Dans le métro, au boulot, dans les rues
Maintenant je publierai lĂ !
Je garderai tumblr actif pour les archives, mais sinon, bonne lecture :)

#extradirty
Alisa U Zemlji Chuda
Cosimo Galluzzi
DEAR READER
dirt enthusiast
TVSTRANGERTHINGS
occasionally subtle
KIROKAZE

JBB: An Artblog!
Claire Keane
Sade Olutola
NASA

Kiana Khansmith
2025 on Tumblr: Trends That Defined the Year
PUT YOUR BEARD IN MY MOUTH
🪼
One Nice Bug Per Day
will byers stan first human second
No title available
Keni

seen from United States
seen from United States

seen from Malaysia

seen from United States

seen from Germany

seen from Jordan
seen from United States
seen from United States
seen from Malaysia
seen from United States

seen from TĂĽrkiye
seen from Brazil
seen from Germany

seen from United States

seen from TĂĽrkiye

seen from TĂĽrkiye

seen from TĂĽrkiye
seen from United States
seen from United States

seen from United Kingdom
@mesconstats
Dans le métro, au boulot, dans les rues
Maintenant je publierai lĂ !
Je garderai tumblr actif pour les archives, mais sinon, bonne lecture :)
La fois où j’ai poussé (respectueusement) une étrangère
Alors je prends le métro tous les jours ou presque, comme beaucoup de Montréalais. Pour faciliter l’expérience et la rendre plus agréable, la STM a lancé des campagnes de publicité misant sur la courtoisie dans les transports en commun. Laissez sortir les gens du wagon avant d’y rentrer, ne mettez pas vos pieds sur un siège, laissez votre place aux femmes enceintes et personnes à mobilité réduite, si vous avez un sac à dos dans un wagon plein, merci de le tenir entre vos mains, etc. Du gros bon sens, quin. On a même ajouté des lignes jaunes avec des flèches à chaque sortie de wagon, pour faire comprendre comment se placer pour faciliter la sortie des gens à l’intérieur du wagon.
Voilà que l’ère des téléphones intelligents rend un peu nono et fait de certains des zombies, concentrés sur leur écran de 3 pouces carrés comme si c’était un passage important du livre du siècle.
À mon arrivée à Berri-UQAM, une foule de gens respectait les limites définies par les zones jaunes. Puis il y avait cette fille, mi-vingtaine, directement placée sur la flèche. Les yeux rivés vers l’infini de son téléphone. J’étais la première à sortir, j’ai donc pris mes deux mains, que j’ai posé sur ses épaules pour effectuer une translation vers la gauche en présentant mon mouvement d’un “excuse-moi” très doux et zen. Elle s’est laissée faire, toute mobile.
Parfois, lever les yeux, simplement, peut ĂŞtre courtois.
Une photo publiée par Juliette Payer (@laconstateuse) le 6 Janv. 2016 à 16h19 PST
Kill em with kindness
“omg these are in french”
Le nombre de fois que j’ai vu des anglos regarder le menu et s’exclamer de la sorte, comme si on était super weird d’afficher le français en premier à Montréal... C’est facile de se vexer et rester bête. Sérieux, arrête de chialer, demande-moi ce que marwon prwaleenay est, pis je vais te répondre avec un sourire que c’est chestnut praline, mon cher.
- English is right under every drink’s name, but I can translate for you if that helps
-Oh no that’ll be all right, I’ll have a grande flat white
- Can I get a name for the cup?
- You can write Leo on them
- May I ask which English-speaking nation you’re from, Leo?
- Oh... I’m from Toronto
Je l’ai taquiné comme s’il ne savait pas qu’on parlait en français ici. Il m’a ensuite dit qu’il était venu à Montréal 3-4 fois déjà , qu’il adore et en profite pour visiter des amis. Qu’il n’a pas eu la chance d’apprendre le français plus que les plus petites bases, puisque ça parle pas fort français dans son coin... On s’entendait tous les deux pour dire que c’est dommage. Qu’une langue seconde est toujours pratique pour voyager aussi.
