Petite douche de substantifique moelle
YOU ARE THE REASON
Claire Keane
No title available

ellievsbear
TMBGareOK. The Official They Might Be Giants tumblr
No title available
"I'm Dorothy Gale from Kansas"

bliss lane
I'd rather be in outer space 🛸
sheepfilms
🩵 avery cochrane 🩵

if i look back, i am lost
Cookie Run:Kingdom Official!
h
hello vonnie
The Bowery Presents
Not today Justin

roma★
Game of Thrones Daily

#extradirty
seen from Colombia

seen from United States
seen from Spain
seen from Venezuela

seen from Malaysia
seen from United Kingdom

seen from Germany
seen from Vietnam
seen from Malaysia
seen from Mexico

seen from Canada
seen from United States
seen from Bangladesh
seen from Poland

seen from Malaysia

seen from United Arab Emirates

seen from United States

seen from Hong Kong SAR China

seen from United States
seen from Italy
@lesfreresjustice
Petite douche de substantifique moelle
Aujourd’hui Siku est né. Sans bruit, sans fanfares. Après des heures de dur labeur, il a enfin décidé de tendre ses maigres pattes vers la vie, vers l’incertitude du monde des hommes.
Hasard du destin, nous, les Frères Justice, avions suivi nos pieds jusqu'aux pavés de la glaciale Copenhague où Siku devait apercevoir les premières étoiles de sa vie encore si fragile. Terre rugueuse et grandiose, l'ancien saint des saints des guerriers vikings s'apprêtait à accueillir un digne descendant de ces illustres barbus, métaphore de la gloire passée que seule la vie est capable de nous offrir lors de quelques moments privilégiés, où l'éphémère se marie à l'éternel.
C'était alors en nous délectant d'un breuvage typiquement corsé du pays que nous rencontrâmes une bande de joyeux drilles dont la joie et l'engouement ne laissèrent pas indifférents les amoureux de la vie que nous sommes restés et que nous resterons toujours. La conversation ne tarda pas à débuter entre nous et nous apprîmes que cette bande de fanfarons n'était autre que l'équipe dorlotant les animaux du zoo de Copenhague. Le partage d'ambroisie et l'échange d'émotions aidant, nous fument bientôt invités à suivre nos compagnons de route sur leur lieu de travail pour un évènement majestueux : la naissance de Siku.
Nous réalisons qu’avec cette naissance nous assistons à l’un des évènements les plus marquants de l’histoire contemporaine. Siku, 8,7 kilos, est d’une beauté sans bornes, c’est l’aube blanche de notre journée. A peine le poil encore humide de son dos a-t-il touché le plateau de la balance que nous ressentons l’onde d’un frisson général envahir la pièce exigüe. C’est une euphorie silencieuse, qui nous secoue tous comme le doux vent d’été fait frémir les feuilles du tilleul. Une jeune femme présente ne peut s’empêcher de laisser s’échapper un petit cri d’allégresse, elle jubile même la bougresse, mais nous ne pouvons l’en blâmer. Nous avons nous-mêmes ressenti la chaleur d’une osmose universelle envahir nos corps au fur et à mesure que la petite âme de ce grand animal faisait son entrée dans le monde, accueillit par l'amour de nos cœurs émerveillés.
Nous voulons tous une partie de cet être frêle, une place dans le moelleux de son pelage divin, tous pantelants devant ce délicat ingénu qui n’a pas encore ouvert les yeux. Mais déjà les cruels hussards de la ménagerie nous l’enlèvent, nous l’arrachent, Ô céleste bambin, pour l’emmener loin de nous. Rarement, lors de nos pérégrinations nous n'avons assisté à des déchirements aussi terribles : la tristesse nous accable tous et un ectoplasme de douleur nous enveloppe froidement au départ du petit ours. Certains sont à genoux, rampants dans leur chagrin, hagards, à la recherche d’une lueur pour les guider hors du tunnel de ce rapt dantesque. Mais nous sommes de pauvres humains, de faibles pitres de la vie, de fumeux hypocrites plongés dans notre propre existence, et nous n’avons pas réalisé que pendant que nous voguions béats dans les méandres de sa beauté angélique, l’infortuné Siku était aux prises avec la mort. Eh oui, sa mère trop épuisée par des portées nombreuses, et ne pouvant plus l’allaiter, sa survie ne tenait plus qu’au maigre fil de l’assistance humaine.
