Quelques photos de ma semaine passée avec Céline en mode célibataire (géographique, n’exagérons rien) entre Koh Lanta, Koh Kradan et Ko Lipe en février (oui, je sais, j’ai du retard...), avec au menu : baignades, bronzette, balades, currys au lait de coco, massages sur la plage et discussions jusqu’à pas d’heure ! Toutes les bonnes choses qu’on peut continuer partager après 30 ans d’amitié :-)
Dans le prochain billet : bye-bye Thailand, hello again Malaysia ! Cela fait en effet plus de 2 mois que nous sommes de retour aux Perhentian, notre deuxième chez-nous et la dernière étape avant... la Suisse !
Notre arrivée en Thaïlande a plutôt bien commencé puisque nous avons retrouvé par hasard dans l’avion Joo, une copine coréenne prof de plongée qui nous a proposé de nous héberger chez elle à Ko Lanta, le temps qu’on se trouve un endroit pour rester un moment.
Juste la bonne nouvelle dont j’avais besoin pour oublier les éclairs et les nuages de l’autre côté du hublot, comme si l’idée de voler n’était pas assez contre nature comme ça :-( Nous nous sommes ainsi retrouvés dans le petit village de Kan Tiang, au sud de l’île, juste assez loin de l’animation, des buckets de vodka-red Bull et des half moon parties de Saladan (bon, on n’est jamais complètement à l’abri, comme les quelques Russes seins nus et en string blanc me l’ont gentiment rappelé sur la plage où j’essayais de faire pudiquement bronzer mes bourrelets).
Notre recherche d’une maison où poser nos affaires quelques semaines a été ridiculement courte grâce à l’efficacité du système thaï : le premier mec dont nous avons visité les bungalows nous a envoyés chez son pote, qui nous a lui-même recommandé son cousin dont l’oncle avait une maison qui pourrait peut-être nous convenir… En 30 minutes, l’affaire était dans le sac : nous avons payé un mois de loyer en avance (pour la modique somme de 350 euros) et avons pu déballer nos affaires dans notre nouveau palace ! Le mot n’est pas exagéré : avec 2 chambres à coucher, 2 salles de bains, 2 salons et une cuisine équipée (enfin… équipée d’un frigo et d’un évier, ainsi que, pour une raison qui nous échappe, de 2 grille-pain), on ne savait plus quoi faire de tout l’espace disponible (il faut dire que chaque pièce comportait au maximum 2 meubles, plus feng shui tu meurs !). J’ai bien sûr rapidement remédié au problème en étalant tout mon barda dans l’ensemble de la baraque :-) Nous sommes ensuite partis avec notre nouveau scooter à la plage, le temps de remarquer que celle-ci était située à 500 m et que c’était un peu abusé… On notera qu’avec la laverie et la pompe à essence devant la porte, ainsi que le 7/11, 3 restos et une marchande de crêpes dans un rayon de 2 minutes à pied, on n’a pas trop usé les semelles de nos tongs pendant les 5 semaines que nous avons passées là.
Pour couronner le tout, nous n’avons même pas eu besoin de nous déplacer pour aller découvrir la faune locale : c’est elle qui est venue à nous - certes sans nous demander notre avis. Après 3 semaines de café au goût un peu bizarre, nous avons ainsi découvert l’équivalent d’une fourmilière (morte, bien sûr) au fond de notre bouilloire, nous sommes fait cambrioler le frigo par un singe très détendu qui connaissait visiblement déjà les lieux et avons participé à la construction d’un nid de rats en faisant don de mon dernier pantalon sans trou et de l’extrémité des palmes de Hannes à ces saloperies de rongeurs. Et c’est bien sûr sans parler des millions de moustiques qui se réfugiaient chaque soir chez nous à la tombée de la nuit. Malgré mes grands principes, j’ai finalement craqué et suis allée acheter des sprays et autres serpentins très efficaces (mais équivalant malheureusement à fumer 47 paquets de Gauloises quand tu te tiens dans la pièce où ils sont allumés).
Nous avons partagé notre temps entre le travail (eh oui !) - profitant du fait que nous disposions chacun d’un “bureau”- , la plongée (le prétexte était de soutenir nos copains de Malaisie retrouvés sur place en allant plonger au moins 3 fois avec chacun…) et le farniente, que ce soit à la plage, dans les hamacs du café voisin ou sur nos canapés en vrai cuir en plastique. Ah oui et n’oublions pas nos retrouvailles avec le dieu Internet : après un mois de connexion escargot à Bornéo, on s’est un peu lâché au niveau Skype, téléchargements et vidéos diverses sur Youtube… Les premiers soirs, je ne pense pas qu’on ait réussi à aller se coucher avant 3h du mat, trop obsédés par les multiples distractions offertes par notre petit écran brillant ! Pour ceux qui n’auraient pas encore compris : on n’est pas des vrais aventuriers, juste des glandeurs complètement dépendants de la technologie ;-) Je ne mentirai pas : cela a été un réel soulagement de pouvoir poser nos bagages et de retrouver un semblant de routine et de vie sociale. C’est vrai qu’au bout de 1 an de voyage, on commençait à fatiguer…
A la fin de notre séjour, nous avons aussi eu droit à la visite de Céline, ma plus vieille copine (pas parce qu’elle a 87 ans, mais plutôt parce qu’on s’est rencontrées sur les bancs de la maternelle, hein) qui nous a fourni le prétexte idéal pour enfin explorer un peu les environs… Il faut dire qu’à part quelques escapades au supermarché et 4 visites chez le sorcier local pour une otite qui n’en finissait pas, Hannes et moi avions une fois de plus été de bien mauvais touristes… J’aimerais pouvoir dire que nous avons mis notre temps à profit pour apprendre le thaï mais pour moi, dès qu’une langue a plus d’un ton, c’est mission impossible… A part “merci”, que je grommelais en regardant par terre parce que j’avais honte de mon accent et “pas épicé”, un truc essentiel quand tu ne veux pas avoir l’impression que tu as bouffé des fourmis rouges après chaque repas, mon vocabulaire n’a guère progressé…
Au prochain épisode, quelques photos de ma semaine en célibataire avec Céline, ainsi que des petits bouts de Thaïlande finalement visités avec Hannes ! Mais il faut dire qu’avec à peu près 5 ans de retard au niveau du tri de nos photos de vacances, la tâche n’est guère aisée… Croisons donc les doigts et à très bientôt j'espère :-)
Un petit aperçu en images de ma matinée passée derrière les fourneaux... et devant mon assiette aussi :-)
Au menu : salade de porc haché épicé, curry massaman (poulet, noix de coco, cacahuètes et pommes de terre), crevettes sauce aigre-douce au tamarin et tom kha gai (soupe de poulet au lait de noix de coco et au galanga.
Mon blog fête aujourd’hui son premier anniversaire, tout comme ma maman, d’ailleurs, à qui je dédie donc ce billet tant attendu…
Comme les plus observateurs d’entre vous ont pu le remarquer, nous ne sommes toujours pas de retour… Nous avons en effet décidé d’un commun et enthousiaste accord de prolonger le voyage jusqu’à fin mai :-) Ca nous permettra notamment de mieux gérer le choc thermique en arrivant à Berne, actuellement sous la neige ! Toute excuse est bonne, je sais.
Avec un peu de retard, voici quelques photos de notre mois à Bornéo. Pour moi, c’était une destination très attendue et même si nous y avons passé de très bons moments, il faut bien dit que la saison des pluies a quelque peu tempéré nos velléités d’excursions et mon esprit d’aventure (qui se résume d’ailleurs habituellement à choisir un plat inconnu au resto)… C’est notamment pour ça que nous sommes finalement partis plus tôt que prévu en Thaïlande, d’où j’écris actuellement, sous un soleil de plomb qui réchauffe mon coeur et mes vieux os vermoulus.
Partis des Philippines, nous avons atterri à Kota Kinabalu, une ville transpirante, poussiéreuse et sans grand intérêt à mes yeux (mis à part la présence d’un Body Shop et d’un cinéma). Pas de bol, comme elle se trouve à la croisée de toutes les routes de l’île, nous y avons au total séjourné 4 fois ! Juste le temps de goûter à toute la carte du Chinois placé stratégiquement à 10 mètres de notre hôtel, et qui nous a redonné joie à la vie, après 2 mois de “gastronomie” philippine… Notre première destination a été la pointe est de Bornéo, et plus précisément le “jungle camp” de Kudat. Une fois de plus, même si j’avais été prévenue, j’avais une représentation un peu trop romantique de la vie dans la jungle… J’ai malgré tout tenu 4 nuits dans notre cabane en bois au milieu de la végétation, qui n’était pas assez haute pour qu’on puisse s’y tenir debout et dont les planches laissaient passer tous les insectes de la région qui se faisaient un malin plaisir de dévorer le moindre millimètre de peau non couvert d’anti-moustiques. Je pense que notre moral aurait été meilleur s’il n’avait pas plu toute la journée et si la mer n’avait pas été si agitée, c’est sûr. Du coup, on a passé beaucoup de temps sur nos ordis, le nez dans un bouquin ou devant un chocolat chaud… On aura quand même eu droit à quelques beaux couchers de soleil ainsi qu’à un de mes trucs préférés : la douche en plein air avec les étoiles au dessus de la tête !