J’ai pris la commande du prochain client et Leo m’a salué et souhaité de joyeuses fêtes avant de partir. Des fois on pense tuer les autres avec notre gentillesse, pis c’est la situation awkward, qu’on tue, finalement.
Ce desir de bien faire les choses
J’gosse beaucoup de gens.
J’étais petite et quand je faisais mon lit le matin, je recevais les félicitations de ma mère et mes soeurs soupiraient les yeux à l’envers. Entendons-nous, je ne le faisais pas pour les félicitations publiques, mais simplement parce que je savais que ça plaisait à ma mère.
Le même pattern se produisait à l’école, où je passais pour la chouchou, parce que j’essayais d’être gentille en participant aux moments où personne ne le faisait et mon enseignante me le rendait bien (dépendamment des années).
Comme si la norme c’était d’être chiant avec les enseignants, je me démarquais avec mon désir de plaire, d’être gentille, de répondre aux attentes, de m’améliorer.
Puis je suis arrivée sur le milieu du travail, où j’ai fait super impression lors des entrevues, été retenue, et pas trouvé ce que je cherchais. On valorise rarement les efforts, les bons coups, la bonne attitude. On valorise les résultats, souvent plus que tout. Il arrive qu’on gagne de l’avance en route, au détriment des bons éléments, pis c’est ben déprimant. J’écrirai plus longuement là -dessus, un jour.
Il y a des mentors, ces personnes tellement inspirantes au travail qu’on en oublie que gérer un établissement qui fait des lattes n’était pas exactement notre plan de match original (Allô Patricia, je t’aime et bon succès dans ton nouvel emploi en 2016. J’espère retravailler avec toi un jour!). J’aime travailler et rendre les autres heureux, cela a du sens pour moi. Comme nuire aux autres ou les rendre malheureux me rend extrêmement mal, ce n’est pas tellement un désir de plaire qu’un désir de faire bien les choses. Do things the right way feels great.
Mais me voilà , après 2015, après une année de gestion qui s’est bien passée, somme toute. Me voilà qui veut renouer avec une part de Juliette. Celle qui devrait pratiquer une discipline qui valorise les mots justes, le contact humain, le sens de l’humour. Me voilà qui veut apprendre de nouvelles choses, me raffiner sur ce que je sais faire.
Bien-entendu on continue d’apprendre quoi qu’on fasse. Mais la Juliette du 31 décembre 2015 est un peu tannée de sortir des croissants du congélateur pour le lendemain. Parce que c’est sur qu’avec ça, je trouverai pas tellement de sentiment de réalisation.
Bonne année, à de meilleurs quotidiens en 2016
Je marchais vers la clinique un jour de pluie avant Noël et j'ai vu ce chat sur un tas de pneus. C'est tout.
En apprendre sur son chat / la vie
Juliette: J'ai appris que les chats, ça apprend pas avec le renforcement négatif. Les punir, ça donne rien. Faut les féliciter quand ils font de quoi de bien, c'est tout.
Collègue: Ouais! Les chiens aussi c'est comme ça.
Juliette: ... Les humains aussi, dans l'fond.
Collègue: C'est clair...
Voleurs de tips
C’est touché (prononcer totché) de parler d’argent, mais voilà , je travaillais un samedi soir et un homme est parti en courant avec nos deux petits cubes de plexiglass, qui contenaient à peu près 2-3$ chacun en change.
Qui vole un oeuf vole un boeuf, qu’ils disent. Ben c’est un peu comment je me suis sentie. Comme si on m’avait privé d’épicerie pour la semaine. J’avais le dos tourné deux secondes quand j’entends le bruit de change scramer par la porte de mon petit lieu de travail vitré, qui était plutôt crowdé pour un petit samedi soir de Novembre. Un gros pincement au coeur.
Les clients en revenaient pas, moi non plus. Certains de mes collègues m’ont demandé une description, mais je n’avais vu que son manteau beige de dos. Il ne correspondait pas à un qu’on avait déjà vu. Il ressemblait pas non plus au petit gros boutonneux qui avait échappé le pot de tips par terre que j’avais surpris il y a plusieurs mois.
