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but me and my husband we are doing better
it's always been just him and me, together
so I bet all I have on that
furrowed brow
and at least in this lifetime
we're sticking together
me and my husband
we're sticking together
KV2 Partie 1 – Analyse du film (5197 mots… On ne se refait pas ***soupir***)
Finalement, j’ai pu voir le film trois fois, et je me sens de donner mon humble avis, et surtout, de purger tous mes sentiments et soulager un peu mon esprit.
Le mage Conle le fameux :
J’ai énormément aimé le personnage et l’interprétation qu’en fait Daniel Mesguich. Son petit côté suranné, la façon affectée dont il s’exprime, tout en ayant l’indélicatesse d’appeler Arthur “votre sérénité” m’a fait rire; J’ai aussi apprécié sa compétence face à un Merlin égal à lui-même et un Elias trop sûr de lui.
Le film s’ouvre sur lui et les ruines de Kaamelott, et cette première scène donne tout de suite le ton. On amorce un retour dans l’univers de Kaamelott après KV1, sur une malédiction. La symbolique des oiseaux en contre-vole au-dessus des ruines noires et carbonissées du château, sous un ciel sombre, donne un contraste lugubre au costume rouge sang du magicien, c’est vraiment superbe.
Tout au long du film, j’ai apprécié ce nouveau personnage et je m’en suis méfié, à cause de son maquillage, son accoutrement et sa fascination morbide pour le laboratoire de nécromancie. J’ai aimé ne pas pouvoir le cerner. L’habit ne fait pas le moine et même si son apparence et certains de ses propos peuvent m’amener à me demander si il est de bonne foi, c’est tout de même lui qui découvre la malédiction qui pèse sur le château, c’est lui qui avertit Arthur, c’est lui qui donne les outils pour décripter l’avertissement des Dieux concernant le meurtrier du roi, c’est lui qui s’aventure volontiers dans les sous-sols avec les deux “enchanteurs officiels” de Kaamelott et La Drille pour détruire le foyer de magie noire de la forteresse.
Donc, j’attends la suite avec impatience, pour en savoir plus sur son rôle à jouer dans le futur. Il n’est pas dans la deuxième partie, mais j’espère qu’il sera dans KV3.
Merlin et Elias:
Comme je l’ai dit, pour moi, Merlin est égal à lui-même dans le film, et ce qui pourrait être perçu comme un état statique du personnage, ou du moins une non-évolution, ne me dérange pas, car je garde en tête que c’est un mi-démon druide, pas enchanteur, jamais enchanteur, et qu’il arpentait les terres de Logres bien avant que l’arrière grand-père de Pendragon ne naisse. J’avoue que si un moment clé concernant Merlin doit arrivé, comme par exemple l’inévitable venue de Mordred, je ne l’anticipe qu’à la fin de la saga.
Dans KV2-1, Je l’ai trouvé drôle et familier, ça m’a tout simplement fait plaisir de revoir à l’écran un personnage pour qui j’ai beaucoup d’affection.
Pour Elias, c’est plus compliqué, je suis évidemment très contente des scènes qu’on a eu avec les trois magiciens, j’ai trouvé le trio hilarant, les répliques vives et le rythme génial entre eux.
Si je dois relever une chose, c’est la capacité d’Elias à sous-estimé ces confrères et les ennemis du royaume, entres autres, Lancelot. Si je n’étais pas certaine qu’il avait passé les douze dernières années en Carmélide, je me demanderai presque si son incompétence (ironique quand celle de Merlin nous est constamment mise dans la figure) ne friserait pas à du sabotage. Mais non. Il est tout simplement, lui aussi, dans le faux sur plusieurs choses qui sont censés être sa branche.
Léodagan et Séli:
Quel plaisir de les revoir eux aussi, les dialogues étaient un délice, et absoluement rien ne peut faire disparaitre l’alchimie et la cadence de ce couple quand les dialogues fusent entre eux pour invectiver les autres. J’ai adoré toutes les scènes où ils étaient présents, ensemble ou séparés.
