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“La zone la plus érotique est l'imagination.” Vivienne Westwood
(Mes) mains dansant sur ton dos, s'enfonçant dans ta peau de la nuque aux reins...
Un rendez-vous avait été donné. Notre premier rendez-vous chez elle. Elle a dit : "tu as vu, j'ai fait un peu de lessive en pensant à ta venue...".
Elle désirait le toucher, le pétrir, le manier, le modeler, mais pour l'instant elle ne le dévorait que des yeux, arrêtant le temps et fépiglant des images de lui sur la pellicule. Par pudeur (fausse ou jouée, il ne le savait pas encore), elle suggérait des poses en commençant des phrases qu'il terminait en s'exhibant : "Montre moi ton.... ; touche-toi les... ; tes doigts dans ta.... ; montre-moi comment tu....".
Un rendez-vous avait été donné. Notre premier rendez-vous. Elle a dit "je connaissais ton écriture, maintenant je connais ta voix, il ne me reste plus qu'à connaître le goût de ton foutre...".
Désirant son fourreau de velours, de sa langue, il humidifie ses fronces et lentement insufle sa chaleur, caressant et frôlant, l'entrouvre et s’y glisse, puis un doigt introduit, puis deux tendus et joints, entrent, sortent, élargissent, humectent, avant que sa verge ne s'enfonce lentement...
Elle fardait ses lèvres d'un rouge éclatant, parachevant ainsi sa transformation en son amante (femelle désirante et parfois soumise), pendant que grandissait en elle son propre désir de devenir l'amant (le mâle empli de désir et d'envies) et que déjà entre ses jamabes....
Elle lisait un récit érotique, une histoire de corps qui se cherchent et se repoussent selon les mouvements intérieurs de la passion. Et cette lecture entrainait une envie, une envie de jouissance dans ce qu’elle a de plus intime, ébranlant la profondeur de son désir et de son être...
Les liens n’ont pas besoin de promesses quand ils se reconnaissent à la manière dont ils perdurent. Ils n’emprisonnent ni ne retiennent : ils choisissent. Ce sont les mains quand elles savent quand serrer fort et quand laisser respirer, ces présences qui transforment la vulnérabilité en confiance. Les liens n’ont pas besoin de promesses lorsque l’on cesse de se demander combien de temps cela durera pour réaliser que certains liens ne se mesurent pas au temps, mais à l’intensité avec laquelle on continue de se choisir mutuellement. Le reste ? Le reste n’est que le chapitre suivant...
Elle se tenait collée à lui, une main posée sur son épaule, l’autre sur sa poitrine, il était enveloppé de son parfum et comme hypnotisé par sa voix qui chuchotait à son oreille, une voix à la fois douce et ferme, impérieuse : désormais que tu es nu pour moi et devant moi, tu vas aller t’asseoir sur ce fauteuil où je vais t’attacher, les chevilles aux pieds de ce fauteuil et tes poignets dans le dos, puis je poserai la cage sur son sexe, l’emprisonnant, t’interdisant toute bandaison, cette cage qui fera de toi mon total obligé. Et je me reculerai, pour te regarder, pour te mater comme tu dis, peut-être aurais-je envie de me caresser, je sais que cela t’exciterait tout autant que cela te frustrerait de voir la danse de mes mains sur mon corps, alors peut-être.. Puis, je reviendrais vers toi, te banderais les yeux, frôlerais ta peau, te faisant frissonner, j’égratignerais tes cuisses de mes ongles, serrerais ses couilles entre mes doigts, je t’écouterais gémir et râler. Je passerais derrière toi, ferais descendre mes mains jusqu'à tes seins en te murmurant des mots crus qui te feront bander dans ta cage, enfin non tu ne pourras pas, l’acier comprimera ta queue, douloureux sans doute... J’ôterais ma culotte, mes quelques grammes de dentelles comme tu dis, et te la fera respirer sous ton nez, je sais l’effet que cela produit sur toi (et dans la cage), puis j’enfoncerais la dentelle dans ta bouche et… et ensuite ? Je ne vais pas tout te raconter...
"Je veux le posséder. L'avoir tout à moi. Envahir son esprit. Je veux que son corps entier palpite du besoin que j'éprouve pour lui. Je veux qu'il soit obsédé. Je veux qu'il pense à moi sans cesse. Qu'il me voie chaque fois qu'il ferme les yeux. Qu'il ressente le fantôme de mon toucher et qu'il devienne douloureusement, désespérément, atrocement dur chaque fois qu'il se souvient de la chaleur de mes lèvres. De l'odeur de mes cheveux. De la douceur de ma peau. Je veux qu'il tremble de désir pour moi, jusqu'au plus profond de sa chair. Qu'il soit incapable de jouir sans se frotter frénétiquement contre moi. Sans être en moi. Plus jamais. Sans entendre mes mots. Sans que mes mains ne le caressent avec avidité. Que mes ongles ne le griffent. Que mes dents ne s'enfoncent dans sa peau. Sans être marqué, possédé, et sans qu'on lui rappelle à qui il appartient. Je veux qu'il soit à moi".
S'étant emparée de la chemise de l'homme, elle l'enfilait, ajustant son corps à l'étoffe, ondulante, d'une provocante sensualité qui était, pour le propriétaire de la chemise, comme un éclat de feu....
et son regard trouble d'une (feinte) innocence...
"Tu me regardes ?". Elle relève lentement ses cheveux, découvrant son dos, la suavité de sa peau, ce refuge à caresses...
la mouille, c’est le liquide qui coule entre les jambes d’une femme lorsqu’elle désire et c'est que, devant moi, vous récoltiez sur vos doigts, que vous goûtiez, provoquant mon envie de sucer vos doigts...
« Tu veux savoir ce que je te propose ? Alors écoute moi bien, je ne me répétrais pas. Ensuiten tu n’auras qu’à dire : j’y consens ou bien partir....Il s’agit de tisser une toile de contrôle qui te garde enchaîné à moi, tant physiquement qu’émotionnellement. Ton plaisir et ta douleur seront les deux faces d’une même pièce que j’utiliserai pour te tenir en laisse et garantir ton obéissance. Tu apprendras à associer le plaisir à la soumission et la douleur à ma satisfaction. Lorsque tu éprouveras du plaisir, car tu éprouveras du plaisir, cela te rappellera le pouvoir que je détiens de te l'accorder ou de te le refuser. Et lorsque tu ressentiras de la douleur, ce sera la preuve de jusqu'où tu es prêt à aller pour prouver ta dévotion : ton corps et ton esprit seront les instruments de mon contrôle. Comprends bien ceci : ton plaisir ne t'appartient pas. Quant à ta douleur, à ta souffrance, ce ne sont pas des punitions : ce sont des délices, une réaffirmation de ma domination, le signe évident que tu m'appartiens, au sens le plus absolu du terme. Et dans ce subtil équilibre entre plaisir et douleur, je tiendrais les rênes et te guiderais toujours plus loin dans les profondeurs de ta soumission, cimentant ta place à mes pieds… ».
« Le gant, en peau de Saxe, avait gardé une odeur forte, cette odeur de fauve particulière, que le parfum préféré de la jeune fille, l’héliotrope, adoucissait d’une pointe vanillée ; et, très impressionnable aux senteurs, violemment troublé par ce mélange de fleur et de chair, il était resté éperdu, le gant sur la bouche, buvant la volupté de ses souvenirs. (Emile Zola, La joie de vivre)