Le langage poétique des Anciens ne dissociait pas, dans la parole, le Sens, le Son et l’Être. 
Jean-Paul Savignac. Le mythe antique, pourpre et ors. 2008

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@laradiodusiecle
Le langage poétique des Anciens ne dissociait pas, dans la parole, le Sens, le Son et l’Être. 
Jean-Paul Savignac. Le mythe antique, pourpre et ors. 2008
Nulle médaille
Pas de prix
acheté
Ni reconnaissance
Zéro publicité
Aucun
abattage
Médiatique ou bouche
A oreilles poétique
sans honneurs
Le réseau saturera vite
Rien de tout cela
Récompensera autant
Qu'un verre de vin trinqué
avec le soleil
sur la tranquillité du monde
Qu'on repose en paix
de son vivant
au prè de ses vers
auprès de ses mômes
Et partir ainsi vivement, ou brûler
au sel de l'eau
.
Peut-être que la place idéale du poème n’est-elle ni sur la page ni dans la lecture orale, mais dans la mémoire. On se souvient d’un très beau poème, on se le récite en soi. C’est là que la poésie survit véritablement, à mon avis. 
Allen Ginsberg. Question de. 1989
Hasui Kawase
Cette électricité qui monte avant l’orage, cette tension qui s’installe, et ni les bruits ni les odeurs ne vibrent de la même façon, c’est calme mais pas tout à fait, c’est silencieux mais ça gronde déjà. Intérieurement, la révolution s’annonce. Extérieurement elle prend son air lumineux mais déterminé, elle se laisse magnifier par la zone d’ombre qui l’anime. On la voit et elle semble immobile mais le temps passe, 5 minutes, 1 heure, et ce n’est déjà plus pareil. Et toujours, son équilibre se situera entre garder le cap et rechercher le chaos.
Queen
Sur son murmure résonnent
mes fresques veinées de terre
l'os du temps aux strates
pontifiées
entre la couche et l'arbre Boudicca
respire
Elle a défait tout un
empire de cuir
au nom des vierges massacrées
ses propres filles comme
combat de dianes
portées sur la sandale
des colonisations
C'était Rome, ou la Californie,
Elle ne parlait plus des dieux hors des druides
mais des corps suppliciés des femmes
et des vieux des inutiles
à l'enseigne des membres de gloire
tous les slogans défient
l'écrasent
mutilent
nos codex ogamiques dans le patois des arbres
pour oublier les sources de la Reine
le corps de Boudicca
Jusqu'à pousser la force à la fuite
au maquis de ses cuisses
rose souvenir des sangs commandées
de l'empire effeuillé
si la magie revient si les cuirs d'empire
remeurent un soir violet
dans la farandole précieuse
des soupirs déclamés
.
Chaque fois
qu’une femme s’en va, au soir, vers son secret,
Elle trouve un poète marchant dans ses obsessions.
Et chaque fois qu’un poète va au plus profond de lui,
Il trouve une femme se dénudant devant son poème …
Mahmoud Darwich
Toda vez
que uma mulher vai, à noite, para o seu segredo,
Ela encontra um poeta andando em suas obsessões.
E toda vez que um poeta passa dentro dele,
Ele encontra uma mulher despida na frente de seu poema ...
Mahmoud Darwich
Nos âmes
Nos ancêtres ont dansé
toute la nuit
au milieu de nos pierres levées
au bord du fruit
Comme s'il n'y avait rien d'
autre que le temps
qui a tanné les jours heureux
tige du printemps
Et la nuit de ce loup qui ronge
l'os de la main
avec ce qui fut rêve ce qui fut songe
qui sera demain
les crânes laissent passer le vent
nettoie les feuilles
Celui qui souffle l'aiguille au dedans
même qui nous accueille
au bord des eaux qui seront chutes
au goût de ce jus
qui déborde quand il nous affûte nous
les âmes du cru
.
Réouvrir un Tumblr en 2026. Après une dizaine d'années d'absence et 4 ou 5 Tumblr tenus entre 2010 et 2016.
La belle époque. La liberté jusqu'à l'excès. Parce qu'on en veut toujours plus, même quand ça déborde. Et un jour, quelqu'un a sifflé la fin de la récré.
