La psychanalyse permet de découvrir que toute communication avec d'autres tient d’abord à mon impossibilité constitutive de communiquer directement avec moi-même.
C’est le fait d’être divisé par le signifiant, divisé entre :
* quelque chose (le sujet, le “je” grammatical de l’énoncé, symbolique…)
* et …rien (la place vide logiquement présupposée pour qu’un énoncé ait pu avoir lieu, pour que je puisse dire “je”, le réel de mon énonciation… )
qui m’empêche d’accéder à “moi-même” et à mon propre corps, toujours barré que je suis par l’obligée médiation du langage, dans lequel “je” est toujours déjà pris, toujours Autre.
Nous cherchons donc chez l’Autre notre part manquante (toujours déjà manquante, originellement manquante) une façon de combler ce vide qui pourtant constitue la condition sine qua non de l’émergence de notre sujet.
Ce que nous cherchons c’est notre sujet lui-même, projeté dans le monde “devant nous”, le monde qui objecte et fait obstacle, le monde des objets (a-bjets) parmi lesquels d’autres, comme d’éternelles “consciences de soi” toujours «objectent», et continuent de faire ob-stacle à l’expansion de notre subjectivité infinie.
Ce qui permet à Merleau-Ponty de déclarer: “Notre rapport au vrai passe par les autres. Ou bien nous allons au vrai avec eux, ou bien ce n'est pas au vrai que nous allons.” ; et à Lacan de dire que le collectif n’est rien d’autre que le sujet de l’individuel.
C’est à partir de ce constat que pourrait s’élaborer aujourd’hui notre rapport renouvelé, plus réel, plus vrai, plus concret à la politique.