Malgré les bougonnements exaspérés de Léodagan sur le sujet, Arthur est quand-même logé, blanchi et nourri chez ses beaux-parents (un joli contraste cynique à la série où Arthur a dû souper de leur présence pendant 13 ans), et il est en sécurité, libre de glander malgré les vociférations qui l’exhorte à se bouger les miches. Il est en sécurité. Il est en famille. J’ai trouvé ça assez flagrand dans le film, cette latitude ou lassitute, on l’interprète comme on veut, qu’ont Léodagan et Séli à admettre l’état dépressif d’Arthur, à ne pas faire plus que de provoquer une réunion de la table ronde. Lorsque Arthur descend au petit-déjeuner, avec un sourire mange-merde et une provocation “Alors? Ça bosse?”, les beaux-parents ne lui hurlent pas dessus. Séli lui reproche son réveil tardif, mais sur un ton précautionneux. Bref, ce minimum de solicitude m’a fait plaisir.
Maclou:
Et le Coup de Geule en majuscule de Maclou, m’a fait plaisir aussi. Fils d’un Calogrenant qui a l’air taciturne et fatigué de l’attitude son roi, Maclou n’a pas hésité à balancer à Arthur ces quatres vérités; Contraiement à Léodagan et Séli, il ne prends pas de pincettes, et dans son discours, ce qui sonne le plus juste c’est qu’en effet, si Arthur est revenu pour donner un faux espoir au peuple, il aurait mieux fait de rester en Arabie. Ça m’a fait du bien d’avoir une scène comme ça dans le film. Une scène où la messe est dite, ou la vérité est nue; J’ai aussi été ravie, voire soulagée, du choix qu’Alexandre Astier a fait: tout le monde sait donc qu’Arthur se serait laissé crever sous les décombres de Kaamelott si les jeunes ne l’avaient pas forcés à se bouger. C’est au fait et aux oreilles de tous. Tant-mieux. Clairement, Arthur n’en a pas honte vu qu’il n’hésite pas à balancer à Maclou qu’il était mieux en Arabie. Il n’en a pas honte… sauf face à Guenièvre.
Le Roi et La Reine de Bretagne :
Anne Girouard est tout simplement magnifique dans le rôle de Guenièvre comme toujours. Guenièvre est belle, vive, drôle sans le vouloir et douce avec son mari sans pour autant le laisser ignorer la situation dans laquelle il se trouve, lui et tout le royaume. Les orages constants qui grondent au-dessus de la Carmélide, de jour comme de nuit, ainsi que l’épée qui crache une fumée noire, sont peut-être des choses qu’Arthur veut ranger au fond de son esprit et au fond de son placard, mais ça ne les empêche pas d’exister. La colère des Dieux et son péché de désobéissance n’affectent pas que lui, et c’est quelque chose qui se retranscrit dans les scènes qu’il a avec Guenièvre et cela dès le début, dès qu’il sort du lit sans un bruit (avec une sollicitude pour elle qui fait plaisir quand on se remémore les Livres) et que la reine mi-amusé, mi-fatiguée et mi-exaspérée coupe court à ses désillusions.
Si vous me connaissez un peu, vous savez que de tout l’univers de Kaamelott, mon personnage préféré, c’est Guenièvre. J’étais donc… un peu stressée pour le film. J’aime profondément l’œuvre entière de Kaamelott, ayant grandi avec. Rien n’a été trop gros, trop décalé ou trop sombre pour moi, et le Livre V est celui que je chéris le plus.
J’aime aussi la façon dont Alexandre Astier travaille, je comprends la difficulté de créer en souffrant d’ébullitions constantes dans son esprit, en souffrant d’un trop-plein d’idées et de créativité, en souffrant d’un besoin irascible de dire tout ce qu’on a envie dire, caser tout ce qu’on a envie de caser, au risque que ça fasse trop et qu’on s’y perde.
Mon seul problème avec sa vision des choses, c’est cette volonté de rester dans les restreintes du récit originel. Je ne comprends pas pourquoi il souhaite respecter le pire de la légende Arthurienne et ramener le personnage de Mordred, quand il y a des centaines de possibilités pour accomplir l’éventuelle mort du roi, des possibilités qu’il a lui-même créer et qui, à ce stade de l’histoire, aurait plus de sens qu’un fils incestueux avec sa demi-soeur. Mais chacun ses codes de création et d’écriture, et chacun son respect pour le matériel de base.