Comme je voulais à tout prix éviter l’avion, nous nous sommes tapé d’interminables trajets en bus avec des kilos d’enfants entassés sur 2 sièges (en Malaisie, on paie par siège, pas par passager… alors du coup, ça empile sévère !), entre les effluves de vomi, la porte des toilettes qui ne ferme pas et le voisin qui mange de la cervelle de poulet. C’est le moment où tu te félicites d’avoir du baume du tigre dans ton sac : il suffit en effet de s’en tapisser les narines pour que les odeurs désagréables soient occultées (et que tu aies l’impression d’avoir une colonies de fourmis urticantes qui dansent la java dans ton nez mais bon, il faut savoir ce qu’on veut). Le côté positif (il faut bien en trouver un), c’est que tu es toujours super content d’arriver :-) Nous avons été particulièrement ravis de notre détour par Sepilok, où nous avons pu admirer des orang-outans et des “sun bears” (ou ours de cocotiers) dans leur habitat naturel. Les orang-outans sont vraiment extrêmement marrants et les averses diluviennes nous auront au moins permis de surprendre leur trogne renfrognée quand ils essaient tant bien que mal de se protéger de la pluie en s’entassant des petites feuilles sur la tête… Je sais que je vais en décevoir certains mais cette fois-ci, il n’y aura pas de photos d’animaux car l’appareil de Hannes a rendu l’âme au moment fatidique :-(
Après de longues discussions et hésitations, nous avons fini par nous décider à aller à Semporna, le point de départ pour la réserve maritime de Sipadan, l’un des meilleures spots de plongée du monde. Les dernières années, quelques enlèvements par des pirates philippins ont eu lieu dans le coin, ce qui a bien sûr nuit au tourisme. Les victimes de prédilection pour les kidnappings sont les Chinois car les rançons sont toujours rapidement payées, le plus souvent par leur entreprise, ce qui nous a quelque part rassurés : avec nos dégaines de clochards, c’est clair qu’on n’attire pas franchement la convoitise… A posteriori, je suis super contente que nous n’ayons pas renoncé à notre projet car notre semaine à Mabul (petit village flottant situé sur une île voisine) restera l’un des meilleures moments du voyage et je pense honnêtement que les risques existants ont été beaucoup montés en épingle, notamment à l’étranger. Question sécurité, aucun problème, des bateaux de la police patrouillent les environs et des militaires sont présents sur l’île de Sipadan, où ils assurent la protection des plongeurs en jouant au ping-pong et en matant les blondes Russes en string. Le bon côté de la défection touristique a été que d’habitude, seulement 120 permis étant délivrés chaque jour pour aller plonger à Sipadan, il faut les réserver des mois à l’avance - là, nous nous sommes pointés la bouche en coeur, avons immédiatement trouvé des permis disponibles et nous sommes même payé le luxe d’y retourner ! Nous aurons donc pu voir des requins, des escouades de tortues, des raies (pas uniquement celles des touristes citées plus haut), j’en passe et des meilleures, le tout dans une eau turquoise à 30 degrés (comme d’hab quoi)… Nous avons également fêté Noël à Mabul, même si le mot “fêté” est un peu exagéré : notre petit hôtel était complètement déserté et c’est donc sans sapin mais devant un plat de poisson grillé et de riz que nous avons passé la soirée du 24. Heureusement, le 25 a été une magnifique journée au cours de laquelle nous avons pu baptiser nos nouveaux masques de bolos, en silicone ramassée à la main par des vierges une nuit de pleine lune et tellement souple qu’elle ne te fait même plus une tête de raton laveur quand tu sors de l’eau. Le pied !
Alors que les sirènes de la Thaïlande se faisaient déjà entendre, nous avons fini notre séjour à Bornéo par quelques jours dans la jungle, le long de la rivière Kinabatangan. Une fois de plus, c’était très très humide et boueux (bonjour les sangsues et autres saloperies locale !) et l’hébergement un peu basique (douche froide quand il y avait de l’eau… et eau de la couleur d’un latte macchiato par moments) mais les balades au fil du fleuve nous ont permis de voir des crocodiles, des nasiques, des serpents, plein de martins-pêcheurs plus colorés les uns que les autres et des macaques par dizaines… On n’aura juste pas réussi à dégoter un éléphant pygmée mais bon, on s’en remettra. Une fois n’est pas coutume, nous nous sommes couchés à une heure très décente le 31 décembre (une soirée malgré tout très agréable passée avec un couple d’Autrichiens et 3 bières payées une fortune chez le dealer du coin) et avons commencé la nouvelle année par une promenade à pied à 6h du mat !
Sur ce, je vous dis à très bientôt pour des nouvelles et des photos de notre nouveau pied-à-terre thaïlandais…
Après la saleté et la pauvreté de Manille, et les hôpitaux du nord du pays, j’ai bien sûr fortement apprécié le changement de paysage en arrivant sur l’île de Bohol. L’un des aspects les plus sympas restera l’inventivité des moyens de transport, et notamment le tricycle motorisé décliné sous toutes ses formes… On a ainsi parcouru des dizaines de kilomètres, parfois pliés en quatre (pas forcément facile pour les deux rhumatismaux de la famille mais on a fait bonne figure malgré tout), coincés sous un tas de sacs, les cheveux au vent ou cramponnés à un porte-bagages ! Mais quel plaisir de voir le sourire jusqu’aux oreilles des gens quand ils nous voyaient passer… Ce fut aussi l’occasion de discuter avec les Philippins et d’en savoir un peu plus sur leur mode de vie. Il faut vraiment souligner que la gentillesse des gens est vraiment l’une des choses que je retiens de notre séjour et une des raisons pour lesquelles je recommanderais vraiment cette destination… Une fois de plus, j’ai remarqué que mon âge avancé, combiné à l’absence d’alliance ou d’enfant et à la présence de mes parents, me valait une grande curiosité de la part des locaux ! Effectivement, dans un pays où le contrôle des naissances n’est pas franchement répandu et où on se marie tôt , je faisais un peu figure de vieille chose esseulée - mais finalement pas complètement périmée car on m’a souvent demandé si j’étais sur Facebook, une technique de drague qui s’est visiblement bien exportée ;-)
Outre les Chocolate Hills, superbes collines que nous avons admirées au soleil couchant depuis un point de vue en hauteur (premier exercice physique pour moi depuis la dengue, j’ai un peu soufflé comme un phoque), nous nous sommes beaucoup baladés sur les plages tôt le matin ou en fin d’après-midi, avec toujours des éclairages magnifiques et des pêcheurs ou ramasseurs d’oursins en arrière-plan. A noter que les plus beaux poissons, et notamment les thons, sont immédiatement envoyés au Japon par avion, et ce depuis les bleds les plus reculés… Un peu dommage car du coup, nous n’avons pas pu y goûter ! J’en profite pour glisser qu’après la Malaisie, j’ai été un peu déçue par la gastronomie philippine, que j’ai souvent trouvée un peu monotone… Mes parents se sont du coup découvert une passion pour la cuisine coréenne, et mon père n’a finalement pas sombré dans la déprime puisque les Philippines sont l’un des rares pays asiatiques où l’on peut trouver du pain ! Sa particularité : il a toutes les couleurs et les formes imaginables mais presque tout le temps le même goût :-) Ce qui nous a sinon sauvés : c’est ici qu’ou trouve les meilleures mangues du monde (la reine d’Angleterre les importe spécialement pour son petit-dèj, c’est dire…), je pense avoir frôlé l’overdose entre les jus, les crêpes et les glaces et à la mangue !