Derrière ce comptoir, on travaille fort pour de maigres taux horaires et quelques piastres de pourboire de l’heure. On sourit et donne le meilleur de nous-mêmes (Bah, ok, pas tout le monde, mais je parle pour moi et plusieurs des miens) pour de petites créations d’espresso faites à la main. Et je me doute que la condition de l’homme en question faisait plus pitié que la mienne. Mais j’espère sincèrement que ces cinq piastres serviront à nourrir ses enfants et pas se shooter dans une ruelle voisine.
Rah.
Pour le meilleur et pour le pire
Mon côté ésotérique tend à croire que lorsqu’on s’apprêtait à exister, il nous a fallu faire des choix. “Ok, je serai pourvu d’un teint irrégulier, mais je serai un excellent scientifique qui découvrira un remède éternel contre la grippe” ou encore “Je serai rousse, mais j’aurai une aptitude au fun à toute épreuve”genre. (Ok, j’arrête les clichés ici.)
Ce qui m’amène ainsi à plus facilement accepter ce que je suis, ce qui m’arrive. Si j’ai les émotions dans le tapis par rapport à d’autres, cela fait surement ma force un moment donné, etc.
Je ne publie pas beaucoup de constats pour quelques raisons. D’abord, parce que je suis en amour avec un être exceptionnel qui apporte énormément à ma vie (moment quétaine, s’cusez-la, ça part du coeur et ça me monte à la tête des fois). Ensuite, parce que mon cheminement de carrière a pris une tournure que je n’aurais pas vue venir il y a six mois, quand j’étais passionnée et que la majorité de mes photos instagram portaient le hashtag de ma job, mettons.
C’est toute une histoire de choix, de réflexion au sujet de mes valeurs, mes ambitions, mon désir d’accomplissement, de reconnaissance, aussi. Je comprends mieux l’importance de mes décisions, je comprends aussi mon impuissance face à beaucoup de choses. La perception des autres, par exemple. On a beau toujours donner le meilleur de soi, ce n’est pas tout le monde qui le remarque et quand on s’épuise, c’est étrangement là qu’on se fait évaluer et donner du feedback.
Alors je suis là , décembre 2015, à préparer cette synthèse de ma dernière année pour les questions de famille aux partys de Noël.
Ça va bien aller, mais 2016, tu me prépares sans doute de meilleures surprises.
Mes aisselles se rebellent
Parce qu'un jour on est venus à parler de se qu'on se met sous les bras, on a réalisé mon copain et moi qu'en magasin, on offre aux femmes 90% d'antisudorifiques-déodorants, et aux hommes 90% de déodorants, simplement. Le non-dit; ce n'est pas acceptable de suer pour une femme, mais oh les garçons peuvent suer des litres. Anyway c'est mâle, suer eh? J'ai senti les déodorants offerts pour filles et ça m'a vraiiiiiment pas convaincue. Entre le "bambou pur" qui sent fort et le "sans parfum" qui pue la crème pour peaux sensibles, j'ai préféré m'abstenir. Et parce qu'il y a du cancer du sein dans ma famille, j'ai décidé de ne pas prendre de chance et éviter l'aluminium sur mes aisselles en faisant mon déodorant maison. DIY hell yeah! Ne criez pas "Hippie qui pue" tout de suite: Huile de coco, fécule de maïs, bicarbonate de soude et huile essentielle de ton choix. Aussi simple que ça. J'ai choisi de l'huile essentielle de pamplemousse et ça sent frais et girly quand je fais du sport/ impro. Avis à celles qui voudraient se rebeller et utiliser au grand jour leur secret qui n'en est plus un.
Nettoyer des vitres au féminin
Mon nouveau lieu de travail se trouve au milieu de travaux de rue par la ville. Ça fait un moment que ça dure, mais dernièrement j’ai su en tirer avantage; avec les spots lumineux pour faire leurs explorations souterraines de soir, j’ai vu les saletés dans nos vitres. J'ai donc pris l’initiative de nettoyer celles qu’on voit bien, de l’intérieur d’abord, puis de l’extérieur, où j’ai eu droit à un :