J’avais très peur pour Guenièvre avant d’aller voir KV2-1, et avec l’arrivée de Virginie Ledoyen, et la promotion du film, je pensais subir la conception de Mordred dès cette première partie. Maintenant, je redoute qu’elle ne vienne dans la deuxième partie, et je suis pratiquement sûre qu’on ne va pas y couper, mais j’espère de tout cœur que le personnage de Guenièvre n’aura rien à faire là-dedans, c’est-à-dire, ne sera pas utiliser pour violer Arthur.
« Il n’y a pas vraiment d’endroit où je ne puisse pas la faire aller, Guenièvre. Ce personnage supporte énormément à l’écriture. » Alexandre Aster, Séance de Dédicace à Toulouse, 2007.
Cette citation de lui me hante un peu, parce que je ne sais si il réalise qu’utiliser Guenièvre, de près ou de loin, pour créer Mordred, ce n’est plus tester l’endurance de son personnage, c’est carrément le détruire de la façon la plus cruelle et vile qui soit. C’est trop. Guenièvre dans Kaamelott, c’est une femme qui a été verbalement abusé et gaslighté par Arthur pendant treize ans, physiquement violenté et séquestrée par Lancelot pendant dix ans, raillée et dénigrée par ses propres parents et ridiculisée par tous, depuis toujours. C’est un personnage dont la virginité a été et est toujours une punchline ; Son innocence, sa « pureté », est ancrée dans une niaiserie qui n’a plus lieu d’être, car Guenièvre c’est aussi un des rares personnages que son auteur a fait évolué avec le temps.
Bien-sûr, dans le film, cette évolution ne saute pas aux yeux tout de suite, il est même décevant de voir pas une, mais deux scènes avec un potentiel romantique fort, être tourner en ridicule.
Après trois visionnages, cette frustration ne disparait pas, mais elle est atténuée par les éléments symboliques en accord avec la pudeur de Astier concernant le couple :
Guenièvre est mise en lumière, littéralement, tant par ses tenues blanches, que part l’éclairage de certaines scènes ; La scène de la cuisine AKA « Ce que j’ai de cher » était vraiment très belle à mes yeux, pas seulement à cause des paroles d’Arthur, mais aussi à cause du halo de lumière qui entoure la reine. La colométrie de la scène m’a fait penser au coucher de soleil dans KV1, avant que les deux tourtereaux ne se tirent vers la tour de Ban.
Comme dans KV1, le catalyseur de l’action d’Arthur, c’est Guenièvre. Dans le premier volet, Il apprend qu’elle est en vie et où elle est, alors il reste et la libère elle, puis le royaume. Dans ce film, les dieux répondent à sa énième désobéissance en blessant Guenièvre, et il ricoche en replantant Excalibur, espérant peut-être, futilement, que « plus d’épée, plus mes oignons, et encore moins ceux de ma femme ». Sauf que… non.
La scène avec les jumelles était désagréable mais elle est aussi la métaphore vivante de quelque chose qui m’a déplu pour le personnage de la reine : La surdité sélective : Guenièvre n’entend pas Konle parler du meurtrier du roi. En revanche, elle entend (et s’horrifie) du Lancelot potentiellement adepte de magie noire ; Elle n’entend pas les mots tendres d’Arthur, mais entend sa peur et ses esquives concernant Excalibur.
Elle n’entend ou ne veut pas entendre les mots Arthur durant toute la scène avec les jumelles du pécheur, malgré le fait qu’il lui dise finalement la vérité : « vous n’êtes pas moins stimulante que les jumelles » « C’est moi le problème ». Par contre, elle arrive à suffisamment lire sur les lèvres de sa belle-famille et expliquer qu’elle et Arthur s’apprécie beaucoup mais ne « s’arrangent » pas entre eux au plumard. Et elle le dit « sans amertume » en plus. Un ange.
Bref. J’ai trouvé ça dommage, mais je comprends (sans approuver) que pour préserver « l’innocence » de Guenièvre, Alexandre Astier la garde dans une ingénuité partielle.
