J’ai revu en boucle nos ébats, nos corps qui s’harmonisent sur mes draps,
Ta main qui chante pour mes hanches, tes doigts qui dansent pour mes cuisses,
Tes yeux qui brûlent dans les miens
La statique entre nos sacs d’os et de chair
Le courant, la salive, le sang, la peau
J’ai rejoué nos ébats, nos âmes qui se touchent
Nos pensées qui se synchronisent
Nos paroles qui s’attendrissent
Mes yeux qui brûlent pour les tiens
L’électricité qui alimente nos organes
La vie, l’amour, l’ardeur, la passion
J’espérais voir deux traits.
J’espérais nous voir sur un bâton blanc…
un morceau de plastique sans vie.
plastique-pisse-panique-soulagement-angoisse-larmes-deuil
Je ne le voulais pas, mais je le voulais tellement. Et si c’était tout ce qui me restait de toi? De nous?
Et si Eden avait eu la douceur de tes yeux. Ton sourire? Et mes fossettes.
Et si c’était nous, à nouveau, repeint et reimaginé. Et si notre histoire pouvait s’inscrire dans son sourire? Et si nos corps s’harmonisaient une dernière fois sur un nouveau tableau. Sur de nouveaux yeux, sur une nouvelle bouche.
Eden aurait appris de toi la poésie du vivant. Eden aurait hérité de ma tendresse pour les choses éphémères . Eden aurait porté l’histoire de deux amours sur son visage.
Et si sur son visage on s’aimait encore.
Mon ventre est creux, mon ventre est vide. Au centre de moi, un espoir immense, pour un rien, pour un vide immense.
Dans mon ventre rien. Dans mes mains rien. Dans mon coeur tout.
Quelle tragédie. L’immensité du vide. La nostalgie de souvenirs qui n’ont jamais pris forme, qui n’ont jamais vu jour.
Le deuil d’un être qui n’a jamais existé.
J’aurais voulu en voir deux, même si je n’ai rien pour deux et je ne peux que m’en permettre une.
J’aurais voulu te voir à nouveau, dans une seconde trace.
Mais, je te laisse reposer dans un espoir vide,
Dans l’unique trace qui reste de nous.