“Si tu cherches de la job, j’en ai à faire laver chez nous”
Suivi d’un rire grinçant du travailleur de la ville qui m’a lancé ça. Je ne l’ai pas regardé, je suis rentrée, insultée. Puis j’ai analysé mon émotion (Je m’amuse à faire ça, des fois). Je me doute que son commentaire était simplement une façon de connecter avec moi. C’était de l’humour, pour détendre l’atmosphère, j’imagine. Ils ont de longues journées, les messieurs, là .
Mais bon. Ça m’a fâché. Pourquoi? Parce que je suis persuadée qu’on m’aurait pas dit ça si j’étais un homme.
- C’est une situation qui implique une soumission de la part de la personne qui lave des vitres.
- Ça a presque une connotation sexuelle.
- Présumer que la fille du Starbucks se cherche une job en nettoyage de vitre, c’est vexant. On vaut mieux que ça, nous, baristas.
Ah pis on va dire “C’est juste de l’humour”, mais l’humour de même, j’ai ben de la misère. Pis j’ai le sens de l’humour pareil. Mais lui il a une conscience féministe en bonus. Bon.
“Ça sera pas long”
Un matin, on déjeunait en amoureux à la Belle Province. #Hochelagalife
Et puis comme la dernière fois où on est sortis pour manger, on a pas eu un super service. Ma bad luck, I guess. Commander, ça va. Recevoir le café filtre infect (S’cusez, j’suis une coffee snob), ça va. Les assiettes arrivent:
“Ta crêpe s’en vient, ça sera pas long”
C’était le seul élément manquant. Sauf qu’en mangeant mes patates, je réalise aussi que j’aurais pris du ketchup, pis y’avait juste de la moutarde sur les tables. J’essaie de faire un eye contact avec cette seule madame qui sert deux tables, discute très fort de son maigre salaire avec une dame en marchette a une carte débit qui marche pas trois fois de suite. Un couple arrive et s’asseoit à une banquette.
“Faites-moi signe quand vous êtes prêts!”
Le proprio leur dit bonjour, fait signe à sa fille (!), la seule serveuse, qu’ils sont prêts à commander. Elle vient les voir entre deux plateaux amenés aux tables. Elle va se rappeler de moi un m’ment donné j’cré ben eh. Je l’attrape au vol:
“Y’avait ma crêpe qui s’en venait?” (J’essaie de le dire sur un ton gentil)
“Oui ça sera pas long”
Presque sur un ton impatient. J’avais fini mon assiette jusqu’aux fruits (faut l’faire) quand elle l’a amené. C’était une bonne pancake. L’odeur de sirop (de poteau; j’suis pas snob là -dessus) en entrant m’en avait donné envie et je ne l’ai pas regretté. Bon rapport qualité/prix, t’sais.
Dans vie, on se fait souvent dire “ça sera pas long”. Alors que c’est particulièrement dans ces cas-là où ça va, justement, être long. C’est comme dire “Je t’ai pas oublié, chose”.
Une chance que j’avais d’autre chose de sweet dans mon matin en attendant cette crêpe.
#cultiverlasweetness
Crème glacée et feelings
J’ai découvert la meilleure sorte de crème glacée à ce jour. J’aime déjà Haagen Dazs, mais la série Gelato est un autre level de plaisir. J’ai goûté à la saveur Tiramisu, avec des chunks de ce petit gâteau fin et je croyais mourir. J’étais émue tellement c’était bon. J’ai publié un snapchat sur ma story. Je capotais, je voulais partager la bonne nouvelle.
Alors j’ai continué, j’ai mangé cinq-six cuillères (Ouais, vivre seule, c’est manger direct dans le pot et sauver de la vaisselle) puis je me suis écoeuré vers la quatrième cuillère. Je mangeais parce que j’avais le souvenir que la première bouchée était délicieuse. Surconsommation, dis-tu? Oui, c’est peut-être ça, mais d’autre chose aussi.
J’ai retenté l’exercice aujourd’hui et la même situation s’est produite. Je découvre, je vire folle, ça me tombe sur le coeur, je continue un peu et j’arrête éventuellement. Mais cette crème glacée, je l’aime encore et j’en fais part à tout le monde, tsé.
*