Au-delà de ça, je ne suis pas ressortie de mon premier visionnage avec le cœur brisé. L’amour d’Arthur pour Guenièvre, peu importe son intensité, est un baume à l’âme, parce qu’il existe, finalement.
Il est là, il est évident, il se transpose dans la façon dont il la regarde, dont il lui parle (il ne hausse jamais la voix contre elle, pas une seule fois, il garde un ton doux, tout le long du film en sa présence), cet amour transparait dans leurs scènes domestiques, dans le fait que même déprimé et blasé, il lui file le train jusqu’à poulailler.
Et évidemment, cet amour est très clair puisque « je vais faire des efforts » se traduit par ne pas se séparer d’elle pendant trois mois pour partir à l’aventure, donc ils partent à l’aventure ensemble.
Mais ça, c’est un sujet pour tout à l’heure.
Les sœurs tape-durs :
Ravie de revoir à l’écran Ygerne et Cryda. Je n’ai aucun doute que si elles avaient eu des informations sur l’exil d’Arthur, elles les auraient balancés à Lancelot et aux saxons, donc les dialogues m’ont fait rire. La potion beaucoup moins. Alexandre Astier a été le premier à dire que le cinéma ramène un peu de magie donc, les personnages ont sans doute moins que l’âge de leurs acteurs, cependant ils ont plus de 40 ans. Soit. OK. Peut-être que la potion de fécondité slash virilité slash luxure, n’est que ça. J’espère. Comme aucun lien n’a été fait entre Ygerne, Cryda et la clique vampirique de Anna, on peut espérer que les intentions des deux sœurs sont louables et concernent uniquement un héritier pour le royaume. Mais comme je n’ai aucune confiance en ces deux personnages, je réserve mon jugement. Je note cependant que si on reste dans ce qui fait le sel de Ygerne, tel que AA l’a écrite, elle serait la première horrifiée qu’un bâtard incestueux naisse du sang de Pendragon.
La réunion de la Table ronde, du Novice au Vétéran :
Je me rappelle que quand la première affiche du film est sortie, les critiques ont fusées. Plein de gens la trouvaient moches, pas assez stylé, etc…
Je suis tellement jouasse d’avoir écouté mon instinct en me disant qu’il devait forcément y avoir une raison secrète derrière cette affiche bizarre (et en espérant ne pas être folle et dans le déni). J’avoue, le message donné à travers la nouvelle table ronde m’a émue. Constitué morceaux par morceaux, des morceaux venant de chaque coin du Royaume de Logres, de chaque chevalier aspirant aux quêtes, de chaque volontaires, jeunes ou vieux, prêts à relever un royaume meurtri et gelé sous la tyrannie de Lancelot… C’est beau. J’ai vraiment, vraiment, vraiment aimé la nouvelle table, c’était une très jolie idée de AA. J’ai aussi beaucoup aimé l’expression d’Arthur quand il voit la table pour la première fois. J’ai aimé qu’il reste debout, qu’il ne s’assoit pas, j’ai aimé qui regarde autour de lui, puis au-dessus de lui, et demande immédiatement pourquoi Karadoc et Perceval ne sont pas là. J’ai aimé qu’il valide les paroles de Léodagan (ce serait bien hypocrite de sa part de désapprouver de toute façon) et j’ai aimé qu’il soit capable d’attiser dans les autres, quelque chose qui lui manque, quelque chose qu’il n’a plus. De l’envie. Du feu. De l’entrain. Du courage à donner pour Logres, la table ronde et les quêtes qui vont avec, et éventuellement, celle du Graal.
Je sais que certains se plaignent d’avoir entendu AA et pas Arthur pendant le monologue. Personnellement j’ai entendu les deux, et ça ne m’a pas gênée, ça m’a touché. Pour moi, cette scène est une réussite, comme celle du monologue de la fin du livre V, comme celle du monologue de la fin du Livre VI dans son lit de mourant, comme celle du monologue de César.
Et le « Ah moi il m’a eu ! » de Léodagan ne gâche rien.