Ô monde assassin ! Ô funestes aurores ! L’attente est interminable. Que font-ils là-bas, derrière ces portes anonymes, loin de nos âmes coulantes de peine ? Est-ce que l’ours Élu nous a déjà quittés? Nos congénères craquent les uns après les autres, broyés par une incertitude atroce. Les uns se jettent à terre et martèlent le sol froid, fous de désespoir, d’autres ont les yeux révulsés par l’effroi et errent comme des pantins détraqués dans les couloirs de ce lieu d’angoisse. La porte de l’apocalypse s’ouvre enfin et l’atmosphère déjà électrique se mue en une scène de folie bacchanale. Plus rien n’est humain dans ce couloir, nous sommes de pâles enveloppes frénétiquement malmenées par les paroles de cette homme dont notre vie dépend. « Il va vivre », et nos corps se libèrent. C’est la liesse, un magma d’émotions, le spleen est vaincu, portons haut les cœurs ! Alors, les membres encore un peu tremblants de ces minutes interminables, nous sortons tous hébétés mais ravis par cette heureuse nouvelle, et chacun, le sourire à l’âme, retourne paître les instants minables de sa vie dans son enclos d’existence, le pas peut être plus léger.
Mais une question reste en suspens : quel avenir pour ce petit Plume ? Qu’adviendra-t-il de ce joli ventre bombé une fois que les longs poils de l’adolescence auront fait disparaître à jamais l’innocente candeur de l’enfance ? Chez les ours polaires comme dans le monde vil des mortels, l’ascenseur social reste inéluctablement bloqué, et Siku, né d’une mère employée au zoo de Copenhague, risque malheureusement de terminer ses jours à éculer son beau poil sur les pierres fatiguées de la fosse. Mais qui sait? Il est toujours possible d’espérer qu’un beau jour, il brisera de ses pattes puissantes le plafond de verre qui le sépare d’un avenir radieux et s’en ira, la tête haute, occuper la place qu’il mérite, là-bas, sur le rocher d’Andersen, loin du monde, loin des hommes, mais si proche de l’Histoire.
Si le firmament m'était conté...
Jouer au foot avec un navet
20 Juin 2009.
Ça y est, nous amarrons dans une petite ville de la Côte d'Opale. Berck-Sur-Mer, fille ingrate du monde. Paysage ravagé d'un urbanisme sauvage et inhumain. Humains écorchés par la misère, la fatigue et la désespérance.
Nous saluons le gentil colporteur qui nous a déposé à la friterie du coin, Chez Loulou. Une délectable odeur de friture s'échappe des tôles battues par le vent de la Manche, éveillant nos papilles meurtries par l'absence prolongée de nourriture. Premier problème de notre long périple : Nous sommes pauvres. Pire, nous sommes très pauvres. Nous refusons le système monétaire qu'on nous impose et prônons la fraternité comme seul moyen de troc. Donc, oui, nos poches sont vides alors que nos coeurs regorgent d'amour. Mais, malheureusement, avec de l'amour on n'achète pas grand chose aujourd'hui.
Nous entamons la conversation avec Loulou, joyeux propriétaire de la-dite friterie. Un peu rondouillard, légèrement saoul mais gentil comme une chèvre. Après quelques minutes où nous lui expliquons notre situation de désillusionnés, nous nous rendons compte qu'il est peu enclin à adhérer à nos idées. Jamais, il ne nous offrira le grand cornet de frites que nous dégustions.