Si je pensais/mangeais stratégiquement, sans feelings, je devrais surement rentabiliser ma crème glacée en mangeant une cuillère par jour et l’apprécier au maximum.
Or, parce que j’suis une fille avec les feelings à ON, je dois contrôler mes excès. Dois-je me rendre malade pour dire non à la crème glacée pour toujours? C’est pas full bon pour la santé anyway. Et puis sinon est-ce que la crème glacée est bonne à petites doses homéopathiques? Est-ce plutôt comme ça qu’on devrait la manger, en société?
Je suis le genre qui passe à travers le pot de ces bonnes choses rapidement, encore sur mon high. Puis je me tanne, mais la crème glacée vient me dire allo à l’épicerie un p’tit bout de temps après et je me demande encore comment je devrais lui dire oui.
Cette crème glacée, c'est la vie. #haagendazs
Une photo publiée par Juliette Payer (@laconstateuse) le 27 Août 2015 à 17h56 PDT
California la belle
J’ai Ă©tĂ© facile Ă sĂ©duire. On ouvrait les fenĂŞtres de la voiture et ça sentait le coquillage. Il y avait des conifères malgrĂ© tout, et puis l’anglais me dĂ©stabilise moins qu’avant. Somehow did feel like home, mĂŞme lĂ oĂą je n’étais jamais allĂ©e.Â
Ocean Park avenue, Pleasant valley, Summerland avenue, Rose avenue, Sunset boulevard. Les noms Ă eux seuls font rĂŞver. On a le goĂ»t de s’y promener et peut-ĂŞtre de s’y perdre, parce que malgrĂ© les boulevards Ă six voies, c’est facile d’aller dans la mauvaise direction. Â
J’viens de casser le rĂŞve avec les six voies? Il y a pourtant beaucoup de gens que ça n’arrĂŞte pas de rĂŞver. On m’a amenĂ© dans des coffeeshops oĂą tous ceux qui Ă©taient assis avec leur laptop et latte tentaient de composer le scĂ©nario du siècle. Des restos où David Lynch s’assoit toujours à “cette table”. On a vu des hĂ´tels où Julia Roberts a dĂ©jĂ dormi.Â
On se nourrit d’insignifiances de figures cĂ©lèbres et ça crĂ©e un enthousiasme magique chez ceux qui rĂŞvent d’en faire partie.Â
J’étais seule, pas maquillée, lunettes fumées sur le nez en attendant en file dans un Starbucks de Santa Monica et il y avait cet homme qui n’arrêtait pas de me dévisager. J’ai pensé “Peut-être qu’il croit que je suis quelqu’un de célèbre” en souriant possiblement avec un double menton.
La Californie est belle lorsqu’elle n’essaie pas. Ça dĂ©pend de celui qui la regarde. Le maquillage ne change rien, peut-ĂŞtre qu’il me trouvait simplement jolie. Alors ce lundi, je ne porte pas de maquillage, pis on verra pour le reste, I guess, mais ça me plaĂ®t, cette idĂ©e.Â
#hippiedanslame
*Nouveau* / un anti-déprime
On m’a souvent partagé la chose de différentes manières; une allergie à la routine, une fréquente envie de voyage prenante, un besoin d’achat compulsif plus ou moins assumé. Se renouveler en découvrant de nouveaux restos, s’achetant de nouvelles robes, de nouveaux livres.
C’est qu’on veut tous découvrir quelque chose de nouveau. Quelque chose qui va justifier notre raison d’être, aujourd’hui. Je racontais récemment de mes angoisses de quart de siècle qui se résument à peu près ainsi:
“Suis-je en train de travailler à être quelqu’un que je souhaite être?” “Suis-je satisfaite, aujourd’hui, de ce que j’apprends?” “Fais-je en sorte d’être heureuse dans 5 ans, avec ce que je fais aujourd’hui?”
Malheureusement, un NON en nĂ©ons rose californien s’allumait en rĂ©ponse Ă certaines de ces questions. Pour certains, un trip en AmĂ©rique du sud règlera les questionnements, pour d’autres, un saut en bungee leur fera rĂ©aliser des affaires. Je suis pas de ceux-lĂ .Â
C’est que le problème est complexe et il rĂ©side en une part dans ma perception des choses. Peu de gens savent dire “Je suis heureux, lĂ lĂ , de ma vie au complet.” et pourtant. On regarde cinq ans en arrière et tout Ă©tait drĂ´lement beau pour une raison qu’on prĂ©sume. “J’étais plus insouciant” “J’avais plus d’argent” “J’avais un meilleur travail” “J’étais mieux entouré”. Mais n’est-ce pas notre dĂ©cision d’être heureux avec ce qu’on a?Â