Les jeunes enthousiastes et les vétérans récalcitrants sont un contraste que j’ai apprécié, et contrairement à une majorité sonore de fans, les nouvelles têtes et les nouveaux personnages ne m’ont pas dérangé. Je prends Kaamelott comme un univers en extension constante, comme AA le conçoit lui-même en fait, et depuis le début, de Dies Irae au Livre VI, depuis le début, AA pousse les murs et rajoute du plus à l’univers. S’il ne faisait pas ça, on n’aurait pas eu certains guests merveilleux comme le Seigneur Jacca, de l’épisode la Taxe Militaire, qui a été « pas mal malade » à chaque temps de guerre, ou notre bon ami le Barde « Gnagnagnagna ». On n’aurait pas eu le Tavernier et Venec, on n’aurait pas eu le Roi Loth, Dagonet, et Galessin. On n’aurait pas eu Ketchatar et Höel, on n’aurait pas eu le Duc d’Aquitaine et sa femme, on n’aurait pas eu l’entièreté du Livre VI et le passé d’Arthur, on n’aurait pas eu les nouveaux antagonistes comme Horsa et Wulfstan, et les ennemis devenus alliés comme Alzagar et Quarto. On n’aurait pas eu les plus récents personnage comme Conle le Fameux, et Casparzh le nouveau Scribe. Kaamelott, c’est un monde. Un monde qui tourne.
Pour les quêtes, l’idée du Dragon Opalescent est très séduisante et je refuse de renoncer à mon rêve d’en voir un à l’écran ; J’y crois, je ne lâche pas l’affaire. Je croise les doigts pour la partie 2. De façon générale, j’ai retrouvé le côté fantastique dans ce film, d’une façon plus appuyée et présente que dans KV1.
La quête pour retrouver Yvain m’a surprise, et encore plus le fait que sa famille le croit mort (et l’accepte). Après, vu qu’on sait qu’il n’est pas mort et au vu de la regrettable évolution de sa personnalité dans le Livre V, s’il n’est pas mort, et que Démétra n’est plus dans les parages (heureusement), je suis très curieuse de ce qui lui est arrivé, avec qui il est, et si lui aussi a été séquestré ou s’il a pu…s’accommoder à sa condition, telle qu’elle soit. Très curieuse, impatiente de voir Yvain.
Pauvre Trévor… ses envies d’aventures et de meurtres n’ont en rien été assouvies dans la première partie… qui sait pour la deuxième ? J’aurais bien aimé qu’il arrive en Orcanie et soit pris comme apprenti par Anna et sa clique lugubre, comme ça, on aurait été un substitut de Mordred… mais bon, c’est trop espérer.
On a, à chaque fois, des trios ou quatuors ou des trios qui deviennent quatuors et partent en quête. Ma préférée est évidemment l’ébauche de la dernière, c’est-à-dire Arthur, Guenièvre et Venec en route vers Portus Albus.
Ma seconde préférée est définitivement celle de Quarto, Alzagar et Silas.
Anna et les Gothiques Chic VS les Trois Connards :
Vu la présence répétée de Virginie Ledoyen pour la promotion du film, je m’attendais à ce que son arc ait un impact vital pour l’histoire dès le début, mais je comprends maintenant que ça nous sera sans doute montrer dans la deuxième partie. Je ne l’ai pas trouvé « flippante » du tout, j’ai même regretté l’absence du gravitas qu’Anouk Grimberg sait si bien transmettre à travers sa voix et ses yeux. Mais comme parfois le costume aide l’acteur comme le spectateur, son côté « maléfique » est bien ressorti. Ses belles-sœurs elles, sont beaucoup plus dérangeantes dans leurs manières de se mouvoir et de ramper au sol pour tuer les « voyageurs égarés » dans leurs sommeils. J’ai aimé leurs interprétations.
Guillaume Galienne qui joue Alzagar, Clovis Corniac qui joue Quarto et Redouane Bougheraba qui joue Silas, constituent un trio magique, au même titre que celui d’Elias, Merlin et Conle.
Leurs apparitions dans le film m’ont beaucoup plu ; dans la nuit noire, dans le feutré avec les trois torches enflammées face à un Arthur seul mais sûr de lui, roi, la main sur la situation et sur le pognon pour faire partir les trois chasseurs de prime dans une quête qu’il leur aura lui-même attribué. La seule de tout le film qu’il attribue d’ailleurs.