Nous avons également fait un détour par le sanctuaire des tarsiers, histoire de voir de plus près ce petit animal insolite et pelucheux. Je n’ai pas regretté le déplacement car le tarsier est vraiment très rigolo avec ses gros yeux globuleux, sa tête qui pivote sur 360 degrés et ses longues pattes qui lui permettent de sauter sur plusieurs mètres ! Entre les chiens et chats errants et les idiots qui tiennent à en avoir un en cage à la maison, il est toutefois malheureusement menacé… Nous sommes ensuite partis pour l’île de Negros, où nous nous sommes entre autres offert une superbe journée de snorkeling, l’occasion pour nous de goûter enfin à l’eau de mer… En effet, jusque-là, entre les vagues et les oursins omniprésents, nous avions dû nous en tenir aux baignades en piscine (ouais, je sais, trop dur la vie). Après 2 grosses semaines ensoleillées et très agréables à 3 ( actives selon mes critères, mais certainement “cool” quand on connaît la famille Laurent-Le Cloitre !), l’heure des adieux a fini par arriver et je suis partie rejoindre Hannes et Marcel sur l’île de Cebu.
Nous avons passé ensemble une excellente semaine à Malapascua, où j’ai enfin passé mon brevet de plongée ! Ma nouvelle passion, une découverte improbable dont je vous reparlerai… En tout cas, j’ai eu la chance de pouvoir suivre la formation avec un instructeur pour moi toute seule, dans des conditions donc optimales (ça a aidé à faire passer la pilule car se taper l’énorme manuel à lire et 4 heures de vidéo quand il fait 35 degrés et que tout le monde est à la plage, ça pourrait être un peu frustrant…). C’était en tout cas très sympa de passer nos journées dans l’eau et nos soirées à discuter en suisse-allemand (même si ça a très vite fait chauffer mon cerveau déjà éprouvé)… Pour Hannes, je crois que le plaisir d’avoir enfin un compagnon avec qui descendre des rhum-coca (une bouteille de ce dernier étant plus chère que le rhum local, le Tanduay, je dois dire que les mélanges étaient du coup plus que corsés, surtout pour la buveuse de thé vert que je suis !) et aller se déhancher à la discothèque du village (un grand moment pour les femmes du coin ! J’ai bien sûr soigneusement évité la piste de danse et me suis réfugiée dans un stand de paris où j’ai discrètement mais efficacement dilapidé l’argent du ménage) a été immense :-)
Hannes et moi nous sommes ensuite retrouvé de nouveau à 2, et avons mis le cap sur Moalboal pour 3 semaines de luxe, calme et volupté. En effet, mon excellent parti avait décroché un deal d’enfer et négocié la mise au point d’un logiciel de gestion pour le club de plongée d’un resort 5*, qui nous a offerts en contrepartie le gîte, le couvert et autant que plongées que l’on voulait ! La grande gagnante, ce fut bien sûr moi, puisque je n’ai pas dû lever le petit doigt pour profiter de tout ça - mais j’avoue tout de même que la vie de poule entretenue n’est pas allée sans me poser quelques problèmes d’ordre éthiques… vite étouffés à la vue de la piscine, du filet-mignon sauce roquefort et de la douche chaude de 50 m2 ;-) Ce fut aussi l’occasion de retrouver une vie sociale avec le directeur du centre de plongée, que l’on avait connu en Malaisie, et plusieurs autres clients très sympas - bref, une parenthèse bienvenue dans notre voyage ! Le seul truc qui aurait pu gâcher tout ça ne s’est finalement pas produit puisqu’après plusieurs jours de gros stress et de préparatifs pré-apocalyptiques, le typhon Ruby nous a simplement frôlés…
C’est donc sur une note agréable que nous sommes repartis à Manille, le temps de faire notre modeste shopping de Noël (j’ai réussi l’impossible en dégotant un short de bain dans le pays où la taille 36 est réservée aux grosses…) et de prendre notre avion pour Bornéo, où nous nous trouvons depuis près de 2 semaines. Les détails au prochain épisode…
En attendant, j’espère que vous avez tous passé un agréable Noël et vous souhaite d’ores et déjà une bonne année 2015 placée sous le signe de la santé, des nouveaux projets et des moments partagés avec ceux que vous aimez !
24h après l’arrivée de mes parents à Manille, Hannes a commencé à ne pas se sentir très bien et à avoir de la fièvre. Après une brève auscultation et une suspicion d’allergie à ma famille que nous avons finalement choisie d’écarter (la suspicion, pas la famille), il a été conclu qu’il avait sans doute chopé un virus quelconque à cause de la clim. Par mesure de précaution, nous l’avons quand même emmené à l’hôpital faire une prise de sang (2 dollars) et une radio des poumons (5 dollars). La médecin (3 dollars la consult… Pour ce prix-là, on reviendra !) a dédramatisé et prescrit des antibios, et nous sommes rentrés nous coucher à l’hôtel car je commençais de mon côté à ne pas me sentir très bien non plus… Ont suivis 5 jours au lit, avec des frissons, des courbatures, 39 de température et un manque d’appétit prodigieux - nous n’avions même pas la force de râler quand l’autre prenait les couvertures ou couvrait les oreillers avec sa transpiration, c’est vous dire… Je me rappelle d’un bref moment d’accalmie où nous nous sommes regardé et dit que si ce n’était qu’une petite fièvre tropicale, qu’est-ce que ça devait être d’avoir la malaria ou la dengue (innocents que nous étions !)…
Finalement, Hannes a commencé à aller mieux et a pu commencer à s’occuper de moi avec dévotion ;-) Nous avons convaincu mes parents de reprendre la route sans nous, avec la promesse de les rejoindre dès que cela irait mieux (les pauvres n’avaient pas franchement prévu qu’ils passeraient la première semaine à jouer les gardes-malades !). Malheureusement, vu que mon état ne s’améliorait toujours pas, nous avons fini par retourner à l’hôpital où on m’a diagnostiqué une dengue. L’ayant déjà eu il y a quelques années en Thaïlande avec des symptômes différents, j’avoue que je n’y ai d’abord pas trop cru et ai donc choisi de rentrer à l’hôtel avec la promesse de revenir si mon état s’empirait. Et ça n’a pas loupé : j’ai été réveillée dans la nuit par des douleurs au ventre, désagréables mais pas non plus insupportables. Vers 7h, dans un bref élan de dynamisme et de motivation, je décide de prendre ma première douche depuis… on va dire longtemps, et découvre avec horreur que mes pieds et mes mains sont complètement violets. Visiblement, les capillaires ont commencé à lâcher et ce n’est pas bon signe : on fonce donc à l’hôpital - note pour ceux qui prévoient d’aller prochainement aux urgences : être bicolore accélère grandement la procédure d’admission ! Malgré mon état proche de l’Ohio, j’ai le temps de noter que malgré le jeûne des derniers jours, je n’ai pas perdu un seul gramme et que mon pantalon me serre même un peu à la taille. Décidément, ce n’est pas mon jour ! Finalement, j’aurai l’explication quelques minutes plus tard, en allant faire une échographie (emmitouflée dans une couverture et en fauteuil roulant : c’est là que, un peu dure à le détente, j’ai réalisé pour la première fois que oui, j’étais malade) : j’avais des oedèmes partout dans l’abdomen, d’où les kilos en trop… J’ai choisi le verre à moitié plein et me suis donc réjouie de voir que mon pneu à la taille n’était pas (que) du gras :-)
Pendant les jours qui ont suivi, j’ai découvert les plaisirs d’être hospitalisée dans un établissement catholique : les lectures de la Bible par haut-parleur toutes les 2 heures, les cantiques “live” de l’après-midi (j’avais par moments un peu l’impression d’assister à mon propre enterrement), le poisson du vendredi (y compris au petit-déj, oui oui) et Jésus qui me contemplait d’un air songeur depuis sa croix en face de mon lit… Mais le bonheur du paracétamol par intraveineuse m’a aidée à surmonter cette épreuve. Il faut aussi dire que j’ai tout de suite été la chouchoute du personnel infirmier (âge moyen basé sur leur apparence et leur taille : 14 ans) qui était aux petits soins pour la patiente exotique que j’étais. Je n’ai d’ailleurs pas tout de suite compris que c’était en partie parce que je ne recevais que la visite de Hannes (mes parents étant coincés dans une sorte de trou noir où les communications ne passaient pas) et qu’aux Philippines, quand quelqu’un est malade, toute la famille vient normalement camper sur place, 24/24. J’ai eu beaucoup de mal à les convaincre que ça m’allait très bien comme ça et que non, je ne voyais pas trop les avantages à faire dormir Hannes à côté de moi sur un matelas de 1,50 m de long ! J’avais également un succès fou auprès des internes, que je m’amusais à choquer en retirant d’un grand geste de matador ma couverture pour leur révéler mes gambettes de vieille alcoolique obèse : j’ai ainsi récolté plusieurs “Wow !” et même un sifflement - on s’amuse comme on peut avec ce qu’on a :-)
Pour parfaire le tableau, chaque personne qui rentrait dans ma chambre semblait avoir une obsession malsaine pour mon caca (à l’exception peut-être du petit monsieur qui m’apportait le journal à 6h15 chaque matin) : le risque principal d’une deuxième dengue est d’avoir des hémorragies internes, que l’on peut notamment détecter en surveillant la couleur de ses déjections. Il régnait donc une ambiance extrêmement glamour dans ma chambre mais je me suis vite habituée à la question récurrente “Finally defecated, Miss Laurent? So, good color??”… Du coup, pour faciliter la détection, j’étais au régime “aliments blancs” et vu que la nourriture de l’hôpital n’était déjà pas top et que j’avais une aversion pour un nombre incroyable d’aliments, ça n’a rien arrangé… Heureusement, Hannes puis plus tard mes parents revenus en urgence m’ont approvisionnée en fruits frais et, par 2 occasions, en Big Macs, le seul truc qui, bizarrement, me donnait envie (tout comme le Toblerone, Hannes les a introduits à l’hôpital grâce à des stratagèmes dignes de Pablo Escobar). Finalement, au bout de 5 jours, j’ai un peu dégonflé, je n’avais pas de signes d’hémorragie, mon taux de plaquettes (il m’en restait à peu près 2 et demie au moment où j’ai été hospitalisée) a recommencé à monter et j’ai pu rentrer à la “maison”. Un grand moment de bonheur, assise dans le taxi en compagnie de mes parents, avec du vent sur le visage et du soleil sur la peau, et “I want to break free” en musique de fond :-) La convalescence a été un peu longue mais j’ai quand même pu profiter des semaines qui me restaient avec mes parents dans les îles du sud… Photos et nouvelles au prochain épisode !