Second problème : Comment lui faire comprendre que nous refusons de payer avec autre chose que des émotions. Dans une autre époque, il aurait été possible de payer notre tribut à l'aide d'une douce mélodie, ce que nous essayons d'expliquer à Loulou en sortant nos guitares et en esquissant quelques notes dignes des plus belles ballades. Mais que nenni, Loulou vit ancré dans son temps, et dans son temps la musique n'achète rien. Encore moins un cornet de frites. En dépit de l'intéressant échange de point de vue sur l'ethnocentrisme économique de nos sociétés, la force des choses nous amène à prendre nos jambes à nos cous.
Alors que nous courons gaiement le long de l'esplanade berckoise, la main sur la tête pour empêcher nos chapeaux de s'envoler, nos pas nous mènent aux abords de grandes étendues de sable typiques du Pas-De-Calais et de Berck. Le somptueux paysage et l'opale de la mer nous transportent instantanément dans un état de bien être profond. Ce bruit si particulier de l'eau qui va et vient inlassablement efface en nous l'image ternie d'une ville défigurée par le béton. L'envie de saisir nos guitares devient trop forte et nous commençons à jouer quelques notes face à la mer.
Cela ne fait que quelques minutes que nous jouons cette ode à Mère Salée, mais déjà les vibrations de nos cordes ne laissent pas indifférent un pauvre hère qui roulait par là. Il faut dire, Berck n'est pas la seule dévastée sous le vent du Nord, certains de ses habitants le sont tout autant. Grands brûlés, estropiés, paraplégiques sont les hôtes de son centre où la vie côtoie sa douleur chaque jour. Et cet admirateur muet, impassible, cloué à son siège dont les roues s'enlisent dans le sable, nous observe à distance. Au fil des notes, il se rapproche, jusqu'à faire partie du cercle. Nous formons pour l'oeil extérieur un trio de tristesse irréel, magnifique.
Au moment où nous jetons sur les vagues nos dernières croches, sa tête se tourne lentement et difficilement vers ses compagnons d'infortune. Son regard en dit long, ce partage au bord de l'eau lui a rappelé que la vie peut être belle, même à Berck. Une larme salée se perd dans les crevasses de sa joue sèche, et tombe, étincelante, sur le sol froid de la plage. Au loin, une silhouette blanche secouée par le vent et fouettée par le sable, s'avance vers nous. C'est l'infirmière qui vient récupérer notre compadre. La paralysie de ses membres l'empêche de protester, mais son regard perçant est un appel à la révolte. Face à une telle grandeur, nous décidons de l'accompagner dans une dernière ballade. Diego le pousse en chantant, Chi'hin les enveloppe de sa mélodie, tandis que l'infirmière enterre sous ses pas des montagnes d'émotions.
Esclaves, ne maudissons pas la vie
Arthur Love
Puzzle Heart
Peu après notre rencontre, nous avons compris que nos ambitions débordantes avaient besoin d’un carcan, d’un ectoplasme émotionnel, comme le katana a besoin de son fourreau. Il y a belle lurette, vint au monde un être illustre, l’accoucheur d’une révélation: “l’art naît de contrainte, vit de luttes et meurt de liberté”. Nous en fûmes marqués au fer blanc. Le Puzzle Heart serait ainsi le catalyseur de notre philosophie, le concept qui donnerait à nos mots l’universel nécessaire pour que chacun puisse s’y reconnaître et y contempler sa propre âme.
Fil directeur de nos écrits, le Puzzle Heart est le fruit de notre Renaissance, la carte témoin de nos pérégrinations autour du monde. C’est qu’à travers le récit de nos voyages, et surtout de nos rencontres, nous créons notre propre carte du monde, notre propre carte du coeur, dont les artères sont des fleuves d’amour et d’amitié.
Chacun de nos billets sera une étape de plus vers l’accomplissement de cette tâche, ô combien ardue mais pourtant si essentielle. L’heure n’est plus à l’égoïsme, l’isolement, l’incompréhension. L’heure est désormais au partage, à la musique, au don la main sur le coeur. Et ce Tout sera la feuille de route, l’essence et la vocation de notre blog.
Les Frères Justice