C'était quand même chouette la vie sans les réseaux sociaux, sans la pub toutes les 3 secondes, sans toute cette pression, sans cette course folle au nombre de likes sur Instagram ou de vues sur TikTok ; on lisait des blogs, on commentait, et on revenait la semaine suivante. Et entre temps.. bah il y avait la vie.
Nous avons abdiqué. Plus besoin de fouet. Nous sommes devenus des esclaves volontaires.
Moi la première.
Enfin bref, bienvenue toi qui me lit et qui que tu sois.
© Chroniques du dedans
Sous le ciel jauni
nous jouons dans les débris du monde
une musique d'autre hémisphère
faisant vibrer l'insouciance faisant sonner
les anciennes heures
au tamis de la fin des temps
la pluie aura l'épice de l'acier la goutte lave
l'épaisseur d'un jour dernier
nous y jouons d'entre les ruines
à leurs visages baptisés du feu et des larmes
dans les débris du monde
tes doigts dans la boucle
en revoltage sous l'atmosphère
.
Nous nous installerons là-bas
dans ce pays de vin et de miel
quand on aura fini de déblayer
tous les petits débris du monde
Nous irons là-bas, retournerons
chargés de textes et la foi pleine
de notre droit divin et d'élection
dans ce pays de vin et de miel
Nous reconstruirons un havre
de paix de sécurité sous le dôme
un phare pour le reste du monde
notre vieux pays de vin et de miel
Nous rétablirons la démocratie
pour notre pays de vin et de miel
nous repeindrons tous ses murs
délassés par le sang des nôtres
Nous prierons pour le salut éternel
du grand pays de vin et de miel
Mais pourquoi restent-ils encore
dans leur enfer, notre futur paradis ?
qui tombe parmi les débris du monde
Les bons comptes font les bons amis
Le ciel en bulles de souvenirs ㅡ bleu
de coton qui comble la brèche
baillante de l'oubli, endormie en tête-bêche
du côté du lit où tu me lis, la gorge sèche,
la ligne qui lie l'inaliénable au vendu,
et j'achète
la promesse pour le prix d'une perche
jamais tendue.
.
@laradiodusiecle
Les bons comptes font les bons amis
Le ciel en bulles de souvenirs ㅡ bleu
de coton qui comble la brèche
baillante de l'oubli, endormie en tête-bêche
du côté du lit où tu me lis, la gorge sèche,
la ligne qui lie l'inaliénable au vendu,
et j'achète
la promesse pour le prix d'une perche
jamais tendue.
.
@laradiodusiecle
Troublée
d'un regard ce geste
un mot soudainement
a surgi
un œil en éventail comme
une caresse ou
une confidence
d'une mèche
dé
placée
Troublé
de ta rencontre
en y repensant le rouge
aux joues une mèche
le léger tremblement
du fil tendu
de l'or autour de tes yeux
mon secret
torrent de la pensée
tes routines déviées de peu
d'une mèche replacée
d'un degré
ce regard
arrive quand les eaux pleines
bouillonnent et baillent
quand ton corps, à l'heure
monte et redescend
puis s'évapore sans l'intensité
d'une mèche
réchappée
qui reste au trouble du souvenir
qui se tient en pendentif
pendule de grains
rescapé éméché
enchanté
de la chaîne de tes épaules
où mouille mon trouble près du tien
.
Contact
Le chaos les mains vides
des touches de lettres collées
aux paroles sans plan
les alphabets ont rendu
la dernière syllabe
mais le silence n'a pas
régné, pas encore
le chaos les mains vides
des piles de dossiers
attendent traitement
de nos désastres, lentement
sans retenir sans un ongle
pour laisser au mur
la trace de sa signature
le chaos les mains vides
en dépossession de soi
on se décante dans la veine
à causer le filon, du doigt
cassé la pore brisée l'os
y laisse son larsen vriller
bande-son colorée de trous
le chaos les mains vides
à reprendre les prières le noir
la viande crue l'eau de pluie
avec des regards de volcan
autour d'un petit briquet.
.