La petite blague du jour pour finir : le temps que mes oedèmes aux mains disparaissent, pour éviter les douleurs, j’ai dû me balader avec les bras au dessus du niveau du coeur, un peu à la manière d’un marionnettiste fou. Gros gros succès au resto et dans la rue, je ne peux que vous le recommander si vous souhaitez attirer l’attention de votre entourage et vous auréoler de mystère ;-)
Nous avons donc débarqué tout misérables et tout trempés dans notre petit hôtel, et avons eu la joie de découvrir que 1) les grenouilles du l’étang d’en face n’en pouvaient plus de coasser et allaient probablement nous rendre dingues au moment de s’endormir et que 2) nos toilettes à la turque placées un peu en hauteur sur des dalles bien glissantes allaient certainement également mettre notre sens de l’équilibre à l’épreuve dans les prochains jours… Finalement, nous nous sommes révélés bien plus adaptables que prévu et avons survécu sans jambe cassée ou pétage de plombs nocturne ! Nous nous sommes contentés d’explorer les sentiers les plus proches de la lisière du parc, qui est gigantesque - du coup, nous n’avons vu ni éléphants ni tigres, qui se sont réfugiés vers des coins moins touristiques il y a quelques années (pas fous les mecs). Je suis fière d’avoir réussi à surmonter mon vertige pour faire le canopy walk, qui offre une vue imbattable sur les magnifiques arbres du parc ainsi que sur les singes curieux qui nous ont suivi incognito pendant une bonne partie du trajet. Nous avons également engagé un guide pour aller explorer la jungle de nuit - ambiance très Blair Witch Project avec l’obscurité, la pluie qui tombait et les milliers de bruits non identifiables… Nous avons eu la chance de voir un slow loris (un tarsier en bon français) en train de se balader très très lentement sur une branche… Pour ceux qui ne connaissent pas, sachez que c’est un animal extrêmement mignon qui apporte un rayon de soleil partout où il va. La preuve en images : https://www.youtube.com/watch?v=4m2Nn43QJA4. Alors, convertis ??
Les averses continuelles nous ont convaincus de ne pas nous attarder trop (c’est le début de la saison des pluies et effectivement, il y’a une raison pour laquelle tous les restos du bled sont flottants !) et nous avons pris la direction des Cameron Highlands. La première partie du trajet s’effectue en bateau, dans une ambiance très Indiana Jones et la seconde nous a emmenés à travers les montagnes (enfin c’est ce que j’ai appris a priori, j’ai bien sûr passé les 3h à bavouiller consciencieusement contre la vitre du bus). Nous avons une fois de plus débarqué sous une pluie battante et par un froid polaire (18 degrés, SCANDALE !) et c’est avec tristesse que nous nous sommes résignés à enfiler un pantalon, des chaussettes et une polaire - des vêtements au fond du sac depuis des mois, et dont l’odeur couvrait toute une gamme de senteurs, allant du chien mouillé au vieux plastique… Les promesses de douche chaude n’ont été qu’à moitié tenues (en partie parce que je n’ai vu qu’après coup qu’il fallait pousser le bouton rouge pour que l’eau chauffe… mais bon, même au maximum, sa température devait avoisiner les 20 degrés, pas franchement l’extase) mais j’ai pu retrouver avec bonheur mon habitude de petite vieille consistant à trimballer partout avec moi une tasse de thé brûlant :-) Il faut dire que nous sommes tout près de la source, au milieu des plantations ! J’ai d’ailleurs appris au cours de nos visites dans les environs que le thé provient de la même plante, qu’il soit vert, noir ou blanc, ce que j’ignorais - un peu la honte quand on voit ma consommation… Les pluies incessantes et le terrain boueux nous ont vite persuadés que cela ne valait pas le coup de se taper les 4h de marche nécessaires pour aller voir la rafflesia, la plus grande fleur du monde (mais certainement pas la plus belle) qui pousse ici dans la forêt. Il paraît en plus qu’elle pue - oui, je sais, tout prétexte est bon pour rester au chaud :-) De plus, la soudaine présence de wi-fi n’a pas vraiment contribué à nous faire sortir… Du coup, on a passé de très bons moments sur skype avec nos familles respectives, sans doute un peu rassurées de voir qu’on était de retour à la civilisation, et à discuter avec les autres voyageurs pas plus motivés que nous ! Nous retrouverons cependant dès demain la chaleur et l’agitation (+ les magaaaaaasins et les restos italiens, yipee!!!) de Kuala Lumpur, qui sera notre avant-dernier stop en Malaisie avant de rejoindre Singapour…
Notre rythme de vie a toutefois un peu changé, notamment pour Hannes qui travaille depuis le 1er septembre au club de plongée des Turtle Bay Divers. Dans le cadre de son apprentissage de dive master, il doit passer une myriade d’examens théoriques et pratiques, ainsi qu’accompagner un instructeur lors des plongées avec les clients. Ses journées sont donc longues (8h - 18h) et intensives (souvent 3 plongées par jour !) mais au vu du sourire que Hannes arbore en rentrant, je pense que le “sacrifice” vaut le coup :-) Même si je le vois moins qu’avant, j’ai gagné au change car je récupère un nouveau mec, encore plus blond, plus bronzé et plus musclé que le précédent :-) J’aurai bientôt l’honneur de jouer le rôle de l’élève débutante un peu simplette (ça ne devrait pas être trop difficile) pour son examen d’admission - l’occasion pour moi de voir dans quelle mesure mes sinus rafistolés parviennent à gérer les différences de pression… Le soir, la guerre du gin rummy bat son plein (elle a été officiellement déclarée quand j’avais commencé à perdre peu après que Hannes ait lâchement parcouru en cachette un guide stratégique trouvé sur Internet) mais généralement, la lumière est éteinte à 22h, un truc impensable d’habitude ! Heureusement pour moi, j’ai ma lampe frontale pour bouquiner en attendant que le sommeil arrive…
Je continue de mon côté à travailler (à un rythme cependant moins soutenu) et ai même un semblant de vie sociale selon les arrivées et les départs d’autres touristes… Notre présence prolongée a également permis une certaine intégration dans la vie de famille qui gère Mama’s — des contacts vraiment sympas même si la barrière de la langue reste encore présente (je ne peux malheureusement pas affirmer que mes progrès en malais soient fulgurants, même si je sais maintenant plus ou moins compter et maîtrise les principales formules de politesse). C’est en tout cas très intéressant d’observer leur vie quotidienne, rythmée par les appels de la mosquée située sur l’île d’en face (j’ai d’ailleurs constaté avec intérêt que j’apprécie beaucoup plus les appels du mezzuin que les volées de cloches de l’église catholique sous mes fenêtres à Berne, comme quoi…). A noter que pendant la saison touristique (qui dure de mars à mi-octobre en gros, l’île “fermant” ensuite pendant la mousson), tout le monde bosse de 7h à 22h, avec 0 jour de congé, y compris si tu as 80 ans ou si tu es enceinte de 8 mois et a déjà 3 gamins à gérer… Le genre de chose qui aide un peu à relativiser !
