Quand le mime sâen mĂȘle.
Photo empruntée ici
Le weekend dernier, jâĂ©tais de sortie et dâhumeur chasseresse. Et pour une fille, dans ce monde toujours phallocrato-centrĂ©, les outils de drague Ă disposition sont plutĂŽt limitĂ©s. Ils se rĂ©duisent Ă lâusage de son apparence physique: câest-Ă -dire Ă montrer ses seins (enfin une partie hein, son dĂ©colletĂ© quoi !) ou ses jambes. Je dis OU ses jambes, car en exhibant dĂ©colletĂ© ET jambes, on sâexpose Ă la case « salope » dans laquelle hommes et femmes, ayant inconsciemment assimilĂ© la culture sexiste, feront choir de leur regard rĂ©probateur lâeffrontĂ©e qui aurait tentĂ© le combo.
Le second outil, arme plus redoutable encore si on la maĂźtrise, pour autant bien sĂ»r que lâhomme envers lequel elle est dirigĂ©e sache la dĂ©coder (certains Ă©tant complĂštement ignares en la matiĂšre, mais câest une autre histoire) le eye-contact. Et cette arme-lĂ vaut son pesant dâor en termes de force de frappe, Ă tel point quâon nâest pas Ă lâabri dâappĂąter un chaland parfaitement indĂ©sirable par un eye-contact involontaire. Si le cas se prĂ©sente, on est assez mal, car signifier quâon est pas intĂ©ressĂ©e au mĂąle qui a dĂ©cryptĂ© (ou cru dĂ©crypter) un eye-contact, exige de mobiliser des efforts aussi intenses que ceux requis pour faire monter des blancs en neige Ă la seule force du poignet.
Bref, ce soir-lĂ , jâavais choisi lâoption « jambes » plutĂŽt que « dĂ©colleté » pour une virĂ©e du samedi soir avec mon acolyte fĂ©minine prĂ©fĂ©rĂ©e, avec comme objectif une rĂ©hydratation alcoolisĂ©e soutenue, voire plus si se produisaient, chemin faisant, des affinitĂ©s masculines propices.  Et jusque-lĂ notre soirĂ©e se dĂ©roulait sans encombres : soleil couchant, chaleur, discussion entre filles et cocktails Ă©taient au rendez-vous. Soudain, alors que nous nous dirigeons vers le bar, je repĂšre de lâautre cĂŽtĂ© de la terrasse pile-poil mon type dâhommes: brun aux yeux sombres. Sur ce, une fois le prĂ©cieux breuvage Ă©tancheur de soif commandĂ©, nous nous installons Ă proximitĂ© de lâhomme convoitĂ©.
Je dĂ©gaine alors habilement mon eye-contact, qui produit les effets escomptĂ©s, puisque assez rapidement le mec nous aborde, lui-mĂȘme flanquĂ© de deux potes, tout Ă fait ravis de parler Ă mon amie. SâentremĂȘlent ensuite naturellement discussions, verres et flirt jusquâĂ lâheure « citrouille » de fermeture du bar. Mon amie et les deux potes dĂ©cident de rentrer, ayant eu leur dose dâivresse pour cette fin de semaine, tandis que le regard du beau tĂ©nĂ©breux et le mien conviennent tacitement de poursuivre ensemble.
AprĂšs de cordiaux aurevoirs Ă nos accompagnants et un trajet jusque chez lui, empruntĂ© dâune maniĂšre rapprochĂ©e, nous entamons des embrassades passionnĂ©es, menant Ă un dĂ©shabillage rapide. CarrĂ©ment fan de sa maniĂšre dâembrasser, je mâattends alors Ă des Ă©treintes ardentes (et Ă des prĂ©liminaires surtout !) Sauf que, alors que de mon cĂŽtĂ© jâen suis encore aux antipasti, il extirpe dĂ©jĂ de son pantalon sis Ă nos pieds un certain objet latexĂ©. Et Ă mon grand Ă©tonnement, toutes autres affaires cessantes, une fois ce dernier enfilĂ©, il se lance dans une chorĂ©graphie relevant de la longue performance pornographique, jusquâĂ lâextinction de ses feux.
Et lĂ je mâinterroge sur le fonctionnement de ce type de mec, incapable dâĂ©change lors dâune relation sexuelle, et qui emploie lâautre comme substitut au vagin artificiel. En plus, le gars a de la chance que le temps passĂ© Ă flirter plus tĂŽt ait dĂ©jĂ produit des fruits lubrificateurs prĂ©alables, sans quoi des Ă©bats pĂ©nĂ©trants aussi rapides auraient Ă©tĂ© ardus. Mais bon, ce nâest pas comme sâil sâen Ă©tait soucié ! Par ailleurs, question plus Ă©nigmatique encore: ce genre de mec prend-il rĂ©ellement du plaisir Ă mimer frĂ©nĂ©tiquement des films de boule?