Alzagar est une crème dont on ne se lasse pas, « on va tout vous salir », lol ;
Quarto est la définition même de « Badass Bitch », ça fait extrêmement plaisir de voir ce niveau de compétence dans des personnages autre que le roi. C’est peut-être aussi pour ça que j’apprécie Conle et que je m’en méfie.
Silas qui, comme il le dit si élégamment, ne faisait pas partie des deux « petites salopes » qui ont chassé le roi en Arabie, a été aussi efficace qu’une dague dans le dos pour attirer les foudres d’Anna sur Arthur. Son malaise face aux nobles m’a rappelé le Tavernier qui lui aussi faisait de l’aérophagie à la vue du bourgeois.
Bref, avec ce trio, j’ai bien rigolé et j’ai vraiment aimé leurs scènes, y compris avec le mari de la belle-sœur de Anna, Goffanan.
J’espère que les parchemins dérobés par Silas, auront une quelconque importance, histoire de racheter le personnage.
Je me demande aussi pourquoi Loth a fait annuler son mariage avant son départ sur l’île des bannis. Je sais que ce détail a une importance pour la suite, mais à part la connexion avec un éventuel Mordred, ou pire, un éventuel mariage/renouvellement de vœux d’Anna déguisé en Guenièvre pour légitimiser le bâtard incestueux qu’elle portera, je ne vois pas pourquoi ça nous explicitement été dit dans le film. A creuser.
Lancelot :
Alors, je ne pensais pas dire ça un jour, mais le Lancelot que nous avons vu dans ce film est ma version préférée de toutes celles qu’on a vu jusqu’à présent, tout Livre et film confondu. Pour le coup, là, AA m’a vraiment surprise. Pas sur les « Daddy Issues » de Lancelot, ça tout le monde le savait. Non, j’ai été surprise et positivement réjouie qu’il fasse de Lancelot un nécromant.
Les implications de ce choix sont superbes : beaucoup, beaucoup plus de pouvoir et de dimension pour ce personnage, un pied d’égalité avec Arthur qui malgré son amertume possède Excalibur, une épée divine. Une bascule qui ne reviendra jamais en arrière : Lancelot, comme AA l’avait spoiler dans la VO de KV1, n’ira effectivement « plus jamais bien ».
Je sais que certains espèrent, voir préfèrent, que ce soit Mevanwi qui ait construit le laboratoire de nécromancie. C’est pas du tout mon cas, je suis super jouasse que ce genre de pouvoir, ce genre d’atout, ne lui soit pas attribué. Le protagoniste principal, c’est tout de même Lancelot.
Un Lancelot qui ne réalise même pas son potentiel en plus. Dès le début, il essaye de réanimer une araignée, quelque chose qu’il a dû pratiquer une centaine de fois à Kaamelott, au point de ressembler à ces créatures, encapsulé dans son armure blanche, « rampant hors de son trou » dans KV1, une métaphore que AA avait aussi fait à l’époque.
Même en si prenant mal, en utilisant un bâton au lieu de sa chair, il réanime l’araignée. Il fait même plus que ça, il la déforme et décuple sa taille.
La Dame du Lac lui avait dit qu’Arthur avait été choisi à sa place par les Dieux, car ces derniers le jugeaient trop caractériel pour la quête du Graal. Mais le potentiel a toujours été là. Je n’arrive pas à comprendre ceux qui trouvent que Lancelot et la magie, ça n’a aucun sens. Au contraire, ça a tout son sens, c’est intelligent, c’est absolument excitant pour le personnage, son évolution et sa conclusion.
J’ai aimé le fait qu’il soit très, très, très doué dans quelque chose d’aussi ignoble que la magie noire et la nécromancie, mais qu’il se sous-estime complètement.
J’ai aimé son désespoir de se faire entendre par son père, et ça aurait pu être touchant s’il n’y avait pas eu cette scène, cette scène où rien que part son sourire et la façon dont il prononce ces mots « si seulement je pouvais faire de lui…un allié » on comprends que Lancelot ne souhaite pas être reconnecter avec son père. Il souhaite l’utiliser.