Même si la mousson ne devrait pas commencer tout de suite, nous avons eu une semaine très orageuse (heureusement surtout le soir et la nuit). Après vérification, il semblerait qu’il n’y ait pas de paratonnerre sur l’île, d’où parfois des petites crises d’angoisse nocturne pendant que Hannes dort du sommeil du juste près de moi et que la pluie tambourine les vitres et que les éclairs s’abattent à 3 m de notre chambre (maximum) ! Mais bon, il semblerait que je sois la seule à stresser, pour changer ;-) Avec les pluies, le nombre de moustiques a décuplé (du moins c’est mon impression) mais j’ai heureusement trouvé la solution miracle : le baume du tigre, redoutablement efficace contre les gratouillis et les gonflements ! Si vous aussi faites partie de ceux qui se transforment en ballon de baudruche à la moindre piqûre, n’hésitez plus - il faut juste faire gaffe à ne pas se mettre les doigts dans le nez, les yeux ou la bouche après car ça chauffe (testé et pas approuvé par moi à de multiples reprises) ! Du coup, je laisse une forte odeur de menthol et de camphre sur mon passage mais vu mon apparence générale, je ne suis plus à ça près… cerise sur le gâteau, l’apparition d’un mal inconnu sur mon petit orteil a d’ailleurs bien failli me faire admettre d’office dans la catégorie des lépreux mais après quelques bains d’eau salée et des compresses d’huile d’arbre à thé (on fait avec ce qu’on a, c’est-à-dire pas grand-chose !), mon orteil a fini par peler intégralement en quelques jours et a maintenant adopté l’apparence lisse et rose vif d’une knacki ball. J’espère qu’il ne tombera pas d’ici notre retour à la civilisation…
J’ai finalement dû me résoudre à aller “en ville” pour retirer de l’argent. J’ai été accueillie par un black-out qui a duré plus de 1h30, pas de bol ! Comme les distributeurs de billets ne marchaient pas et que le supermarché n’avait ni lumière ni air conditionné, je me suis posée avec plaisir dans un petit café où j’ai pu bouquiner en sirotant mon premier tea tarik (du thé noir au lait concentré, forcément très très sucré…) en attendant que le courant revienne. Il faut croire que quelques semaines de vie à 2 à l’heure auront donc finalement eu un effet positif sur mes exigences en matière de confort moderne ! Sans surprise, j’ai ensuite rapidement cédé aux sirènes de la société de consommation et ai acheté avec frénésie à peu près la moitié du supermarché. Comme quoi on ne peut jamais renier son moi profond… Il est d’ailleurs possible que je craque lors de notre prochain passage à Kuala Lumpur car je commence à ne plus pouvoir voir en peinture mes fringues, qui se trouvent à des degrés différents de déliquescence, avec une mention spéciale pour mes T-shirts qui ont tous un trou sur le devant au même endroit (je soupçonne notre produit lessive made in Mexico qui, non content d’être extrêmement agressif, sent également le vieux poisson).
Sur ce, je vous laisse en compagnie des dernières photos de plongée de Hannes et vous dis à très bientôt !
Cela fait donc pile un mois que nous menons notre petite vie sur Besar : j’avoue que ce fut pour nous deux un gros soulagement de pouvoir poser nos sacs après 6 mois “on the road”. Notre chambre est certes basique (douche à l’eau froide et pas d’électricité donc pas de ventilateur entre 12h et 15h) et c’est à nous de faire le ménage (qui se résume à passer le balai sur le sol à cause du sable et des crottes de gecko, et à rincer la salle de bains au tuyau d’arrosage… La notion d’hygiène est très fluctuante en voyage !) mais on l’adore, surtout que la coursive qui passe devant fait un super poste d’observation pour surveiller tout ce qui se passe en bas et notamment les 1001 bêtises perpétrées par Ammar, notre chouchou, un petit démon joufflu derrière lequel l’herbe ne repousse plus. On s’est aussi très vite habitué aux courses nocturnes sous notre toit - rats ou écureuils, on n’a pas encore tranché - et je prends même un certain plaisir à faire ma lessive dans un seau en plastique… Le matin, j’adore boire mon jus de carotte les pieds dans le sable en regardant passer le bateau-poubelle à l’horizon… Bref, Berne nous semble actuellement très très loin !
Hannes a profité de notre séjour pour passer son Advanced et son Rescue Diver en vue de bientôt décrocher son Dive Master. Du coup, il plonge quasiment tous les jours, généralement le matin, ce qui me permet de faire ma grasse mat tranquille au milieu du lit, dans la position dite de l’étoile de mer. Pendant qu’il va taquiner la morue, je vaque à mes multiples occupations : je lis beaucoup, vais flirter gentiment avec les petits serveurs de notre resto favori (il y a peu, j’ai réalisé avec consternation que j’ai l’âge d’être la mère de plusieurs d’entre eux, ce qui m’a un peu calmée), me rends à la plage où Hannes me rejoint l’après-midi pour aller snorkeler, réponds à mes mails et, ô surprise… bosse ! J’ai en effet la chance de pouvoir continuer à travailler comme traductrice et j’en suis ravie : cela permet de “cadrer” un peu mon quotidien, tout en stimulant mon cerveau ramolli par la chaleur (ainsi que par la lecture de vieux numéros de Prima et de Marie-Claire Maison - je fantasme actuellement beaucoup sur l’arrangement déco d’un appartement que nous n’avons pas) tout en me permettant de ravitailler mon compte bancaire qui ne dit pas non…
La lenteur de la connexion Internet (payante) a aussi du bon : nous décollons plus facilement de nos ordis que d’habitude… J’ai notamment décidé de (ré)apprendre toutes les capitales du monde et en profite pour quizzer Hannes (le pire étant tous les micro-états de Polynésie… sans compter les pays en -stan qui nous donnent du fil à retordre) et nous sommes mis au gin (le jeu de cartes, pas la boisson, hein). Malheureusement, Hannes refuse de jouer pour de l’argent, sous prétexte de ne pas vouloir entretenir ma prétendue addiction au jeu, mais je pense que c’est surtout dû au fait qu’il serait rapidement obligé d’aller vendre son corps bronzé aux grosses Hollandaises qui gisent sur la plage pour s’acquitter de ses dettes. Côté distractions et vie nocturne sur l’île, c’est en effet vite vu : à part la mini-boutique qui vend des paréos et des chips périmées et les 3 petits restos qui ont sensiblement le même menu, il n’y a pas 50 endroits où dépenser son argent si on ne plonge pas… Et vu que l’alcool, le seul truc potentiellement cher, est très restreint ici (ils n’en proposent par exemple pas dans notre restaurant habituel), notre budget repas reste modeste… des repas qui consistent de 6 plats que l’on fait tourner en attendant le retour sur la terre ferme - ça et la promesse d’une connexion Internet rapide sont d’ailleurs les seules raisons qui nous pousseront quitter notre île ! Pour vous donner une idée de mon état d’esprit, Hannes a dû se rendre une fois à la “ville” pour retirer de l’argent et je me suis surprise à lui demander comment c’était, un peu à la manière du pygmée qui demande au missionnaire de lui décrire la civilisation… En tout cas, l’excursion a définitivement valu le coup puisque Hannes en a profité pour faire un tour au supermarché et a ramené, parmi d’autres merveilles, un paquet de Pringles que nous rationnons jalousement… Perso, je n’aurai jamais cru qu’il soit possible de faire durer aussi longtemps des chips aussi addictives (6 jours qu’il est ouvert et il en reste encore !)…
On va sinon se baigner quasiment tous les après-midis : l’eau à 30 degrés et la faune locale très riche m’ont vite convaincue que cela valait la peine d’avoir à me faire un shampoing tous les soirs (ceux qui me connaissent bien savent que je suis normalement experte en l’art de nager avec la tête hors de l’eau pour cette raison). Requins, tortues, barracudas, poissons-perroquets, on ne sait plus où donner du tuba ! Mes ardeurs ont été au début un peu refroidies par une rencontre entre mon postérieur et plusieurs poissons qui m’a mordue jusqu’au sang mais finalement, je me suis consolée en me disant que, quelque part, ce n'est pas tous les jours qu'on se fait courir après par une ribambelle de demoiselles ou un sergent-major speedé… Hannes s’est d’ailleurs bien moqué de la tête de mes fesses (enfin, la tête… on se comprend) car j’ai eu la bonne idée de compléter le tableau par une réaction allergique bien moche après avoir frôlé un corail. Heureusement, il a vite moins rigolé quand il s’est fait choper le téton par un poisson que je nommerai Karma :-) Pour l’instant, nous nous félicitons d’avoir réussi à échapper aux balistes titans (ou triggerfish) qui sont énormes et très agressifs : leur bec est assez dur pour ouvrir des coquillages, vous pouvez donc imaginer les dégâts s’ils arrivent à vous attraper la jambe !
