La semaine dernière, nous avons décidé d’aller à Da Nang avec Gaëtan et Clément. Clément a une amie qui y vit, et il nous a proposé de l’accompagner. Luce et moi n’avions pas bougé de Kon Tum depuis notre arrivée, il y a presque deux mois. Aussi nous avons sauté sur l’occasion, nous avions besoin de changer d’air.
 Nous sommes donc partis Vendredi soir en bus de nuit. Nous avions les couchettes du fond pour nous, ce qui ne les empêchait pas d’être très inconfortables. Mais même avec très peu de place pour les jambes, j’ai quand même réussi à dormir. En arrivant à Da Nang, nous avons constaté la différence avec Kon Tum : à peine sortis du bus, nous avons été enveloppés par l’air chaud et humide de la côte. Un sauna, par rapport aux plateaux des montagnes.
 Un taxi nous a emmené à un hôtel, mais nous sommes repartis car le réceptionniste ne parlait pas un mot d’anglais et tenter de nous arnaquer. Après avoir déambulé dans les rues avec nos sacs, à 6h du matin nous avons élu domicile au Lily Hotel, qui était convenable et pas trop cher. Une heure de repose plus tard, nous sommes partis en quête d’un petit déjeuner. Nous nous sommes vite rendu compte que les menus de cette région était plus divers, en anglais, mais aussi bien plus cher. Cependant, par rapport à la France cela restait convenable. Nous avons ensuite longuement marché dans Da Nang, avant de trouver le centre-ville, les buildings et donc les restaurants en vogue. Un tour sur internet m’avait conseillé de nombreuses bonnes adresses. Nous sommes allés dans un centre commercial à l’occidentale, clairement orienté luxe, puis dans un marché vietnamien, plutôt sur le créneau attrape touriste. J’ai négocié deux trois broutilles, fier de quelques euros économisés, tandis que les autres ont un peu renouvelé leurs garde-robes.
Midi approchait, et la chaleur étouffante nous fatiguait. Nous allions d’un endroit climatisé à un autre, comme une caravane suivant les oasis. Nous nous sommes arrêtés, un peu par hasard, au Rétro Bar, un paradis occidental: la carte proposait charcuterie, fromages, vins, pièces de bœuf, pâtes à l’italienne...Nous y sommes restés pour déjeuner, et avons conclu le repas par un fondant au chocolat. Nos batteries s’étaient bien rechargées grâce à cette dose de gastronomie européenne. Après des mois de riz, un plat de pâtes à la carbonara m’a semblé divin.
 Nous avons été tant séduits qu’après une après-midi plus tranquille, nous sommes retournés au Rétro pour dîner. Cette fois, Luce et moi avons opté pour des burgers, eux aussi délicieux. Puis nous sommes allés sur un pont pour assister à un spectacle typique de Da Nang: l’illumination du pont Dragon.
 Une explication s’impose. Da Nang, quatrième ou cinquième ville du pays, veut se défaire de son image de petite ville régionale avec seulement un million d’habitants. Elle mise sur le tourisme, les plages et le luxe. C’est pourquoi les gratte-ciel y poussent comme des champignons et que les riches occidentaux y sont attirés comme des mouches dans du miel. Pour rendre la ville reconnaissable, la ville a donc décidé d’investir dans un réseau d’infrastructures efficace, sobres et écologiques. Non, je plaisante : ils ont installé un dragon géant sur un pont, lequel s’illumine toute la nuit et crache du feu le samedi. L’on y brûle donc de l’essence pour créer des flammes énormes, ce qui attire les foules sur les bords du fleuve. Il est possible d’assister à ce spectacle depuis l’un des nombreux bars «rooftops» de la ville.
 Après avoir contemplé le dragon, nous avons décidé d’aller voir la vue au Sky36, le bar rooftop le plus haut du Vietnam, car situé au 36e étage du gratte-ciel Novotel. Ici encore, l’ambiance était au luxe et à la fête, avec quelques occidentaux s’amusant, tandis que les locaux sur leur 31 se prenaient en selfie devant le paysage. La vue était impressionnante, mais la musique un peu forte. Luce et moi sommes donc rentrés à l’hôtel.