C’est le méchant que je voulais, et je l’ai eu. Je suis ravie.
J’aime aussi l’ironie d’AA. Dans la BO, le morceau Lancelot Le Nul prend un autre sens.
La nouvelle arme de Lancelot est superbe. La faucille, c’est comme le marteau de l’ouvrier, du sculpteur, c’est d’ailleurs son antonyme. La faucille, c’est même plus symbolique que l’épée. La faucille est représentée dans tellement de mythe et par tellement de dieux qu’il serait trop long de les lister dans cette review qui est déjà beaucoup trop longue, mais je mentionnerai juste qu’il ne s’agit pas juste d’un symbole de mort, c’est un symbole de rupture et de destruction, un symbole de désacralisation, ce qui est bien joué vu que l’arme a été bénie par le démon Ssabernock.
Sa venue sur le plan terrestre de Kaamelott démontre aussi la force insoupçonnée de Lancelot et son affinité pour les forces du mal, c’est super. J’ai vraiment hâte de voir ce que AA va faire de tout ça.
Méléagant, dans ce film, avait le côté sadiquement enjoué du Livre V, ses côtés sinistre et doomsday étaient moins appuyés, mais ce n’est pas plus mal. Lancelot avait un humour noir, mais un humour quand même, j’ai donc bien aimé que Méléagant fasse écho à ça dans les dialogues. L’anecdote sur Ban m’a bien plu aussi.
C’est dommage que le groupe de Lucan n’ait pas pu se frotter à sa nouvelle arme. Trois faucilles pour trois petits chevaliers… ça aurait cool à voir. Fugace, mais cool.
Je ne vais pas non plus m’étendre sur la symbolique du chiffre 3, j’essaye de me contenir, mais on se souvient, que le chiffre 3, c’est censé être le chiffre qui représente la perfection (trinité ect…) on se rappelle aussi les 3 fontaines. Bref.
Franchement, je pourrais décortiquer le film avec vous pendant des heures et écrire encore une dizaine de pages, donc je vais m’arrêter là pour les grandes lignes du film et conclure sur mes soupçons pour KV2-2 ET KV3.
Le destin de Guenièvre :
Outre le fait que j’ai aimé l’œuvre, l’une des raisons pour lequel j’ai tenu à voir le film trois fois avant d’écrire cette review, est le sentiment de profond malaise que j’ai ressenti en repensant au premier visionnage. En écoutant le morceau de la BO « Le Lac Gelé ». En me souvenant de AA qui nous prévenait il y a deux ans que c’est normal que certains personnages meurent dans la saga, même les plus importants.
Les rêves récurrents d’Arthur où il est sous l’eau et la connexion de ses rêves avec ceux de Karadoc n’augurent rien de bon pour moi. J’aimerais croire que c’est la réecriture qui fait que ce soit Karadoc qui se trouve à Portus Albus, au Port Blanc, j’aimerais croire que c’est la réecriture qui fait que ce soit Karadoc et pas un autre qui a ces rêves… mais si ce n’est pas le cas, si c’est Karadoc pour une raison précise, qui n’a rien avoir avec l’absence de Pitiot, alors, je ne vois qu’une seule raison pour que ce soit lui.
Karadoc n’est pas un personnage clé dans la génèse de la quête du Graal, AA peut parfaitement changer ça, mais KV2, ce n’est pas à propos du Graal. Comme il l’a dit en interview, c’est KV3 qui sera vraiment à propos du Graal.
Alors si les Dieux tourmentent Arthur et Karadoc avec ces rêves en particulier, et que ça n’a rien avoir avec le Graal, la seule chose à laquelle j’ai pensé, c’est que leur seul point commun, c’est Guenièvre.
Guenièvre qui a déjà été attaqué par les Dieux, blessée à la place d’Arthur.
Guenièvre qui malgré le fait qu’elle soit « la reine officielle » d’Arthur comme le dit Séli dans la chambre devant les jumelles, a été (et ça me désole toujours de le dire) la femme de Karadoc pendant un court moment.