Je veux Ă©crire davantage. Je veux faire de l’acting Ă nouveau. Je veux voyager plus. Il me semble qu’il y a toujours possibilitĂ© d’apprendre et de se renouveler avec ces trois voeux.Â
Alors je les fais, ces voeux. Mais je vais surtout faire en sorte que tout s’oriente en fonction de ce que je vise et ça devrait me rendre invincible. Pour allumer les OUI en néons roses, pis ça pourrait être en Californie. Qui sait.
Orages et bleuets
Certains aiment jouer avec le feu, je préfère les orages. Avec le feu on se brûle à tout coup. Et puis c’est moins risqué de regarder l’orage de l’intérieur, même si s’approcher de la fenêtre est tentant.
C’est fascinant. Les voir arriver ou se laisser surprendre par leur arrivĂ©e tiède. Le ciel couleur ardoise qui vire mauve dangereux. L’air lourd et humide. Les Ă©clairs dĂ©calĂ©s avec leur Ă©cho qui arrive et s’éloigne. Les pluies chaudes qui flattent nos jambes. L’affolement des passants au centre-ville qui s’abritent dans le restaurant le plus près. L’arc-en-ciel qui suit, que tout le monde partage sur instagram.Â
Quelqu’un qui tient à toi va te conseiller de t’éloigner des orages, d’attendre que ça passe, de lire un livre loin des fenêtres, ne pas sortir. Quand l’envie qui te prend pourtant est celle d’aller vivre le danger sous un gros arbre feuillu. Quand ça te dérange pas d’avoir les pieds dans de petites piscines, les cheveux qui frisent, quand l’oxygène qui se fait plus difficile à saisir n’a rien d’affolant. Tu prends des grandes respirations les poumons pleins d’eau; il n’y a plus rien de grave.
Thunder always happens when it’s rainin, que Fleetwood Mac disait. Comme quoi on devrait le voir venir. Et pourtant.
Ça a beau ne pas être du feu, l’affaire avec la foudre, c’est que ça peut te laisser un peu brûlé pareil. Mais comme les plants de bleuets qui poussent mieux sur des surfaces autrefois enflammées, je pense que ça peut devenir de quoi de beau et moins éphémère qu’un arc-en-ciel.
Aider un sans-abri sans lui donner du change
Après mes péripéties avec un jeune homme qui quêtait dans mon commerce et une femme itinérante qui m’a pété une coche dans les toilettes publiques lors de la même journée, je suis allée piquer une jasette avec un sans-abri que je connais bien et qu’on aime tous dans mon équipe. Juste pour rétablir le karma d’la vie, t’sais.
Lui, ne quête pas. Il l’a déjà fait, mais n’aime pas ça et peut s’en passer pour vivre, dit-il. Il ne fait pas de drogues dures comme, à ses dires, la plupart des autres sans-abri. J’étais semi-”contente” de me faire confirmer ça par quelqu’un qui vit ça de l’interne, parce que bien qu’on ne veuille pas présumer, on est toujours tentés de penser que ceux qui sont dans la rue le sont à cause d’un problème de drogue. Ils auront beau dire qu’ils ont faim, veulent du cash pour manger, c’est surprenant de voir combien certains peuvent gagner par jour en quêtant. Et encore là , pas de généralités, mais on peut se méfier.
Je dis souvent qu’on ne devrait pas donner d’argent à ceux qui quêtent dans la rue, parce que ce sont généralement de plutôt mauvais investisseurs... Peu se rebâtiront pas une vie sur le 2$ que tu viens de leur donner et si jamais ils en venaient à l’utiliser réellement pour de la nourriture, les chances sont qu’ils s’achètent un pad thai plutôt qu’un bol de fruits au IGA tsé (Je parle de mon expérience de témoin du quartier latin).
Bref, j’ai Ă©normĂ©ment de respect pour lui, que je ne nommerai pas, juste parce que.  Â