Nous nous sommes également un peu baladés sur l’île (mais pas trop car mes pieds deviennent vite claustrophobe quand j’enfile des chaussures) et avons eu la chance de voir un lémurien volant en pleine action : on l’a d’ailleurs pris pour un écureuil avant de remarquer qu’il avait une sorte de membrane entre les pattes, qu’il a ensuite utilisée pour planer jusqu’à un arbre situé à plus de 30 mètres - un spectacle impressionnant ! Vous l’aurez compris, c’est la belle vie, malgré bien sûr quelques aspects plus négatifs, comme le nombre de touristes et de moustiques, les kilos de sable qui finissent invariablement dans le lit ainsi que le fait que la chaleur est parfois difficile à supporter, notamment à l’heure de midi quand il n’y a pas de vent. En guise de thermomètre, j’ai pris l’habitude de m’acheter une glace : c’est la vitesse de fonte du chocolat au fond du cornet qui m’indique si oui ou non, il est l’heure d’aller faire trempette pour se rafraîchir !
Bref, je ne surprendrai personne en annonçant que, après de longues discussions sur notre date de départ, nous avons tranché le problème dans le vif en décidant de rester un mois de plus :-)
Mais repartons un peu en arrière : notre premier arrêt après Kuala Lumpur a été Penang, une île dont nous avions entendu beaucoup de bien. Fait rare, nous avons été un peu déçus, sans doute aussi parce que l’on se l’imaginait différemment… Sa taille et sa densité de construction nuisent clairement à son charme - malheureusement pour nous, c’est aussi l’endroit où nous avons le plus souffert de la chaleur et de l’humidité depuis le début de notre voyage ! La première nuit dans notre pourtant sympathique petite chambre double sous les toits fut épouvantable (ambiance sauna garantie, la clim n’arrivant pas à faire le poids contre la chaleur irradiant des murs et du toit) et c’est avec un immense soulagement que nous avons emménagé dans un dortoir glacial le lendemain ! Du coup, pas facile de se motiver pour aller se balader… Hannes a finalement réussi à me traîner dehors chaque matin (midi ?) en me faisant miroiter un milk-shake à la mangue au café du coin ou un poulet à l’aigre-douce pour 2$ chez notre chinois préféré, mais j’avoue sans trop rougir que le meilleurs moments de nos sorties à Penang ont toujours été soit le retour en bus climatisé, soit la glace mangée le soir au 7/11, où la température avoisinait les 12 degrés…
Le point culminant de notre séjour a été ma visite chez le coiffeur : fatiguée de suer de la nuque et du dos, j’ai fini par craquer et suis entrée sur un coup de tête dans une petite boutique qui n’avait pourtant rien pour elle. La coiffeuse ne parlait bien sûr pas un mot d’anglais et, mon chinois étant lui aussi quelque peu besogneux, j’ai fini par expliquer avec de grands gestes ce que je voulais. Bon alors forcément, j’ai oublié de mimer le shampoing donc j’ai eu droit à une coupe à sec, hop hop, en 3 coups de ciseaux… A noter que 10 cm ou 25, visiblement c’est la même chose en Chine ! J’ai cru avoir un arrêt cardiaque quand j’ai réalisé que ce que je pensais être un petit pékinois endormi par terre était en fait (feue) ma tignasse… Mais finalement, la p’tite dame m’a même fait un petit dégradé et je suis repartie contente avec ma coupe à littéralement 2 balles… Oubliez les requins, la jungle et les maladies tropicales : aller chez le coiffeur, c’est ça, la vraie aventure.
Nous avons ensuite rejoint Langkawi, une île plus au nord. Le voyage aurait pu être terrible mais ma couverture polaire et mes pilules contre le mal de mer m’ont une fois de plus sauvé la vie ! Mon petit côté sadique a adoré le moment où les mecs qui faisaient leurs fiers au démarrage ont commencé à se lever pour décrocher du plafond les petits sacs à vomi… Ah oui et une petite mention spéciale pour le film projeté, qui a réussi à combiner une scène de sexe, un meurtre sanglant et à peu près 47 “fuck” dans les 5 premières minutes, à la grande consternation de nos voisins hollandais qui essayaient tant bien que mal de couvrir les yeux curieux de leurs mioches…
Langkawi nous a déjà davantage plu, sans doute en partie parce que nous avions trouvé une petite chambre sympa en bord de mer. On s’est aussi offert quelques virées en scooter - je suis loin d’être fan de manière générale mais la circulation est vraiment limitée sur l’île et je n’ai pas regretté de m’être laissée convaincre. Nous avons ainsi pu découvrir le coin plus facilement, voir quelques animaux et gagner les hauteurs de l’île, où la vue est magnifique. En bon Suisse, Hannes ne pouvait pas ne pas monter en haut de la colline locale en télécabine ! Après avoir fait la queue pour acheter les billets (30 min), nous avons fait la queue pour rentrer dans les télécabines pendant plus d’une heure - un conseil donc, évitez les dimanches après-midis des week-ends fériés ;-) Grosse maligne, je me suis souvenue une fois les portes fermées que j’avais le vertige et j’ai du coup moyennement apprécié le trajet… Mais j’étais heureusement encore assez en forme pour faire une clé de bras au mec déguisé en Mickey qui t’attend en haut pour prendre une photo à 45 millions de dollars.
Nous avons fêté dignement (et avec un certain soulagement !) la fin du Ramadan - ou Hari Raya ici - car le proprio de notre hôtel a gentiment cuisiné pour tout le monde ! En effet, tous les magasins et restos du coin étaient fermés (même les Chinois, ces coquins ) et visiblement, tous les ans, les touristes se font avoir (nous connaissant, nul doute que nous n’aurions pas dérogé à la règle en temps normal).
Après quelques démêlés avec le site Internet du réseau de bus malais, nous sommes finalement partis en direction des îles Perhentian… Où nous nous la coulons douce depuis plus de 2 semaines déjà et ce n’est pas près de changer :-)
Nous avons passé notre première semaine en Malaisie à découvrir Kuala Lumpur. La ville est immense et très contrastée, et même si l’on n’a pas forcément l’impression d’être en Asie du Sud-Est, le dépaysement est an rendez-vous ! Pour moi, le plus fascinant est le mix de nationalités, de couleurs de peau et de religions… Les communautés chinoise et indienne sont bien implantées et j’ai eu l’impression que tout le monde se côtoie sans difficultés apparentes, un fait assez rare pour être noté, surtout dans le contexte actuel. On croise des femmes en sari, en mini-short et en hijab, sans que personne n’y trouve quoi que ce soit à redire, et ça, je l’ai beaucoup apprécié ! J’aurais d’ailleurs bien du mal à décrire physiquement le Malaisien type tellement l’apparence physique des gens varie.
Le gros point positif de ce melting pot est bien sûr l’aspect gastronomique ! Quel plaisir après presque 6 mois en Amérique latine de pouvoir commencer la journée avec des rotis (sans accent circonflexe, attention !!! Je parle bien sûr du pain indien - carnivore convaincue, je n’irais quand même pas jusqu’à m’envoyer un rôti au petit-déj…) et un lassi à la mangue, suivis de porc à l’aigre-douce ou de canard laqué à midi pour finir la soirée dans un resto japonais… Le tout bien sûr arrosé de jus de fruits frais délicieux ! Nous prouvons à nouveau que nous sommes de bien mauvais voyageurs car depuis notre arrivée, nous n’avons pas encore mangé une seule fois malais ! Mais nul doute que ça viendra…
A noter que, en bons rois du timing, nous sommes arrivés ici en plein Ramadan ! Heureusement, même si la majorité de la population est musulmane, on peut manger et boire sans problème en public… Et ce n’est pas un détail car il fait plus de 34 degrés - nous planifions donc nos déplacements de manière à éviter les heures chaudes de la journée (8h-17, en gros, ce qui est super pratique !) et nous réfugions dès que possible dans les 7/11 qui combinent deux énormes atouts : l’air conditionné et la vente de magnums goût brownies, une vraie tuerie !