 L’amie de Clément, Minh, nous a invités à prendre un café au Pullman Resort. Un taxi nous a emmenés à l’extérieur de la ville, dans des avenues plus près de la mer. A notre gauche, l’on dépassait des dizaines de domaines 5 étoiles avec des pelouses dignes de golfs, des décorations impressionnantes et des plages privées. A notre droite, des immeubles vietnamiens un peu miteux laissaient entrevoir des terrains vagues et des gens assis sur le trottoir à boire du café dans des gobelets plastiques.
Nous sommes arrivés au domaine Pullman, ou un voiturier nous a accueillis. Minh nous a salués, et nous avons traversé un Hall impressionnant, dont le bar  donnait vue sur l’Océan  et une plage paradisiaque.
Au restaurant de l’hôtel, nous avons pris des cafés, et Minh nous a invités. Très généreux de sa part, vu que les café coûtaient environ 6 fois plus cher qu’à Kon Tum.
Nous avons achetés des tickets pour prendre la navette de l’hôtel vers Hoi Han, petite ville très touristique un peu plus au sud.
La navette est passée par une belle route, ou défilaient des milliers de sculptures, dans des magasins ou dans des musées.
 En arrivant, nous avons été assaillis par les dizaines de vendeurs de bibelots. Fatigués, nous avions chaud et portions nos sacs. Il a fallu payer l’entrée dans la vielle ville, ce qui donnait l’accès a plusieurs temples et Vieilles maisons, sorte de petits musées. Par hasard, nous avons trouvé un petit hôtel très sympathique, abordable, et à quelques minutes du centre. Après un petit temps de repos, nous avons pu explorer Hoi Han sur de bonnes bases.
 La vielle ville, et ses environs touristiques, sont les vestiges du port de marchandises qui a donné son nom à la ville. L’architecture y est donc un mélange des styles des différents pays des riches marchands asiatiques qui y avaient élu domicile, avec une influence coloniale. De nos jours, quasiment toutes les maisons ont été reconditionnées en restaurants ou en boutiques. A Hoi Han, tout est fait pour faire plaisir à l’occidental. Pour peu qu’on soit prêt à payer, l’on peut y être comme un roi. Cela est tout le contraire de Kon Tum, ou presque personne ne veut vendre un repas chaud une fois midi passée. Mais ce comportement mercantile est agréable : en soirée, la foule est dense, les rues éclairées à la lanterne, les restaurants remplis, et de l’ensemble se dégage une atmosphère joyeuse, presque comme dans un parc d’attraction. Nous sommes allés manger dans plusieurs endroits ce soir-là , pour pouvoir goûter à plusieurs choses. Minh nous avait conseillés un restaurant de Banh Mi, les sandwiches vietnamiens, qui étaient délicieux et remplis de viandes et de fromages parfumés. Sur un bateau, nous avons mangé du Chicken Rice, qui comme son nom l’indique est du riz aromatisé au  poulet. Finalement, j’ai terminé la soirée dans un bar avec les garçons.
 Le lendemain matin, Luce et moi avons encore visité, les rues, et surtout des cafés, qui faisaient des mélanges Arabica-Robusta et des spécialités locales. J’ai pu m’acheter quelques babioles, du Thé et aussi un café à l’italienne avec de la glace à la vanille. Puis nous avons retrouvés les garçons, avec qui nous avons déjeuné. Dans un cadre très moderne, nous avons encore dégusté d’autres spécialités, notamment Gaëtan qui a tenté la salade de vers à soie. Â
Nous avons encore flâné quelques heures, mais nous devions rentrer à Kon Tum. Nous avons donc pris la navette, puis le taxi. Nous avons mangé dans un fast-food avant de rejoindre la station du bus de nuit. Nous étions fatigués, mais contents d’avoir eu des expériences si intenses en si peu de temps. Ces Vacances étaient bien agréables, et j’ai hâte d’organiser les nouvelles.