Il m’a partagé quelque chose auquel je n’avais pas vraiment pensé, ever. Comme il se nourrit dans les poubelles (et me racontait à quel point c’est surprenant, ce qu’on peut trouver d’encore bon et frais, que des gens jettent nonchalamment!), apparemment qu’il y a une sorte d’entente qui devrait être plus connue, selon laquelle lorsqu’on ne finit pas notre lunch, ou qu’on va au resto et qu’on en sort avec un doggy bag plein de bouffe qu’on est trop lâche pour trainer au bar avant d’aller à la maison, il serait wise de laisser ça à côté d’une poubelle, plutôt que dedans. C’est comme un code. “Voici ma bouffe, il en reste pas mal et c’est encore bon”. Il avait l’air ravi que certains comprennent le code. J’ai dit que je passerais le mot, étant donné que moi-même, ça ne m’était pas venu à l’esprit de faire ça.
Personne n’aime fouiller dans les dĂ©chets des autres, mais si on jette des choses qui peuvent servir Ă quelqu’un d’autre, il est logique de ne pas le mettre dans les poubelles, right?Â
Voilà , c’était un message aux gens vivant dans les métropoles.
Rendons le monde meilleur, une fin de lunch Ă la fois!
L’âge idéal
C’est nono, vous allez dire, mais j’ai souvent été complexée par mon âge.
Depuis que j’ai sauté une année au primaire, ça m’a toujours guetté dans mes angles morts. Être la plus jeune, c’est rarement très hot.
- Si je comprenais pas mes cours de math, ou que j’courais pas vite, l’âge m’excusait/ justifiait. - Si je riais trop longtemps Ă une blague, c’était parce que j’étais plus jeune que les autres, immature.Â
Et plus tard... - Un garçon sur qui j’avais un gros crush m’a déjà floché parce qu’il a appris mon âge. Ouch. - Le drame de ma vie se produisait chaque fois que je suivais mes amis d’école dans un bar où ils cartaient. Se faire revirer et devoir partir, seule. Un solide walk of shame. - Quand j’avais des questionnements de vie sur mon cheminement scolaire/professionnel, presque personne ne me prenait au sérieux, parce que j’avais “la vie devant moi”. Mais quand est-ce qu’on ne l’a plus devant soi, celle-là , à part quand on a la mort dans face, sérieux?
J’ai eu 25 ans et on dirait que tout a changé.
- Faire du sport, c’est chacun pour soi. J’ai fait 28 km de vélo, mes félicitations à moi-même, qui n’en avais pas fait depuis une dizaine d’années. Personne ne peut me juger. #passportivepourdeuxcennes - Si je fais la folle, je ne suis plus perçue immature, je suis “funnay” - Je ne serai désormais jamais trop jeune pour un homme (lol) - Même ma babyface ne se fait plus carter, ever. - Je peux être prise au sérieux avec mon métier, à 25 ans. Même qu’à la limite, certains se demandent comment ça se fait que j’ai déjà accompli ça et pourquoi je ne suis pas en train de courir après une passion random qui paie pas.
Et ce serait facile, à partir de maintenant, me mettre sur le pilote automatique et ne plus chercher à me développer. M’installer dans ma vie, en faire une belle routine harmonieuse avec des beaux meubles dans mon salon. Essayer de m’caser avant trente ans, juste pour feeler sécur maintenant que je peux.
Mais à la place, je mange debout dans ma cuisine à défaut d’avoir une table, mon iphone qui joue de la musique dans un bol dans mon salon où j’suis pas encore foutue de me brancher sur une couleur pour mes murs, parce que mes parents approuvent pas. J’espère fort récolter cet été des tomates de mon plant acheté chez Dollarama. J’invite plein de gars chez nous que j’frenche pas. Je donne mon numéro à des étrangers qui me font rire. Je dépense trop en sushis, guacamole et en produits pour cacher mes cernes.
Est-ce que je me plains?
Nah, mais maudit, je vois mes traits vieillir sur les photos et j’ai peur de ne plus avoir cet âge idéal demain. Tout est (trop) possible. Peut-être que je gaspille mon temps sans m’en rendre compte? Qu’est-ce qu’on regrettera dans dix ans? Y a-t-il moyen de le savoir? Mais vous pouvez rire de moi et mes angoisses de quart de siècle, after all, j’ai la vie devant moi han?