Nous avons également profité de notre passage à KL pour découvrir une super activité qui, je n’en doute pas, ne devrait pas tarder à arriver en Europe (si ce n’est pas déjà fait) : ça s’appelle breakout et c’est un jeu de rôles où il s’agit de résoudre des énigmes afin de pouvoir s’échapper de la pièce où l’on est enfermé (en l’espace de 45 minutes). Des indices sont cachés dans la pièce, qui recèle de tiroirs cachés, trappes secrètes et autres surprises… Hannes et moi avons donc commencé la partie menottés (!) pour la finir à ramper dans le faux-plafond, le tout bien sûr après avoir réussi à activer notre bombe nucléaire (nous jouions le rôle de savants fous). Une expérience qui change de l’ordinaire, et que je conseille vivement ! Je précise que ce genre de jeux ne contribue pas forcément à la paix des ménages : c’est très très facile de s’énerver… A titre de comparaison, je dirais que c’est comme faire du tandem ou du canoë à deux sous la pluie ;-)
Nous décidons ensuite de mettre le cap sur le nord, vers l’île de Langkawi. Une fois de plus, nous nous sommes fait avoir à la gare routière : la petite dame bien aimable du guichet nous informe qu’un bus part justement dans 5 minutes (rhooo, comme de par hasard) et qu’elle est même prête à nous faire une réduc. On se dit que, décidément, c’est notre jour de chance et courons nous installer, tout contents. Oui bon c’était bien sûr trop beau pour être vrai : on a encore dû attendre plus d’une heure et quart que le bus se remplisse… de touristes à l’air aussi naïf et ravi que nous :-) Mais bon, la clim était en marche, les sièges confortables et nous avons donc fini par quitter Kuala Lumpur dans la bonne humeur !
Quelques photos colorées de mon cours de cuisine mexicaine (pas facile facile de touiller d'une main et de photographier de l'autre, d'ailleurs) ! Vous remarquerez en passant que le tablier me sied particulièrement...
La bonne humeur était donc de retour à notre arrivée à San Cristobal, une belle ville coloniale dans les montagnes. Nous y avons dégoté une super petite chambre toute en lambris qui n’a pas été sans nous rappeler le charme de notre village tessinois préféré, Indemini. En plus, il y faisait frais, ce que nous avons apprécié à sa juste valeur : plus besoin de crème solaire ou d’anti-moustiques et on peut enfin dormir sans se réveiller tous les quarts d’heure en sueur ! La ville en elle-même s’est révélée très agréable à explorer et les environs, magnifiques. Nous avons ainsi fait une balade en bateau mémorable au fond d’un canyon magnifique et la présence de crocodiles, de singes hurleurs et des pélicans a même réussi à nous faire oublier le côté un peu promène-couillons de l’excursion…
Nous avons ensuite renoué avec la chaleur lors de notre séjour de quelques jours sur la côte sud, à Mazunte. Notre arrivée a été loin d’être triomphale (nous avons dû nous taper toute la plage à pied sous le cagnard avec nos gros sacs à dos après une semi-nuit blanche dans le bus, vous imaginez certainement mes râleries d’ici) mais nous avons été récompensés de nos efforts : nous avons dégoté une chambre surplombant la plage, avec un balcon tout simplement magique… Le bruit des vagues était incroyable mais curieusement assez reposant la nuit, et ce bien que la volume sonore ait probablement été celui du périph à l’heure de pointe ! Nous sommes allés nous baigner une seule et unique fois, et pour cause : les vagues étaient incroyablement puissantes et je suis ressortie de l’eau avec 5 kg de sable dans les oreilles (par “oreilles”, j’entends tout orifice ou pli corporel… C’était il y a 2 semaines et j’en trouve encore dans les endroits le plus inattendus..), mon bikini pendant lamentablement sur mon ventre et mes cuisses (la force de l’eau a littéralement brisé la fibre élastique du tissu…) et une méduse sur la tête (bon, en fait c’est pas vrai mais avouez que ça aurait été drôlement cool).
Nous sommes ensuite partis en direction d’Oaxaca, dernière étape avant Mexico City. La ville est réputée pour sa gastronomie et j’en ai donc profité pour suivre un cours de cuisine où j’ai notamment appris à concocter du “mole” (sauce omniprésente ici sous de multiples formes… que je déteste pour la plupart, pas de bol !), une soupe, des beignets de fleurs de courgettes, des poivrons farcis ainsi qu’à faire des tortillas moi-même. Je peux dire sans rougir que je m’en suis bien tirée et que mes tortillas avaient une forme et une épaisseur parfaites, nul doute que ce sont les gènes bretons qui aident ! J’ai par ailleurs pris des dizaines de photos, que ce soit pendant nos courses au marché ou pendant la cuisine proprement dite - elles feront donc l’objet d’un billet à part très prochainement…
J’écris maintenant de Mexico, où nous passons nos dernières heures avant de nous envoler pour Séoul dans un premier temps, puis pour Kuala Lumpur lundi prochain. A cause du mauvais temps et d’une flemme prononcée, nous n’avons pas arpenté Mexico dans tous les sens comme je l’avais imaginé mais entre le musée Frida Kahlo, les délicieux restos japonais (j’en peux plus des tacos !!!), les parcs publics, le super métro et le gigantesque H&M, je repars comblée :-) On se revoit donc dans quelques jours en Corée du Sud, devant un plat de nouilles !
Nous avons quitté Cancun, qui ne présentait pour nous vraiment aucun intérêt (c’est en revanche le lieu idéal si on est un étudiant américain porté sur les drogues récréatives, l’alcool et les MST), et sommes partis visiter nos premières ruines, situées en bord de mer. Tulum nous a moins emballés que prévu, sans doute parce qu’il pleuvait tellement qu’on a envisagé de louer un bateau pour parcourir le site… Heureusement, nous n’avons pas laissé le mauvais temps gâcher notre bonne humeur ! Quittes à être mouillés, nous avons décidé d’aller nous baigner dans notre premier cenote, un impressionnant trou d’eau qui donnait sur une ribambelle de grottes obscures et un peu glauques… J’ai quand même réussi à me relaxer pendant la balade en palmes et tuba, faisant abstraction des chauves-souris qui nous déféquaient sur la tête et des poissons sans yeux qui me guettaient sans nul doute au fond de l’eau.
Ce qui nous a un peu sauvé la vie pendant ces premiers jours de déluge, c’est que nous avions une super voiture (une énorme Chrysler qui ne passait pas franchement inaperçue…) qui nous a permis de nous déplacer facilement et rapidement (et nous a souvent servis de refuge pendant les averses). De plus, le Mexique a un nombre impressionnant de spécialités culinaires à offrir, et rien de tel pour nous mettre du baume au coeur ! Quand on voit les montagnes de guacamole, la taille des bouteilles de soda, les quesadillas dégoulinantes et autres quesos fundidos (l’équivalent de la fondue, avec du chorizo dedans pour le goût et une lichette d’avocat pour les vitamines !!! C’est délicieux, ça va directement dans les cuisses !)), on ne s’étonne pas trop que le Mexique soit numéro 1 au classement des pays les plus frappés par l’obésité… Pour compenser, je tiens à préciser que c’est également l’endroit où les gens sont le plus gentils depuis le début du voyage ! Vraiment accueillants, arrangeants et toujours prêts à rigoler (même les flics, c’est dire…) !
Heureusement, le beau temps est revenu (nous sauvant d’une descente lente mais inéluctable dans la graisse trans et le sucre) et nous avons pu visiter plusieurs sites mayas quasiment désertés - ça a aussi du bon de voyager en basse saison ! Nous avons aussi eu la chance de voir - et surtout d’entendre - des singes hurleurs qui nous auraient fait détaler à toute allure si je n’avais pas su que non, il ne s’agissait pas des lions affamés… Côté culture, nous avons adoré les quelques jours passés à Merida, où nous avons eu le plaisir de voir des danses régionales (je respecte beaucoup plus les danseurs depuis le funeste cours de disco swing que Hannes et moi avons suivi avant de partir… Finalement, 1-2-3 1-2-3, ce n’est pas si évident que ça…). Parallèlement, Flora, Hannes et moi avons pu parfaire notre bronzage au bord de la superbe piscine de notre hostal, pendant que David, fidèle à lui-même, prenait des coups de soleil à l’ombre ;-) Nous avons fini le séjour par un passage à l’île d’Holbox. Là, nous avons eu la chance de pouvoir plonger avec un requin-baleine… Le truc à retenir étant que oui, c’est vraiment très très gros mais c’est aussi vachement cool :-) Vidéo à suivre prochainement (une fois n’est pas coutume, les photos sont de moi mais Hannes bosse dur de son côté) !
Les 2 semaines sont passées à toute allure, sans doute parce qu’elles ont été un peu moins oisives que ce à quoi Hannes et moi sommes habitués ! Mais du coup, nous avons vraiment l’impression de voir plein de choses et d’avoir profité à fond du temps avec David et Flora qui ont été de parfaits compagnons de voyage ! Ayant bien conscience que le Yucatan n’est pas franchement représentatif du Mexique, Hannes et moi avons finalement décidé de ne pas aller au Belize et de prendre notre temps pour rejoindre Mexico City. Mais en bus désormais… Le retour à la vie de pauvre est rude !