Guenièvre, qu’Arthur embarque avec lui dans une aventure au potentiel dangereux, peu importe le romantisme de la chose.
Si le bateau de Venec a échoué, si les trois se sont effectivement noyés, Arthur n’aurait jamais pu faire le lien entre ses rêves et le périple vers Portus Albus. Ce n’est pas sa faute. Mais puisque les dieux lui en veulent toujours, je ne vois pas pourquoi ils ne se saisiraient pas de l’occasion pour noyer Guenièvre. Peut-être que les rêves étaient un avertissement. Le deuxième.
Si ça se trouve, la noyade n’a pas eu lieu à la fin du film, si ça se trouve ça n’a même rien à avoir… on ne le saura pas avant novembre prochain.
Mais si Guenièvre se noit, où frôle la mort, je commence à envisager la très forte possibilité qu’elle meurt dans la deuxième partie. Peut-être pas au début du film, mais peut-être bien à la fin.
Je suis désolée de balancer des augures aussi horribles. J’espère que ça n’arrivera pas. Mais… Si AA part sur la route du viol avec la potion de métamorphose… je pense que je préfèrerai que Guenièvre ne soit plus de ce monde avant que ça arrive. Kentoc'h mervel eget em zaotra. Plutôt la mort que la souillure. C’est la devise de la Bretagne.
KV2 est la première partie d’une œuvre entière, donc critiquer et analyser le scénario du film est un exercice ingrat et difficile. Un exercice injuste pour son créateur aussi.
J’ai vu les commentaires de la presse. J’ai vu les commentaires sur les réseaux sociaux. Tout ce que j’ai à dire là-dessus, c’est que si vous avez aimé le film, ou si vous voulez que la suite sorte en novembre 2026, car je rappelle que la sortie de la deuxième partie dépends toujours de la performance de KV2-1, s’il vous plait, allez voir le film au cinéma, encouragez vos proches à aller le voir, et prenez deux minutes pour noter le film sur Allociné et autres.
Pour moi, Kaamelott Deuxième Volet – Première Partie n’a pas été une « longue introduction », je l’ai trouvé plus rempli, plus tissé que KV1, moins émotionnel, mais c’est normal, KV1 c’était le retour d’Arthur. Je l’ai trouvé bâti avec beaucoup d’idées et étendue au maximum comme une carte froissée qu’on aurait essayé de tirer et d’aplatir sur chaque recoin de la table, au maximum. Alexandre Astier a énormément d’ambition, de rêves et d’espoirs pour Kaamelott et ça se voit. La colométrie, l’image, le son, la musique, la photographie, les paysages, les localisations, les costumes, les effets spéciaux, tout était très beau. C’est un cadeau au cinéma français.
Néanmoins, réaliser qu’un tel effort et un abandon aussi intime de sa créativité ne sera jamais assez bien pour beaucoup et même savamment mépriser par des gens qui n’ont même pas vu la série ou le premier film… c’est une douce amertume.
J’ai aimé le film. Je retournerai le voir dans quelques jours, avec des amis. Je retournerai le voir jusqu’à ce qu’il ne soit plus en salle.
Si vous êtes toujours là, et que vous avez lu ce long étalage de sentiments, bravo et je vous aime de toute mon âme, de toute ma mélancolie.
J’espère qu’on pourra échanger sur KV2-2, puis sur KV3, j’espère qu’on continuera à retrouver dans l’œuvre d’Alexandre Astier, le fameux « sentiment » dont Arthur parle à la table ronde. Je l’espère avec force.
Il y’a tellement à dire. Je revoie le film demain matin. Je pense que je le verrais trois fois avant de faire une review, mais je ne me couche pas le coeur en miettes. Pour ceux qui aiment Guenièvre et qui s’inquiètent: apaisez vous et allez voir le film. Et venez discutez après si vous voulez 🤍
ps: plus aucun art IA venant de moi, et je n’en reposterais pas venant des autres.
"I shall not see its gates, Lord. Nor hear your sweet words of salvation. I have seen eternity, I swear... but it was only a dream, and in the morning all was gone. I know myself for what I am, and I throw my poor soul upon your forgiveness. In the full knowledge that I deserve none at your loving hands."