Les DissociĂ©s - « La LibertĂ© câest comme un pont. Avant, personne nâen veut. AprĂšs, tout le monde le prend »
« Nous n'avons pas voulu attendre qu'on nous autorise Ă faire du CinĂ©ma pour en faire : on a rĂ©alisĂ© que rien ne nous empĂȘchait de faire un film sur Internet, notre petit foyer sympa. Nous avons eu une libertĂ© totale. C'est une opportunitĂ© incroyable que de pouvoir s'exercer et apprendre en faisant. Qui plus est, nous avons la chance d'avoir un public bienveillant qui nous a toujours soutenus quand on a tentĂ© de nouvelles choses. On espĂšre montrer que la rĂ©alisation de film peut se dĂ©mocratiser. On a hĂąte d'en faire dâautres. » Collectif SURICATE
Amis cinévaures, bonsoir.
Ce soir, la chronique sera faite diffĂ©remment des prĂ©cĂ©dentes : en effet, je vous Ă©cris prĂ©sentement dans le feu de lâaction. Câest Ă dire que je viens de lever mes fesses de mon canapĂ© aprĂšs cette sĂ©ance de « cinĂ©ma » improvisĂ©e pour me mettre derriĂšre mon clavier et vous partager ce que je considĂšre comme une lueur dâespoir. Les DissociĂ©s est un film Ă©crit, produit, rĂ©alisĂ©, montĂ© et tournĂ© en seulement trois semaines par le collectif SURICATE, composĂ© de Vincent Tirel, RaphaĂ«l Descraques et Julien Josselin. AprĂšs une disparition quasi complĂšte pendant presque un an, ils rĂ©alisent un film de science-fiction dans lequel un couple dysfonctionnel et dĂ©saxĂ© va se rĂ©veiller un matin cĂŽte Ă cĂŽte, mais dans des corps qui ne sont pas les leurs. Sâen suivront une sĂ©rie de pĂ©ripĂ©ties rocambolesques, en un savant mĂ©lange dâamour, dâhumour, de gravitĂ© et dâun brillant sous-texte. Je sais que vous pourriez attendre de cette chronique que je vous parle des astuces de rĂ©alisation utilisĂ©es. Que je vous dise que les plans et les lieux de Paris qui ont Ă©tĂ© choisis sont Ă la fois iconiques sans ĂȘtre clichĂ©s, beaux sans ĂȘtre superficiels. Que je vous dise que pour un film de cette ampleur et avec le budget que je prĂ©sume, les rares effets spĂ©ciaux sont extrĂȘmement bien intĂ©grĂ©s et ne jurent absolument pas avec le reste du film. Ou que je vous dise enfin que, mĂȘme si je ne suis pas vraiment le genre de personne Ă me taper le cul par terre Ă tout va, ce film mâa fait rire. Plusieurs fois. Plus que je nâoserais lâavouer. Mais tout ça, venant du collectif SURICATE, ça nâa rien de surprenant, en fait. Non, pour moi, lâimportant, câest le scĂ©nario de ce film. Son Ă©criture, qui sait ĂȘtre drĂŽle tout en restant subtile, parfois grave, mais surtout parce quâil est porteur dâun message. Et Ă mes yeux, ce message, câest tout dâabord que dans un couple, le meilleur moyen dâarranger les dysfonctionnements, câest de se parler, de se comprendre, de vivre et de survivre ensemble. En somme, de sâaccrocher face Ă lâadversitĂ©. De savoir rĂ©parer ce qui est fĂȘlĂ©, et de ne pas le jeter Ă la poubelle pour le remplacer par un autre. Ensuite, jây vois un message sur nous tous, les hommes et les femmes, et sur ce que nous sommes. Jây perçois que, quelque part, dans un couple, peu importe de quel sexe sont les deux partenaires, et peu importe Ă©galement de quel sexe ils aimeraient ou se sentent ĂȘtre. Que le rĂŽle de la femme et de lâhomme dans un couple est parfaitement interchangeable. Enfin, ce film nous permet de comprendre peut-ĂȘtre un peu plus que nous avons sans doute toujours Ă apprendre des autres, que nous gagnerons toujours Ă essayer de comprendre notre prochain. Quâil est nĂ©cessaire dâaccepter chacun dans sa diffĂ©rence et son unicitĂ©. Quâil nâexiste de moyen de faire rentrer tout le monde dans le mĂȘme moule. Et surtout, que personne nâest inutile. En gros, foncez, câest de la bonne.
En espérant vous avoir été utile,
MFWM.
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