que Lonesome French Cowboy nécessite un temps d'acclimatation certain, et que ces gars là savent comment on peut n'en avoir rien à foutre sans pour autant faire la nique au public. On a ici affaire à un rock assez foutraque, punk-blues lo-fi pour être exact, avec filtre crade systématique sur le micro.
Une aventure agréable et amusante, notamment jusqu'à une reprise barge de « let there be rock » d'ACDC qui fit danser tout le monde (oui, c'était la soirée des reprises qui volent haut). Pourtant, pas d'alchimie particulière, peut-être à cause de ce second degré perpétuel qui empêche l'adhésion définitive à leur son bien chiadé mine-de-rien. On n'était pas loin de plein de choses très bien, mais non, au final, il ne s'est rien passé d'impérissable. Peut-être que ça se serait vraiment mieux passé avec un batteur assis, après tout.
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Prochaine soirée Ah Bon Productions ! (et celle là je la recommande)
SIMON FINN (Psyché Folk / Colchester) + SAM NOLIN (Folk / Lille)
A la Malterie, Mercredi 22 février 2012, 20:00.
http://www.facebook.com/events/231543096916917/