Après les températures fraîches et les averses de Monteverde, nous avons repris avec plaisir la direction de la plage. Comme toujours, la prise de décision n’a pas été facile et nous avons finalement suivi les conseils d’un mec croisé entre deux portes de notre auberge de jeunesse et pris un bus très matinal pour Playa Samara. Celui-ci nous a ensuite laissé sur le bord de la route, au milieu de nulle part, avec quelques vagues instructions… Après un petit moment de flottement, nous avons aperçu un autre bus et coup de chance, c’était le nôtre ! C’est vrai qu’autant on peut parfois critiquer le manque général d’organisation en Amérique latine, autant on doit reconnaître que d’une manière ou d’une autre, grâce à la flexibilité des locaux, on finit toujours par atterrir à peu près à l’endroit souhaité ! Une heure plus tard, re-belote : cette fois-ci, nous avons attendu 1h30 sur un banc, heureusement situé sous un arbre, entre un sympathique vendeur d’oranges et une station-service… Très ambiance “Bagdad Café” ! Deux bus plus tard, nous sommes enfin arrivés fatigués et poussiéreux (mais très fiers d’avoir économisé plus de 100 dollars grâce aux transports locaux) à Samara, un petit bled comme on les aime : en bord de mer, avec des rues non bitumées et des cocotiers :-)
Nous avons déniché un super B&B (Don Diego, que je recommande vivement !), tenu par un sympathique couple d’Italiens. Elle, cuisinière de profession, s’est chargée de nous mettre les larmes aux yeux tous les matins en nous présentant du pain fait maison, tout comme le beurre, le fromage et la confiture… Je suis un peu tombée amoureuse de l’un des 4 chiens, un basset soumis et très collant, qui est devenu notre grand ami lors d’un orage, quand nous l’avons autorisé à se planquer sous notre lit en attendant une éclaircie… Il m’a un peu moins aimée quand j’ai jeté son jouet préféré dans la gouttière du toit dans une virevolte ridicule (mais moins ridicule que moi quand j’ai dû expliquer au proprio perplexe pourquoi j’avais besoin d’une échelle).
Une petite routine s’est vite installée : lever relativement matinal, petit-déj 5*, puis baignade et bronzette, suivie d’une sieste / séance de lecture ou de boulot (pour moi) puis d’un en-cas à base de noix de coco (cueillie et découpée par Hannes, le petit homme des bois) ou d’ananas, puis re-sieste, re-lecture, re-plage et finalement, un petit apéro en regardant la pluie tomber (les après-midis se terminaient généralement par des averses torrentielles !) aux cris des singes-hurleurs… Vous comprendrez bien que quand nous avons découvert que le seul bus allant vers notre prochaine destination partait à 4h du mat, nous n’avons pas mis longtemps à nous décider de rester une semaine de plus à nous tourner les pouces dans ce petit paradis ! Sans une trop mauvaise conscience finalement : de toute manière, on ne peut pas tout voir… Alors autant ne rien faire du tout :-)
C’est donc bronzés comme des petits caramels au beurre salé et détendus comme des vieux slips que nous sommes arrivés à Alajuela. Après une balade sous la pluie dans cette ville sans aucun charme (c’est encore plus moche que la capitale, San Jose, ce qui est un peu un exploit) et un repas mexicain (on est souvent à contre-courant, vous l’aurez remarqué…), nous avons pris notre avion pour le Mexique, notre dernier pays sur ce continent… Ma carotte pour ce vol que j’appréhendais (comme d’habitude) : le fait de retrouver à Cancun David, mon petit frère préféré, et sa copine Flora, pour 2 semaines de folie au Yucatan !
Comme promis, une petite vidéo des exploits de Hannes à Monteverde ! Cela n’étonnera personne, j’ai préféré les plantations de cacao (dégustation incluse) et les visites au vivarium aux sauts à l’élastique et autres fantaisies adrénalinesques…
Nous avons eu la chance de dégoter une super pension et avons pendant quelques jours plus que profité de notre hamac, de la proximité de la magnifique plage de sable noir (tongs obligatoires, sinon gros risque de brûlure à la plante des pieds !) et de la délicieuse pizzeria locale… Nous avons aussi découvert une grande nouveauté culinaire lors de notre premier casado (littéralement, “repas d’homme marié”, ou déjeuner) : les haricots rouges ! Juste au cas où les 2 kilos de riz ne suffisent pas à te remplir l’estomac… Mais les Ticos ont une manière incroyable de préparer la sauce du poulet, ce qui m’a un peu réconciliée avec ce dernier… Hannes prétend même que ça nous manquera quand on sera de nouveau en Suisse (j’ai mes doutes mais bon)…
Dans un petit sursaut de motivation, nous nous sommes mis d’accord sur le fait que tant qu’à rien glander, on pourrait le faire dans un endroit encore plus calme et sommes partis à Cahuita, un tout petit bled abritant un également tout petit mais charmant parc national. Une fois de plus, nous avons trouvé une chambre très sympa en bordure de mer, à quelques pas de l’entrée du parc. Petit bonus : un nombre faramineux de crabes était inclus dans le prix… On ne pouvait pas laisser les portes-fenêtres entrouvertes plus de 1 minute sans avoir ces petits mecs en train d’essayer de rentrer en biais dans notre cahute, leurs pinces faisant clac-clac sur le carrelage ! On a même fini par en dénicher un qui disait un raffut pas possible sous notre lit en plein milieu de la nuit (on commençait à se dire que c’était un rat !). Le point d’orgue de l’horreur a été atteint quand, en pleine conversation avec mes parents sur Skype, j’ai vu un crabe gros comme ma main remonter à la verticale notre rideau en quelques secondes. Limite on se serait crû dans « L’exorciste »…
Mis à part un tremblement de terre (que j’aurais une fois de plus loupé si Hannes ne m’avait pas réveillée… ce que j’aurais a posteriori préféré car c’était bien flippant de sentir le sol trembler sous nos pieds !), le reste du séjour s’est déroulé sans problème. Nous nous sommes rendus à plusieurs reprises dans le parc national, qui abrite de nombreux paresseux (check), singes (check), serpents (check) et autres toucans (pas check, à mon grand désarroi.) ! Une fois de plus, nous avons constaté que louer les services d’un guide n’était vraiment pas un luxe… surtout quand on a mon talent pour passer à 3 cm d’un yéti géant sans le voir. Le seul truc que je n’ai pas loupé, c’est une fourmi légionnaire qui m’a lâchement attaqué le gros orteil – je ne savais pas qu’un truc aussi petit pouvait faire aussi mal !
Nous avons aussi fait pas mal de tuba dans une eau chaude à la limite du supportable (bizarrement, en l’écrivant, j’ai l’impression que cette phrase ne va pas parvenir à m’attirer la pitié de mes lecteurs). Maligne, j’avais bien sûr enfilé mon rash guard (la solution miracle : finie la corvée de crème solaire ! Qui en plus est souvent néfaste pour les coraux…) mais j’avais un peu oublié que mon postérieur était appelé à dépasser de l’eau. Après 2 heures à batifoler avec les petits poissons, je suis donc ressortie de l’eau avec deux grosses boules de glace vanille-fraise à la place des fesses. Inutile de dire que j’ai passé les 24h suivantes assise sur le sol frais de notre chambre, à la merci des crabes et des moutons de poussière.
Les trois seules mauvaises surprises que nous a réservé le Costa Rica sont le fait que tout est beaucoup plus cher que tout ce que nous avons connu jusque-là, que les connexions en bus sont assez mauvaises (visiblement, beaucoup de touristes choisissent de louer une voiture, ce que nous voulons éviter dans la mesure du possible) et que pour l’instant, nous n’avons trouvé qu’un distributeur qui accepte nos cartes suisses fonctionnant avec “Plus”. Bonjour donc les commissions vu que nous devons retirer avec nos cartes de crédit ! Du coup, on a essayé de se serrer un peu plus la ceinture qu’à l’accoutumée : généralement, ça se traduit par un ananas mangé sur la plage au lieu d’un vrai repas de midi, entraînant un sentiment de bonne conscience et aboutissant finalement le soir sur une note de restaurant bien salée (« oh, vous avez du tiramisu ? Bon ben on ne va pas dire non… »). Notre technique est donc encore perfectible !
Sur ce, je vous donne rendez-vous au prochain épisode où vous aurez le plaisir de voir Hannes jouer à Tarzan…
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